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vendredi 24 juin 2022

Patriarcat et bigotisme

La cour suprême américaine a annulé aujourd'hui Roe vs. Wade qui garantissait le droit à l'avortement dans tous les états américains. Et ce juste quelques heures après avoir annoncé que la constitution américaine garantissait à chaque individu le droit de porter une arme en public, rendant beaucoup plus difficile pour chaque commune ou état de contrôler qui, quand et où les citoyens pouvaient avoir leur arme. En quelques jours, les Etats-Unis ont donc connu un sérieux retour en arrière, avec revenue en force du bigotisme, sous l'égide d'un patriarcat fort, et ce faisant limitant grandement les droits de millions d'américaines. Aujourd'hui, je suis écoeurée de ce retour en arrière. Peut-être ne suis-je pas directement concernée par cette interdiction d'avortement, mais ma fille le sera sans doute un jour. Peut-être devra-t-elle voyager loin pour avoir accès à ce droit. Mes voisines, mes amies, les filles de mes amies devront peut-être elles-aussi devoir recourir à des avortements clandestins dangereux ou voyager pour y avoir accès. Dans cette histoire, le plus grave est que -comme toujours- ces décisions moyenâgeuses vont impacter principalement les minorités, pauvres, déjà oppressées par les discriminations sociales et raciales. Peut-être est-il judicieux de rappeler que le taux de mortalité en couches est 2.5 fois supérieures pour les femmes noires américaines, par opposition aux femmes blanches. Et qu'il n'existe pas de congé de maternité garanti pour chaque femme. Et que les députées et sénatrices femmes américaines ne sont que 27% à siéger (qui veut dire que plus de 70% sont des hommes). Et en ce qui concerne le port et la vente d'arme, ces soit-disant "pro-vie" ne font rien pour limiter la vente d'armes de guerre  alors même que le pays compte déjà près de 250 tueries cette année. Et de fait, j'ai peur que cela arrive par malchance et hasard à mes enfants. Aujourd'hui, les Etats-Unis vont mal. Tout fout le camp. Je contemple cette dégringolade des droits humains, impuissante, dégoûtée, écoeurée. Mon pays d'adoption me déçoit. Les bigots sont partout. Le patriarcat contrôle nos vies. La cour suprême (qui ne compte que trois femmes présentement, sur les 9 sièges) plie sous l'influence de la NRA et des groupes religieux intégristes. Bref, cela fait longtemps que je m'insurge contre certains non-sens de ce pays. Mais cette décision de la cour suprême n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Aujourd'hui, j'ai particulièrement hâte de revenir en France, et c'est bien dommage.

jeudi 2 juin 2022

Rapatriation

Cet été va connaitre de nombreux changements, à commencer par notre résidence géographique. Nous allons débarquer à Paris ! Après dix ans et moultes déménagements intra et intercontinentaux, nous allons à nouveau vivre dans notre belle capitale. Nous avons bien connu le 13ème, et nous allons cette fois-ci découvrir le 11ème arrondissement. Entre les démarches pour trouver un mode de garde pour Joséphine (mais pourquoi n'y a-t-il pas plus de crèches en France ?!), l'inscription d'Amaury à l'école, mes entretiens d'embauche, le déménagement et les cartons, ainsi que tous les autres petits détails qui vont nous permettre de rentrer, notre planning est très largement chargé. Surtout que tout cela se produit en fin d'année scolaire où il faut alterner nos soirées entre les amis qui partent pour l'été et que nous devons voir une dernière fois, les spectacles de fin d'année, et autres activités de saison. Amaury me demande déjà quand nous allons partir voir la tour Eiffel, et je dois dire qu'il est passablement impatient d'arpenter les rues de Paris. Avec l'essor de la visioconférence, et aussi un peu grâce au Covid, je dois dire qu'il a été vraiment facile de participer à des entretiens d'embauche à distance, et je n'ai pas eu de mal à trouver un emploi dans mon domaine. Après tout, les orthophonistes délaissent le salariat et j'ai littéralement croulé sous les propositions de postes. Je vais commencer officiellement le premier Septembre, ce qui me laisse du temps cet été pour préparer tous ces changements. Reste à préparer la maison pour les locataires, faire de nombreux cartons, vendre la voiture, faire la paperasse habituelle quand on rentre en France, sélectionner ce qui va tenir dans la valise et ce qui sera stocké en prévision d'un futur lointain... l'exercice n'est pas simple mais je commence à avoir un peu l'habitude, après de nombreux allers-retours entre la France et les Etats-Unis. Du reste, et depuis 2015, Logan a acquis la nationalité française et nous n'avons (fort heureusement) plus besoin de faire des démarches de visa. Et d'ici à ce que nous partions, nous attendons de pied ferme nos visiteurs de Californie (M&O), puis ceux d'Australie (Q&B), pour ce long overdue get together. Le compte à rebours est officiellement lancé, même si nous allons transiter quelques semaines dans le Michigan avant de regagner ma terre natale. D'ici un bon mois dans tous les cas, nous quitterons Miami alors un seul mot d'ordre : profiter.

mardi 29 mars 2022

6 ans

Et juste comme ça, presque sans que l'on ne s'en aperçoive, Amaury a eu six ans. Six années pour ce grand bonhomme de petit garçon, né un beau jour ensoleillé et froid et arrivé comme un boulet de canon. Il est arrivé en avance, comme pour déjà nous montrer son incroyable impatience et son envie démesurée de découvrir le monde. Cette impatience et cette envie ne l'ont d'ailleurs plus quitté. Il continue d'explorer et d'apprendre à mille à l'heure, poussé par une curiosité sans bornes, parfois presque si vite qu'il lui est intolérable de ne pas déjà tout savoir. Sa mémoire est incroyable, et les détails de sa toute petite enfance sont encore tout frais. Il se souvient de tout, tout le temps, si bien qu'il est impossible d'oublier promesses et annonces du planning à venir. Cet enfant est aussi une véritable boule d'émotions, qui déborde bien souvent. Les larmes succèdent aux rires et à la colère en un instant, et je me reconnais tellement dans sa façon de fonctionner. Il a un sens aiguisé des règles et des convenances, lesquelles sont pourtant aisément déroutées. Les injustices et vilaines choses du monde lui sont insupportables et le questionnent continuellement. Aujourd'hui, je le vois heureux, déjà tout grandi, et je ne peux m'empêcher de penser que le temps s'écoule trop vite. Hier encore, je le tenais dans mes bras, tout petit, tout neuf, et déjà en train de tout observer. Avec plusieurs jours de retard, bon anniversaire, mon grand. Nous sommes tellement fiers du garçon que tu es devenu. 

vendredi 25 février 2022

La guerre

J'aurais aimé ne pas avoir à publier cet article. La guerre sur le continent européen est révoltante. Après avoir traversé les Etats-Unis le weekend dernier, je réalise que l'Ukraine n'est pas plus loin du Jura que la Californie ne l'est de la Floride. Depuis, je me sens suspendue aux informations, collée aux premières pages des journaux, angoissée par l'échec des négociations politiques et peu rassurée quant à l'efficacité des sanctions proposées par l'Europe. Je pense aux civils, sous les bombes, et aux innocents qui vont perdre leur maison ou leur vie, qui vont se retrouver pris en sandwich entre deux feux. J'avoue ne pas bien connaitre les tenants et les aboutissants de cette guerre, aussi je me garderai bien d'en partager une quelconque analyse. Il n'empêche que cette situation est particulièrement inquiétante. Alors je croise les doigts pour que ce conflit cesse au plus vite. Et qu'il ne s'embourbe pas dans le temps. Amis Ukrainiens, je pense à vous...

mercredi 23 février 2022

California dreamin'

Je n'avais encore jamais eu l'occasion d'aller me promener sur la côte ouest des Etats-Unis. Le point qui s'en rapprochait le plus était sans doute Austin, au Texas, lequel n'est pas du tout proche de la Californie, loin s'en faut (à peine vingt heures de route en voiture, pensez donc). Alors il était bien temps d'y faire un premier petit saut. Je me suis donc envolée ce weekend pour San Diego avec mon grand, lequel était inévitablement surexcité comme une puce à l'idée d'aller voir ses cousins sur un fuseau horaire différent. Les trois jours auront passé très vite, trop vite, partagés entre de bons moments en famille et des visites touristiques dépaysantes. Il n'a pas fait très chaud, surtout sur la fin du séjour, même si tout est question de perspective (nous pauvres frileux de Miami nous sommes retrouvés à grelotter lorsque les températures sont descendues à 14 degrés, ce qui ne correspond pas non plus à un climat polaire, n'exagèrerons rien). Les enfants ont quand même apprécié la plage, où l'eau est à peu similaire à la Bretagne, à la différence près que les surfeurs y sont établis en maîtres des lieux. Nous n'avons vu que la région où habite ma soeur, à côté de San Diego, sur la côte, où tout est aussi magnifique qu'hors de prix. Imaginez un mélange du climat de Menton avec une belle poignée de hippies chics (et riches) en plus, et des Teslas à gogo. Et l'on obtient un fort beau stéréotype (qui peut bien sûr être immédiatement démonté avec de nombreux contre-exemples). La majorité de la Californie reste donc à explorer, car c'est un état immense qui atteint presque les 4/5ème de la superficie de la France. Il suffirait de conduire une heure ou deux pour changer de climat et de végétation. Je me verrais bien par exemple faire un road trip le long de la côte, associé à une découverte de l'intérieur des terres, sur un mois ou deux, en prenant son temps. Et en attendant que cela soit réellement possible (on peut toujours rêver), nous sommes de retour dans la douce chaleur de Miami, en pleine floraison des manguiers, où la reprise du travail et de l'école a un peu piqué les yeux après cette douce parenthèse enchantée...




