vendredi 14 décembre 2012

S'inscrire à la sécurité sociale en France

Comme tout bon expatrié de retour dans l'hexagone, il m'a fallu me réinscrire à la sécurité sociale française histoire d'avoir le droit, comme tout un chacun, aux soins médicaux remboursés (du moins en partie). Qui aurait crû, cependant, que l'inscription en question serait digne d'un parcours du combattant, plutôt proche des douzes travaux d'Hercule que de la simple formalité administrative ? Connaissant quelque peu d'autres administrations françaises, qui fonctionnent plus ou moins bien (et bien sûr nous n'en citerons pas le nom), je me doutais que ce ne serait pas chose facile, et que cela prendrait un peu de temps, mais à ce point là, jamais. Un vrai bordel.*
L'aventure a commencé à notre arrivée, le 7 Août, ou plutôt la veille de ma reprise de travail, le 21 Août, lorsque, la bouche en coeur, Logan et moi nous sommes pointés à la CPAM de Paris. Sans s'attarder sur les détails de file d'attente, de ticket, de bureaucrates plus ou moins francophones, de désorganisation totale, nous avons essuyé une première défaite. Puisque mes droits français avaient été suspendus à mon expatriation, deux options s'offraient à nous : attendre d'avoir en main mes deux premiers bulletins de salaire, puis m'inscrire et inscrire Logan comme ayant-droit, et ainsi espérer une couverture maladie à compter du début du mois de Novembre, ou m'inscrire de suite et compter sur une couverture maladie à compter du début du mois de Décembre. Nous avons choisi la première option, qui était plus simple et plus rapide car des bulletins de salaire valent de justificatifs de cotisation maladie. Début Novembre donc, les papiers nécessaire sont remis en main propre à l'employée. Outre les divers certificats de mariage, de visa de long séjour, de salaire, d'adresse, de coordonnées bancaires, nous avons remis les nombreux formulaires nécessaires (inscription dans mon cas, et ayant-droit pour mon homme). Un temps d'attente de six semaines étant nécessaire, nous attendons. Puis, vient (presque dans le temps imparti) un petit courrier m'informant que je suis bien inscrite, et que je peux mettre à jour ma carte vitale. C'est là que le bât blesse : quid de mon homme ? En tentant de mettre à jour nos deux cartes vitales à la pharmacie, je découvre qu'il est toujours inscrit à la LMDE, et que ma propre carte a été tout simplement désactivée. Retour à la CPAM, qui garde alors nos deux cartes. Le dossier d'ayant-droit de Logan ayant été "perdu" (ce qui est très bizarre car il était avec mon dossier d'inscription qui lui n'a pas été égaré...), il nous faut refournir toutes les pièces justificatives à nouveau. Je reçois quant à moi une attestation d'affiliation que je peux utiliser d'ici l'émission d'une nouvelle carte vitale (sous six semaines). Au jour d'aujourd'hui, je suis inscrite, mais je suis la seule à avoir la sécu. Après tout, presque cinq moins sans couverture maladie, ce n'est si long... Le détail le plus amusant dans l'histoire vient d'une des employées de la CPAM de Paris. Lorsque Logan recevra (à la Saint-Glinglin) son formulaire de demande de carte vitale, il ne doit surtout pas le renvoyer à l'adresse indiquée, car en tant qu'étranger, il ne recevrait aucune réponse. Il doit donc se représenter au guichet à nouveau histoire de formaliser les choses et de (peut-être) espérer être inscrit à notre bon vieux système français de couverture maladie. Mais enfin, tout est possible, Noël approche, et si le Père Noël nous apportait, à tous les deux, une belle petite carte vitale ? Patience, tout vient à point à qui sait l'attendre...

