jeudi 14 février 2019

La Saint Valentin


Je ne suis pas sûre d’avoir jamais publié d’article sur ce blog qui parle de la Saint Valentin, alors mieux vaut tard que jamais ! Cette fête datant du XIVème siècle est célébrée de plus en plus dans le monde entier et notamment dans les pays anglo-saxons. C’est aujourd’hui une journée très particulière à l’école. Les élèves prennent part à des dance parties, et ils échangent des cartes et des poèmes entre eux toute la journée. Les cartes ne se veulent pas nécessairement romantiques (même si certains en profitent pour glisser un petit mot doux à leur camarade préféré), et contiennent principalement des messages d’amitié, de gentillesse et d’appréciation. Ainsi, Amaury est lui-aussi parti à la crèche avec ses cartes pour chacun de ses camarades. J’avoue que cette tradition m’est relativement étrangère, la Saint Valentin étant en France plutôt une fête commerciale à et destination exclusive des amoureux. Mais ici, aux États-Unis, c’est aussi (et surtout) une fête du partage, de l’amitié et de la caramaderie au sein des écoles. J’ai prévu quelques petites surprises pour mes petits patients, et notamment quelques sucreries. L’ambiance est à la fête, et la motivation pour travailler est plus ou moins au rendez-vous. Quant à nous, à la maison, nous ne célébrons jamais la Saint Valentin, et en tout cas pas avec des cadeaux. Il n’y a pas besoin d’excuses pour se montrer notre attachement réciproque et pour passer un peu de temps à deux. Et rien n’empêchera de fêter ça officieusement ce week-end, lorsque l’emploi du temps sera un peu moins chargé et que l’épuisement professionnel de la semaine se sera un peu atténué...


dimanche 10 février 2019

Une expérience américaine : aller chez le kiné


Je n'avais pas eu l'occasion (ni le besoin) d'aller chez le kiné depuis fort longtemps, mais une vilaine blessure de l'épaule et du cou -en lien avec ma musculature mollassonne et atrophiée- m'a conduite à devoir consulter cette année. Quand on passe son enfance à sauter, grimper, faire la casse-cou, faire du cheval, de la gym, de la danse, du ski, et j'en passe, et que les dommages collatéraux sont des chutes assez violentes, la transition est difficile à l'âge adulte lorsqu'on est une véritable couch potato. Une "pomme de terre de canapé" est outre-atlantique un joli surnom pour les personnes de mon genre, atteints de flemmardise aigüe et totalement allergiques au sport. Ayant fait beaucoup de sport jusqu'à l'adolescence, les dommages sur ma colonne vertébrale sont bien visibles. Outre des disques en mauvais état au niveau lombaire, je dois maintenant gérer une dégénérescence de certains d'entre eux au niveau cervical. Ou comment se prendre une bonne claque dans la figure en réalisant que le sport, c'est quand même utile pour maintenir la musculature existante, entretenir les muscles, les articulations et également conserver une santé respiratoire et cardiaque. J'avais pourtant décidé, nonchalamment, à l'automne dernier, de reprendre un peu le tennis. Bien que le tennis soit un sport totalement asymétrique (et étant aussi accessoirement totalement nulle en la matière), j'avais repris doucement, en alternant les deux bras (gauchère power), et en augmentant l'intensité et la durée de l'exercice avec le temps. Mais c'était sans compter sur mes épaules ramollies par l'âge et la paresse. Après quelques semaines, j'ai réussi à me créer une entorse cervicale extrêmement handicapante, plus douloureuse qu'un accouchement. Après des semaines de canapé et un traitement de cheval, je me suis retrouvée à consulter un médecin du sport, qui a confirmé l'état inquiétant de ma colonne vertébrale et prescrit de la kinésithérapie intensive. Me revoilà donc, quelques semaines plus tard, en bonne voie de reprendre le tennis ce printemps (si tout va bien), grâce aux bons petits soins d'une équipe en or à l'hôpital. J'imagine que les kinés français font à peu près la même chose que les kinés américains. Mais il existe cependant de nombreuses différences. La première commence pendant les études. Les physical therapists possèdent un niveau d'études qui est exigé jusqu'au doctorat. Les études sont donc plus longues et de fait, encore plus poussées. La seconde différence est totalement inhérente au coût des soins ici. Tous les actes de santé sont (beaucoup) plus chers et les kinés américains possèdent un équipement de compétition. La salle de physical therapy est un plateau technique dernier cri, avec plus d'une cinquantaine de machines en tous genres, des appareils sophistiqués, gérés par ordinateur et à la pointe de la dernière technologie. Je n'ai pas pu vous prendre de photo complète du lieu en question, car les machines étaient utilisées par des patients, mais c'est assez impressionnant à voir. Et puis entre deux massages ou deux exercices de musculature, il est fort agréable de regarder au-dehors la vue sur le campus de l'Université de Miami et ses palmiers. Pour le reste, je croise les doigts pour que cette vilaine blessure ne soit plus qu'un mauvais souvenir...