jeudi 17 février 2022

Quelques nouvelles

Ca fait un certain temps que je ne suis pas venue faire un tour par ici. La faute à notre emploi du temps chargé, aux week-ends occupés par nos visiteurs, et aussi je dois un peu l'avouer -à cause d'une certaine flemme-. Depuis douze ans que je publie sur ce blog, il y a toujours eu des phases très actives, suivie de phases de latence. Imaginez : douze ans à préparer des sujets d'articles, à les écrire, à les relire, alors même que le but initial du blog était d'informer uniquement sur des démarches de visa. En 2010, je galérais en attendant d'avoir le droit d'immigrer Etats-Unis. D'ailleurs, c'est comme ça que tout a commencé. Avec une saleté de procédure interminable pour pouvoir rejoindre mon homme sur sa terre natale, en toute légalité. Une bien belle année de newly-weds, 2010. Passée à distance, loin des yeux (mais pas loin du coeur), sur deux fuseaux horaires différents et avec des emplois du temps respectifs bien chargés. Alors cette flemme de publier, je la connais. Pourquoi publier absolument des articles si les sujets ne sont pas intéressants ? Je ne fais pas partie de la nouvelle génération des influenceurs. Rien n'est monétisé, tout est partagé parce que j'en ai le temps et l'envie. Bref, l'irrégularité de mes publications risque de continuer parce que comme tout un chacun, je suis busy. Totalement overbookée. Mon temps et mon énergie sont grappillés en permanence par mes deux adorables monstres et par un job à plein temps. Et aussi, depuis la fin de l'année dernière, nous avons vu défilé un ballet de visiteurs très attendus, et nous en avons profité pour faire un peu de tourisme. En outre, nous avons finalement eu le Covid, après deux (trop) longues années de pandémie. Je crois qu'il aurait été très dur d'y échapper lors de cette dernière vague. Quand tu te retrouves être cas contact cinq fois en dix jours, tu t'attends bien à ce que cela te tombe sur le coin du bec. Etant tous vaccinés à la maison, sauf Joséphine qui est encore mon petit bébé (de dix-sept mois), je ne m'attendais pas à ce que l'on ait une forme grave de la maladie. Mais j'ai toutefois été surprise de la violence de mes symptômes. J'ai été sans doute la plus malade, même si ca a été beaucoup moins difficile que l'année où j'ai eu la grippe A. Depuis, j'ose penser que nous sommes protégés d'une ré-infection au covid pendant au moins trois à quatre mois. Donc si nous continuons à respecter la réglementation en vigueur en ce qui concerne les gestes barrières, je dois avouer que c'est bien agréable de penser pour la toute première fois depuis deux ans que non, dans un future relativement proche, nous ne pourrons plus être ré-infectés par ce maudit virus. Et je dois avouer que cela fait un bien fou. Psychologiquement, cette pandémie a réduit notre vie sociale à peau de chagrin. Il a été beaucoup plus compliqué de voir nos familles respectives, et il reste encore des rencontres à organiser. La toute première, long overdue, est celle de ma belle belle-soeur Quinn avec Joséphine. L'Australie a très longtemps conservé des règles drastiques de quarantaine aux frais des voyageurs, et il lui a été impossible de venir nous voir. Trois longues années se sont écoulées depuis notre dernier get together. La seconde rencontre, que j'attends avec impatience, est celle de ma petite nièce née peu avant Noël. Il est vraiment difficile de ne pas pouvoir facilement sauter dans un avion et aller la serrer dans mes bras, ainsi que ses parents. Mais pour l'heure, les réunions familiales continuent à être possible avec des personnes plus proches géographiquement, et du coup je m'envole demain avec Amaury pour la Californie (histoire de faire un petit coucou à l'ainée de ma fratrie et à mes neveux). Et s'il est bien trop tard pour souhaiter à la bonne année à la mi-Février, je vous souhaite à tous, amis, familles, lecteurs assidus et lecteurs égarés, une vie sans covid, car, comme le disait mon grand-père à l'époque d'une façon qui résume assez bien l'exaspération liée à cette maudite pandémie (et l'expression est restée culte dans la famille) : "quand ça m'énerve...ça m'énerve".



jeudi 16 décembre 2021

Active shooter drill

Dans ce grand pays que sont les Etats-Unis, les armes à feu font partie de la vie de la majorité des citoyens. D'après une étude de 2017 du Graduate Institute of International and Development Studies basé à Genève, les américains possèdent 120.5 armes à feu par 100 habitants, soit plus d'une arme par personne, à comparer à nos 19.6 en France (source à retrouver ici). C'est donc le pays du monde où les civils sont les plus armés, et aussi un pays qui est confronté aux shootings de masse. Plus de 600 fusillades ont été reportées aux Etats-Unis en 2020, en grande progression depuis l'année précédente. Et les écoles ne sont pas exemptes de ce fléau. En Floride, pas très loin de chez nous à Parkland, un jeune forcené de 19 ans avait tué 17 personnes et blessé bon nombre d'autres en 2018 dans un lycée. Alors les écoles ont depuis mis en place des entraînements pour se préparer à réagir en cas de survenue d'une attaque à l'arme à feu. Pour se prévenir des tueries de masse, des protocoles d'exercices ont été adoptés au même titre que les exercices d'évacuation en cas d'incendie. Cette année dans l'une de mes écoles, ce ne sont pas moins de quatre exercices qui ont été planifiés. La semaine passée, j'ai dû me barricader dans ma classe avec deux petits loulous de grande section, terrorisés, dans le noir, et sans bruit, pour nous préparer à l'éventualité d'un tireur dans l'école. Inutile de préciser que les élèves en question étaient un peu inquiet à l'issue de l'entraînement, et il nous a fallu débattre de la nécessité de l'exercice et de l'improbabilité qu'un tireur réel ne surgisse dans notre établissement. Mais pourtant, je ne peux m'empêcher de me montrer incrédule devant les pouvoirs publics qui sont incapables de répondre de façon efficace à la gangrène des armes à feu. La possession d'une arme à feu est protégée par le deuxième amendement de la constitution américaine. La NRA (National Riffle Association) est extrêmement puissante et fournie un lobbying drastiquement efficace pour promouvoir la vente d'armes à feu. 44 états sur 50 ont des lois locales qui garantissent le droit de posséder et de porter une arme. Et bon nombre d'entre eux n'ont pas de restrictions de port d'arme, même en cas de maladie mentale ou d'antécédents de violence, et n'ont pas de règles sur l'achat et la détention d'armes de guerre. Un citoyen de 18 ans peut donc allègrement acheter un fusil d'assaut, aller voter pour choisir son président, et cela alors même qu'il n'est pas encore légalement autorisé à se procurer et à boire de l'alcool (ce qui est un autre débat). Alors concrètement qu'est-ce que cela signifie pour nous au quotidien ? Dans notre cercle familial et amical, la quasi-totalité des personnes ne possèdent pas d'armes à feu. Mais il suffirait d'interroger des Floridiens du fin fond de la Floride, vivant à la campagne et n'ayant pas accès à une éducation universitaire, pour trouver des statistiques drastiquement opposées. Dans l'une de mes écoles, le crossing guard est armé. Mais les professeurs ne sont -fort heureusement- pas autorisés à venir en cours avec une arme, même si le débat avait été lancé après la tuerie de Parkland. D'ailleurs entre nous, je n'imagine même pas un enseignant, au bord du burn-out, face à des élèves insolents, être autorisé à apporter un revolver en cours, car je visualise très bien comment les choses pourraient mal finir. Quoi qu'il en soit, je suis maintenant prête à agir et je connais le protocole sur le bout des doigts s'il survenait une fusillade sur mon lieu de travail. En attendant, je croise les doigts pour que les choses évoluent finalement et que des lois beaucoup plus strictes soient mises en place dans l'intégralité des états américains. Et pour que ce genre de active shooter drill ne soit plus une nécessité dans nos écoles...

lundi 11 octobre 2021

Orthospower

L'orthophonie, c'est bien pour les pieds ? C'est pour les enfants qui ne parlent pas français ? C'est pour redresser les dents tordues ? Si ces questions vous paraissent incongrues, il n'empêche que la profession d'orthophoniste est encore très largement méconnue. Une bonne partie de la population pense toujours que le métier d'orthophoniste se résume à la rééducation du cheveu sur la langue ou qu'il s'apparente à du rattrapage scolaire. J'ai même lu une fois que les orthophonistes avaient des agendas bien remplis à cause de la méthode globale. Bref, dans mon domaine, il est possible parfois d'entendre tout et son contraire,  mais c'était sans compter sur le podcast d'Orthospower, créé par Lucie Cambrai, orthophoniste et formatrice (So Spitch). Ce podcast fabuleux permet de se rendre compte de l'étendue du champ de compétence de l'orthophoniste, bien au-delà des présuppositions et des stéréotypes. Il est destiné à tous, orthophonistes diplômés, étudiants, professions en relation avec l'orthophonie et d'une façon plus générale pour toute personne intéressée par notre beau métier. J'ai eu la chance d'être interviewée pour ce podcast, qui donne quelques indications sur le métier d'orthophoniste aux Etats-Unis (lien à retrouver ci-après). Mais les autres épisodes sont tout aussi passionnants. Diversification menée par l'enfant, psychomotricité, plurilinguisme, mucoviscidose... les sujets sont aussi variés que notre belle profession. Alors n'hésitez-pas à écouter Orthospower !