*en français dans le texte

dimanche 25 novembre 2012

A very parisian Thanksgiving



La traditionnelle Pumpkin pie
Le temps file...les fêtes de fin d'année approchent déjà qu'il est temps de célébrer Thanksgiving. Ce jeudi n'était pas férié en France, et personne ou presque n'était en mode "vas-y, sort ta dinde". Personne ? Nous avons néanmoins réussi à réunir près de dix personnes, américanophones ou américanophiles pour le traditionnel repas entre amis. S'il a été très difficile de trouver de la dinde (et nous nous sommes finalement rabattus sur trois petites pintades fermières), le reste des indispensables ingrédients a été réuni avec succès. Entre l'incontournable gravy, la cranberry sauce, le cornbread, et la pumpkin pie, l'esprit du repas à l'américaine était bien présent, avec quelques touches françaises et quelques soupçons d'internationalité. Mais qu'est donc Thanksgiving ? Que célèbre-t-on ? C'est une des traditions les plus importantes aux Etats-Unis puisque c'est une fête laïque qui remonte aux XVIIème siècle. En 1620, une centaine de colons britanniques débarquèrent sur le nouveau continent (après avoir traversé l'Atlantique à bord du célèbre Mayflower) pour s'y installer. Mais leurs débuts au pays qui deviendra celui de l'oncle Sam ne furent pas aisés : près de la moitié d'entre eux périrent de faim et de scorbut lors du premier automne. Les survivants ne doivent leur survie qu'à un groupe d'indiens Wampanoags qui leur fournirent nourriture et leur apprirent à chasser et pêcher. C'est d'ailleurs à cette occasion que les colons découvrirent le maïs, inconnu en Europe à cette époque. D'où l'importance du maïs aujourd'hui aux Etats-Unis, et traditionnellement lors du repas de Thanksgiving. Ce premier repas entre indiens et colons est donc la fondation même de la fête de Thanksgiving. C'est une fête de partage, axée sur un bon repas, de bonnes boissons et une ambiance conviviale et décontractée. Il n'y a pas de cadeaux, pas de pression, juste le plaisir de se réunir ensemble et de profiter d'un bon (et copieux !) repas. C'est apparemment la fête préférée des américains. Il existe également une fête de Thanksgiving au Canada mais elle a lieu en Octobre et non fin Novembre. Notre journée a été riche pour l'estomac et les papilles, et, même s'il n'y a pas de restes cette année, je ne serais pas contre un petit sandwich à la dinde histoire d'honorer les traditions : après tout, bien souvent, vu le poids de l'animal qui est cuit (qui avoisinait les huit ou neuf kilos l'an passé), il y en a à manger pour au moins une semaine...

mercredi 19 septembre 2012

Mondialisaméricanisation




Passer dix-huit mois aux Etats-Unis est un éloignement qui est non seulement géographique mais aussi culturel. Je découvre et redécouvre chaque jour toutes les nouveautés françaises que j'ai manquées ! Qui aurait crû que la SNCF aurait créé une carte de réduction en édition limitée, la fameuse 12-30 ! Manque de bol, je n'étais pas là. J'en suis réduite aujourd'hui, comme tout un chacun, à payer mes billets plein tarif. Heureusement qu'une carte 12-27 va sortir bientôt... ce qui pourrait me consoler pendant un an. Qui aurait crû que Milka créerait un chocolat nouvelle génération, un semi-hybride Oncle Sam et pays des chants tyroliens, une sorte de chimère américano-suisse ? Je veux parler bien sûr du milka au lait-Oreo cookies... gourmands, ne pas s'abstenir ! Américano-suisse, la marque Milka? Pas vraiment, et pas exactement. Si la marque est d'origine suisse, et le chocolat fabriqué en Allemagne, elle appartient au groupe américain Kraft Foods. Mais que viennent faire les américains là-dedans ? Du commerce, cela va sans dire. Et si notre chère bonne vieille France devenait un peu plus sujette à la mondialisation chaque jour ? Poussons l'enquête un peu plus loin. Lu, célèbre marque de (délicieux) biscuits (surtout les Granolas, yum yum !), c'est encore Kraft Foods. Le chocolat Côte d'Or, c'est encore Kraft Foods. Les cracottes, les pépitos, c'est encore Kraft Foods. Les carambars ? Ca appartient au groupe Cadbury (britannique), lui-même possédé par Kraft Foods. Idem pour le chocolat Poulain, c'est toujours Kraft Foods. La marque Géant Vert, c'est le groupe General Mills, des américains. Enfin, n'oublions-pas, la glace Häagen-Dazs n'est ni hollandaise, ni allemande (pour ceux qui en doutait encore), elle est -je vous le donne en mille- américaine. On parle alors d'une vraie mondialisation... Ce qui a le mérite de faire que je peux trouver ici tout ce qui me manque de là-bas. Je n'ai aucun problème pour trouver du beurre de cacahuètes, du sirop d'érable, et même -depuis récemment-, du véritable creamcheese Philadelphia pour cuisiner de délicieux cheesecakes. Après tout, quand il est question de faire bonne chère, je suis la première à me manifester...

lundi 3 septembre 2012

Pari(s) tenu !