vendredi 1 février 2019

Bakeaholic



A l’instar des alcooliques, des accros au boulot (workaholic), des drogués au sport (sportaholic), il existe une variété de serial bakers dont je fais partie, et que l’on peut désigner en anglais par le terme de bakeaholic. Le bakeaholic se doit d’être gourmand, et il utilise n’importe quelle excuse pour pouvoir pâtisser. En tant qu’étudiante, ça se manifestait beaucoup par “il faudrait que je révise, mais j’ai trop  envie de rester cette nouvelle recette de gâteau”. Plus tard, entrée dans la vie active, ça se rapprochait plutôt de “j’ai du repassage à faire, mais d’abord faisons un petit gâteau à partager avec les collègues de l’hôpital demain”. Puis, enceinte et jeune maman, si la pâtisserie a été temporairement remisée au placard faute de temps, d’énergie, et d’envie (il faut dire que neuf mois à ne pas pouvoir même penser à un œuf cru sans avoir envie de vomir n’aide pas particulièrement) j’en suis maintenant à un point où je n’ai de nouveau envie de faire que ça. J’avais déjà parlé de ma gourmandise invétérée lors de ce précédent article. Et j’entends bien transmettre mon amour pour les pâtisseries (à manger) et les pâtisseries (à faire) à mon petit rejeton, lequel est loin d’être le dernier intéressé par la dégustation de mets sucrés. Alors j‘ai décidé de l’initier très tôt à l’art de la cuisine, et il aime tout particulièrement m’aider à confectionner toutes sortes de réjouissances gustatives pour le palais. Les recettes choisies sont assez simples. Il ne me viendrait pas à l’idée de l’embaucher pour fabriquer une pièce montée, quand bien même j’eusse été capable d’en faire une. Mais laissons aux professionnels les tâches compliquées. Pour l’heure, à deux-ans-et-demi-presque-trois, il me faut choisir des plats rapides et qui requièrent peu de main d’œuvre. Un gâteau au chocolat minute, par exemple, se retrouve tout indiqué. Du chocolat, beaucoup de beurre, du sucre, des œufs et de la vanille... rien de plus n’est nécessaire à une bonne recette. Adieu, gâteaux équilibrés mais “radins”, où le beurre et le sucre sont rationnés comme en quarante. Si j’aime les bonnes choses, je ne compte pas les calories. D’ailleurs, qui n’a jamais été invité chez un(e) ami(e) très fier de te servir une (horrible) tarte « sans gras et sans sucre », mais qui de fait, est sans goût ? Et tant pis si les sucreries font partie intégrante de mon paysage gustatif. Quand c’est fait maison, c’est bien meilleur. Et j’ai le parfait petit assistant en cuisine, qui adore son tablier “lapin” et qui adore lécher le saladier recouvert de chocolat fondu. Reste à ce qu’il apprivoise le batteur à œufs électrique, source de phobie aussi bien visuelle que sonore, et dont les craintes ne sont plus tellement adapté à son âge. Un jour, mon fils, tu sauras faire une meringue italienne les yeux fermés et tu maîtriseras parfaitement la cuisson des macarons. Et pour l’heure, si tu te lasses vite en cuisine, j’avoue que j’apprécie la facilité avec laquelle je réussis à te faire finir tes haricots vers sous la diabolique promesse de te servir une grosse part de gâteau moelleux...