https://podcast.ausha.co/orthospower/42-elise-la-pratique-ortho-aux-etats-unis


mercredi 29 septembre 2021

La petite souris

Et voilà, mon grand a déjà commencé à perdre ses dents de lait et je dois admettre que je n'étais pas complètement prête psychologiquement pour cette grande étape de sa vie. C'est arrivé très subitement, lors du goûter du matin à l'école, et nous avons eu vent de la nouvelle presque immédiatement car sa directrice nous a envoyé une belle photo de son tout nouveau sourire à trou. Si je n'étais pas complètement prête psychologiquement, je m'étais par contre totalement préparée depuis quelques années car j'avais mis de côté une jolie boite à dents de lait achetée avec soin en France, histoire de lui offrir le moment venu. S'est alors posé la question de qui allait apporter les petits trésors à retrouver sous l'oreiller. Serait-ce la petite souris, comme dans l'hexagone, ou la fée des dents, beaucoup plus courante chez nos amis anglo-saxons ? A vrai dire, nous français ne sommes pas les seuls à attendre la petite souris. Beaucoup de pays hispanophones ont, eux-aussi, leur petite souris qui vient rendre visite aux enfants la nuit. A Miami, ce n'est donc pas du tout une exception et nous n'avons du coup pas eu besoin de choisir entre ces deux petites créatures mystérieuses. Puisque les évènements se produisent de nuit, nul ne peut être sûr de qui est réellement le visiteur. De fait, si Amaury a pu récupérer sa belle boite à dents de lait au petit matin, il ignore toujours si c'est la fée des dents ou la petite souris qui la lui a apportée. Alors si le mystère reste entier pour l'instant, il a été du reste enchanté de retrouver ce petit trésor à son réveil. Pour les prochaines fois, il est possible que notre visiteur dépose une pièce de monnaie ou un nouveau petit objet. Deux autres dents sont déjà en train de bouger, donc il est fort probable que la fée des dents ou la petite souris nous rendent visite très prochainement. Et puis finalement, le plus beau des trésors est réservé aux parents eux-mêmes lorsqu'ils sont témoins de l'enchantement de leur enfant à la découverte de la petite surprise, et ils se retrouvent, pendant quelques secondes, propulsés dans leurs propres souvenirs joyeux d'enfance où la magie égayait le quotidien...

mercredi 15 septembre 2021

Une carrière mixte en Floride

La vie d'une mère de famille est bien souvent ponctuée de journées chargées, chronométrées, minutées, où bon nombre de taches ménagères s'ajoutent à une carrière prenante. La vie de père de famille n'est d'ailleurs pas non plus moins chargée, dans une société moderne où l'homme fait très largement sa part. Dans un monde idéal, je travaillerais dans des conditions "à la française", avec des congés payés, une couverture maladie, du temps supplémentaire rémunéré et la possibilité de prendre des vacances. Dans un monde parfait, je serais payée au mois, et non pas à l'heure (voire à la minute), et mon emploi du temps ne serait pas contrôlé à chaque seconde, ma rentabilité calculée, et mon temps de paperasse à rallonge. Mais bien sûr, il n'existe pas de monde idéal, et j'ai déjà la chance de pouvoir travailler partout, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Mais depuis que notre famille s'est agrandie, le planning de l'hôpital m'est apparu de plus en plus incompatible avec ma vie de maman, laissant peu de place à la prévisibilité, ni en terme de revenu, ni en terme d'emploi du temps, avec de longs trajets en voiture, des journées rallongées ou écourtées (selon les variations du taux d'hospitalisation), et une reconnaissance professionnelle significativement amoindrie. Alors, si l'exercice hospitalier aux Etats-Unis n'est pas de tout repos, et qu'il correspond à mon amour pour la dysphagie et les troubles neurologiques de l'adulte, il n'en est pas moins difficile à concilier à mes autres casquettes de mère et d'épouse. J'ai donc pris la décision, bon gré mal gré, de retourner travailler également au sein des écoles, et de réserver l'hôpital aux journées occasionnelles (histoire d'assurer un revenu régulier et un planning relativement prévisible). Je continue à être payée à l'heure, sans congés payés et sans assurance maladie (laquelle est heureusement disponible par le travail de mon homme), mais je ne suis plus payée à la minute (et c'est déjà une belle différence). Mon planning reste bien rempli, mais je ne rentre pas à la maison plus tôt -sans être payée- si mes patients sont absents ou indisponibles.  De fait, même si j'enchaine toujours les séances de rééducation toute la journée, les conditions de travail sont (très légèrement) meilleures, je suis sûre de rentrer à la maison à une heure très raisonnable, et de ne pas travailler ni un jour de weekend (ou très rarement), ni un jour de fête. Je suis de fait un peu plus disponible pour mes petits loulous, lesquels grandissent bien évidemment beaucoup trop vite et je tiens à en profiter avant qu'ils ne partent tous les deux à la fac (oui, c'est presque demain, je sais). Alors je continue à me former, étant d'une nature avide de connaissances, car je dois cumuler une expertise professionnelle dans des domaines très différents. J'ai par exemple de nombreux petits patients sourds, appareillés ou avec implants cochléaires, et c'est un domaine que je maitrise encore peu. Cela étant, il me semble que je ne vais pas regretter les très longs trajets en voiture pour aller sur mon lieu de travail, sachant qu'avec l'autoroute et les voies express il ne me faut pas plus de quarante minutes pour arriver sur place. Pour une métropole de la taille de Miami, c'est le rêve absolu. Joséphine et Amaury vont à la garderie avant l'école et la crèche, mais ils rentrent à la maison un peu avant 17 heures et cela fait déjà des journées très remplies. Pour le reste, le quotidien reste tout de même très chronométré, et les weekends sont de fait très appréciés, entre les baignades dans une eau à la même température que l'air et les journées très ensoleillées de la Floride...



samedi 11 septembre 2021

Un an

Un an, douze mois, cinq cent vingt cinq mille six cents heures, et encore bien plus de minutes se sont écoulées depuis la naissance de notre Mademoiselle Sourire. Le temps est passé extrêmement vite et je me revois encore, chez mon obstétricien, plaider pour attendre une naissance franco-américaine qui ne tombe pas un onze septembre. Je me souviens de ses traits amusés, et de son sourire hilare que j’ai deviné sous son masque, lorsqu’il m’a répondu qu’elle arrivait, là, presque toute de suite, onze septembre ou pas. Je me revois me conduire moi-même à l’hôpital de l’autre côté de la rue, être admise, et accueillir très vite une petite boule blonde d’amour parfaite en compagnie de son papa. Joséphine a su trouver sa place toute de suite, toute en sérénité, en complétant la famille par ses sourires et sa bonne humeur. A un an, elle communique déjà très bien par ses mots, ses gestes et ses intonations. C’est une petite fille qui sait ce qu’elle veut et qui le fait savoir, entre deux gloussements provoqués par l’admiration sans bornes qu’elle voue à son frère. C’est aussi une belle dormeuse qui nous laisse nous reposer, à défaut d’avoir connu ce bonheur avec notre numéro un. 6 dents, pour croquer la vie à pleine dents, un appétit sans failles et une appétence pour tout ce qu’elle peut manger seule. Je ne sais pas qui elle sera en grandissant, ni ce qu’elle aimera, et encore moins ce qu’elle fera, mais j’ai une certitude : cette petite Louloute aura le sourire aux lèvres et une envie féroce d’explorer le monde. Et d’ici là, ma petite souris, ma toute belle, ne te dépêche pas trop de grandir, le temps passe trop vite et je ne peux pas l’arrêter...

mercredi 25 août 2021

Un été trop court


Il aura fallu un simple claquement de doigts pour que l'été se termine et que la rentrée s'annonce à cor et à cri. Après un bon mois de voyage, la transition s'est faite, plus ou moins en douceur, pour de toutes nouvelles aventures professionnelles (qui seront détaillées dans un prochain billet). Pour l'heure, je m'estime chanceuse d'avoir pu échapper à la chaleur moite de Miami en passant quelques temps dans le Michigan, à manger délicieusement chez beau-papa et belle-maman, à faire du vélo, à flâner, et à faire des grasses matinées bien méritées. L'idée même de devoir me lever tous les jours pour reprendre le travail ne m'enchante d'ailleurs guère, même si en réalité le terme de grasse matinée se révèle très galvaudé et désuet lorsqu'on a une petite Louloute de presque un an. J'ai eu aussi l'immense privilège que de revenir en France pour quelques jours, qui sont passés à une vitesse folle, mais qui ont permis (outre de faire le plein de pâtisseries françaises et de saucisson) de voir famille et amis qui n'avaient jamais rencontré Joséphine que par écrans interposés. Et dire que j'avais presque oublié le bon goût de la baguette croustillante, du pâté de lapin, du vrai fromage et des haricots verts du jardin ! Le Jura en été est un véritable havre de paix, où la météo ne s'est pas forcément montrée clémente cette fois-ci mais où j'ai pu renouer -avec joie- avec ma véritable patrie natale. Depuis, Joséphine et Amaury ont repris l'école et la crèche, au même endroit et au sein du même établissement (histoire de simplifier les trajets), certains en trainant plus les pieds que d'autres, mais en étant néanmoins contents. Les journées sont donc redevenues très chargées puisque nous travaillons à plein temps et que les enfants occupent pas mal nos matinées et nos soirées. Tous deux ont passé un fort bel été, malgré la pandémie mondiale, les tests PCR et antigéniques, les masques et le gel hydroalcoolique, et ils auront bien profité de cette parenthèse enchantée sur deux continents. Il semble également que bon nombre de français puissent poursuivre les vacances encore davantage, alors profitez-bien (chers petits veinards) de la douceur du mois d'Août dans l'hexagone, et nous vous enverrons un peu de chaleur de notre zone tropicale lorsque vous en manquerez. 