Habiter en plein coeur de Paris n'a décidément rien à voir avec la banlieue. Surtout lorsqu'on choisit à la belle saison de marcher, il est facile de découvrir les bons coins à visiter, qu'ils soient touristiques ou moins connus. Déjà deux weekends passés à "Paname"...time flies! Flâner dans les rues de la capitale sera une activité désormais réservée aux temps libres, car je suis officiellement orthophoniste en France, après dix-huit mois d'errances professionnelles au pays de l'oncle Sam. C'est finalement une clinique de soins de suite et de réadaptation qui m'a embauchée. Rien de spécial à en dire : j'adore mon boulot !!!! Même s'il ne me faudra compter que sur les rares jours de congés pour m'aérer un peu l'esprit, j'ai la chance et le privilège de pouvoir dire que je vais travailler le matin avec le sourire aux lèvres. L'équipe est super sympa, les patients attachants -et pour le moins challenging- mais c'est là que je me sens la plus utile. Etre confrontée à des handicaps lourds peut paraître effrayant, mais pour moi c'est une constante remise en cause, beaucoup de littérature à potasser et -peut-être !- des formations à venir. Même la perspective de prendre le RER tous les matins ne peut pas noircir le tableau : mon enthousiasme est sans limite! Née campagnarde, je me fais vite à la vie parisienne, on pourrait même penser que j'y ai vécu toute ma vie (sauf quand je sors mon plan de métro, signe indiscutable de mon ignardise en ce qui concerne l'orientation géographique et cruel indice de mon origine provinciale...) Pari tenu : la petite jurasienne est devenue parisienne pour une année. Et Paris offre tellement de nouvelles stimulations sociales, intellectuelles et culturelles que pour l'heure, le soir, je suis souvent sur les genoux...
Notre-Dame de Paris




lundi 20 août 2012

J'ai deux amours : mon pays et Paris...




Et voilà ! A force d'en parler et d'attendre, c'est officiel : je suis parisienne. Le retour en France s'est fait tout naturellement, et il ne m'a pas fallu longtemps avant de cesser mes bafouillages et mes anglicismes -à tout va-. Non pas que j'aie oublié la belle langue de Molière en m'expatriant, mais il m'est arrivé (souvent) de chercher mes mots, ou de substituer une longue et complexe phrase française par un court et efficace mot anglais. Certains concepts même, me sont étrangers en français. Ainsi, ne me parlez pas du sèche-linge, c'est un terme que j'ai commencé à utiliser en Pennsylvanie sous le terme de dryer. Et puis il y a des choses pour lesquelles il m'est impossible d'utiliser un équivalent anglophone. Il ne me viendrait pas à l'esprit de rêver à de bons Burgundian beef ou burnt cream : "crème brûlée" ou "boeuf bourguignon" sont beaucoup plus faciles à employer. Surtout que, j'ai souvent ressenti un cruel manque de la bonne chère française, et qu'à moins de cuisiner moi-même, il a été difficile de manger français au cours de cette dernière année. Paris sera donc placé sous le signe de la gastronomie française. Mais nous venons d'emménager dans le 13ème : en plein coeur de Chinatown, il ne me sera pas possible d'éviter les authentiques restaurants vietnamiens, chinois, laotiens, thaïlandais, et cambodgiens. Premier test prévu ce soir...il me tarde d'y goûter! Une nouvelle page s'ouvre, tandis que ma page pennsyvlanienne s'éclipse pour le temps d'une année scolaire. Dix mois à Paris, presque un an pendant lequel je vais pouvoir -finalement !- exercer ma profession et me sentir orthophoniste. Je commence à travailler dans moins de quarante-huit heures, et honnêtement : l'impatience se fait sentir...

mardi 10 juillet 2012

Après dix-huit mois en Pennsylvanie, il est (presque) l'heure de revenir en France pour passer quelques temps à Paris ! Retour à la vie française, et à la civilisation, retour à ma vie professionnelle d'orthophoniste... plein de réjouissances sont à venir. Départ prévu : 4 Août 2012. Le compte à rebours est lancé !