samedi 26 janvier 2019

Le shutdown


Après 35 jours de blocage et près de 800 000 employés fédéraux laissés sans salaire, le gouvernement américain a finalement repris ses activités. Les impôts, la sécurité dans les aéroports, le ministère de la justice, des transports, de l'agriculture... toutes ces entités n'étaient plus en fonction ou tournaient au ralenti depuis le 22 Décembre, avec des effectifs minimums très réduits, et certains employés contraints de travailler sans être payés. La faute à l'administration Trump qui tient absolument à dépenser 5.7 millards de dollars dans la construction d'un mur anti-immigration à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Le congrès, à majorité démocrate, s'y est (fort heureusement) opposé, mais notre puppet president a tenu bon. Le budget (ridicule) de l'année 2019 n'a pas été voté, faute d'accord entre les partis, d'où la paralysie plus ou moins totale du gouvernent depuis plus d'un mois. Ce n'est pas le premier shutdown de l'histoire des Etats-Unis, loin s'en faut. Mais c'est historiquement le plus long, à l'image de l'entêtement borné de son leader, prêt à tout pour son stupide mur, promesse électorale plus que démagogue. Dans un pays où le taux de pauvreté atteint les 13.5% de la population (soit plus de 43 millions de personnes), il serait peut-être judicieux de penser à une redistribution des richesses un peu plus équitable plutôt que de jeter de l'argent par les fenêtre en construisant un mur pour séparer deux pays. Et d'investir de fait dans des instances qui bénéficient au plus grand nombre (la santé, l'éducation, les infrastructures...) plutôt qu'à une poignée de privilégiés. Les murs, historiquement, n'ont jamais marché. Point n'est besoin d'être spécialiste en histoire et en géopolitique pour savoir que les murs finissent par tomber et qu'ils ne font que diviser. Toujours est-il que de nombreuses instances gouvernementales ou contrôlées par le gouvernement vont finalement pouvoir recommencer à fonctionner, à commencer par l'agence de contrôle sanitaire de l'alimentation, les impôts, les musées et les parcs nationaux. Les employés fédéraux vont aussi pouvoir recommencer à être payés. J'attends avec angoisse de voir ce que ce vieux papi sénile nous réserve pour 2019. J'aimerais être optimiste, mais il faudrait plutôt être réaliste...

lundi 21 janvier 2019

Un weekend à Naples

Barefoot Beach Preserve
Naples beach
J'avais déjà parlé de la ville de Naples il y a quelques temps dans un précédent article à retrouver ici. Profitant de la présence de la famille Jurassienne, nous y sommes retournés ce weekend, histoire de changer d'air et de faire quelques excursions intéressantes. Naples n'a pas changé. C'est toujours une ville relativement aisée, habitée d'une population peu diversifiée et âgée. Nous avons d'abord découvert la plage de Barefoot Beach Preserve, couverte de coquillages et encore assez sauvage malgré l'afflux de touristes et de visiteurs locaux. Le soir, nous avons testé un bistro perse délicieux (Bha Bha Persian Bistro) et avons diné à l'extérieur, entre les chaufferettes de terrasse et les lumières de jolis lampions. Le lendemain, nous avons pris la direction de la réserve naturelle du corkscrew swamp sanctuary où une promenade sur ponton de 2.5 miles nous attendait pour observer à loisirs la faune et flore sauvage du coin. La saison hivernale est idéale pour éviter les moustiques, mais elle est peu propice pour y voir de nombreux animaux. L'eau des marais est beaucoup plus haute l'été, et il nous faudra y retourner à cette occasion histoire d'en voir plus. Nous avons néanmoins croisé quelques alligators, des aigrettes, des ibis, des anhingas, des hérons, ainsi que quelques poissons, serpents et nombreuses plantes et fougères d'eau. Le soir, nous avons marché sur la plage à côté de la jetée avant d'aller manger un diner typiquement local au Old Naples Pub, incluant de l'alligator frit, du crab cake et des poissons locaux. Pour ceux qui se poseraient la question, l'alligator est à mi-chemin entre le calamar et le poulet. D'une texture très élastique et sans goût très prononcé, la version frite était pourtant vraiment délicieuse. Le lendemain, nous avons terminé notre séjour par un petit saut au Naples Botanical Garden, où sont rassemblées de nombreuses espèces de plantes venues des quatre coins du monde. La jardin des papillons a particulièrement ravi Amaury. Le weekend est passé très vite, et nous avons finalement regagné nos pénates hier soir. Il y aurait eu beaucoup d'autres excusions possibles, mais le temps nous a manqué. Peut-être lors d'une prochaine visite ?


