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lundi 20 juillet 2020

Une interminable pandémie


Cela fait quelques semaines que je ne suis pas passée par ici. La fatigue de la grossesse et l'état sanitaire de la Floride ont un peu eu raison de mon entrain à partager notre tranche de vie américaine, monotone et quasi-recluse. Les cas de Covid-19 n'ont pas cessé d'augmenter depuis notre retour à Miami, pour graduellement remplir davantage de lits en réanimation et entrainer le maintien des mesures sanitaires restrictives. Nous sommes passés d'un confinement en France strict depuis Mars à un pseudo-confinement outre-atlantique. Les magasins restent ouverts, mais les parcs, piscines, jardins, aires de jeux et zones de rassemblement pour le public en intérieur sont toujours fermés. Après avoir respecté une quinzaine de jour en isolement, nous avions espéré pouvoir -dans les limites des précautions sanitaires- retrouver notre vie sociale floridienne. Mais c'était sans compter sur la recrudescence du virus et la peur que cela suscite chez nos amis américains. Nous vivons donc en vase clos, très isolés, sans famille à proximité et avec peu de contacts sociaux. L'époque est historique, certes, mais elle n'en est pas moins décevante. Et la préparation d'une naissance dans ce contexte n'est pas forcément réjouissante non plus. Nos familles respectives ne pourront pas venir nous voir lorsque bébé numéro 2 pointera le bout de son nez, ni nous aider avec Amaury. Nous avons un ami qui pourra intervenir et gérer le petit monstre le temps de l'accouchement, mais Logan risque d'être beaucoup monopolisé par notre grand sans aide extérieure, ce qui signifie que je serai sans doute très seule pendant le temps de l'hospitalisation. Et cerise sur le gâteau : si j'ai le malheur d'être testée positive au covid-19 en allant accoucher, la politique est de séparer les mères et les bébés pour éviter toute contagion pendant toute la durée du séjour. Inutile de préciser que si cela m'arrivait, je signerais tout de suite une décharge pour sortir au plus tôt sitôt la louloute née, même si cela signifie partir avec le placenta encore les jambes. Alors autant dire que le moral, une fois n'est pas coutume, n'est pas au beau fixe et que j'espère une amélioration de cette pandémie très prochainement. Après tout, je débute à peine mon huitième mois, et peut-être que si je réussis à accoucher à terme ce satané virus va finalement perdre du terrain ?

mardi 16 juin 2020

Black lives matter

Breonna Taylor

Ça devrait être un concept complètement évident, mais les récents événements continuent de démontrer que la communauté afro-américaine subit encore et toujours des discriminations raciales et des violences policières. Plusieurs cas ont défrayé la chronique, notamment celui de George Floyd (très médiatisé, et à juste titre), mais pas seulement. Il y a eu aussi le cas de Breonna Taylor, cette jeune ambulancière afro-américaine tuée de huit balles par la police dans son appartement, celui d'Ahmaud Arbery, tué comme un animal par un policier à la retraite et son fils alors qu'il faisant son jogging, et puis récemment ce géorgien, Rayshard Brooks, tué à Atlanta par la police de trois balles dans le dos. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Les discriminations touchent aussi les mères. Une mère afro-américaine a par exemple deux à trois fois plus de chance de mourir des suites de sa grossesse ou de son accouchement qu'une femme blanche (source : Centers for Disease and Prevention). La communauté afro-américaine a deux fois plus de chance de souffrir de la faim que la communauté blanche (source : Feeding America). En outre, cette communauté connait un taux de chômage deux fois plus élevé, et un risque d'incarcération 6.4 fois supérieur à celui de la communauté blanche (source : Economic Policy Institue). Alors concrètement, les inégalités ne concernent pas seulement les violences policières. Elles concernent également des aspects économiques, sociaux, éducatifs, et médicaux. De ce que j'ai pu en observer, l'ascenseur social est bien souvent bloqué au rez-de-chaussée si l'on nait dans une famille afro-américaine très modeste. Si l'on nait pauvre, l'on a toutes les chances de rester pauvre à l'âge adulte. Alors bien sûr ces disparités ne concernent pas que cette communauté, et bien d'autres minorités subissent des discriminations au pays de l'oncle Sam ; mais dans ce contexte actuel, il me paraît nécessaire de se focaliser sur ce racisme latent qui gangrène le pays. La notion de privilège blanc prend aujourd'hui tout son sens. J'ai moi-même par exemple toujours eu beaucoup de chance, faisant partie des immigrés privilégiés (voir article sur le sujet à retrouver ici). Je pense qu'on ne se rend pas réellement compte de nos privilèges lorsqu'on les possède depuis sa naissance, et tant que nos droits n'ont pas été bafoués. Alors tant que les inégalités resteront criantes et qu'un individu sera traité différemment à cause de sa couleur de peau, je soutiendrai la cause de tous ceux qui subissent des injustices. Et que ce soit aux Etats-Unis, en France ou ailleurs...

vendredi 12 juin 2020

Voyager en pleine épidémie de Covid-19


La semaine qui vient de s'écouler est passée comme une véritable tornade mêlant décalage horaire, déménagement, achats de meubles et de voitures, planification de travaux et déballage de nos affaires. Le voyage s'est bien passé, quoique long, pénible, et relativement bizarre en cette pandémie mondiale de Covid-19. Nous avons gardé notre masque à peu près tout le temps, depuis le trajet en taxi de l'hôtel à l'aéroport, puis dans l'aéroport à Roissy, durant le vol Paris-Atlanta, à l'aéroport d'Atlanta, pendant le vol vers Miami et finalement dans le Uber qui nous a ramené très tard à la maison. Il était alors onze heures du soir, soit cinq heures du matin en France. Amaury a été relativement sage, et n'a pleuré qu'une seule fois lorsqu'il a voulu s'asseoir près du hublot et qu'il fallait absolument attendre l'autorisation des hôtesses. Les précautions de sécurité liées au coronavirus nous ont semblé drastiques, mais rassurantes et nécessaires. Le vol Paris-Atlanta était quasiment vide, avec quelques passagers qui se partageaient (à bonne distance) les rangées. J'ai eu ma propre rangée pour m'allonger, ce qui était fortement appréciable. Le seul bémol fut à l'arrivée à Atlanta, dans un aéroport où seul un tiers des employés et des passagers portaient un masque, et dans l'avion, où la plupart d'entre eux le retiraient dès que les hôtesses avaient le dos tourné. Bref, ce fut une observation assez déroutante, surtout compte-tenu de la proximité physique entre les passagers, que de voir que l'américain moyen (croisé ce jour-là) n'avait aucune peur de contaminer les autres en toussant allègrement sans masque dans un espace clos. In fine, ce fut un contraste saisissant avec l'arrivée sur le sol américain, où des employés du CDC (centers for disease control and prevention) sont montés dans l'avion sur le tarmac pour nous faire remplir des formulaires de santé et prendre la température de tous les passagers. Depuis, nous sommes en quarantaine volontaire à la maison, pendant une semaine encore, avant de reprendre une vie un peu plus "normale". J'ai hâte de voir le médecin qui va me suivre pendant le reste de ma grossesse, car les contractions sont toujours là et j'alterne les séances de lit avec celles passées sur le canapé. Amaury a aussi hâte (mais pas tant que nous !) de retrouver les copains du centre aéré pour l'été. Après quatre mois sans école, la lassitude s'est progressivement installée et il manque cruellement de temps de jeu avec d'autres enfants. Il nous réclame régulièrement de rentrer à Lyon, ce que je comprends tout à fait. Les périodes de transition ne sont jamais faciles, mais les enfants s'adaptent généralement vite à leur nouvelle vie. Et maintenant que le décalage horaire est derrière nous (et que notre petit Loulou ne se réveille plus à quatre heures du matin) nous pouvons enfin réaliser que ça y est, nous avons une nouvelle fois franchi l'Atlantique pour une vie décidément très internationale...