mardi 29 mai 2012

Centralia ou l'histoire d'un feu qui ne s'éteint jamais


Centralia dans les années 80              Centralia aujourd'hui...
Lors de ce weekend prolongé de trois jours pour célébrer (non pas le lundi de Pentecôte mais) Memorial day, j'ai visité, accompagné de fabuleux guides locaux, la ville fantôme de Centralia. Centralia est/était une ville de Pennsylvanie centrale, située en plein milieu du coal country où l'on a extrait et l'on continue toujours d'extraire du charbon de mines souterraines. En 1962, il y a exactement 50 ans, pour préparer les festivités de Memorial day, des employés municipaux ont déplacé une décharge à ciel ouvert d'un terrain vers un autre. A cause d'une très forte chaleur ce jour-là, et de la présence de charbon dans le sol, les détritus en question se sont spontanément embrasés et le feu s'est propagé à une ancienne mine souterraine, l'une des rares qui n'avait pas été condamnée. En ce jour férié, manquant de main d'oeuvre pour éteindre le feu, les autorités locales ont alors fait appel à l'état de Pennsylvanie qui aurait répondu absent. Le feu s'est propagé pendant quelques jours, avant que les premières véritables tentatives pour l'éteindre ou le contenir ne soient entreprises. C'est malheureusement là que le bâs blesse : considérant la nature du sous-sol, le feu s'est propagé à l'ensemble de la mine de charbon et devinez quoi ? Le feu brûle toujours, cinquante ans après...d'où l'idée de "ville fantôme" car la ville a été progressivement détruite et finalement évacuée dans les années 90. Il n'en reste rien, juste un cimetière, quelques très rares maisons et une église ukrainienne orthodoxe qui est encore épargnée. Il semble que le feu puisse brûler encore au moins 250 ans avant que le charbon ne soit complètement épuisé. Les locaux parlent de "silent hill" car  il faut connaître l'histoire pour savoir ce qu'il s'est passé et pouvoir partir à la chasse aux indices de la présence de Centralia. Rien n'est frappant à première vue, je suis moi-même passée par là avec mes parents à l'automne dernier sans rien en soupçonner ! Grâce aux indications d'un américain local (un biker tatoué jusqu'aux oreilles, vétéran de la guerre de Corée et très fier de nous faire partager quelques secrets de Centralia), nous avons pu observer les vapeurs qui s'échappent encore et toujours du sous-sol. Le sol était par endroit extrêment chaud, un bon petit barbecue où il ne ferait pas bon mettre ses mains. Je n'avais encore jamais rien vu de pareil en terrain non volcanique. Les Islandais serait déçus en visitant les restes d'une ville qui a quasiment disparu, mais en pensant que toute la région est suceptible de brûler encore tout le long de la route 61 (qui suit grossièrement le tracé de la mine souterraine), c'est plutôt impressionnant. Il y a même, en espérant qu'elle ne brûle pas, une capsule temporelle qui contient des lettres et des témoignages de 1966 et qui sera ouverte en 2016. Peut-être qu'on découvrira alors la véritable cause du départ de l'incendie, car l'histoire vous est contée telle qu'elle me l'a été racontée, et toute ressemblance avec la ville carbonnisée de Centralia ne serait absolument pas une coïcidence...
Time Capsule, Centralia

