jeudi 22 novembre 2018

Thanksgiving 2018


Il y a deux ans, j'ai organisé mon tout premier Thanksgiving à la maison. Non pas que ce fût mon premier Thanksgiving (loin de là), mais celui-ci a été mon premier évènement du genre à Miami, avec pour mission de rôtir une dinde de presque six kilos. A l'époque, Amaury marchait à quatre pattes dans toute la maison et ça avait été plutôt sportif que de gérer les plats, les cuissons, le service et un petit loulou encore relativement peu indépendant. L'an dernier, le nombre d'invités a atteint son maximum (17 adultes) mais un partage des tâches a été réalisé avec certains d'entre eux. Je n'ai pas rôti de dinde, et me suis cantonnée aux accompagnements et aux desserts. Amaury avait décidé d'être malade ce jour-là, et il a tout simplement hurlé du début à la fin de la présence de nos invités (sympa comme timing). Cette année, je n'avais pas envie de renouveler l'expérience d'un groupe immense, avec un toddler sur les bras. Alors nous avons seulement convié quelques amis pour un Thanksgiving certes plus petit, mais probablement peut-être aussi plus convivial. Hier, j'avais pris ma journée pour commencer les préparatifs en cuisine à l'avance, histoire de ne pas de me retrouver avec tout à faire à la dernière minute. De fait, dès hier soir, la moitié des desserts était achevée, la dinde mise à mariner, et la sauce aux canneberges cuite. Aujourd'hui,  je n'ai plus eu qu'à préparer la fameuse tarte à la citrouille, à cuire mon gratin d'épinards, à préparer ma purée de patates douces ainsi que mes asperges, à monter mes petits fours et à rôtir la fameuse dinde. La bête en question fait près de douze livres, et elle a été enfournée avec son lot de beurre, d'herbes, de citron et d'épices variées. La table a été dressée en avance, et décorée sobrement avec de vraies petites pommes (difficiles à trouver ici). La maison s'est emplie d'une bonne odeur de volaille rôtie, et tout était fin prêt pour nos invités. Si Thanksgiving est relativement nouveau pour moi, je commence néanmoins à en comprendre les tenants et les aboutissants. Tout est centré autour de la nourriture. Pas de cadeaux, pas de préférence entre amis et famille, juste une bonne orgie gustative où il faudrait presque posséder plusieurs estomacs. On ne peut d'ailleurs pas faire plus intéressant comme holiday lorsqu'on est gourmand(e) comme moi. Pour ce qui concerne le menu, j'ai un peu modifié les plats traditionnels pour la version de 2018. Le stuffing (un genre de farce à base de saucisse ou bacon et de pain) a notamment été supprimé. Il n'y a pas eu de cornbread, ni de buttermilk biscuits, même si j'aurais pu aisément en assurer la cuisson avant d'enfourner la dinde. Pour le reste, ce cru 2018 est resté très traditionnel, et j'ai remplacé la green bean casserole par un gratin d'épinards à la béchamel (d'ailleurs pour le côté américain traditionnel, on repassera). Il me tarde maintenant de passer à table, l'eau me vient à la bouche et je sais qu'il va falloir quelques jours pour se remettre de ce repas pantagruèlesque... 

La fameuse tarte à la citrouille 
La bête avant cuisson

samedi 17 novembre 2018

La fin de la saison des ouragans


D'ici deux petites semaines, à la fin du mois Novembre, la saison des ouragans sera officiellement terminée. Cette épée de Damoclès dangereusement suspendue au-dessus de nos têtes sera rangée au placard jusqu'au mois de Juin prochain. Nous avons eu beaucoup de chance cette année à Miami. Pas d'ouragan à déplorer, aucun dégât, aucune inondation. J'aimerais dire que ce fut une année indemne de tout dommage, mais ce serait ignorer ce qu'il s'est passé dans d'autres coins des Etats-Unis, et dans d'autres régions du monde. L'ouragan Florence, de catégorie 4, a crée de gros dégâts en Caroline du Nord et en Caroline du Sud en Septembre dernier. L'ouragan Michael, l'un des plus puissants du siècle, a détruit une bonne partie de la région de Mexico Beach, au Nord-Ouest de la Floride, en Octobre. Nous avons donc été épargnés, et il pourrait se passer des années -voire des décennies- avant que Miami ne connaisse une catastrophe de ce genre. Ou bien, dans un scénario plus pessimiste, il se pourrait que the big one se produise bientôt. Nul ne le sait, et seul l'avenir le dira. Une chose est sûre néanmoins : les ouragans sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants à cause du réchauffement climatique. La montée des océans menace sérieusement les villes côtières ayant peu d'élévation, que ce soit au Etats-Unis ou ailleurs. Miami fait d'ailleurs partie de ces grandes métropoles qui pourraient partiellement disparaitre au cours des prochaines décennies. Pour l'instant, notre existence se cantonne à essayer de vivre sans penser à ce genre d'hypothèse catastrophique. Et tandis que notre saison sèche d'hiver vient de débuter, il nous a fallu pour la première fois depuis longtemps sortir les manches longues ce weekend. Les jours raccourcissent et l'été perpétuel s'estompe légèrement. Le "froid" (17 degrés) est de retour, et je dois avouer que cela est fort agréable....