vendredi 4 juin 2021

Elever un enfant plurilingue (épisode 3)

Mon grand garçon continue à être immergé quotidiennement dans un bain de langage français/anglais et espagnol (dans une moindre mesure), et cette situation n'est pas pour nous déplaire. Le bilinguisme est un véritable voyage aux nombreux détours, avec des phases de progrès dans l'une des langues et de régression dans l'autre. J'avais déjà partagé notre expérience dans deux articles à relire ici et ici. Si l'espagnol faisait partie intégrante de sa vie, cette langue est maintenant reléguée à un second plan sans réelle possibilité de retour en arrière. L'espagnol est partout à Miami, mais Amaury n'en connait plus que quelques mots. Il comprend certaines phrases fréquentes mais n'est pas vraiment capable de répondre, au delà des couleurs, des chiffres et des chansons. L'anglais est devenu (à mon grand regret) la langue majoritaire. Langue de l'école, langue parlée avec son père et sa famille américaine, langue des dessins animés... l'anglais est presque partout, sauf avec moi. La pandémie a ajouté à cette régression du français, faute de pouvoir le parler souvent avec d'autres interlocuteurs. Mes parents n'ont pas pu venir comme ils le faisaient chaque année, et je vois bien que ses capacités à s'exprimer dans la langue de Molière sont largement en-deça de ce qu'elles pourraient être. Cela étant, Amaury lit beaucoup mieux en français qu'en anglais (loin s'en faut), et c'est une chance car je peux favoriser les livres francophones. Je ne lui lis jamais de livres en anglais, et je privilégie au maximum le français. Cela sera possible au moins jusqu'à ce qu'il apprenne à lire en anglais, au delà des quelques mots qu'il déchiffre déjà. Alors je me rassure en pensant que notre petit voyage en France cet été lui fera le plus grand bien. La maitrise d'une langue dépend de nombreux facteurs, et dans tous les cas je ne veux pas restreindre sa communication. Il aime parler avec Joséphine en anglais, et l'anglais est dominant dans ses jeux. Finalement, ma seule marge de manoeuvre, au-delà des livres, c'est de communiquer exclusivement en français ensemble (ce qui n'est pas toujours facile), à défaut de pouvoir faire mieux. De son côté, Joséphine réagit très bien à son nom dans toutes les langues. L'espagnol est dominant à la crèche, et c'est tant mieux. Et si un jour notre Chepita choisit de suivre les pas de son frère, le plus important est de conserver au moins l'anglais et le français, et qu'elle puisse communiquer facilement, comme lui, quelle que soit la langue utilisée... 



lundi 10 mai 2021

Monsieur B.

La valve phonatoire Passy-Muir, utilisée pour les patients trachéotomisés (à droite).
Le kit d'aspiration endotrachéale, à utiliser avant de poser la valve phonatoire (à gauche).

Il se pensait à l'abri du covid-19 Monsieur B. Lui qui ne fume pas, boit très peu, et n'a pas de maladie grave que l'on considère comme facteur de risque aggravant de cette pandémie. Non, Monsieur B. n'a pas de diabète, il n'est pas obèse, et même, il a couru un semi marathon à l'automne dernier. Non, vraiment, Monsieur B. n'a pas peur du covid. A 45 ans (presque 46), il ne rentre pas dans la catégorie des personnes qui doivent s'inquiéter. Et pourtant, il l'a attrapé, ce maudit virus. Au départ, une banale petite fièvre, une toux, trois fois rien. Une perte de goût et d'odorat, bon, ce n'est pas si grave. Et puis finalement, au bout de dix jours, des difficultés à respirer qui lui paraissent très bizarres. Aux urgences, on ne veut pas l'hospitaliser, et on le renvoit chez lui. Mais dans la nuit, il peine à reprendre son souffle dans son lit, alors il y retourne, aux urgences, dans cette salle d'attente où l'on attend des heures. Et puis oui, finalement, Monsieur B. a besoin d'oxygène, alors il est admis. Hospitalisé, lui, le coureur de semi-marathons. Mais rien de si grave, un peu d'oxygène par canule nasale, pas de quoi fouetter un chat. Et puis ce maudit virus dégénère en véritable pneumonie. Et là, l'équipe médicale s'affole. On descend Monsieur B. en réanimation. Là où probablement les soignants sont les plus à mêmes de s'occuper de son cas. Et puis, l'oxygène par voie nasale ne suffit plus. Alors le médecin prend la décision d'intuber Monsieur B. Sauf que pour être intubé avec ce gros tube qui est enfoncé très loin dans la gorge, et être branché sous respirateur, il faut dormir car c'est horriblement inconfortable. Alors Monsieur B. est placé en coma artificiel pendant quelques jours. La ventilation mécanique assistée aide ses poumons à respirer car ils ne sont pas capables d'oxygéner le corps seuls. Et les journées se succèdent, Monsieur B. est inconscient, le respirateur le maintient en vie. Et puis, un jour, l'extubation. Mais Monsieur B. n'est toujours pas capable de respirer seul, la tentative de sevrage du respirateur échoue. Alors, afin d'éviter le coma artificiel, les médecins pratiquent une trachéotomie. Une canule est insérée directement dans sa trachée par une incision au devant de sa gorge. Pas si grave, en soi, c'est juste un tube et un petit trou. Mais Monsieur B., finalement réveillé du coma, ne peut plus parler. L'air ne passe plus par sa bouche et son nez mais vient directement dans ses poumons. Et puis, comme les jours passent, et que Monsieur B. n'a pas mangé depuis longtemps et que les perfusions seules lui apportent la nutrition et l'hydratation nécessaire, les médecins lui posent un tube de gastrostomie. Pas de quoi fouetter un chat, juste un petit tube inséré chirurgicalement dans son estomac pour le nourrir par sonde gastrique. Mais un tube quand même, qui le nourrit 24h sur 24. Monsieur B. a de la chance, il a échappé à la sonde nasogastrique qui peut être très gênante, dans son nez. Et puis les jours passent. Du respirateur, Monsieur B. passe de nouveau à l'oxygène simple, via sa trachéotomie. Et c'est là que j'interviens. Monsieur B., il ne peut pas parler. Il articule des mots mais sans voix, difficile de le comprendre. Alors le médecin me demande de lui poser une valve phonatoire, histoire qu'il retrouve un passage d'air par le larynx, le nez et la bouche. Histoire qu'il puisse communiquer, se faire comprendre, dire quand il a mal, quand il en a marre, quand il est triste, et quand il a besoin de quelque chose. Alors Monsieur B. me remercie. 6 semaines sans parler, c'est dur. 6 semaines sans manger, c'est également très dur. Mais Monsieur B. a toujours sa trachéotomie, et il va lui falloir se passer de l'oxygène à haute dose pour qu'on puisse le décanuler. Il lui faudra encore deux semaines, avant de tolérer la canule nasale. Pendant cette période, il a soif, Monsieur B. Mais il ne peut pas encore boire ou manger. A jeun, régime sec forcé. 87% des patients trachéotomisés ont un risque de fausse route silencieuse, alors encore une fois, Monsieur B. compte sur moi. Il faudra encore 5 jours pour planifier une vidéofluoroscopie de déglutition. C'est long, mais pendant ce temps, je l'aide à renforcer les muscles impliqués dans la déglutition. Histoire de limiter l'atrophie et d'augmenter les chances d'une reprise alimentaire rapide. Il en a vraiment marre, Monsieur B. C'est long, c'est dur, et il ne peut même plus marcher après toutes ces semaines alité. Le jour de la vidéofluoroscopie de déglutition, l'examen se passe plutôt bien, mais pas parfaitement. Monsieur B. peine à boire des liquides fluides, qui dégringolent dans ses poumons au lieu d'aller directement dans son estomac. Alors il devra boire des liquides épaissis, Monsieur B. Pas de quoi fouetter un chat, mais il en a trop marre Monsieur B. Le covid lui a gâché tous les aspects de sa vie, jusqu'à lui prendre son autonomie. Et il lui faudra encore plusieurs semaines à Monsieur B., pour être capable de boire et manger normalement. Pour la marche, il a encore un long chemin à parcourir, Monsieur B. Ses jambes recommencent seulement à le porter. Alors pour le prochain semi marathon, il va devoir attendre. D'ici là, il rentre finalement chez lui. Après trois mois d'hospitalisation. A cause d'un satané petit virus, qu'il pensait moins dangereux qu'une vilaine grippe saisonnière. Il s'est trompé, Monsieur B. Il s'est tellement trompé qu'il est passé près de la mort, et qu'il rentre chez lui aujourd'hui pour le premier jour du reste de sa vie. Car il veut vivre, Monsieur B. Et si son histoire vous a touchés, sachez qu'elle est totalement vraie. Je n'en ai rien inventé. Je vois des Monsieur B. tous les jours. Certains sont plus jeunes, d'autres plus âgés. Beaucoup ont des pathologies aggravantes, mais pas tous. Alors soyez prudents, et continuez à faire attention à ce maudit virus. Et dans tous les cas, ne me dites pas que ça n'arrive qu'aux autres. Et ne dites surtout pas qu'on ne vous avait pas prévenus...