mardi 2 juin 2020

Un départ qui se concrétise


Après des jours et des jours de préparatifs pour le départ, j'ai eu cet après-midi le feu vert de mon gynécologue pour prendre l'avion : nous partons donc demain matin ! Le premier jour de voyage devrait être relativement facile. Nous récupérons la voiture de location le matin, et prenons la direction de Roissy où une chambre d'hôtel nous attend pour passer la nuit. Jeudi en début d'après-midi, nous embarquons dans un vol pour Atlanta, puis dans un second vol pour Fort Lauderdale. De là, très tard le soir, nous avons loué une voiture pour rentrer à Miami car l'heure sera bien tardive et au-delà du couvre-feu qui est en place depuis quelques jours dans les comtés de Broward et Miami-Dade. A priori, les émeutes ne touchent pas du tout notre quartier, donc nous partons relativement sereins. Reste à voir ce que l'épidémie de Covid-19 va donner en Floride, qui connait une recrudescence des cas au cours des quelques derniers jours. J'avoue qu'après m'être rongé les sangs en ayant très peur de ne pas pouvoir partir à cause de la grossesse, je ne suis pas inquiète outre-mesure ni en ce qui concerne les émeutes, ni en ce qui concerne la crise sanitaire mondiale. Nous avons notre stock de masques, de gel hydroalcoolique et de lingettes désinfectantes pour les surfaces, alors je ne vois pas bien ce qu'on pourrait faire de plus. Et d'ici le départ, nous profitons des quelques heures qui nous restent à Lyon en nous efforçant d'oublier les opportunités ratées de ce printemps ; pour l'heure, je maximise la position allongée pour éviter de forcer sur mon col et je répète à ce petit bébé tant désiré qu'elle reste bien sage, au chaud, au moins jusqu'à fin Août...

mardi 26 mai 2020

Un petit secret dans la valise


Les jours qui nous restent en France sont comptés. Dans une semaine, nous serons en route pour Roissy, afin d'attraper un vol transatlantique le lendemain. Nous partons donc tous les trois pour les Etats-Unis, et je devrais dire tous les quatre, car notre famille va s'agrandir en Septembre ! C'est une petite fille, en pleine forme, qui grandit bien malgré le contexte d'une grossesse particulièrement difficile. Il y a d'abord les maux typiques, connues par bon nombre de femmes, qui teintent la joie d'attendre un enfant en rendant la vie considérablement plus difficile. Entre les nausées et les vomissements (loin de s'arrêter à la fin du premier trimestre et qui perdurent), la fatigue extrême, les douleurs ligamentaires, la sciatique, la constipation (je vis d'un régime de pruneaux et de fruits laxatifs), les hémorroïdes (amis du glamour, bonjour), le goût métallique en bouche en permanence, l'hypersalivation, et les insomnies, je crois que je peux cocher sur ma liste à peu près tous les désagréments en lien avec mon état de parturiente. A cela s'ajoutent les complications médicales, franchement plus inquiétantes et qui pourraient fort bien compromettre ce retour aux Etats-Unis. Les contractions hyper précoces depuis le début de mon quatrième mois, la modification de mon col et la perte du bouchon muqueux hier (amis du glamour, re-bonjour), associées à des échographies répétées et spécialisées dans plusieurs hôpitaux, me font craindre un accouchement prématuré et m'obligent à un repos quasi-complet avant le départ. Et je n'en suis qu'à vingt-quatre semaines. Alors si je rêve quotidiennement de ne plus subir de nausées et que j'attends l'accouchement avec impatience, il serait quand même bon de garder bébé au chaud le plus longtemps possible pour éviter la grande prématurité. Ce qui en soit est plus facile à dire qu'à faire avec une hyperactive dans mon genre qui a du mal -en temps normal- à s'asseoir plus de cinq minutes. Alors je m'astreins à ce repos forcé, et je croise les doigts pour obtenir le feu vert de mon cher gynécologue adoré (sarcasme) pour prendre l'avion. Et d'ici là, je parle tous les jours à cette petite louloute pour qu'elle comprenne bien qu'il est trop tôt pour arriver, malgré son impatience ! Car après tout, il est quand même largement préférable que le gâteau reste au four jusqu'à ce qu'il soit bien cuit...

mercredi 20 mai 2020

La fin d'une parenthèse lyonnaise


J'ai vidé mon bureau à l'hôpital, quitté à regret mon poste d'orthophoniste en gériatrie que j'aimais tant, et commencé les cartons pour le déménagement. Dans deux semaines, nous repartons aux Etats-Unis. Direction : la Floride, où les températures chaudes et le climat humide nous attendent de pied ferme. En théorie, les frontières américaines sont fermées. En pratique, les citoyens américains et les porteurs d'une carte verte ont le droit de rentrer sur le territoire. Nous nous préparons néanmoins physiquement et psychologiquement à un voyage pénible, et à enchainer sur un confinement volontaire à la maison d'une quinzaine de jours. Dans tous les cas, l'absence de vols directs rendra le trajet nettement moins rapide. Ensuite, les règles sanitaires en vigueur (largement nécessaires en pleine épidémie de Covid-19) vont largement contribuer à l'inconfort du voyage. Allez donc faire porter un masque (même de super héros !) pendant dix heures consécutives à un enfant de tout juste quatre ans... Et pour ne rien arranger, les compagnies aériennes ne cessent de changer les heures et dates des vols prévus. Pour l'instant, notre vol Paris-Atlanta est reporté à une heure plus tardive de la journée, ce qui fait qu'il est impossible d'assurer la connection Atlanta-Miami. Après des heures au téléphone à essayer de démêler les solutions possibles, Logan a fini par réserver une chambre d'hôtel à Atlanta à côté de l'aéroport, et pris des places sur le vol du lendemain. Et mêmes ces vols-là sont en suspens : rien ne garantit que la compagnie aérienne ne décide pas soudainement de changer à nouveau les heures de vol, au dernier moment. Il va donc nous falloir nous armer de patience, être flexible, et tout-à-fait préparés à l'éventualité d'un long -très long- voyage. Entre la route jusqu'à Roissy depuis Lyon (dans un contexte d'agence de location de voitures en train de faire faillite -on croise les doigts pour récupérer un véhicule assez grand pour les bagages-), le vol international avec masque obligatoire jusqu'à Atlanta et la correspondance très vraisemblablement compromise, nous nous attendons à un voyage d'au moins trois jours. Inutile de dire que je vais devoir soigneusement préparer mon fameux sac magique de maman, avec de nombreux en-cas, jeux compacts, et distractions surprises, afin de divertir un petit tyran de quatre ans bien remuant et qui n'en fait bien souvent qu'à sa tête. Ce matin par exemple, avide d'expériences nouvelles, bien mal lui en a pris de se saisir des ciseaux très coupants et de de se refaire (à sa façon) la coupe de cheveux tout juste rafraichie chez un coiffeur professionnel quelques jours plus tôt. Résultat : un trou béant dans les cheveux du front, qui n'auraient pas mieux été coupés par une tondeuse électrique. Note pour moi-même : mettre immédiatement sous clé tout objet tranchant de la maison, et matelasser les murs. On n'est jamais trop prudent. Et d'ici le départ, équiper le môme d'une tenue de protection incluant casque et armure anti-chocs, histoire d'éviter tout passage aux urgences en pleine période de coronavirus...

samedi 2 mai 2020

Boring rainy days


La pluie est finalement arrivée sur la région lyonnaise, ce qui aide considérablement notre famille (très encline à souffrir d'allergies au pollen particulièrement handicapantes) mais rend encore plus monotone ce confinement. Les journées se suivent et se ressemblent. Amaury tourne en rond comme un petit lion en cage, et il est de plus en plus difficile de l'occuper intelligemment. Je ne suis pourtant pas convaincue qu'il retourne à l'école compte-tenu des conditions actuelles. Ses enseignants évoquent la date du 25 Mai, et nous avons d'autres projets pour la fin de l'année scolaire. J'ai longtemps plaint les parents de familles nombreuses et surtout lorsque ce sont (généralement) les mamans qui se collent à la garde forcée de leurs enfants, mais maintenant je plains aussi les parents d'enfants uniques qui se retrouvent à jouer aux legos et aux barbies toute la journée. Nous avons la chance d'avoir quelques autres enfants dans l'immeuble, tous confinés depuis plusieurs semaines, avec qui Amaury peut jouer de temps à autre et retrouver un temps social autre qu'avec nous. Il me reste toujours la piñata de son anniversaire (qui avait été annulé) et je pense pouvoir organiser une sauterie avec les autres petits de la résidence histoire de l'utiliser malgré tout. Bref, les journées sont toujours rythmées par les mêmes activités, relativement redondantes, et la pluie rend les sorties au jardin encore plus limitées. Heureusement, les activités cuisine et pâtisserie rendent les après-midi plus courtes et les goûters plus intéressants. Reste à savoir si nous réussirons à passer l'encadrement de la porte à l'issue de ce confinement, car une dodufication* sévère est en cours.