Butterfly garden au Naples Botanical Garden

Audubon Corkscrew Swamp Sanctuary

jeudi 10 janvier 2019

Throwback Thursday

Les accros d'internet et des réseaux sociaux n'y auront pas échappé : les jeudis sont souvent l'occasion de partager des photos et des anecdotes souvenirs. Il s'en est passé pas mal de choses, pour moi, les jeudis. Enfant, le jeudi était mon jour préféré car je pouvais manger à la cantine (il y avait aussi le samedi dans une moindre mesure, jour d'art plastique et de poésie, mais c'était nettement moins intéressant que de goûter à la nourriture industrielle de collectivité). Aujourd'hui, en ce début d'année 2019, le jeudi est souvent placé sous le signe des journées chargées, avec huit ou neuf groupes de rééducation (de groupes) à enchaîner, pas de pause déjeuner ou presque et un rythme de travail tout particulièrement soutenu. Je pourrais trouver de nombreuses autres anecdotes de mes jeudis de l'enfance, mais j'avoue que la mémoire me fait défaut. Le premier jeudi important plutôt "récent" a été le 8 Avril 2010. Je n'avais à priori que des cours ce jour-là, jusqu'à vingt heures, et notamment un séminaire sur la prise en charge de l'enfant sourd en fin de journée (il est amusant de voir que certains détails restent, mais que d'autres s'en vont. Ne me demandez pas quels ont été les autres cours de la journée, il m'est tout à fait impossible de m'en souvenir). Mon enterrement de vie de jeune fille surprise a bel et bien été une surprise. Une belle soirée, avec des amies d'un peu partout, avant de retrouver mon presque-mari saucissonné dans du scotch et recouvert de post-its (anecdote véridique), et d'enchainer dès le lendemain les derniers préparatifs de notre petit mariage prévu le même samedi. Le jeudi 1er Juillet 2010, j'ai passé ma soutenance de mémoire en France, et j'ai été diplômée. Une étape très importante mais presque banale finalement comparée à ma seconde remise de diplôme aux Etats-Unis en 2015. En 2010, la suite de l'aventure s'est poursuivie avec une relation de jeunes mariés à distance, jusqu'au jeudi 13 Janvier 2011, date à laquelle ma procédure de visa pour entrer aux Etats-Unis a finalement marqué un tournant (article à relire ici). Il aura fallu des mois et des mois de galère, pour se finir joyeusement par une arrivée sur le sol américain en Février (voir un autre article ici). Et puis après quelques années à cheval entre la France et le pays de l'Oncle Sam, je suis finalement arrivée à Miami le jeudi 14 Juillet 2016 (article à relire ici), avec un petit loulou de trois mois dans la valise. De là, la vie en Floride a démarré, et le jeudi 11 Août 2016, je reprenais le boulot, après un beau congé maternité (bien plus long que pour la plupart des américaines). Je me souviens précisément de ce matin-là, comme si c'était hier. J'ai déposé Amaury à la crèche pour la première fois, non sans oublier un accessoire crucial pour moi (le tire-lait). Plus jamais je ne l'ai oublié, d'ailleurs, la leçon a été apprise très vite. La vraie rentrée ne s'est passée que plus tard au cours du mois d'Août, mais j'ai un souvenir très net de cette première journée de working mom. Depuis, il y a eu le jeudi 25 Novembre 2016, où nous célébrions notre premier Thanksgiving sous les palmiers. Car oui, de toute façon, comme la plupart des lecteurs de ce blog le savent, Thanksgiving ça tombe toujours un jeudi. Il serait ainsi possible d'étendre la liste des jeudis marquants à l'infini ; mais finalement je préfère terminer ce petit article par une photo (peut-être) prise un jeudi de 1988. #TBT et #coupdevieux. Une belle illustration de qui j'étais et de qui je suis toujours actuellement...



lundi 31 décembre 2018

Bye bye 2018, hello 2019!