lundi 15 mars 2021

Working mom 2.0

J'avais déjà publié un petit billet sur le sujet il y a de ça plusieurs années (à relire ici). Ce congé maternité-ci s'est étiré un peu plus longtemps que prévu, mais il est finalement arrivé au bout de ce que notre porte-monnaie pouvait supporter. Je suis donc retournée travailler il y a quelques semaines, à temps partiel d'abord, avec la perspective de (peut-être) compléter mes heures pour atteindre un temps complet à l'avenir. La pandémie mondiale a durement impacté les écoles de Miami, et le district a gelé toutes les nouvelles embauches au cours de cette année scolaire. J'ai donc pris la décision de revenir travailler à l'hôpital, avec des patients adultes dont bon nombre sont des survivants du Covid. Qui dit problèmes respiratoires, dit intubation, coma, gastrostomie, trachéotomie et donc... orthophonie. Mon quotidien en scrubs est ponctué de rendez-vous avec des patients plus ou moins jeunes (oui, même des patients jeunes et en bonne santé peuvent se retrouver en soins intensifs à cause du covid, n'en déplaise aux inconscients qui pensent que seules les personnes âgées sont à risque), pour bilans de la déglutition, de la voix (l'intubation fait des dégâts), et quelques évaluations de langage et de cognition. Pour l'instant, je couvre deux hôpitaux d'un même groupe, l'un de façon régulière et l'autre de façon beaucoup plus occasionnelle. Retourner travailler a été difficile et salutaire en même temps. Si je ne me suis jamais vue comme mère au foyer, j'ai apprécié les mois à la maison, malgré les journées et les nuits chargées qu'imposent un nouveau-né. Et puis récemment, j'ai eu des fourmis dans les jambes. L'envie de reprendre une activité professionnelle s'est faite plus pressante, et j'ai commencé à chercher activement un emploi. J'ai eu le luxe de refuser plusieurs propositions d'embauche, soit mal payées, soit compliquées en termes de planning, mais j'ai eu raison. J'ai envie de voir mes enfants grandir, et la perspective de travailler tous les weekends était exclue. Joséphine s'est bien adaptée à la crèche, et Amaury apprécie que je puisse venir le chercher à l'école le soir. Ne reste plus qu'à espérer que cette saleté de pandémie mondiale s'améliore, pour que l'on puisse planifier notre été, et ce même si un retour en France pour des vacances semble de plus en plus compromis...



vendredi 19 février 2021

Une décennie américaine

Photo prise le 19 Février 2011, à mon arrivée

Cela fait exactement dix ans. Dix ans que j'ai débarqué à l'aéroport de Newark avec mes deux fois vingt-trois kilos de bagages. Le dix-neuf Février 2011, je suis finalement arrivée sur le sol américain après un très long processus d'attente de mon visa d'immigration (voir l'article de l'époque à relire ici). J'ai encore en bouche le souvenir nauséeux du cheeseburger de Continental Airlines qui n'avait pas tellement aimé les turbulences de l'avion. Quand je regarde furtivement derrière moi et que je réalise que dix belles années se sont écoulées depuis ce fameux jour, j'ai cette impression troublante d'avoir terriblement vieilli. D'avoir aussi considérablement mûri. Et d'avoir pu accomplir tellement -et tellement plus- que je ne l'aurais imaginé à l'époque. Les obstacles ont certes été nombreux, mais toutes les difficultés rencontrées, tous les challenges qu'il a fallu surmonter, et toutes les pierres sur ce long chemin ont valu le coup. It was totally worth it. Retourner à l'université pour obtenir un second diplôme d'orthophoniste, acheter une, puis deux maisons, changer d'état et de climat, passer trois fois d'un continent à l'autre, exercer dans une langue qui n'est pas ma langue maternelle, avoir mes deux enfants, former une famille complètement franco-américaine, s'adapter à des nouvelles coutumes, de nouvelles habitudes et de nouvelles traditions... Je me souviens très précisément des confidences d'une adorable camarade de promo, qui m'avait confié à l'époque que ses parents étaient franco-espagnols et qu'ils s'étaient rencontrés à Londres, et que leur belle histoire bilingue et biculturelle était toujours d'actualité plusieurs décennies plus tard. Et chaque fois que j'y ai repensé depuis, j'ai espéré de tout coeur que notre couple franco-américain prenne le même chemin. Je suis tellement ravie et reconnaissante de voir qu'une simple rencontre aléatoire dans un pub irlandais de Lyon a pu changer ma vie pour toujours. Et de voir que ma présence ici aux Etats-Unis est toujours d'actualité, et n'a de raison d'être que parce que nous sommes toujours ensemble. Alors merci la vie, de ta clémence. Merci, mon amour, de ta présence. Et puissent cette vie internationale et ce doux bliss durer toujours...

mardi 19 janvier 2021

L'année de tous les espoirs


Les attentes sont on ne peut plus élevées pour 2021. Que va-t-il se passer au cours des mois à venir ? Seul l'avenir nous le dira. L'année a démarré chez nous sur les chapeaux de roue, entre la régression du sommeil des quatre mois pour notre bébé sourire (qui du coup, est beaucoup plus geignarde), les entretiens d'embauche à la pelle, et le Covid qui continue de se propager à qui mieux mieux à Miami. Du reste, si l'on se limite aux sujets agréables, dans quelques petites heures, Joe Biden deviendra officiellement président des Etats-Unis et ce sera la vraie bonne nouvelle de la semaine. Et lorsqu'on en vient à évoquer cet événement, je croise vraiment très très fort les doigts (et les orteils) pour qu'il ne se fasse pas assassiner juste avant de prêter serment, n'en déplaise à un grand groupe de fous furieux suprémacistes blancs, plus connaisseurs de théories issues de Mein Kampf que des livres d'histoires niveau CM2 (oui, ce sont de véritables ignares). Alors mon cher Joe, tous les regards sont sur toi. Ne nous déçois pas. J'évoquais plus haut les nuits de Mademoiselle J. qui est décidément plus adepte du sommeil en gruyère que des grasses matinées. La perspective de retourner travailler dans ces conditions de sleep deprivation ne m'enchante guère, même si j'ai déjà bien profité de mes semaines supplémentaires de pouponnage intensif (rappelons que la louloute devait commencer la crèche ce mois-ci, mais que ce nouveau départ a pu -avec grande joie- être repoussé à Février). Entre deux tirages de lait, ma cuisine et mon congélateur se sont transformés en véritable usine laitière et j'ai un peu l'impression d'être une vache en devenir. Je crois même que je me suis mise à ruminer. D'ailleurs je ne crois pas qu'aucune maman ait un jour apprécié l'engin en question, qui, même s'il est pratique, n'équivaut vraiment pas à une séance de spa (loin s'en faut, sauf si bien sûr vous être en proie aux engorgements). Donc, pour terminer ce petit billet qui part dans tous les sens, un peu brouillon et passant du coq à l'âne (merci mon cerveau bien fatigué), je vous souhaite à toutes et à tous une belle année, une bonne santé, la fin de ce maudit Covid, le retour des retrouvailles entre amis, de grands dîners de famille sans limitation de nombre, de longs voyages sans microbes, et surtout, surtout, des pelletées et des brouettées de bonheur pour que ce nouvel an nous apporte les changements dont nous avons tous bien besoin.

jeudi 24 décembre 2020

Et puis...Noël.

 

L'année aura été longue, et riche en émotions. Je me revois encore au réveillon l'an passé, la tête emplie de bonheur des cris et des rires des enfants, cousins et amis, espérant pouvoir agrandir notre famille un jour et ne sachant pas que Joséphine venait juste de s'installer discrètement dans mon bidon. Je me revois entourée de ma famille française, avec une belle tablée, des plats savoureux à foison et une ambiance animée. J'aurais presque un peu de nostalgie à l'évocation de ces bons souvenirs, mais l'excitation de Noël est bien présente aujourd'hui malgré tout. Cette année, la crise sanitaire rend les choses nettement plus intimes. Nous sommes entre nous, tous les quatre, trois à table et en attente du Père Noël avec impatience. Le menu est simple mais devrait régaler nos papilles. J'ai hâte une fois encore de voir Amaury déballer ses paquets, excité et ravi, et de lire dans ses yeux l'émerveillement du haut de ses quatre ans et demi. Je me souviens de cette sensation du matin de Noël, où lorsqu'on est enfant on espère et on attend des monceaux de cadeaux et ses jouets préférés. Maintenant adulte, j'ai la chance de revivre ces belles émotions à travers les yeux de mes enfants, et bien sûr cela n'a pas de prix. D'ici demain et le grand déballage, un traditionnel verre de lait et un cookie vont trouver leur place sur le piano, prêts à régaler Santa lors de son passage. Et puisque la pandémie nous prive de grandes réunions familiales, je vous souhaite à tous et du fond du coeur et où que vous soyez, famille, amis, connaissances, lecteurs fidèles et internautes anonymes de passage sur ce blog, un très joyeux Noël...