*néologisme totalement approprié.

dimanche 12 avril 2020

Pâques à la maison


Ce billet aurait tout simplement pu s'intituler "Pâques confinés", mais la redondance et la gravité du sujet me semblaient particulièrement enclines à entacher l'esprit de réjouissance qui est d'ordinaire le mien. Alors soit, Pâques cette année ne ressemble absolument pas à ce qui était prévu, mais la journée, ensoleillée, particulièrement riche en chocolats, s'est annoncée dès l'aube sous d'heureux auspices. Amaury et moi avons décoré un sac en papier afin de collecter des trésors sucrés lors de la chasse aux oeufs, organisée ce matin dans le jardin. Il a fait bonne récolte, et particulièrement apprécié le moment. J'ai pu aussi m'affairer un peu en cuisine, le confinement me donnant l'envie de pâtisser. Deux grosses brioches aux pralines de Lyon plus tard, l'après-midi s'est déroulée, entre les différentes vidéoconférences avec famille et amis aux quatre coins de la planète, des pauses-chocolats bien méritées, et des jeux de construction à l'en plus finir. Alors les fêtes pascales ont tout de même été réussies cette année. Ne reste plus qu'à espérer la fin proche de ce confinement, tout en gardant à l'esprit que bon nombre de citoyens continuent à être sur le front, à approvisionner la France, à soigner les malades, et à faire tout ce qu'ils peuvent pour enrayer cette satanée pandémie. Alors le mot d'ordre est simple : restons chez nous.


vendredi 3 avril 2020

Confinés


Il est impossible de commencer ce billet sans immédiatement partager ma gratitude envers tous ceux qui font tourner la France aujourd'hui : merci de votre engagement, merci de votre dévouement. J'ai une pensée toute particulière pour les personnes appartenant au personnel soignant, qui sont sur le front, face à cette saleté de virus et qui gèrent comme elles peuvent le manque de moyens de protection et l'afflux massif de malades. Cela mériterait d'ailleurs un petit article à part entière, tant il y aurait à dire. Depuis quelques semaines et comme la quasi-intégralité des français, ainsi qu'une bonne partie du reste du monde, nous sommes reclus à la maison et ne sortons que pour des raisons indispensables. Provisoirement, je ne travaille pas, tombant automatiquement dans la catégorie des personnes "à risque" (mais c'est une tout autre histoire). J'en profite alors pour m'occuper beaucoup plus de mon petit Loulou, qui a fêté ses quatre ans en confinement. Son anniversaire avec les copains a été reporté sine die, et je me demande si l'on va être capable de célébrer ça avec ses camarades de classe avant l'été. J'ai un gros carton en réserve qui renferme les trésors dédiés au dit événement, tels qu'une piñata géante en forme de tyrannosaure et divers éléments de décoration -tous sur le thème des dinosaures-. Dans le carton en question s'entasse aussi les chocolats de Pâques, qui ont déjà été bien attaqués par moi et mon appétence énorme pour le sucré. J'espère quand même qu'il en restera pour le passage des cloches d'ici une belle semaine ! Alors comment occupe-t-on son temps lorsque l'on est reclus dans un appartement ? Il faut déjà préciser que je nous considère très chanceux, par rapport à bon nombre de français ; l'appartement n'est pas minuscule, et nous avons accès au grand jardin de l'ENS qui constitue, à lui seul, un parc privé immense. D'autre part, il me serait bien impossible d'affirmer que je réussis seule à gérer un petit énergumène aux besoins de mouvements quotidiens décuplés. Logan est en télétravail mais s'occupe énormément de son fiston, lequel partage ses journées entre différentes activités plus ou moins élaborées : jeux libres, lecture, dessins, coloriages, peintures, pâte à sel, cuisine, parcours sportifs, tours en trottinette et temps calmes sur son sacro-saint (et ô combien indispensable) écran. Inutile de préciser que nous regrettons amèrement l'époque de la sieste, temps chéri et déjà relativement ancien où Amaury était capable de "disparaître" pendant au moins une bonne heure et permettre à ses parents de souffler. Alors en attendant la fin du confinement, je me surprends à penser qu'aller travailler est nettement plus reposant que de rester à la maison, et j'envoie toutes mes pensées aux mamans de grandes tribus, recluses avec leurs petits monstres à la maison, qui gèrent et assurent la classe à domicile d'une main de maître...


vendredi 13 mars 2020

Travailler à l'hôpital en ces temps de pandémie

Les événements sont quasi-historiques. Devant l'incertitude nationale, et face à un virus encore méconnu, les professionnels de santé sont en ligne directe face à la complexité de la situation, les mesures de prévention et la nécessité absolue de continuer à prodiguer des soins aux patients qui en ont besoin. Je ne suis pas vraiment considérée comme une employée indispensable, mais mon travail consiste néanmoins à effectuer (de façon quasi-exclusive) des bilans de déglutition, et de décider qui est à risque majeur de fausse route, qui mange, qui ne mange pas et qui mange quoi. J'ai plus peur d'attraper le Covid-19 en prenant le métro qu'en travaillant à l'hôpital, où les visites sont désormais interdites, où tout est propre et désinfecté, et où j'ai accès à des moyens de protection efficaces. La réelle incertitude tient dans mon planning au cours des prochaines semaines : dès lundi, les écoles de Lyon seront fermées, et ce jusqu'au début du mois de mai. Alors en ayant un petit loulou de presque 4 ans à la maison, et en travaillant dans un établissement qui interdit tout visiteur extérieur, je ne vois pas encore comment je vais conjuguer activité professionnelle et vie de Maman. Bref, au moment où je finis cet article, l'incertitude totale persiste. Je croise les doigts pour que ce satané coronavirus épargne la ville, comme en 1643 où la peste -semblairait-il- s'était arrêtée aux portes de Lyon...


samedi 4 janvier 2020

Hello, 2020


2019 est passée à une vitesse folle. Le changement de vie et la réadaptation à la vie française s'est faite tout naturellement. Quel bilan dresser de ces douze derniers mois ? Un bilan positif, sans doute. Amaury a poussé comme un champignon, et il est devenu un petit garçon au caractère bien affirmé,  intarissable de questions et au profil plutôt têtu. Il continue à vouer une sainte passion pour les véhicules en tout genres, et a découvert avec joie les legos et les playmobils. Il prend des cours d'éveil musical tous les mercredis, histoire de parfaire son oreille et ses capacités d'écoute avant de démarrer un instrument l'an prochain. Peut-être le piano, pour commencer, et suivre les traces de sa mère ? Il a passé de fantastiques fêtes de fin d'année avec ses cousins, dont il ne cesse de parler à tout va et qu'il a hâte de revoir. Logan continue son projet de recherche avec le Collégium, travaillant d'arrache-pied lorsqu'il n'est pas contraint d'adapter son emploi du temps aux grèves de l'école. De mon côté je m'épanouis toujours autant en gériatrie, et j'ai pu prendre deux/trois jours de RTT pour passer Noël en famille. J'ai du mal à visualiser ce que cette nouvelle année va nous apporter. Du beau temps et de la douceur, j'espère, même si la neige serait la bienvenue pour aller skier en famille. C'est d'ailleurs prévu pour fin Janvier, et nous avons tous très hâte que de fouler la poudreuse et d'arpenter les pistes !  D'ici là, Amaury reprend l'école lundi, ce qui ne le réjouit pas trop mais va sans doute  beaucoup plaire à ses parents. Après tout, les vacances ont été très prolifiques et il est bien temps de reprendre un rythme un peu plus régulier... 