Cette année s'achève, et une nouvelle année s'apprête à démarrer sur les chapeaux de roue. Pour nous, famille franco-américaine, rien n'est encore déterminé. Il se pourrait bien que 2019 soit placé sous le signe de la France, mais rien n'est sûr et je ne peux rien encore en dire (superstition oblige). Dans tous les cas, c'est la France qui va venir à nous car nous attendons avec impatience la visite de quelques frenchies du Jura au cours des jours, semaines, et mois à venir, incluant aussi bien la famille que les amis. Ce soir, le réveillon s'annonce somptueux, et nos charmants hôtes nous ont déjà fait parvenir la liste des cocktails prévus. Chaque convive va apporter quelques delicacies de sa patrie natale, incluant notamment l'Italie, la Grèce, la Russie, et -bien sûr- les Etats-Unis. J'ai concocté à cette occasion un gâteau basque, dont l'odeur a envahi la maison depuis ce matin et met dangereusement l'eau à la bouche. Et avant de procéder au décompte habituel des dernières secondes de cette belle année, j'en profite pour souhaiter une très belle année 2019 à tous mes lecteurs, réguliers, occasionnels, amis, famille et à tous ceux qui partagent leur vie. Que ces prochains douze mois à venir soient placés sous le signe de la santé, du bonheur, des voyages, des réjouissances et de la réussite de projets divers et variés. Happy new year!

jeudi 20 décembre 2018

Traditions de Noël franco-américaines


En grandissant dans le Jura, j'ai toujours connu les traditions de Noël spécifiques à l'est de la France. J'ai eu beaucoup de camarades de fac à Besançon qui célébraient la Saint Nicolas le 6 Décembre, avec ses brioches à l'effigie du Saint Patron de Lorraine. J'ai connu les histoires de distribution de cadeaux aux enfants sages, et les allusions au père Fouettard, qui se devait de rendre une petite visite aux rejetons dissipés. A la maison, nous n'avons jamais vraiment fêté la Saint Nicolas, Noël étant la sacro-sainte fête de fin d'année. J'ai grandi avec un sapin, une jolie crèche faite de santons de Provence et la promesse d'un gros bonhomme en rouge, si toutefois j'avais pu être suffisamment sage pour le mériter. Je n'ai jamais mis les pieds à la messe de Noël, n'ayant pas réellement reçu d'éducation religieuse permettant de conjuguer mes origines protestantes et catholiques. Noël se résumait à une fête familiale centrée sur un menu copieux et des cadeaux nombreux. Après plusieurs années aux Etats-Unis, et après avoir adopté une nouvelle famille américaine, j'ai commencé à piocher dans l'une et l'autre des cultures pour créer une jolie chimère de fin d'année, toujours aussi agnostique et orientée sur les réjouissances de la table, et relativement encline à enseigner à Amaury les habitudes de ses ancêtres des deux côtés de l'Atlantique. A commencer par notre sapin, sur lequel a été soigneusement dissimulé un ornement en forme de cornichon, tradition de Pennsylvanie et probablement d'origine allemande. Dans l'histoire, le premier à localiser ledit pickle est considéré comme vainqueur. Les festivités débuteront donc cette année au soir du réveillon, avec un bon repas français typique mais adapté aux disponibilités des ingrédients locaux. Chaque convive sera invité à déposer ses chaussons ou ses chaussures au pied du sapin, et d'attendre sagement le passage du Père Noël pendant la nuit. Aucun cadeau n'est visible avant le passage du grand bonhomme en rouge, à l'inverse de certaines familles ici qui ajoutent les paquets à mesure qu'ils sont préparés et emballés. Chez nous, et pour la première fois, un verre de lait et un cookie seront laissés en évidence pour lui, preuve ultime de son passage (par la porte, n'ayant bien évidemment pas de cheminée dans un climat tropical). J'ai entendu dire que certaines familles américaines laissaient aussi quelques carottes à destination des rênes. Nous n'avons pas de stockings, sorte de chaussette géante américaine qui rappelle allègrement les bas ou les chaussettes françaises qui réceptionnaient (jadis) une orange ou d'autres friandises. Les enfants les plus dissipés risquaient à l'époque de retrouver dans leurs bas un morceau de charbon, ou -voire pire- un martinet. Donc pas de stockings, mais nos chaussons, tout simplement. Au petit matin, un monceau de cadeaux sera disposé dans la pièce, recouvert de papillottes dorées et attendant sagement chacun des amis et des membres de la famille présents. Il y a de cela quelques années, notre petit déjeuner de Noël américain consistait en un firemen's breakfast très copieux et préparé par la tante de Logan. Depuis quelques temps, le petit déjeuner de Noël a été francisé, et des pains briochés aux raisins et à la crème d'amandes (fraîchement sortis du four) se sont imposés comme grands gagnants de l'événement. Chacun peut ainsi se régaler, une tasse de café à la main, en ouvrant les cadeaux un-a-un. Alors même si le père Noël tel que nous le connaissons est une pure invention de la firme Coca-Cola, il n'empêche que Santa fait désormais bien partie de notre célébration du 25 Décembre. Après l'ouverture des cadeaux, la journée sera relativement peu chargée chez nous, et seul un diner de Noël, au menu plus italien que français, sera proposé aux estomacs encore intéressés par l'idée de faire bonne chère. Alors le compte à rebours est officiellement lancé. Merry Christmas everyone!