vendredi 11 décembre 2020

Trois mois de toi

Joséphine a eu trois mois aujourd'hui. Trois mois de bonheur avec un adorable petit être qui complète très bien notre famille. Trois mois d'échanges attendrissants et mignons avec son frère. Et trois mois d'apprentissages variés. Récemment, elle a commencé à attraper tous les objets à sa portée (attention aux cheveux longs, colliers, et boucles d'oreilles qui pendouillent !), à éclater de rire et à manger ses mains. Elle mettrait allègrement l'intégralité de ses deux poings dans la bouche si elle le pouvait. Côté sommeil, nous avons eu l’immense (et court !) bonheur d’une nuit complète sans tétée il y a quelques jours, mais qui ne s’est pas encore reproduit. Joséphine continue à manger une seule fois en moyenne vers 2 heures du matin, ce qui est très honorable pour son âge. Pour ce qui est du biberon, elle s'est de nouveau mise à le refuser, et nous sommes (pour l'instant) de retour à la case départ. Il faudra pourtant bien qu'elle s'y mette lorsque je retournerai travailler. Elle a aussi révélé une probable allergie aux protéines de lait de vache, ce qui m'a conduite à évincer absolument tous les dérivés du lait dans mon alimentation. J'ignorais d'ailleurs qu'un bébé exclusivement allaité pouvait développer une telle allergie, mais force est de constater que c'est possible. Ce sont les rectorragies répétées qui nous ont mis la puce à l'oreille. Alors j'ai abandonné ce qui restait de produits laitiers dans mon régime alimentaire (uniquement le beurre et certains fromages), ne pouvant moi-même tolérer facilement yaourts, crème et lait. J'ai également arrêté les noix/noisettes et amandes qui ont (peut-être) renforcé le problème, mais rien n'est sûr à ce jour. Dans tous les cas, et comme tout régime d'éviction, la planification des menus est particulièrement contraignante, notamment juste avant les fêtes de fin d'année. Reste à me consoler en pensant que Noël sera très intimiste dans sa version 2020, puisque nous serons entre nous, à quatre. Les pâtisseries sans laitages et sans noix sont légèrement plus complexes à préparer alors il faut être créatif, mais rien n'est impossible pour qui est suffisamment gourmand ! Et puis, puisque Noël sera au balcon (et sous les tropiques) à défaut d'être enneigé, alors le barbecue et la plage seront sans doute de la partie. D'ici là, je profite des dernières semaines à la maison avant l'épreuve de la crèche en Janvier, et du retour au travail lorsque les recherches d'emploi se seront concrétisées. Alors mon bébé, ma douce, ma princesse, continue à bien dormir et surtout ne grandit pas trop vite s'il te plait...

lundi 9 novembre 2020

J'ai pleuré deux fois

picture source: https://newsroom.ucla.edu/releases/ucla-professors-kamala-harris-vp-reactions

La première fois, c'était il y a quatre ans jour pour jour, le 9 Novembre 2016, au lendemain de l'élection présidentielle américaine. Je me suis levée pour découvrir avec horreur et en même temps que le reste du monde que Donald Trump avait été élu. Elu démocratiquement. Elu par des citoyens qui pensaient sincèrement que ce papi colérique avait le pouvoir d'améliorer leur vie. Elu par des citoyens conservateurs et racistes, en colère, et majoritairement ruraux. Et pour ma première élection en tant que citoyenne, j'ai pleuré. J'ai pleuré en imaginant les quatre années à venir. J'ai pleuré, à chaudes larmes, de colère et de tristesse. Mais aujourd'hui, quatre ans après, j'ai pleuré de joie et de soulagement. Joseph Biden a été élu quarante-sixième président des Etats-Unis aux cotés de sa vice-présidente Kamala Harris, première femme à occuper le poste. Même si Trump n'a pas encore accepté sa défaite (trop occupé à bouder et à jouer au golf -priorité nationale apparemment), le collège électoral devrait confirmer ce vote le mois prochain, en attendant l'investiture prévue le 20 Janvier. Alors qu'est-ce-que cette élection pourrait changer ? Difficile de le dire avec précision. Ce qui est sûr, c'est que Biden s'est déjà mis au travail, mettant quatre axes au coeur de son action prévue pour le jour où il accèdera au bureau oval. The transition plan devrait se focaliser principalement sur la pandémie liée au coronavirus Covid-19 et ses conséquences économiques, sur l'égalité raciale et sur le changement climatique. Tandis que l'administration Trump a allègrement supporté la séparation de mineurs migrants de leurs parents (même au stade de nourrisson), mis des enfants en cage, stérilisé de force des femmes dans des camps de rétention, supprimé les allocations financières dédiées aux centres de santé pour les femmes, raboté voire stoppé le financement en lien avec la lutte contre la famine et la pauvreté dans le monde -America first-), et bien d'autres affres impossible à détailler tant la liste serait longue, Biden semble dessiner une présidence moins égoïste, plus égalitaire, et -j'espère- plus centrée sur des enjeux d'aujourd'hui. Il a mentionné vouloir ré-intégrer les accords de Paris sur le climat, et travailler sur l'accès à une couverture maladie universelle, ce qui est probablement une très bonne chose. Alors en attendant de voir ces changements, je prie pour que Trump, qui a allègrement traité ses adversaires de losers, quitte à son tour la maison blanche. Alors dear Donald, guess who's the loser now?!

lundi 2 novembre 2020

Une élection très attendue

Depuis quatre ans, les Etats-Unis connaissent une véritable décrépitude politique avec un président incompétent, méprisant, impulsif, quasiment sénile, et faisant largement preuve de dilettantisme. Ce clown, plus friand de deals commerciaux et de célébrité, plus à l'aise dans un show de télé-réalité et dans des rallies où son culte de la personnalité est omniprésent, a largement prouvé son amateurisme au cours de ces dernières années. Et pourtant, l'élection qui se joue demain est loin d'être gagnée. Trump pourrait tout à fait être réélu, porté par un noyau électoral plutôt blanc, rural, âgé et profondément raciste. Rien n'est joué. Rien n'est garanti. Et tout reste à prouver. Si nous avons personnellement déjà voté par anticipation, l'Amérique n'a pas fini d'exprimer ses opinions (les bureaux de vote seront ouverts jusqu'à mardi soir) et je crains le pire. Les Etats-Unis pourraient-ils se relever de quatre années de plus avec cet ersatz de président ? Pourraient-ils sauver la face aux yeux du reste du monde qui s'est depuis quatre ans largement moqué des incohérences et de l'incompétence de Donald Trump ? Je ne le crois pas. Je pense que l'heure est grave, et que l'enjeu va bien au-delà d'une simple élection. L'enjeu de ce vote national pourrait bien être la cohésion civile du pays. Il est tout à fait possible que se produisent des soulèvements spontanés de la population, et ce quel que soit le résultat. Si Trump venait à l'emporter, alors je prédis la rage (légitime) des mouvements prônants l'égalité interraciale (tels que Black Lives Matter) qui ne verraient pas d'un bon oeil la poursuite d'une politique présidentielle largement raciste. Et si Biden gagnait l'élection, alors cette Amérique blanche et raciste (que l'on prétend ne pas voir), accessoirement très largement armée et en colère pourrait très bien se rebeller à son tour, prétextant des votes truqués. Il est donc très probable que le résultat final de cette élection ne se fasse connaitre que dans plusieurs semaines, au prix de nombreuses procédures judiciaires et de recompte des votes. Je croise les doigts, j'espère et je prie pour que les années Trump ne soient bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Et dans l'attente des résultats, je me surprends à penser au pays de l'oncle Sam comme une société plus égalitaire, où santé et éducation seraient au centre des préoccupations politiques pour garantir une vraie équité entre les êtres humains.