mercredi 2 mai 2012

Végétariens, végétaliens et autres bêtes curieuses

Qui n'a jamais entendu parler des végétariens, espèce (loin d'être en voie de disparition) qui se reproduit à grande vitesse aussi bien sur le continent américain que dans notre bonne vieille Europe ? Qui n'a jamais reçu un végétarien à dîner en se torturant l'esprit "Mais qu'est-ce-qu'on va bien pourvoir manger ?" Adieu cochonaille, saucisson, steaks et autres barbecues... Finis les côtelettes saignantes et autres steaks tartares... Le végétarisme est extrêmement tendance ici et il me faut bien conjuguer avec. Dans une société où l'obésité est omni-présente, la chasse aux graisses animales et autres mauvais protéines bas son plein. Mais pourquoi donc ? Qu'est-ce-qui pousse quelqu'un à volontairement supprimer de son alimentation la bonne boufftaille ? Je me suis creusé et re-creusé la tête depuis un an, et force est de constater qu'ici, la bouffe végétarienne est bien meilleure ! Même si Tony Parker le dit si bien, (mes sources sont pour le moins intellectuelles...ou pas), "Aux States on mange des steaks grands comme la Croatie", ça ne veut pas dire que le steak en question est bon. Il n'en est pas moins vrai que j'ai grandi avec du boeuf au petit déjeuner, déjeuner et dîner car mon Papa produit une viande de qualité exceptionnelle qui m'a habituée à manger les meilleurs morceaux que le boucher se garde pour lui en temps normal. Ici, je ne mange pas beaucoup de viande, un petit burger de temps à autre et pas mal de all-natural chicken, mais ça s'arrête là.  Je préfère de loin ne pas manger de viande que de manger de la mauvaise viande. Mais de là à se déclarer végétarien, il ne faut pas pousser quand même. Je ne veux pas être de ceux qui rêvent de côte de boeuf ou de filet mignon sans se l'avouer. Restons honnête, je ne pourrais jamais m'en passer. Pour ceux qui demandent encore si cet article est pour ou contre le végétarisme...la réponse est ni l'un ni l'autre. Car chacun mange ce qu'il veut et point barre.  Mon seul petit bémol concerne une autre espèce un peu méconnue : le végétalien qui refuse les produits laitiers, les oeufs, le poisson, et d'une façon générale tout ce qui induit la participation d'un animal (donc, pas de miel...). Ca complique quand même l'alimentation, et cela nécessite de bien connaître les possibles sources de protéines végétales. Allez donc préparer de déclicieuses pâtisseries sans oeufs et sans beurre... (même avec de l'agar-agar en guise d'eufs et un peu d'huile, votre gâteau n'aura rien d'exceptionnel). Bien sûr le tofu est soi-disant délicieux, quand on le prépare avec des épices, mais ça ne vaut pas une bonne petite omelette au fromage de chèvre, et ce ne sont pas les végétariens qui diront le contraire. Et une dernière petite info pour la route pour les quelques petits américains qui en doutent encore : non, le pain ne fait pas grossir, et éviter les carbs pour maigrir n'est pas forcément la meilleure solution lorsqu'on se venge sur des ailes de poulet frites de KFC. Bien manger, ça commence par se faire plaisir. Alors bon appétit, mangez ce qui vous fait envie.

vendredi 6 avril 2012

Vive le chocolat !

Coconut Cream Pie
Pâques approche et les jardins se couvrent de décorations de circonstance. Arbres à oeufs et petits lapins en peluche sont de sortie sur le devant des maisons. Partout se vendent des chocolats (plus ou moins appétissants), des paniers de collecte d'oeufs et des décorations aux couleurs printannière. Ici, il faut oublier nos traditionnelles "Cloches de Pâques" et compter sur la livraison des oeufs du "Lapin de Pâques", comme en Allemagne et en Alsace. Des "chasses aux oeufs" sont organisées un peu partout. Pâques n'est pas qu'une fête commerciale ici, c'est aussi (et surtout) une fête chrétienne très importante (même si la plupart des enfants pensent d'abord aux chocolats avant de penser à une miraculeuse résurrection !) qui est palpable et visible dans une amérique croyante et plutôt praticante. J'attends de voir si le lapin de Pâques va deigner m'apporter quelques delicacies...mon estomac se réjouit ! A défaut de le croiser, il est tout à fait possible de rencontrer de véritables petits lapins de Garenne dans notre jardin. Même au centre-ville, la nature est là (voir article sur le sujet). En parlant de delicacies, j'ai découvert un principe de pâtisserie américaine que certains jugeront révolutionnaire,  ou ridicule (au choix). En emmenant une patiente manger à Cracker Barrel (une chaîne de restaurant bien connue outre-Atlantique), mon esprit a tiqué sur une publicité pour une cream pie à la noix de coco. Qu'est-ce-qu'une cream pie ? C'est une tarte -sans croûte- qui est servie dans un bol avec de la chantilly. Je ne sais pas si l'on peut vraiment qualifier de "tarte" un dessert qui n'a pas de croûte et qui ne comprend qu'une couche de garniture (qui, par définition, ne garnit rien...)... ce serait plutôt une crème à la noix de coco servie dans un ramequin dans notre langue de Molière ! Mais imaginez une crème (très) riche et (très) sucrée qui serait servie avec une chantilly (très) riche et (très) sucrée... personnellement je me laisserais tenter, croûte ou pas croûte! Joyeuses Pâques à tous ! Et ne mangez pas trop de chocolat ! En ce qui me concerne, of course I will...