vendredi 9 novembre 2018

Elections de mi-mandat


Mardi, je suis allée comme beaucoup d'américains voter pour les élections de mi-mandat. Un évènement citoyen à ne pas manquer dans le contexte actuel du Trumpisme florissant. Il s'agissait de renouveler certains sièges de la chambre des représentants (un peu l'équivalent de notre assemblée nationale) et certains postes de sénateurs. Chaque état américain possède deux sénateurs, et un nombre variable de congressmen en fonction de sa population. Ainsi, le Wyoming, peuplé d'environ cinq cent mille habitants, possède le même nombre de sénateurs que la Californie, où résident pratiquement 40 millions de personnes. Ces élections ont permis d'annuler la totale dominance du parti républicain sur la house of representatives et le senate, qui permettait allègrement à ce cher Donald de faire à peu près ce que bon lui semble. La chambre des représentants est notamment redevenue à majorité démocrate. Le sénat quant à lui reste toujours républicain. Qu'est-ce que ça change concrètement ? Même si le sénat reste républicain, le congrès peut désormais s'opposer aux décisions dilettantistes de notre puppet president. Une première conséquence pourrait être de bloquer les tentatives de ce papi sénile de détricoter l'affordable care act, connu sous le nom d'Obamacare (mais ce sera le sujet d'un article plus détaillé prochainement). Une autre conséquence pourrait être d'enclencher une procédure de destitution présidentielle (yes please). Même si les démocrates ont repris un peu d'avance, ces élections me laissent un goût d'amertume. Tout d'abord, il faut savoir que les idées politiques des démocrates américains correspondent plus ou moins à celles des républicains français (ironique, quand on y pense). Les républicains américains, eux, correspondent à la franche droite de notre droite française. Tout est clivé vers la droite, en fait. Donc même si avancée il y a eu, celle-ci est loin d'apporter des réponses concrètes aux inégalités criantes que l'on peut voir au pays de l'oncle Sam. D'autre part, mon candidat fétiche, Andrew Gillum, qui se place dans la lignée de Bernie Sanders, n'a finalement pas été élu, mais cela pourrait peut-être changer. A l'heure où j'écris ce billet, la Floride est encore en train de recompter les millions de voix exprimées mardi et avant mardi, lors du early voting. Le recompte concerne les votes automatiques, mais pourrait se faire à la main car l'écart entre les candidats est extrêmement faible. Gillum n'a probablement aucune chance d'être finalement déclaré vainqueur, mais je garde espoir. Somme toute, l'expérience du vote ici n'a rien à voir avec la France. A commencer par les ballots, bulletins de votre, très loins de ceux que l'on doit utiliser sur le vieux continent. J'ai rempli quatre pages, recto et verso, en sélectionnant mes réponses à l'aide d'un stylo noir, comme je le ferais pour des grilles d'examens à choix multiples. J'ai choisi mes réponses lors des très nombreuses questions de référendum, aux sujets variés et écrits de façon plus ou moins limpide. Puis, j'ai moi-même inséré ces bulletins dans une machine automatique, sous la surveillance d'un assesseur. Mon isoloir s'est limité à une table munie de visières, et le tout m'a pris une bonne dizaine de minutes. Voter ici est décidément bien différent de notre devoir citoyen en France. Et tandis que je croise les doigts pour que le décompte soit en faveur du très progressiste Andrew Gillum (j'ai peu d'espoir mais je continue à espérer), je réalise que je peux pleinement participer à la vie électorale de mon pays d'accueil. Voter est un droit, mais c'est un devoir que je compte bien continuer à exercer le plus longtemps possible...

Les quatre bulletins de vote de ces élections de mi-mandat



samedi 3 novembre 2018

Halloween


Ce mercredi dernier le 31 Octobre, les Etats-Unis et une partie du reste du monde célébraient Halloween. Un événement à ne pas manquer pour les enfants, que nous avons passé avec des amis (les enfants se sont déguisés tandis que les adultes ont servi l'apéro). En fin de soirée et après avoir englouti quelques pizzas, nous avons sillonné le quartier pour récolter d'immenses seaux de friandises, les rejetons sagement assis dans notre wagon de plage et prêts à dégainer leur sac au nez des habitants du quartier. Le principe est simple : les enfants frappent à chaque porte et déclarent la bouche en coeur Trick or Treat! En gros, refilez-moi des cochonneries sucrées ou je vous joue un vilain tour (note bene : tradition libre de l'auteur). Amaury a tout simplement adoré remplir son sac de bonbons, et il faut désormais les écouler doucement, à raison de quelques-uns chaque jour. Il va nous falloir vraisemblablement jusqu'à Pâques pour qu'ils soient terminés, compte-tenu du volume récolté. A l'école, la journée a été animée et peu productive professionnellement. Les séances de rééducations ont été interrompues par des flots de gamins férus de friandises, costumes à l'appui. Près de quatre-vingt-dix pour-cent des enfants et des enseignants étaient costumés. J'étais de mon côté habillée en sorcière, ce qui s'est passablement limité à un chapeau et à des vêtements noirs. Les petits n'y ont vu que du feu et ont continué d'en parler toute la fin de cette semaine. Amaury était habillé en chef cuisinier, et il n'a pas quitté ses accessoires de la soirée (à savoir sa grosse louche en silicone et son tablier). Le compte à rebours est désormais lancé pour Thanksgiving, qui sera célébré dans moins de trois semaines. Et, si les citrouilles et les dindes devraient désormais faire partie du tableau, ce sont plutôt les décorations de Noël que l'ont voit et qui sont déjà bien installées dans les magasins..