dimanche 11 octobre 2020

Un mois d'or difficile

Joséphine a eu un mois. Un mois, soit trente jours de sommeil haché, morcelé, grappillé et égrené lentement. Trente nuits en gruyère, longues et torturantes. Trente jours de belles tétées, de jour comme de nuit. Trente jours d'une croissance rapide, d'un bébé qui devient joufflue, qui profite, qui grossit à vue d'oeil et qui nous émerveille de sourires. Le mois qui suit un accouchement est appelé le "mois d'or", un mois où tout  peut être merveilleux mais où tout est aussi difficile. Joséphine est un bébé relativement calme et qui s'apaise relativement facilement. Hormis les régurgitations (très !) nombreuses, les petites coliques et un reflux assez ennuyeux, ces dernières semaines se sont assez bien passées. Après avoir eu un BABI (bébé aux besoins intenses) qui avait des coliques infernales et ne dormait absolument jamais, ni de jour ni de nuit, je dois dire que ce post-partum a été un peu plus facile. Il y a eu certes des hauts et des bas (merci le baby blues et la chute hormonale...), mais globalement à part la fatigue extrême tout s'est plutôt bien passé. C'est un peu à cause (ou grâce) à la pandémie actuelle qui conduit Logan à travailler depuis la maison, ce qui fait que je ne suis jamais vraiment trop seule avec la petite louloute. Physiquement, je me suis très vite remise de l'accouchement. Je me suis même sentie beaucoup mieux qu'enceinte, c'est dire. C'est sûr que la grossesse n'a pas été exactement une partie de plaisir non plus. Il y a un mois, j'ai eu une connection immédiate avec ce petit bébé qui se fait tout sourire. Reste la question du sommeil, question bien sûr au centre des préoccupations actuelles. Bébé dort assez bien à des heures bizarres, et du coup ses parents beaucoup moins. Et la médaille du mérite revient à mon cher et tendre qui, non content de travailler à (plus que) plein temps depuis la maison, est aussi totalement dévoué au child care et aux autres chores domestiques. Tout en étant toujours là la nuit, pour chaque tétée si besoin ou pour prendre le relais au petit matin après une mauvaise nuit. J'espère qu'il va échapper au burn out, car sans famille à proximité, nous ne sommes que tous les deux pour gérer ce petit bout de nouveau-né et notre véritable tornade de quatre ans et demi. Dans cette nouvelle parentalité, j'ai beaucoup retenu de notre expérience passée, ce qui, j'en suis sûre, a contribué à rendre supportable ce premier mois post-partum. D'abord, j'ai usé et abusé de l'emmaillotage, technique encore peu répandue en France mais qui se fait de façon systématique à la naissance dans les hôpitaux américains. Joséphine est encore emmaillotée la nuit, mais elle ne l'est plus lors de ses siestes la journée. C'est une technique qui lui donne la sensation d'être contenue, comme in utero, et qui lui facilite grandement l'endormissement et le sommeil en général. Ensuite, nous avons commencé l'apprentissage de la tétine très tôt, dès les premiers moments d'inconfort digestif (qui sont très vite apparus). Elle s'apaise immédiatement et son sourire revient lorsqu'elle peut utiliser la succion non nutritive pour se calmer. J'ai aussi d'ores et déjà commencé à tirer mon lait, et après une dizaine de jours d'apprentissage du biberon plutôt laborieux et difficile, la petite louloute réussit maintenant à prendre de petits repas au biberon. J'utilise également un sling, sorte d'écharpe de portage simplifiée, lorsque la demoiselle est en proie aux coliques du soir, et c'est assez miraculeux. Mon dos n'apprécie pas vraiment, et je ne peux pas la porter très longtemps, mais l'effet positif est garanti. Et puis surtout, dans ce contexte de changement majeur de vie qui est assez bouleversant, je me fais plaisir chaque fois que c'est possible : une douche chaude, un vrai petit déjeuner (avec Nutella of course), des pauses grignotage tout au long de la journée, des siestes quand le papa est disponible... J'essaie de prendre soin de moi pour pouvoir être capable de prendre soin de toute ma petite tribu. A défaut d'avoir ma mère ou ma belle-mère à proximité pour me seconder, je me repose grandement sur my better half  (qui est absolument fabuleux !), et je prie pour que ces relevailles* soient vite terminées. 

*relevailles : temps de 40 jours après l'accouchement qui était préconisé au siècle dernier pour se remettre de ses couches et établir un lien avec le nouveau-né. Tombées en désuétude avec notre mode de vie moderne, il permettait pourtant à la jeune maman de rester alitée et de se reposer avec l'aide nuit et jour de tous les membres de la famille élargie (mères, soeurs, grands-mères, etc...). 

jeudi 17 septembre 2020

She's born !


Elle s'est fait attendre jusqu'à la fin, alors qu'elle montrait pourtant des signes d'envie pressante d'arriver depuis plusieurs mois. Joséphine est finalement née il y a quelques jours, la veille de sa date prévue, et elle nous comble de bonheur avec ses sourires aux anges qui se comptent déjà par dizaines. L'accouchement s'est très bien passé, et je suis depuis la sortie de l'hôpital en mode pouponnage à la maison. Le séjour à la maternité a été bref, avec un personnel adorable et complètement aux petits soins. Amaury a accueilli sa petite soeur avec joie (et ambivalence), et il va lui falloir quelques temps pour s'habituer à ne plus être le centre du monde (ce qui risque, je le conçois bien, d'être difficile au moins temporairement). Logan travaille depuis la maison et a relâché le rythme de façon très significative, ce qui le rend très disponible pour m'épauler et s'occuper de nous trois. Notre famille est désormais au complet, et c'est avec un sentiment de bonheur et de plénitude (teinté bien évidement d'une fatigue légitime liée aux nuits en gruyère)
que je termine ce bref petit billet.

lundi 20 juillet 2020

Une interminable pandémie


Cela fait quelques semaines que je ne suis pas passée par ici. La fatigue de la grossesse et l'état sanitaire de la Floride ont un peu eu raison de mon entrain à partager notre tranche de vie américaine, monotone et quasi-recluse. Les cas de Covid-19 n'ont pas cessé d'augmenter depuis notre retour à Miami, pour graduellement remplir davantage de lits en réanimation et entrainer le maintien des mesures sanitaires restrictives. Nous sommes passés d'un confinement en France strict depuis Mars à un pseudo-confinement outre-atlantique. Les magasins restent ouverts, mais les parcs, piscines, jardins, aires de jeux et zones de rassemblement pour le public en intérieur sont toujours fermés. Après avoir respecté une quinzaine de jour en isolement, nous avions espéré pouvoir -dans les limites des précautions sanitaires- retrouver notre vie sociale floridienne. Mais c'était sans compter sur la recrudescence du virus et la peur que cela suscite chez nos amis américains. Nous vivons donc en vase clos, très isolés, sans famille à proximité et avec peu de contacts sociaux. L'époque est historique, certes, mais elle n'en est pas moins décevante. Et la préparation d'une naissance dans ce contexte n'est pas forcément réjouissante non plus. Nos familles respectives ne pourront pas venir nous voir lorsque bébé numéro 2 pointera le bout de son nez, ni nous aider avec Amaury. Nous avons un ami qui pourra intervenir et gérer le petit monstre le temps de l'accouchement, mais Logan risque d'être beaucoup monopolisé par notre grand sans aide extérieure, ce qui signifie que je serai sans doute très seule pendant le temps de l'hospitalisation. Et cerise sur le gâteau : si j'ai le malheur d'être testée positive au covid-19 en allant accoucher, la politique est de séparer les mères et les bébés pour éviter toute contagion pendant toute la durée du séjour. Inutile de préciser que si cela m'arrivait, je signerais tout de suite une décharge pour sortir au plus tôt sitôt la louloute née, même si cela signifie partir avec le placenta encore entre les jambes. Alors autant dire que le moral, une fois n'est pas coutume, n'est pas au beau fixe et que j'espère une amélioration de cette pandémie très prochainement. Après tout, je débute à peine mon huitième mois, et peut-être que si je réussis à accoucher à terme ce satané virus va finalement perdre du terrain ?

mardi 16 juin 2020

Black lives matter

Breonna Taylor

Ça devrait être un concept complètement évident, mais les récents événements continuent de démontrer que la communauté afro-américaine subit encore et toujours des discriminations raciales et des violences policières. Plusieurs cas ont défrayé la chronique, notamment celui de George Floyd (très médiatisé, et à juste titre), mais pas seulement. Il y a eu aussi le cas de Breonna Taylor, cette jeune ambulancière afro-américaine tuée de huit balles par la police dans son appartement, celui d'Ahmaud Arbery, tué comme un animal par un policier à la retraite et son fils alors qu'il faisant son jogging, et puis récemment ce géorgien, Rayshard Brooks, tué à Atlanta par la police de trois balles dans le dos. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Les discriminations touchent aussi les mères. Une mère afro-américaine a par exemple deux à trois fois plus de chance de mourir des suites de sa grossesse ou de son accouchement qu'une femme blanche (source : Centers for Disease and Prevention). La communauté afro-américaine a deux fois plus de chance de souffrir de la faim que la communauté blanche (source : Feeding America). En outre, cette communauté connait un taux de chômage deux fois plus élevé, et un risque d'incarcération 6.4 fois supérieur à celui de la communauté blanche (source : Economic Policy Institue). Alors concrètement, les inégalités ne concernent pas seulement les violences policières. Elles concernent également des aspects économiques, sociaux, éducatifs, et médicaux. De ce que j'ai pu en observer, l'ascenseur social est bien souvent bloqué au rez-de-chaussée si l'on nait dans une famille afro-américaine très modeste. Si l'on nait pauvre, l'on a toutes les chances de rester pauvre à l'âge adulte. Alors bien sûr ces disparités ne concernent pas que cette communauté, et bien d'autres minorités subissent des discriminations au pays de l'oncle Sam ; mais dans ce contexte actuel, il me paraît nécessaire de se focaliser sur ce racisme latent qui gangrène le pays. La notion de privilège blanc prend aujourd'hui tout son sens. J'ai moi-même par exemple toujours eu beaucoup de chance, faisant partie des immigrés privilégiés (voir article sur le sujet à retrouver ici). Je pense qu'on ne se rend pas réellement compte de nos privilèges lorsqu'on les possède depuis sa naissance, et tant que nos droits n'ont pas été bafoués. Alors tant que les inégalités resteront criantes et qu'un individu sera traité différemment à cause de sa couleur de peau, je soutiendrai la cause de tous ceux qui subissent des injustices. Et que ce soit aux Etats-Unis, en France ou ailleurs...