vendredi 17 février 2012

Ces Mad Men paresseux


Clips commerciaux et autres slogans publicitaires envahissent la radio, les magazines et la télévision aux Etats-Unis. Rien de bien différent me direz-vous de ce que l'on connaît déjà sur le vieux continent. Effectivement, rien de bien différent car les slogans qui marchent en France marchent aussi très bien outre-atlantique. Les publicitaires des grandes firmes internationales ne se foulent pas trop pour trouver des accroches accrocheuses et des phrases-chantonnées itératives qui se fixent très facilement dans notre mémoire. Une fois l'idée trouvée, elle est simplement traduite d'une langue à l'autre. L'Oréal ? Parce que vous le valez bien, ou L'Oréal, because you're worth it. Prends-soin de toi, Garnier. Ou Garnier, Take care. Swiffer attrappe poussière, est révolutionnaire. Ou Swiffer, Revolutionize the way you clean. On pourrait en citer bien d'autres. Parfois même, certaines firmes ne traduisent même plus leurs slogans. Si l'on pense à la chaine de restauration rapide Mc Donald's, il me semble bien que leurs publicités en France incluent le très fameux slogan I'm lovin' it. (et plus récemment : venez comme vous êtes). Et puis, pas beaucoup de dépaysement en ce qui concerne les produits proposés. Pampers, Starbucks, Domino's pizza, Coca-Cola, Barbie... tout ce que la France a, les Etats-Unis l'ont (et l'exportent). A la limite, on peut se targuer de pouvoir manger exactement le même hamburger aux quatre coins du monde, de déguster son soda sur n'importe quel continent et d'utiliser partout son personal computer ou son mac créé par des cerveaux américains. J'en entends déjà qui surfent sur des mouvements anti-mondialisation, saupoudrés d'une bonne dose d'anti-américanisme primaire...et je conçois que préserver sa culture, sa langue et son identité soit primordial. Mais après tout, la Vache Qui Rit (The Laughing Cow) et le Babybel sont également partout, du désert du Sahara à l'Asie, en passant par l'Amérique du Sud et le Pacifique. La France exporte aussi sa "culture" ! (même si bon, on ne peut pas trop parler de culture lorsqu'on parle de vache qui rit, qui est faite dans le Jura avec de vieux restes de comté trop mauvais pour être vendu). Le vin français, le bon saucisson d'Auvergne, les mille-et-un fromages, le gâteau basque, la tarte au maroilles, le gratin dauphinois, les bêtises de Cambrais, le cassoulet  de Castelnaudary, la  crème de marron de l'Ardèche Clément Faugier...il me faudrait des années pour citer toutes ces bonnes réjouissances franco-françaises. Et pas besoin des services de ces Mad Men pour me vendre des bons produits français...je donnerais n'importe quoi pour une bonne tartine de rillettes du Mans sur une baguette croustillante, avec un bon verre de vin du Jura. 

lundi 23 janvier 2012

Etudier aux Etats-Unis



Pour quiconque ayant connu le système universitaire français et ses amphithéâtres bondés, ses facs aux murs décrépits et ses locaux (souvent) délabrés, débarquer dans une université américaine peut être un véritable choc culturel. Les moyens financiers liés à l'éducation supérieure ne sont pas comparables...et les frais d'inscription non plus. Ancienne étudiante boursière sur critères sociaux, j'ai eu l'habitude de payer la modique somme de 4 euros et 57 centimes pour étudier. Ici, pour une année de master, les frais varient entre dix et cinquante mille dollars, en dépendant bien sûr de la spécialité choisie et de l'université concernée. Les facs publiques tendent à être mois onéreuses, mais sont aussi (parfois) moins réputées.
Je suis inscrite à l'Université publique de Bloomsburg, en Pennsylvanie, en tant que non-degree student (qui signifie ni plus ni moins que je peux suivre un certain nombre de cours et de credits cette année, sans être officiellement en master). C'est là que les choses se compliquent : il me faut postuler et être admise officiellement pour poursuivre mes études, lesquelles sont indispensables pour pouvoir exercer comme orthophoniste. C'est pourquoi j'ai, depuis plusieurs mois, réuni les papiers administratifs nécessaires pour m'inscrire en master. Des lettres de recommandation à l'examen du GRE (voir article sur le sujet), je me suis pliée à l'exigence du système et ai envoyé mon dossier complet cette semaine. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'au résultat officiel des admissions. Plus de trois cents dossiers sont reçus chaque année, pour 28 places. Inutile de dire que je garde les doigts croisés ! Après tout, Dostoïevski a dit un jour que "vivre sans espoir, c'est cesser de vivre".