lundi 29 mai 2017

Une excursion Floridienne : Naples

La vue depuis notre hôtel 
Naples est une petite ville sur la côte ouest de la Floride, à moins de deux heures de Miami. Nous avons profité de ce long week-end de Memorial Day pour nous y rendre, histoire de visiter les environs et  de se détendre après ce semestre chargé. En bord de mer, et de l'autre côte du parc naturel des Everglades, nous avons passé un très bon séjour. Naples est une ville privilégiée, où les villas de milliardaires face à l'océan jouxtent de magnifiques parcs publiques. Nous avons pu apprécier l'accueil (peu) chaleureux de certains autres touristes (prêts à se battre pour une place de parking) et les magnifiques rues, longées par des rangées d'arbres en fleurs. Les petits restaurants ne manquent pas au centre-ville, très joli et valant largement le détour. Les coffee shops côtoient les vitrines de vêtements chics pour dames (d'un certain âge) et messieurs (plutôt fortunés). Au retour, à mi-chemin, nous nous sommes arrêtés en plein coeur des Everglades (le temps de se faire attaquer par une horde de moustiques sanguinaires et affamés), afin de visiter une jolie gallerie d'art (Clyde Butcher's gallery) appartenant à un artiste de Floride. Ses photos en noir et blanc sont vraiment impressionnantes. Bref, cette petite excursion nous a permis de décompresser un peu avant d'attaquer la toute dernière ligne droite de ce semestre. Dans une grosse semaine, je termine mon année scolaire, et je commencerai mes bagages pour la France. Qu'il me tarde de retrouver mon cher Jura !!!



jeudi 25 mai 2017

La cantine aux Etats-Unis

Le plateau-repas de ce jeudi midi, école publique du Nord de Miami
Qui n'a pas de bons souvenirs de la cantine scolaire en France, où l'on regardait le numéro inscrit au-dessous des verres incassables pour déterminer notre âge ? Qui ne s'est pas un jour amusé à partager une cuisse de poulet après avoir fait une bataille de petits pois ? J'ai des souvenirs extraordinaires de mes midis à la cantine scolaire, où la gastronomie était parfois au rendez-vous (mais pas toujours), et où les repas du lycée était -accessoirement- plutôt proche de la ration de combat que d'un restaurant étoilé. A l'école primaire, j'ai adoré la cantine. Tous les jeudis, j'y restais pour déjeuner et j'avais l'occasion de jouer inlassablement après avec mes camarades. La nourriture était correcte, je me souviens ne jamais m'en être plainte. Au collège, la nourriture était du même acabit. Je finissais les assiettes de mes compatriotes, qui eux n'aimaient rien. Au lycée, le choix alimentaire s'est considérablement dégradé et j'ai de mauvais souvenirs de poulet semi-cuit et croquant, de légumes partiellement décongelés, et de files d'attentes interminables. Mais dans toute cette expérience, je n'ai jamais eu l'occasion de manger un seul repas déséquilibré. Des crudités, des légumes (pas toujours frais), des desserts (pas toujours gastronomiques), et des laitages (pas souvent périmés). Les menus de la semaine étaient variés et contrôlés par une diététicienne. Mon expérience diffère probablement des autres enfants élevés en France. Mais elle est à mille lieues de ce que mes petits élèves mangent à la cantine d'une école publique aux Etats-Unis. J'imagine que les menus sont considérablement différents d'une école à l'autre, et d'une ville à l'autre. Pourtant, j'ai la vague impression que la notion d'équilibre alimentaire ne fait pas partie de la discussion. Ainsi, ce midi, les enfants ont mangé des galettes de maïs fourrées au fromage, du porc frit, du maïs en épi, des chips au fromage, et des quartiers de pomme fraiche (toute épluchée et tranchée industriellement). La boisson ? Du lait nature ou du lait aromatisé au chocolat. Pourquoi pas de l'eau, tout simplement ? Où sont les légumes ? Où sont les couleurs ? Comment peut-on servir ce genre de nourriture dans une école publique ? Dans d'autres écoles où je vais, la cantine n'a pas l'air spécialement plus équilibrée, loin s'en faut. La seule différence en est que les élèves, plus privilégiés, apportent presque tous leur propre repas. Au moment d'aller manger (une demie-heure, top chrono !), les étudiants se saisissent de leur lunch box et se rendent à la cafétéria. Les disparités sociales touchent donc les enfants et leur accès à une alimentation équilibrée. En gros, si l'enfant est privilégié, ses parents lui fournissent un repas maison. Sinon, la nourriture gratuite de l'école est servie, le matin au petit déjeuner, et le midi, au déjeuner. Il a y a tant à faire pour changer ça ! Michelle Obama a beaucoup oeuvré pour changer les habitues alimentaires des enfants américains. Et pourtant, quand je vois toute cette nourriture, je me dis qu'Amaury aura lui aussi, toute sa vie américaine, une lunch box préparée par ses parents....