vendredi 13 décembre 2019

Vivre sans voiture


Après des années aux Etats-Unis, où nombreux sont les endroits pour lesquels la voiture est totalement indispensable, il est particulièrement agréable de retrouver une vie sans véhicule où tout se fait aisément à pied ou en transports en commun. Le réseau lyonnais fonctionne relativement bien, entre ses lignes de métro, de tramway, de bus et de funiculaire. Je peux aller travailler sans trop polluer, ce qui est bien souvent impossible à la campagne ou dans des villes démesurées comme Miami où les transports en commun -bien qu'ils existent- ne sont pas forcément pratiques pour des trajets domicile-travail (sauf bien sûr à moins d'habituer juste sur la ligne de métro). A Lyon, la trottinette, électrique ou non, est aussi un moyen de locomotion simple et plus rapide que la marche à pieds. Le vélo est également relativement agréable, sauf évidemment s'il pleut ou s'il neige. Amaury est particulièrement fan du métro, et j'apprécie quant à moi les nombreux ascenseurs qui permettent d'y accéder avec la poussette sans difficultés. Les courses sont plutôt bien gérées grâce à notre merveilleux caddie de mémé, acheté dès notre arrivée cet été dans un bazar de la Guillotière. Les grèves n'ont pour l'instant pas trop impacté le réseau lyonnais, et nous nous réjouissons d'avoir prévu de privilégier la voiture pour nos trajets des vacances de Noël. Vivre sans voiture ne veut pas forcément dire ne jamais conduire. Ponctuellement, il est possible d'un louer une de temps à autre et sur de courtes durées, ce qui in fine revient moins cher que d'en posséder une (entre le parking, l'assurance, l'essence et l'entretien). Et puis l'empreinte carbone d'une vie en appartement est également moindre que si nous étions dans une maison. Je dois néanmoins avouer que parfois notre maison de Floride me manque un peu, et surtout le patio, le jardin et la possibilité de manger dehors toute l'année. A vrai dire, avec le mauvais temps de cet automne, j'ai beaucoup pensé à Miami et à ses douces températures. Et si cela me manque de temps à autre, l'idée de vivre sans climatisation (dont j'ai totalement horreur de par le bruit que cela fait) me réjouis particulièrement. Et puis l'on ne peut pas tout avoir : le chaud, le froid, la plage et le ski en même temps...

vendredi 15 novembre 2019

Après Barcelone, la première neige

Park Güell, Barcelona
Loin sont les palmiers et les manguiers de Miami ! L'hiver s'approche un peu plus chaque jour et les températures de plus en plus froides se rappellent à notre bon souvenir. Amaury s'est habitué à porter des pantalons, des manches longues et -depuis peu- un manteau d'hiver et un bonnet-. Car Lyon a connu depuis quelques jours une vague de froid avec un petit peu de neige hier soir et au cours de la nuit. Cette neige n'a pas tenu, ou presque, et nous nous sommes réveillés avec de maigres reliquats presque fondus sur le toit des voitures et sur la végétation alentours. En allant à l'école ce matin, Amaury a pu toucher (non sans fierté et curiosité) cette neige pâteuse, collante et fugace, avant qu'elle ne fonde totalement. L'événement est tout particulièrement marquant pour cet enfant des tropiques, né au printemps et téléporté très rapidement en Floride à l'âge de trois mois. J'ai hâte de voir les prochains flocons, et nous envisageons sérieusement de faire un petit tour au ski, histoire que cet émerveillement se poursuivre avec une épaisse couche de poudreuse, une luge, des gants, une combinaison de ski et tout l'équipement requis en la matière. D'ailleurs, je n'ai pas skié depuis plus d'une décennie, mais je suis sûre que cela ne s'oublie pas. Pourtant, avant ce froid, une jolie parenthèse en Catalogne a été possible le weekend dernier, ce qui nous aura permis de visiter Barcelone et d'apprécier son soleil, ô combien absent à Lyon. La Sagrada Familia, le parc Güell, les nombreux bâtiments conçus par Gaudi ont notamment fait partie de notre programme de visites, avant de s'arrêter ça et là pour de petits repas à base de fameux tapas. L'automne suit donc son cours, et l'hiver ne saurai désormais trop tarder, et si je m'enchante du changement de saison à venir, je ne peux m'empêcher de jalouser nos amis de Floride, resté dans la douceur d'un climat tropical, qui continuent à porter des shorts, des claquettes, et à aller à la plage au mois de Novembre...

La Sagrada Familia, côté rénové
La Sagrada Familia, côté en cours de rénovation

vendredi 27 septembre 2019

Chronique de gériatrie

La transition s'est faite facilement. Comme un poisson dans l'eau, j'arpente désormais les couloirs de l'hôpital, d'un service à l'autre, pour me rendre au chevet de mes patients. Il y a eu ceux qui ont été touchés par un AVC, qui réapprennent doucement à manger et à parler. Il a a eu ceux pour qui mon travail s'est fait auprès des équipes médicales ou de la famille, pour accompagner une fin de vie. Il a a eu ces premières bouchées, ces premières gorgées en reprise alimentaire, qui ont changé une hospitalisation. Il y a eu ce patient, fraichement débarqué d'une chirurgie maxillaire lourde dans le cadre d'un cancer, qui a pu remanger progressivement des textures moins mixées, et qui me dit chaque jour que j'ai changé sa vie. Il y a eu ces sourires, ces mains serrées, et ces séances de rééducation efficaces. Il y a eu aussi celles qui n'étaient pas au bon moment, prévues sur un temps de repos du patient, presque comme un cheveu sur la soupe, mais qui ont pourtant porté leurs fruits. Il y a eu les bonnes journées (presque toutes les journées), et puis les moins bonnes. Hier était une journée très particulière, celle où j'ai perdu un patient. Mon premier patient depuis mon dernier poste en neurologie. En tant que soignant, et à fortiori en gériatrie, on connait parfaitement les tenants et les aboutissants du métier. On connait les risques et les désillusions de travailler avec une population médicalement fragile. On sait pertinemment que nos malades sont plus près de la fin de leur vie que du début. On se protège, on se prépare, on évite d'y penser autant que possible. Mais lorsqu'un décès survient, de façon plus ou moins prévisible, il est impossible d'être complètement détaché. Les soignants ne sont pas des robots. Nos émotions font partie intégrante de notre profession. On peut être pragmatique. On peut être fataliste. Mais on ne peut pas faire semblant de ne pas être atteint. J'ai perdu ce patient cette semaine, ce monsieur qui m'a souri de toutes ses dents lors de ma dernière visite. Ce monsieur qui avait traversé près d'un siècle et deux guerres mondiales, et connu la vie avant l'électricité et la modernité. J'ai perdu ce patient et cela m'a émue. J'ai perdu ce patient mais j'ai participé à sa toute fin de vie. J'ai perdu ce patient et je vais sans doute en perdre d'autres, mais je me souviendrai toujours de cette expérience bouleversante, ce type d'expérience à double tranchant qui peut faire vaciller et grandir en même temps. J'adore mon métier, pour les bons et les mauvais jours, et je n'en changerais pour rien au monde...

vendredi 6 septembre 2019

Back to work


L'été s'est achevé, les vacances aussi, et j'ai repris le chemin du travail, dans une toute nouvelle équipe, à l'hôpital de Fourvière. C'est un hôpital gériatrique où je ne vais suivre que des patients seniors, hospitalisés pour une durée plus ou moins longue en SSR ou en unité de soins de longue durée. Ma première semaine s'est plutôt bien passée. Les collègues sont accueillants et le cadre de travail est très appréciable (juste derrière la cathédrale de Fourvière, classée monument historique et visitée par plus de deux millions et demi de visiteurs chaque année). Le trajet domicile-bureau est relativement facile pour une ville, avec le métro et le funiculaire. Le métro a d'ailleurs connu quelques problèmes de panne cette semaine, mais j'ai pu facilement me rabattre sur une nouveauté technologique : la trottinette électrique. J'ai fait quelques trajets sur ces engins au cours des derniers jours, que je juge très pratiques, très fonctionnels, mais passablement dangereux. En ce qui concerne mon nouvel emploi d'orthophoniste, je n'ai eu aucune difficulté pour me retrouver comme un poisson dans l'eau. Mon activité principale consiste à évaluer les troubles de la déglutition, sujet que je maîtrise vraiment bien.  J'ai une nouvelle collègue orthophoniste qui est vraiment super, et je me réjouis de travailler dans de telles conditions. Cette dernière semaine a aussi été ponctuée par la rentrée d'Amaury à l'école, qui s'est faite très très très en douceur (et c'est le moins qu'on puisse dire). Il a été accueilli ça et là pour de courtes durées, mais jamais pour une journée complète. Logan a donc dû prendre une semaine de plus sans travailler pour s'occuper de lui, car je débutais à l'hôpital précisément à ce moment-là. Son groupe classe est relativement grand, beaucoup plus grand qu'initialement annoncé, et cela va lui faire un sacré changement, lui qui est plutôt habitué à être avec huit ou neuf camarades seulement. Lundi, la véritable rentrée va se faire pour lui, avec le début de la garderie, de la cantine, et des journées complètes. D'ici là, nous continuons à prendre nos marques dans notre belle ville de Lyon. Il a été très compliqué que de trouver un médecin traitant qui accepte de nouveaux patients, mais cela semble chose faite. Ne reste plus qu'à planifier les activités de la rentrée pour toute la famille. Logan a déjà trouvé sa salle de sport, Amaury est inscrit à un cours d'éveil musical, tandis que j'espère de mon côté pouvoir prendre un cours d'espagnol ou me remettre à une activité physique. Histoire de supplémenter les kilomètres de marche à pied que je fais déjà quotidiennement...

