samedi 26 janvier 2019

Le shutdown


Après 35 jours de blocage et près de 800 000 employés fédéraux laissés sans salaire, le gouvernement américain a finalement repris ses activités. Les impôts, la sécurité dans les aéroports, le ministère de la justice, des transports, de l'agriculture... toutes ces entités n'étaient plus en fonction ou tournaient au ralenti depuis le 22 Décembre, avec des effectifs minimums très réduits, et certains employés contraints de travailler sans être payés. La faute à l'administration Trump qui tient absolument à dépenser 5.7 millards de dollars dans la construction d'un mur anti-immigration à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Le congrès, à majorité démocrate, s'y est (fort heureusement) opposé, mais notre puppet president a tenu bon. Le budget (ridicule) de l'année 2019 n'a pas été voté, faute d'accord entre les partis, d'où la paralysie plus ou moins totale du gouvernent depuis plus d'un mois. Ce n'est pas le premier shutdown de l'histoire des Etats-Unis, loin s'en faut. Mais c'est historiquement le plus long, à l'image de l'entêtement borné de son leader, prêt à tout pour son stupide mur, promesse électorale plus que démagogue. Dans un pays où le taux de pauvreté atteint les 13.5% de la population (soit plus de 43 millions de personnes), il serait peut-être judicieux de penser à une redistribution des richesses un peu plus équitable plutôt que de jeter de l'argent par les fenêtre en construisant un mur pour séparer deux pays. Et d'investir de fait dans des instances qui bénéficient au plus grand nombre (la santé, l'éducation, les infrastructures...) plutôt qu'à une poignée de privilégiés. Les murs, historiquement, n'ont jamais marché. Point n'est besoin d'être spécialiste en histoire et en géopolitique pour savoir que les murs finissent par tomber et qu'ils ne font que diviser. Toujours est-il que de nombreuses instances gouvernementales ou contrôlées par le gouvernement vont finalement pouvoir recommencer à fonctionner, à commencer par l'agence de contrôle sanitaire de l'alimentation, les impôts, les musées et les parcs nationaux. Les employés fédéraux vont aussi pouvoir recommencer à être payés. J'attends avec angoisse de voir ce que ce vieux papi sénile nous réserve pour 2019. J'aimerais être optimiste, mais il faudrait plutôt être réaliste...

lundi 21 janvier 2019

Un weekend à Naples

Barefoot Beach Preserve
Naples beach
J'avais déjà parlé de la ville de Naples il y a quelques temps dans un précédent article à retrouver ici. Profitant de la présence de la famille Jurassienne, nous y sommes retournés ce weekend, histoire de changer d'air et de faire quelques excursions intéressantes. Naples n'a pas changé. C'est toujours une ville relativement aisée, habitée d'une population peu diversifiée et âgée. Nous avons d'abord découvert la plage de Barefoot Beach Preserve, couverte de coquillages et encore assez sauvage malgré l'afflux de touristes et de visiteurs locaux. Le soir, nous avons testé un bistro perse délicieux (Bha Bha Persian Bistro) et avons diné à l'extérieur, entre les chaufferettes de terrasse et les lumières de jolis lampions. Le lendemain, nous avons pris la direction de la réserve naturelle du corkscrew swamp sanctuary où une promenade sur ponton de 2.5 miles nous attendait pour observer à loisirs la faune et flore sauvage du coin. La saison hivernale est idéale pour éviter les moustiques, mais elle est peu propice pour y voir de nombreux animaux. L'eau des marais est beaucoup plus haute l'été, et il nous faudra y retourner à cette occasion histoire d'en voir plus. Nous avons néanmoins croisé quelques alligators, des aigrettes, des ibis, des anhingas, des hérons, ainsi que quelques poissons, serpents et nombreuses plantes et fougères d'eau. Le soir, nous avons marché sur la plage à côté de la jetée avant d'aller manger un diner typiquement local au Old Naples Pub, incluant de l'alligator frit, du crab cake et des poissons locaux. Pour ceux qui se poseraient la question, l'alligator est à mi-chemin entre le calamar et le poulet. D'une texture très élastique et sans goût très prononcé, la version frite était pourtant vraiment délicieuse. Le lendemain, nous avons terminé notre séjour par un petit saut au Naples Botanical Garden, où sont rassemblées de nombreuses espèces de plantes venues des quatre coins du monde. La jardin des papillons a particulièrement ravi Amaury. Le weekend est passé très vite, et nous avons finalement regagné nos pénates hier soir. Il y aurait eu beaucoup d'autres excusions possibles, mais le temps nous a manqué. Peut-être lors d'une prochaine visite ?