vendredi 12 juin 2020

Voyager en pleine épidémie de Covid-19


La semaine qui vient de s'écouler est passée comme une véritable tornade mêlant décalage horaire, déménagement, achats de meubles et de voitures, planification de travaux et déballage de nos affaires. Le voyage s'est bien passé, quoique long, pénible, et relativement bizarre en cette pandémie mondiale de Covid-19. Nous avons gardé notre masque à peu près tout le temps, depuis le trajet en taxi de l'hôtel à l'aéroport, puis dans l'aéroport à Roissy, durant le vol Paris-Atlanta, à l'aéroport d'Atlanta, pendant le vol vers Miami et finalement dans le Uber qui nous a ramené très tard à la maison. Il était alors onze heures du soir, soit cinq heures du matin en France. Amaury a été relativement sage, et n'a pleuré qu'une seule fois lorsqu'il a voulu s'asseoir près du hublot et qu'il fallait absolument attendre l'autorisation des hôtesses. Les précautions de sécurité liées au coronavirus nous ont semblé drastiques, mais rassurantes et nécessaires. Le vol Paris-Atlanta était quasiment vide, avec quelques passagers qui se partageaient (à bonne distance) les rangées. J'ai eu ma propre rangée pour m'allonger, ce qui était fortement appréciable. Le seul bémol fut à l'arrivée à Atlanta, dans un aéroport où seul un tiers des employés et des passagers portaient un masque, et dans l'avion, où la plupart d'entre eux le retiraient dès que les hôtesses avaient le dos tourné. Bref, ce fut une observation assez déroutante, surtout compte-tenu de la proximité physique entre les passagers, que de voir que l'américain moyen (croisé ce jour-là) n'avait aucune peur de contaminer les autres en toussant allègrement sans masque dans un espace clos. In fine, ce fut un contraste saisissant avec l'arrivée sur le sol américain, où des employés du CDC (centers for disease control and prevention) sont montés dans l'avion sur le tarmac pour nous faire remplir des formulaires de santé et prendre la température de tous les passagers. Depuis, nous sommes en quarantaine volontaire à la maison, pendant une semaine encore, avant de reprendre une vie un peu plus "normale". J'ai hâte de voir le médecin qui va me suivre pendant le reste de ma grossesse, car les contractions sont toujours là et j'alterne les séances de lit avec celles passées sur le canapé. Amaury a aussi hâte (mais pas tant que nous !) de retrouver les copains du centre aéré pour l'été. Après quatre mois sans école, la lassitude s'est progressivement installée et il manque cruellement de temps de jeu avec d'autres enfants. Il nous réclame régulièrement de rentrer à Lyon, ce que je comprends tout à fait. Les périodes de transition ne sont jamais faciles, mais les enfants s'adaptent généralement vite à leur nouvelle vie. Et maintenant que le décalage horaire est derrière nous (et que notre petit Loulou ne se réveille plus à quatre heures du matin) nous pouvons enfin réaliser que ça y est, nous avons une nouvelle fois franchi l'Atlantique pour une vie décidément très internationale...





mardi 2 juin 2020

Un départ qui se concrétise


Après des jours et des jours de préparatifs pour le départ, j'ai eu cet après-midi le feu vert de mon gynécologue pour prendre l'avion : nous partons donc demain matin ! Le premier jour de voyage devrait être relativement facile. Nous récupérons la voiture de location le matin, et prenons la direction de Roissy où une chambre d'hôtel nous attend pour passer la nuit. Jeudi en début d'après-midi, nous embarquons dans un vol pour Atlanta, puis dans un second vol pour Fort Lauderdale. De là, très tard le soir, nous avons loué une voiture pour rentrer à Miami car l'heure sera bien tardive et au-delà du couvre-feu qui est en place depuis quelques jours dans les comtés de Broward et Miami-Dade. A priori, les émeutes ne touchent pas du tout notre quartier, donc nous partons relativement sereins. Reste à voir ce que l'épidémie de Covid-19 va donner en Floride, qui connait une recrudescence des cas au cours des quelques derniers jours. J'avoue qu'après m'être rongé les sangs en ayant très peur de ne pas pouvoir partir à cause de la grossesse, je ne suis pas inquiète outre-mesure ni en ce qui concerne les émeutes, ni en ce qui concerne la crise sanitaire mondiale. Nous avons notre stock de masques, de gel hydroalcoolique et de lingettes désinfectantes pour les surfaces, alors je ne vois pas bien ce qu'on pourrait faire de plus. Et d'ici le départ, nous profitons des quelques heures qui nous restent à Lyon en nous efforçant d'oublier les opportunités ratées de ce printemps ; pour l'heure, je maximise la position allongée pour éviter de forcer sur mon col et je répète à ce petit bébé tant désiré qu'elle reste bien sage, au chaud, au moins jusqu'à fin Août...

mardi 26 mai 2020

Un petit secret dans la valise


Les jours qui nous restent en France sont comptés. Dans une semaine, nous serons en route pour Roissy, afin d'attraper un vol transatlantique le lendemain. Nous partons donc tous les trois pour les Etats-Unis, et je devrais dire tous les quatre, car notre famille va s'agrandir en Septembre ! C'est une petite fille, en pleine forme, qui grandit bien malgré le contexte d'une grossesse particulièrement difficile. Il y a d'abord les maux typiques, connues par bon nombre de femmes, qui teintent la joie d'attendre un enfant en rendant la vie considérablement plus difficile. Entre les nausées et les vomissements (loin de s'arrêter à la fin du premier trimestre et qui perdurent), la fatigue extrême, les douleurs ligamentaires, la sciatique, la constipation (je vis d'un régime de pruneaux et de fruits laxatifs), les hémorroïdes (amis du glamour, bonjour), le goût métallique en bouche en permanence, l'hypersalivation, et les insomnies, je crois que je peux cocher sur ma liste à peu près tous les désagréments en lien avec mon état de parturiente. A cela s'ajoutent les complications médicales, franchement plus inquiétantes et qui pourraient fort bien compromettre ce retour aux Etats-Unis. Les contractions hyper précoces depuis le début de mon quatrième mois, la modification de mon col et la perte du bouchon muqueux hier (amis du glamour, re-bonjour), associées à des échographies répétées et spécialisées dans plusieurs hôpitaux, me font craindre un accouchement prématuré et m'obligent à un repos quasi-complet avant le départ. Et je n'en suis qu'à vingt-quatre semaines. Alors si je rêve quotidiennement de ne plus subir de nausées et que j'attends l'accouchement avec impatience, il serait quand même bon de garder bébé au chaud le plus longtemps possible pour éviter la grande prématurité. Ce qui en soit est plus facile à dire qu'à faire avec une hyperactive dans mon genre qui a du mal -en temps normal- à s'asseoir plus de cinq minutes. Alors je m'astreins à ce repos forcé, et je croise les doigts pour obtenir le feu vert de mon cher gynécologue adoré (sarcasme) pour prendre l'avion. Et d'ici là, je parle tous les jours à cette petite louloute pour qu'elle comprenne bien qu'il est trop tôt pour arriver, malgré son impatience ! Car après tout, il est quand même largement préférable que le gâteau reste au four jusqu'à ce qu'il soit bien cuit...

mercredi 20 mai 2020

La fin d'une parenthèse lyonnaise


J'ai vidé mon bureau à l'hôpital, quitté à regret mon poste d'orthophoniste en gériatrie que j'aimais tant, et commencé les cartons pour le déménagement. Dans deux semaines, nous repartons aux Etats-Unis. Direction : la Floride, où les températures chaudes et le climat humide nous attendent de pied ferme. En théorie, les frontières américaines sont fermées. En pratique, les citoyens américains et les porteurs d'une carte verte ont le droit de rentrer sur le territoire. Nous nous préparons néanmoins physiquement et psychologiquement à un voyage pénible, et à enchainer sur un confinement volontaire à la maison d'une quinzaine de jours. Dans tous les cas, l'absence de vols directs rendra le trajet nettement moins rapide. Ensuite, les règles sanitaires en vigueur (largement nécessaires en pleine épidémie de Covid-19) vont largement contribuer à l'inconfort du voyage. Allez donc faire porter un masque (même de super héros !) pendant dix heures consécutives à un enfant de tout juste quatre ans... Et pour ne rien arranger, les compagnies aériennes ne cessent de changer les heures et dates des vols prévus. Pour l'instant, notre vol Paris-Atlanta est reporté à une heure plus tardive de la journée, ce qui fait qu'il est impossible d'assurer la connection Atlanta-Miami. Après des heures au téléphone à essayer de démêler les solutions possibles, Logan a fini par réserver une chambre d'hôtel à Atlanta à côté de l'aéroport, et pris des places sur le vol du lendemain. Et mêmes ces vols-là sont en suspens : rien ne garantit que la compagnie aérienne ne décide pas soudainement de changer à nouveau les heures de vol, au dernier moment. Il va donc nous falloir nous armer de patience, être flexible, et tout-à-fait préparés à l'éventualité d'un long -très long- voyage. Entre la route jusqu'à Roissy depuis Lyon (dans un contexte d'agence de location de voitures en train de faire faillite -on croise les doigts pour récupérer un véhicule assez grand pour les bagages-), le vol international avec masque obligatoire jusqu'à Atlanta et la correspondance très vraisemblablement compromise, nous nous attendons à un voyage d'au moins trois jours. Inutile de dire que je vais devoir soigneusement préparer mon fameux sac magique de maman, avec de nombreux en-cas, jeux compacts, et distractions surprises, afin de divertir un petit tyran de quatre ans bien remuant et qui n'en fait bien souvent qu'à sa tête. Ce matin par exemple, avide d'expériences nouvelles, bien mal lui en a pris de se saisir des ciseaux très coupants et de de se refaire (à sa façon) la coupe de cheveux tout juste rafraichie chez un coiffeur professionnel quelques jours plus tôt. Résultat : un trou béant dans les cheveux du front, qui n'auraient pas mieux été coupés par une tondeuse électrique. Note pour moi-même : mettre immédiatement sous clé tout objet tranchant de la maison, et matelasser les murs. On n'est jamais trop prudent. Et d'ici le départ, équiper le môme d'une tenue de protection incluant casque et armure anti-chocs, histoire d'éviter tout passage aux urgences en pleine période de coronavirus...