Les fameuses trottinettes électriques

dimanche 1 septembre 2019

L'ouragan Dorian

Les prévisions de Jeudi (qui ne sont fort heureusement plus d'actualité)
Bien qu'étant à des milliers de kilomètres, il est pourtant facile de s'inquiéter pour la Floride et les ouragans qui peuvent s'y abattre. Cette semaine, l'ouragan Dorian est attendu à proximité des côtes, et sa trajectoire est encore incertaine. Initialement très inquiétante, elle n'a fait que d'évoluer au fur et à mesure des jours, et le scénario catastrophe s'est peu à peu atténué. Nos amis, voisins et collègues sont toujours à Miami, et ils se sont préparés au pire. Les stations services ont été prises d'assaut, l'état de Floride a décrété l'état d'urgence et les habitants se sont rués sur les magasins pour amasser des vivres et de l'eau pour 7 jours. Petit-à-petit, la mégalopole de Miami s'est prise à espérer échapper à ce monstre de catégorie 4, attendu tellement lent (4 miles par heure) qu'il pourrait submerger d'eau et de vent la région entière. Miami est pratiquement au niveau de la mer, de même que toute la Floride du Sud qui n'a aucune élévation. Entre les prévisions de jeudi, totalement inquiétantes, et celle d'aujourd'hui, un monde d'écart se dessine. La trajectoire est maintenant prévue au ras des côtes, mais pas sur les terres floridiennes. Dorian pourrait ainsi remonter plus au nord en direction de la Caroline du Nord et ne causer que des dégâts dans la région de Palm Beach, une heure au nord de Miami. Dans tous les cas, nous restons pendus aux prévisions météorologiques du National Hurricane Center, avec des mises à jour toutes les 6 heures qui peuvent changer très rapidement. De leur côté, nos locataires ont préparé la maison, rentré une partie du mobilier de jardin, et prévu de quoi tenir sans eau, vivres et électricité pendant une semaine. La maison a aussi a un toit neuf et des fenêtre anti-ouragans, qui n'ont jamais été réellement mis à l'épreuve. Le dernier ouragan dévastateur dans la région était Andrew en 1992, et il avait à l'époque détruit la Floride du Sud et emporté des milliers de maison à quelques kilomètres de chez nous. Et nous croisons les doigts pour que cet aléa climatique ne touche personne sur son passage et qu'il aille se perde dans l'Atlantique d'ici quelques jours...

Les prévisions d'aujourd'hui, moins inquiétantes mais à surveiller de près

mercredi 28 août 2019

Et puis... Lyon !


Depuis quelques jours, nous sommes officiellement lyonnais ! Nous avons retrouvé avec grand plaisir la ville où nous nous sommes rencontrés. Notre appartement est très moderne, et bien équipé (surtout depuis que j'ai décidé d'acheter un véritable four, absolument indispensable pour une bakeaholic dans mon genre). Un petit saut à Ikea et Emmaüs aura également permis de nous procurer les quelques knick-knacks nécessaires, mais nous avons à peu près tout ce dont nous avons besoin. L'école d'Amaury est à une toute petite minute à pied, juste de l'autre côté de la rue, et il a d'ailleurs pu en visiter les lieux la semaine dernière. L'effectif de sa classe n'est pas surchargé, une vingtaine d'élèves environ. Nous avons rencontré la directrice de l'école qui était très sympathique, et notre petit loulou a hâte de rencontrer ses deux maîtresses et ses nouveaux camarades. Il est d'ailleurs (et surtout, soyons honnête) motivé par les trottinettes et tricycles promis pour l'heure de la récréation. Et les rencontres vont bon train. Après avoir organisé un petit apéro impromptu avec d'autres habitants de notre résidence, nous sommes tombés aujourd'hui sur nos voisins du dessous, qui ont un petit garçon bilingue français-anglais de tout juste trois ans. Le hasard fait parfois bien les choses ! Les deux petits monstres ont pu gaiement profiter d'un peu de temps ensemble pour un court playdate, et ils s'en sont donné à coeur joie. La semaine se déroule donc tranquillement, et nous prenons progressivement nos marques dans notre nouveau quartier. De mon côté je compte les jours et les heures avant la reprise du travail lundi. Je suis très contente de mon projet professionnel qui aboutit, mais point de spoiler : j'en parlerai beaucoup plus en détails le moment venu. En tout cas il ne nous aura pas fallu longtemps pour revenir à nos lieux connus, et se rendre quasi-immédiatement en pèlerinage au Saint-James, au coeur du vieux Lyon, lieu mythique de notre rencontre...


dimanche 18 août 2019

Une parenthèse montagnarde


Le temps file, et je m'aperçois avec horreur que je ne suis pas passée par ici depuis longtemps. Après  la canicule de Paris, suivie de quelques jours en famille dans le Jura, nous avons pris la destination des Alpes. L'été a continué à être toujours bien chargé, puisque nous avons passé une belle semaine à randonner dans le parc de la Vanoise. J'en suis revenue les mollets courbaturés et des souvenirs plein la tête. Nous avons bien profité de nos premières vacances en famille juste tous les trois ! La Vanoise est un parc naturel absolument magnifique. Nous avons vu de nombreux glaciers, marmottes, et paysages à couper le souffle. Nous avons pu déguster les myrtilles et les framboises sauvages que l'on trouve à peu près partout. Amaury s'est découvert une passion pour le poney et une aversion pour la randonnée de haute montagne avec un fort dénivelé. Ce qui n'est pas étonnant tout de même, à trois ans. La météo a été relativement favorable, bien loin de la canicule humide de Miami et surtout --dans un cadre naturel avec beaucoup de relief-. Après trois ans dans la très plate Floride du Sud, nous n'en étions que plus impressionnés par les pentes environnantes de cette belle région des Alpes. Nous avons aussi pu profiter de belles randonnées entre adultes, le club enfant de la station permettant de laisser les jeunes bambins s'amuser dans la vallée tandis que les parents chaussent leurs chaussures de marche et transpirent toute la journée. Nous espérons y retourner prochainement, pourquoi pas cet hiver pour y skier, ou l'été prochain pour renouveler l'expérience. D'ici là, nous sommes de retour dans mon cher Jura pour quelques courtes journées, avant de rejoindre Lyon ! 

Vue sur le glacier de la grande casse, depuis le lac des vaches
Le refuge des Barmettes

mercredi 24 juillet 2019

Une belle semaine à la maison


Déjà plus d'une semaine que j'ai retrouvé mon cher Jura. Les journées ont défilé à une vitesse folle et j'ai l'impression d'être arrivée juste hier. J'ai vite repris mes petites habitudes, entre deux morceaux de comté, des escapades au lac de Vouglans, et les bons moments en famille. La canicule est de retour, et finalement, les températures risquent d'être plus pénibles ici qu'en Floride. A la maison, nous avions la climatisation centralisée, que j'ai aimée tout autant que détestée, et ce de façon très paradoxale (voir un petit article sur le sujet à relire ici). Ici, point de climatisation, peu de fraîcheur, mais le calme de la campagne qui permet d'ouvrir les fenêtres. Les nuits vont être difficiles, mais il n'y a pas le choix. Dans tous les cas, aujourd'hui je pars pour Paris avec Amaury, et il va falloir redoubler de créativité pour dénicher des coins de fraicheur qui soient climatisés. J'ai pensé l'emmener au jardin des plantes, et au musée d'histoire naturelle, histoire de reluquer des squelettes de dinosaures au frais. La capitale n'est pas connue pour être l'endroit le plus agréable en cas de fortes chaleurs, mais le planning est fait ainsi. A Paris nous attendent Quinn et Benoit, débarqués d'Australie cette semaine, et j'irai voir ma famille en banlieue. Amaury se réjouit de prendre le train, seulement pour la deuxième fois, et le métro. Il m'a dit de préciser au conducteur de ne pas aller trop vite, pour éviter les accidents. Je ne sais pas si ledit conducteur du TGV peut vraiment répondre favorablement à sa requête, de la même façon que le pilote de l'avion de la semaine dernière n'a pas réellement pu éviter les turbulences. Toujours est-il que la canicule risque de toute façon d'impacter la vitesse des trains, donc nous verrons bien. La valise est bouclée, tout est prêt, Paris, on arrive !