Butterfly garden au Naples Botanical Garden

Audubon Corkscrew Swamp Sanctuary

jeudi 10 janvier 2019

Throwback Thursday

Les accros d'internet et des réseaux sociaux n'y auront pas échappé : les jeudis sont souvent l'occasion de partager des photos et des anecdotes souvenirs. Il s'en est passé pas mal de choses, pour moi, les jeudis. Enfant, le jeudi était mon jour préféré car je pouvais manger à la cantine (il y avait aussi le samedi dans une moindre mesure, jour d'art plastique et de poésie, mais c'était nettement moins intéressant que de goûter à la nourriture industrielle de collectivité). Aujourd'hui, en ce début d'année 2019, le jeudi est souvent placé sous le signe des journées chargées, avec huit ou neuf groupes de rééducation (de groupes) à enchaîner, pas de pause déjeuner ou presque et un rythme de travail tout particulièrement soutenu. Je pourrais trouver de nombreuses autres anecdotes de mes jeudis de l'enfance, mais j'avoue que la mémoire me fait défaut. Le premier jeudi important plutôt "récent" a été le 8 Avril 2010. Je n'avais à priori que des cours ce jour-là, jusqu'à vingt heures, et notamment un séminaire sur la prise en charge de l'enfant sourd en fin de journée (il est amusant de voir que certains détails restent, mais que d'autres s'en vont. Ne me demandez pas quels ont été les autres cours de la journée, il m'est tout à fait impossible de m'en souvenir). Mon enterrement de vie de jeune fille surprise a bel et bien été une surprise. Une belle soirée, avec des amies d'un peu partout, avant de retrouver mon presque-mari saucissonné dans du scotch et recouvert de post-its (anecdote véridique), et d'enchainer dès le lendemain les derniers préparatifs de notre petit mariage prévu le même samedi. Le jeudi 1er Juillet 2010, j'ai passé ma soutenance de mémoire en France, et j'ai été diplômée. Une étape très importante mais presque banale finalement comparée à ma seconde remise de diplôme aux Etats-Unis en 2015. En 2010, la suite de l'aventure s'est poursuivie avec une relation de jeunes mariés à distance, jusqu'au jeudi 13 Janvier 2011, date à laquelle ma procédure de visa pour entrer aux Etats-Unis a finalement marqué un tournant (article à relire ici). Il aura fallu des mois et des mois de galère, pour se finir joyeusement par une arrivée sur le sol américain en Février (voir un autre article ici). Et puis après quelques années à cheval entre la France et le pays de l'Oncle Sam, je suis finalement arrivée à Miami le jeudi 14 Juillet 2016 (article à relire ici), avec un petit loulou de trois mois dans la valise. De là, la vie en Floride a démarré, et le jeudi 11 Août 2016, je reprenais le boulot, après un beau congé maternité (bien plus long que pour la plupart des américaines). Je me souviens précisément de ce matin-là, comme si c'était hier. J'ai déposé Amaury à la crèche pour la première fois, non sans oublier un accessoire crucial pour moi (le tire-lait). Plus jamais je ne l'ai oublié, d'ailleurs, la leçon a été apprise très vite. La vraie rentrée ne s'est passée que plus tard au cours du mois d'Août, mais j'ai un souvenir très net de cette première journée de working mom. Depuis, il y a eu le jeudi 25 Novembre 2016, où nous célébrions notre premier Thanksgiving sous les palmiers. Car oui, de toute façon, comme la plupart des lecteurs de ce blog le savent, Thanksgiving ça tombe toujours un jeudi. Il serait ainsi possible d'étendre la liste des jeudis marquants à l'infini ; mais finalement je préfère terminer ce petit article par une photo (peut-être) prise un jeudi de 1988. #TBT et #coupdevieux. Une belle illustration de qui j'étais et de qui je suis toujours actuellement...