lundi 22 mai 2017

Les petites bébêtes de Floride

La bien célèbre tortue de Floride, dans son état naturel
La Floride regorge de petits animaux en tout genre, plus ou moins sympathiques. Si certains sont fascinants, d'autres déroutants, la plupart sont bien gentils, mais uniquement de loin. Les oiseaux sont partout. Les aigrettes, les vautours, les toucans, les pélicans, les orioles... une multitude de couleurs criardes qui ne passent pas inaperçues. Les reptiles sont également très présents. Les lézards, bien plus gros que ceux que nous pouvons voir en France, ont un cou rouge qui se gonfle et se dégonfle à volonté, un peu comme un ballon de baudruche. Ils sont accompagnés des iguanes, sortes de mini-dinosaures qui auraient survécu à l'enchainement des millénaires et qui seraient -dit-on- à l'épreuve du temps. Plus gros encore, les alligators. Ils ne sont pas très présents à Miami (fort heureusement !) mais côtoient de très près les petits lacs artificiels et autres mares du coin. Aussi, il est vivement déconseillé de se baigner en dehors des zones autorisées. Chaque année, des histoires sordides de gamins happés par des mâchoires féroces d'alligators sont publiées dans les journaux locaux. Dans le doute, Amaury ne connaitra jamais que les baignades en mer ou en piscine, loin s'en faut. Et en mer, justement, les animaux sont très présents également. Poissons multicolores, lamantins, dauphins... tous sont visibles, à différentes saisons, et côtoient parfois des baigneurs de très très près. J'ai le souvenir de mon cousin et de sa chère et tendre, en Septembre dernier, surpris par un lamantin en bord de plage, qui de loin ressemblait plus à un requin qu'à un gros animal rondouillard et inoffensif. L'ombre sombre du lamantin était entre eux et la plage, ce qui m'a donné froid dans le dos pendant quelques secondes, le temps de réaliser que l'animal n'était pas un requin. Les bêtes les plus petites, en revanche, peuvent être les plus ennuyantes. Les moustiques pullulent dans certains endroits de Floride, et notamment dans les Everglades. Impossible de s'y rendre sans s'enduire d'une bonne couche d'anti-moustique, en tout cas en plein été. A notre grand bonheur, notre poussette est équipée d'une moustiquaire, ce qui évite de tartiner notre mioche d'un tas de cochonneries chimiques mais ô combien efficaces pour repousser ces insectes envahissants. Dans Miami-même, les moustiques ne sont pas si gênants que ça, à condition d'être bien préparés et d'éviter certaines sorties à certaines heures propices à cette bébête dérangeante. Et, en toute honnêteté, je les trouve même moins pénibles que les moustiques de Pennsylvanie en plein été. Si là-bas, si une piqûre mettait plusieurs semaines à cicatriser après avoir triplé de volume, les moustiques d'ici sont moins néfastes et ne piquent "qu'en douceur". Alors puisque l'alerte Zika et désormais levée, il ne reste plus qu'à se protéger du soleil, qui lui, en plein été, peut être particulièrement nocif...

Un alligator des Everglades

lundi 8 mai 2017

Le printemps, c'est l'automne

La Floride a un climat très différent de celui de notre bonne vieille France, loin s'en faut. Deux saisons principales se succèdent : un été chaud et humide, poisseux, transpirant, et un hiver sec, à peine moins chaud, très agréable après avoir vécu en Pennsylvanie centrale. Et le "printemps" est arrivé ici. Les arbres se sont couverts de fleurs, les mangues commencent à pousser, et les feuilles hivernales se retrouvent au sol, remplacées rapidement de jeunes pousses verdoyantes. Le bas-côté des routes est recouvert de ce tapis de feuilles, exactement comme en Automne, à cela près que nous filons tout droit vers l'été. A dire vrai, je ne me lasse pas de ce climat. Je n'ai presque jamais froid, ce qui est un vrai changement par rapport à avant. Les gros manteaux sont inutiles, et une petite brise perpétuelle venue du large nous rafraîchie en journée. A l'ombre, les températures à l'ombre sont très appréciables. N'en reste pas moins vraie que la climatisation est toujours indispensable, notamment la nuit. Petit à petit, les journées se font encore plus chaudes. Le compte à rebours est progressivement lancé : dans un bon mois, nous serons de retour en France, afin de faire rendre visite à la famille. J'ai presque oublié ce que c'est que d'entendre du français à chaque coin de rue. Partout, l'anglais et l'espagnol sonnent à nos oreilles, comme une petite musique familière mais ô combien différente de la langue de Molière. J'ai presque la nostalgie de cette prosodie et de ce vocabulaire. Amaury n'entend pas beaucoup de français, sauf de ses parents, mais il semble que ça ne l'empêche pas de commencer à s'essayer à quelques mots. Je suis épatée de ses progrès rapides. Chaque jour, les mots parlés remplacent les gestes, et il comprend très bien ce qu'on lui dit. Je crois que c'est une chance pour lui que de grandir baigné dans trois langues. Et bientôt, il fera un "stage intensif" de français aux cotés de toute ma famille...