dimanche 14 juillet 2019

Good bye, Miami


Le déménagement est terminé, les valises sont finalement toutes bouclées, et la maison est totalement prête pour les locataires. J'ai du mal à le croire vraiment, mais demain matin, nous serons de retour en France ! J'ai hâte de retrouver mon cher Jura et d'emménager à la fin de l'été dans la capitale des Gaules. Qui aurait pu prédire qu'un jour nous nous reviendrions à Lyon ? Les dernières années à Miami sont passées à une vitesse folle. Fraîchement débarqués en Floride un quatorze Juillet, nous voici sur le départ, jour pour jour trois ans plus tard. Miami est ainsi dire la seule ville qu'Amaury ait jamais connue. Depuis trois ans, il n'a presque jamais porté de pantalons, de pulls, et il ne connait pas la neige. Pour lui, l'hiver est doux, et l'été pluvieux. Les animaux vus quotidiennement sont plutôt rares sur le vieux continent (iguanes, lamantins, alligators, tortues et toucans), à moins bien sûr d'aller au zoo. Sa vie a été rythmée par des langues étrangères, les journées (pas si nombreuses) à la plage, la recherche des parcs et jardins ombragés et la gastronomie locale. A peine sorti des petits pots, il a longtemps mangé des spécialités cubaines à la crèche, le arroz con frijoles ayant été -de loin, et pendant longtemps- son repas préféré (et qui a depuis été relégué au second plan avec la découverte tardive des macaronis au fromage et de la pizza). Il va maintenant lui falloir s'habituer à la France, qu'il n'a que très peu connue. Son français n'est pas trop mauvais, même si ses capacités linguistiques sont largement plus avancées en anglais. D'ici à l'emménagement à Lyon, nous allons passer quelques temps dans le Jura, à Paris, puis dans les Alpes. Alors tandis que nous fermons la porte de notre maison à clé et que nous chargeons nos valises dans le taxi, je songe à nos belles années passées ici, et j'imagine que les suivantes seront plus belles encore...


vendredi 28 juin 2019

45ème parallèle


Notre séjour dans le Michigan se termine demain. Nous aurons passé trois semaines, pile à mi-chemin entre le pôle Nord et l'équateur, avec des températures fraiches et relativement agréables. Le 45ème parallèle passe juste au niveau de la ville de Suttons Bay, où nous sommes allés chaque semaine à vélo. Trente miles aller-retour, sur une piste cyclable aménagée pour tous véhicules non motorisés, dans un décor de champs, de forêts, et d'immenses cultures de cerisiers. Les cerises sont encore loin d'atteindre leur maturité cette année, l'hiver s'étant attardé dans les parages jusqu'au mois de Mai. La ville de Traverse City est sunommée cherry capital, mais il faudra attendre encore quelques semaines pour pouvoir en déguster les fruits. J'adore cette région, qui jouxte le Canada, où les activités d'été ne manquent pas. L'hiver y est cependant long, froid, et neigeux, et je ne m'étonne guère que mes beaux-parents s'en échappent autant que possible. Cet automne, ils viendront nous rendre visite à Lyon, et y resteront jusqu'à Thanksgiving. Ces dernières semaines sont passées à une vitesse folle. Nous avons fait aussi deux petits sauts de puce à Grand Rapids, deuxième ville de l'état, qui compte de nombreux musées que nous avons visités. Grandpa s'est exercé à ses talents de musicien, proposant un concert hebdomadaire dans un bar local, et nous avons pu aller l'applaudir. Demain, nous reprenons l'avion pour Miami, où il va falloir préparer notre mini-déménagement et faire nos valises. Deux belles semaines nous séparent désormais du retour en France, et j'ai particulièrement hâte de retrouver mon cher Jura...


mercredi 19 juin 2019

Elever un enfant plurilingue (épisode 2)


L'an dernier, j'avais publié un petit article sur le plurilinguisme auquel Amaury est quotidiennement exposé (à retrouver ici). Depuis, les choses n'ont pas cessé d'évoluer et l'équilibre entre les langues s'est régulièrement modifié. L'été passé, en revenant de France, le français était devenu -de loin- la langue dominante, dans laquelle mon petit loulou était le plus à l'aise pour communiquer. Puis le séjour chez mes beaux-parents avait boosté un peu son anglais, l'espagnol étant clairement à la traine. Fast-forward à la rentrée : l'environnement de la crèche/école avait totalement favorisé l'espagnol, et dans une moindre mesure l'anglais, qui était alors largement privilégié pour communiquer. Depuis son changement de classe (l'équivalent de la moyenne section), l'anglais a tout balayé sur son passage. L'espagnol a été relégué au rang de langue comprise mais non parlée, le français a continué sa progression lente mais certaine, et la langue de Shakespeare a connu d'immenses progrès. La complexité de ses phrases est bien plus avancée en anglais qu'elle ne l'est en français, même si l'on peut observer la généralisation des acquis des grammaticaux de l'anglais vers les autres langues. Cela fait par exemple environ six mois qu'Amaury adore poser la question du pourquoi, les discussions étant ponctuées d'éternels et répétitifs why, qui s'enchainent et se ressemblent à tous moments de la journée. Le mot "pourquoi" ne vient pourtant d'émerger en français que récemment, et l'on travaille actuellement sur le "parce que". Les langues sont vivantes, et en perpétuelle évolution. S'il est tout-à-fait probable que l'espagnol ne disparaisse complètement faute d'un environnement où cette langue est dominante, l'anglais et le français restent de leur côté tantôt dominants tantôt minoritaires, et ce en fonction du contexte linguistique du moment. Il est absolument fantastique que de voir son enfant passer d'une langue à l'autre sans aucune difficulté apparente, et d'en changer sans jamais se tromper en fonction de l'interlocuteur. J'ai hâte qu'il soit scolarisé en France et que son français s'aligne sur son anglais. Et ce jusqu'à une nouvelle inversion de la situation, encore et encore, jusqu'à sa majorité et en fonction de l'environnement linguistique...

mercredi 5 juin 2019

Une nouvelle année à l'école


Toutes les (bonnes) choses ont une fin. J'ai terminé mon année à l'école, achevé les montagnes de paperasse due et cessé mes séances de rééducation. L'été est arrivé, et j'ai dit au revoir à mes petits patients, à mes collègues, et à l'école qui m'a accueillie cette année. Le sentiment était clairement bittersweet, mais je suis soulagée que cette page se tourne. Mon futur professionnel est pour l'instant opaque, imprécis, et pour le moins teinté d'incertitude, mais j'ai d'ores et déjà quelques pistes à explorer. J'en saurai sans doute plus prochainement, et je croise les doigts pour que mes projets se concrétisent. Je rêve secrètement de pouvoir revenir à mes premières amours d'orthophoniste, et de re-travailler avec des adultes. En neurologie et/ou gériatrie, par exemple. L'avenir le dira, et d'ici là je peux profiter d'un été bien mérité. Aujourd'hui, Amaury avait sa "remise de diplôme" pour clôturer sa première année de preschool. Un petit événement dont il n'était pas peu fier. Et la pizza party qui était prévu dans la foulée n'a rien ôté au charme de cette célébration. Je vais rapidement devoir commencer à préparer les valises, car dans trois jours, nous nous envolerons pour Traverse City. Les températures y sont encore douces et fraîches. Point de canicule au nord du Michigan, mais des cerisiers chargés de fruits, des ballades en vélo à l'appel et de bons moments en famille nous attendent. Alors à très bientôt, depuis la lower peninsula !

dimanche 2 juin 2019

Venitian Pool


Avec la chaleur actuelle de l'été, bien installée depuis quelques temps, il n'est pas si évident de faire des activités d'extérieures baignées d'un air non-suffocant. Nous avons donc pris la direction hier matin de la piscine vénitienne, magnifique zone de baignade en plein coeur du quartier de Coral Gables. Les enfants de moins de trois ans n'y sont pas admis (et il est impossible de négocier, au risque de s'y casser les dents), ce qui explique que nous n'y soyons jamais allés auparavant. L'eau y est fraiche, et l'infrastructure agréable. Plusieurs zones de bassins sont accessibles, de 2 à 7 pieds de profondeur. Deux cascades en jouxtent les bords, et l'attraction vaut vraiment le détour. Amaury était initialement terrorisé à l'idée de se baigner, lui qui pourtant a été habitué très tôt aux joies de la plage et de la piscine. Il lui a fallu une bonne demi-heure dans mes bras, en hurlant à plein poumons et en protestant à cor et à cri, pour se détendre et comprendre qu'il avait pied. Une heure plus tard, c'était une tout autre histoire. Il a fallu user de ruse et de persuasion pour le faire sortir du bassin. Il était fier de ne plus avoir peur de l'eau, et y aurait bien passé la journée entière. Nous y reviendrons sans doute bientôt, histoire d'atténuer les vapeurs moites de l'été à Miami et de se rafraichir autant que possible. En attendant, la dernière semaine à l'école est officiellement lancée ! Inutile de préciser que je compte les heures, les minutes et les secondes qui me séparent d'un été de vacances bien méritées...



dimanche 26 mai 2019

Une dernière semaine sans Papa


Ce semestre de printemps a été l'occasion d'exercer mes talents de mère célibataire, à tous points de vue. Entre les conférences et les voyages à Paris pour son travail, Logan a été beaucoup pris et beaucoup absent. A peine remis du décalage horaire, il lui a fallu a chaque fois défaire et refaire sa valise et passer des journées entières entre deux avions. Cette fois-ci, il est à Rennes, et bientôt, de nouveau à Paris. Pour moi, ces voyages sont devenus routiniers et relativement banals. Pour Amaury en revanche, les absences deviennent de plus en plus difficiles. Il passe d'habitude beaucoup de temps avec son père, qui a toujours été très investi et présent pour lui, alors la séparation n'en est que plus pénible. Heureusement, ce week-end coïncide avec Memorial Day, ce qui va nous laisser plus de temps pour faire des activités tous les deux. Demain, la journée est fériée, il n'y a ni crèche ni école.  Entre le parc, le "magasin de sandwichs", les activités cuisines, et les jeux dans le jardin, le temps va certainement passer très vite. Et le compte à rebours est officiellement lancé : moins de deux semaines nous séparent de notre petite excursion annuelle à Traverse City. Mimi et Grandpa nous y attendent de pied ferme. J'ai de mon côté encore une dizaine de jours à l'école, avant des vacances bien méritées. Il va falloir préparer la maison pour les locataires, faire des cartons, s'occuper du jardin (qui tourne très rapidement à la jachère à cette saison), et s'occuper des milliers de démarches et autres paperasses. Amaury compte désormais les jours restants avant le retour de Papa. La prochaine fois que ce dernier prendra l'avion, nous serons finalement tous ensemble ! Et d'ici là, je tente autant que possible, comme à chaque fois, de le suppléer dans son rôle. Pas sûr toutefois que je sois capable d'apprendre à mon rejeton comment être un parfait pitcher.  Quand on est totalement nulle en baseball, il y a peu d'espoir. De toute façon, déjà à trois ans, il n'est pas du tout gaucher, n'en déplaise aux gènes familiaux et en dépit de toutes les probabilités. Alors il serait sage de penser que son futur au sein des Yankees n'est pas du tout garanti...

jeudi 23 mai 2019

Haïti chérie

"Haïti chérie" était le titre d’un livre que j’avais enfant. C’était l’histoire triste d’une jeune fille, servante et esclave d’une riche famille de Port-au-Prince, qui cherchait  à tout prix la liberté et dont le destin tragique se termina brutalement en tentant de rejoindre les États-Unis. Ce livre m’avait vraiment marquée à l’époque, de par son réalisme et sa fin malheureuse. Ce roman fait toujours écho plus de vingt ans plus tard, à la vie de nombreux migrants qui risquent leur vie dans l’espoir d’une vie meilleure. Haïti est un pays qui continue aujourd’hui à être ravagé par la pauvreté et l’insécurité. Depuis trois ans, grâce à une association de terrain, nous avons commencé à parrainer un enfant afin de lui permettre de suivre une scolarité secondaire. Cet élève brillant fait preuve d’efforts acharnés et de persévérance. Il vit au sein de la région la plus pauvre de l’hémisphère nord, au sein du bidonville de Cité Soleil, à Port-au-Prince. La France et les États-Unis ont un long passé, peu glorieux, avec Haïti. Ce passé n’est que peu -voire pas du tout- abordé dans les manuels d’histoire, et pourtant il fait partie d’une histoire à ne surtout pas oublier. Ancienne colonie française, la colonie de Saint-Domingue, elle a connu les atrocités de l’esclavage, les sévices, et les mutilations. Haïti est devenue Haïti après l’obtention de l’indépendance en 1804, après une longue révolte du peuple réclamant sa liberté. Mais à peine née, Haïti etait déjà endettée, la France lui réclamant une dette monstreuse en échange de sa propre souveraineté. Pendant cent vingt-cinq ans, la France a saigné les finances d’Haïti, pour une somme représentant 20 milliards de dollars actuels. L’économie de l’île de s’en est jamais relevée. Donc non seulement la France a exploité une colonie pour s’enrichir, mais elle a continué de s’enrichir après l’indépendance. Du côté des États-Unis, ce n’est tellement pas plus reluisant. L’occupation des américains a duré de 1915 à 1934, afin d’y défendre leurs intérêts financiers, et s’est poursuivie par un contrôle douanier jusqu’en 1946. Je ne me souviens pas avoir appris en cours d’histoire comment la France et les États-Unis ont ruiné Haïti. Pourtant, c’est loin d’être un détail et le pays continue encore aujourd’hui à être l’un des plus pauvres du monde. 80% de sa population y vit sous le seuil de pauvreté. Alors y parrainer un élève n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans un océan de souffrance, mais les gouttes d’eau associées finissent toujours par devenir de grandes rivières. De mon côté, je me réjouis à chaque lettre de mon petit filleul, qui est l’un des meilleurs élèves de sa classe et qui mériterait tellement plus que ce qu'il reçoit présentement...


dimanche 12 mai 2019

Un weekend suspendu


L'arrivée de mes beaux-parents, quasiment fraichement débarqués d'Australie via le Michigan, aura été appréciée à sa juste valeur cette semaine. J'ai de nouveau été immobilisée pour cause de problèmes de dos très handicapants, et il a fallu un grand renfort d'anti-inflammatoires stéroïdiens pour recommencer à pouvoir bouger. De fait, j'ai été en repos forcé pendant deux jours, mais j'ai repris bon gré mal gré le chemin du travail dès que j'ai pu me déplacer sans hurler. Il me faudrait idéalement voir un ostéopathe, mais ici, les ostéopathes sont des médecins qui prescrivent des médicaments, et qui ne font aucune manipulation. J'ai abandonné l'idée du chiropracteur -peu efficace et onéreux- et j'ai planifié un rendez-vous chez un massage thérapeute. Pour ce faire, il me faudra attendre jeudi, et survivre à une semaine au travail plutôt chargée. La fin de l'année scolaire approche, et je dois terminer mes dernières evaluations, therapy sessions et me pencher sur ma paperasse du mois de Juin. C'est donc une dernière ligne droite qui m'attend, et j'espère que mes vertèbres tiendront le choc. Malgré le manque de mobilité, Logan et moi sommes partis hier pour une escapade de vingt-quatre heures à Lauderdale-by-the-Sea, juste au nord de Miami. Un peu de plage, de piscine, et quelques restaurants plus tard, nous sommes de retour à la maison pour célébrer mother's day avec mes beaux-parents. Mimi et Grandpa se sont chargés du petit loulou en notre absence, et je dois dire qu'une pause dans notre rôle parental est très apprécié lorsque l'on vit loin de toute sa famille. Amaury a été relativement charmant, et j'espère que  son amabilité va se poursuivre cette semaine. Demain, l'école le fait passer dans le groupe des plus grands (avec les 4 ans) et l'on espère que cela va améliorer un peu son comportement d'adolescent courroucé. Il sera donc (de loin) le plus jeune de sa classe, mais cela devrait lui convenir, en tout cas pour les quelques semaines restantes avant notre retour en France. D'ici là, profitons un maximum de toute activité au frais. L'été est arrivé, chaud, humide et collant, et les bords de mer sont tout particulièrement agréables pour profiter d'un petit vent marin rafraichissant...


samedi 4 mai 2019

May the 4th be with you


Non, je ne suis pas une fan invétérée des films de Star Wars. A vrai dire, et avec honte, je peux affirmer publiquement n'avoir jamais même vu un seul volet de la série (j'entends déjà sonner le clairon de la surprise et de la grande désapprobation : comment est-ce possible ?) Et pourtant, les personnages sont bien connus du grand public, et je me tiens au courant, histoire de pouvoir en discuter avec mes petits patients qui eux, bien évidemment, en sont totalement mordus. Il y a quelques jours, Peter Mayhew, l'acteur qui jouait le rôle de Chewbacca, est décédé. Depuis, les médias n'ont cesse de rediffuser des interviews et des extraits de films. Et le timing se montre relativement opportun. Aujourd'hui, 4 Mai, est la journée officielle de la guerre des étoiles. May the fourth (be with you), pour ceux qui se demandent encore le pourquoi du comment. L'an dernier, mes élèves étaient tous déguisés en personnages clés de la fameuse saga Skywalker. Le crossing-guard était lui-même déguisé pour l'occasion, et ce d'une façon relativement convaincante. Cette année, le 4 Mai tombe un samedi ; il n'y a donc pas de journée spéciale à l'école. En parlant de ça, la fin de l'année scolaire s'approche petit à petit, et les cours se terminent dans environ un mois. J'avoue que je suis partagée entre le soulagement que cette année chargée ne s'achève bientôt, la tristesse de quitter mes fabuleux collègues, et l'idée qu'il va bientôt falloir empaqueter et ranger la maison pour nos locataires. C'est un sentiment teinté d'une note bittersweet, mais relativement joyeux dans le fond. Bientôt, je vais retrouver mon cher Jura, mes amis, ma famille -et surtout- des fromages dignes de ce nom (mais si bien sûr, j'en rêve la nuit !). Si ça ce n'est pas une bonne raison de se réjouir... D'ici là, que la force soit avec vous. 

jeudi 2 mai 2019

Living with a threenager


J'avais écrit il y a quelques temps un petit article sur la crise des terrible twos (à relire ici) qui avait soulevé une vague de messages compatissants. Nombre de mamans m'avaient bien sûr réconfortée en me promettant que mon fils, devenu graduellement mi-ange mi-démon, serait bientôt un grand garçon autonome au comportement diplomate, poli et agréable. Mais c'était sans compter sur l'énergie débordante et l'esprit buté de mon rejeton, qui s'est petit-à-petit et insidieusement transformé en un adolescent ingrat et insolent. Les années des terrible twos sont donc progressivement devenues celles des terribles threes. Mon threenager alterne les discours où il refuse toute activité, toute nourriture, toute proposition, et où il joue les petits rois aux commandes de toute la maisonnée. Terminé l'efficacité de mes techniques magiques de Maman, mon fils est passé maitre en l'art de la négociation. Pire, il peut berner ses parents à l'usure, se montrant pugnace, borné, têtu et légèrement rancunier. Outre les questions répétitives, récurrentes, et redondantes à tout bout de champ, il est capable de pleurer sur commande, ou de surjouer une pâle imitation de pleurs plutôt crédibles et relativement convaincants. A l'école, c'est encore pire. Il fait tourner les adultes en bourrique et mène les autres enfants à la baguette. C'est un vrai petit dictateur qui n'apprécie pas trop les enfants du même âge et tolère volontiers les plus grands. Et j'observe que les parents de notre entourage sont divisés : d'un côté les connaisseurs, compatissants, qui sont bien sûr passés par la crise des trois ans, et qui m'assurent que cela n'est pas fini et peut durer jusqu'à l'âge de cinq ou six ans (vite, une corde pour me pendre dès à présent). De l'autre, on retrouve les chanceux, les épargnés de ces crises, et les moralisateurs, aux enfants sages et bien élevés qui ne crient jamais, ne tapent pas, et ne disent jamais non. Cette deuxième catégorie de parents juge également qu'il est bien ironique que d'avoir une maman qui gère très bien ses petits patients aux comportements plus ou moins difficiles, et, qui se retrouve dans le même temps avec son propre enfant qui la mène par le bout du nez. Et ce à grand renfort de cris, de jérémiades, de chouinements, et de négociations infinies. Mon fils est un véritable adolescent, qui claque les portes, qui crie sur ses parents, qui trouve que tout est "nul" ou "pas bon". Il faut négocier pour qu'il se couche, lui qui avait l'habitude de s'endormir en moins de dix secondes. Il faut négocier le lavage des mains, celui des dents, ainsi le rangement des milliers de jouets qui sont quotidiennement éparpillés dans le salon, et bien entendu il faut écouter les doléances de ses maitresses à l'école. Dans tout ça, il faut se souvenir d'un bel adage qui stipule -non sans fondement- que l'on a les enfants que l'on mérite. Si c'est vrai, ça doit donc être totalement mérité et justifié. Il faut dire que j'ai dû sacrément en faire baver à mes parents, à l'époque, pour atterrir aujourd'hui avec mon dragon de trois ans...



dimanche 21 avril 2019

Les jardins de Pinecrest


Qui dit climat chaud et humide dit plantes à foison. La Floride du Sud est propice à la pousse rapide de bon nombre d'espèces végétales. Beaucoup de parcs autour de Miami possèdent des plantes rares  et/ou venues de loin, qui apprécient tout particulièrement la météo locale. Mon jardin préféré est celui de Pinecrest. Ancienne jungle aux perroquets, rachetée par la commune de Pinecrest pour la transformer en jardin botanique, les lieux sont particulièrement enchanteurs. Des grands figuiers des banians, venus tout droit d'Inde, aux sous-bois tropicaux entourés de canaux et de cascades d'eau fraîches, le parc contient aussi des aires de jeux, un parc d'arrosage et de jeux pour les enfants et un petit zoo minimaliste où les bambins peuvent caresser, au choix, des moutons, des cochons et des chèvres. Les fleurs y sont en pleine floraison en ce moment,  et il est aussi possible d'y nourrir les poissons et tortues. C'est un parc relativement méconnu des guides touristiques, et qui pourtant vaut le détour. Alors si vous passez par Miami, n'hésitez-pas à y faire un petit saut !




A consulter : https://www.pinecrestgardens.org Entrée à 5$, enfants de moins de trois ans gratuits. 

jeudi 4 avril 2019

April showers


La journée n’a pas particulièrement bien commencé. La pluie s’est abattue de toutes ses forces sur Miami, détrempant tout sur son passage, et plongeant la région sous une épaisse couche de nuages noirs. Il n’a pas vraiment plu comme “chiens et chats”, et certainement bien plus que « vache qui pisse », et en tout cas la matinée débutait fort mal. J’ai déposé Amaury à la crèche à toute vitesse, espérant faire fi des gouttes, inquiète de le voir trempé en un instant. Lui, sous son blouson de pluie, dans les bras de sa mère qui courrait comme une dératée, a été épargné. Moi en revanche, de mon côté, j’ai essuyé tous les plâtres de l’orage, et je me suis retrouvée trempée jusqu’à l’os. J’ai découvert par exemple avec effroi que mon maquillage n’est pas totalement waterproof, et que ma veste est loin de pouvoir arrêter les gouttes. J’ai donc dû repasser en catastrophe à la maison pour me changer, sous-vêtements y compris, avant de repartir le plus vite possible. Je suis finalement arrivée sur le parking de mon école juste à temps pour me saisir de la dernière place de parking. À la suite de quoi, mon parapluie s’est cassé, j’ai manqué d’éborgner le principal avec le coin de l’objet en question, et j’ai renversé mon thé sur mon bureau en y déposant mes affaires. Je croise donc les doigts pour que la succession de mauvaises expériences de la journée ne cessent sur le champ, et que le soleil revienne sur notre belle Floride. Avril est un mois très humide et pluvieux ici. Les averses sont de mises, elles sont journalières et particulièrement intenses. Je vais donc me procurer de ce pas un nouveau parapluie, un ciré, des bottes, et réfléchir à deux fois à la prochaine tentation d’arroser le jardin. Il y a eu en effet qu’une seule clampine dans tout le quartier, qui, hier soir, qui a bien pris le temps d'arroser soigneusement toutes ses fleurs, juste au cas où...