dimanche 16 décembre 2018

En attendant Noël


Les palmiers de Floride se sont parés de guirlandes lumineuses clignotantes, les sapins ont été décorés, les achats de cadeaux sont plus ou moins finalisés, les menus sont en pleine élaboration, et tout est en bonne voie pour célébrer Noël d'ici une semaine. J'avais très envie d'écrire un petit billet plus tôt sur ce sujet, mais j'ai été fortement limitée pendant un certain temps par une entorse cervicale totalement handicapante. Quelques visites chez le chiropracteur et un bon traitement de cheval (à base de puissants stéroïdes) plus tard, me voici de retour à peu près rétablie pour profiter des fêtes de fin d'année. Une toute petite semaine de travail me sépare des vacances de Noël, et je dois avouer que mon esprit a plus de facilité à se focaliser sur le menu du réveillon que sur la préparation de mes rééducations à venir. Amaury ne fait que parler du Père Noël, et il a bien compris que des cadeaux allaient être de la partie. Le calendrier de l'avent personnalisé lui permet de se rendre compte des jours restants à attendre, et il lui faut désormais faire preuve d'encore un tout petit peu de patience. A la maison, le marathon des visites hivernales est officiellement lancé. Un ami venu de Pennsylvanie centrale passe ce weekend à nos côtés, tandis que Mimi et Grandpa sont bien arrivés du Michigan hier. Ils repartiront début Janvier, juste avant le débarquement parental en provenance du Jura. A l'école, les enfants sont surexcités et ne tiennent pas en place. Ils ne parlent eux-aussi que de Santa, de leur liste de cadeaux et des visites prévues pendant les vacances. De notre côté, et puisque j'ai finalement retrouvé ma mobilité, nous avons pu passer la journée à South Beach, faire trempette (des pieds) dans l'eau et avec une belle température de 26°. Il est difficile de s'imaginer que nous sommes déjà bien avancés dans le mois de Décembre, et qu'il fait encore si beau ! Vivre dans un climat tropical n'est décidément pas désagréable lorsque l'on sait que d'autres régions du monde sont totalement gelées et enneigées. Demain cependant, les températures vont se rafraichir légèrement dans le sud de la Floride, avec (tout de même) de belles maximales autour de 20°. Cette semaine risque d'être dédiée totalement aux derniers préparatifs et va certainement passer très vite. Profitons-en ! 


South Beach ce matin

jeudi 22 novembre 2018

Thanksgiving 2018


Il y a deux ans, j'ai organisé mon tout premier Thanksgiving à la maison. Non pas que ce fût mon premier Thanksgiving (loin de là), mais celui-ci a été mon premier évènement du genre à Miami, avec pour mission de rôtir une dinde de presque six kilos. A l'époque, Amaury marchait à quatre pattes dans toute la maison et ça avait été plutôt sportif que de gérer les plats, les cuissons, le service et un petit loulou encore relativement peu indépendant. L'an dernier, le nombre d'invités a atteint son maximum (17 adultes) mais un partage des tâches a été réalisé avec certains d'entre eux. Je n'ai pas rôti de dinde, et me suis cantonnée aux accompagnements et aux desserts. Amaury avait décidé d'être malade ce jour-là, et il a tout simplement hurlé du début à la fin de la présence de nos invités (sympa comme timing). Cette année, je n'avais pas envie de renouveler l'expérience d'un groupe immense, avec un toddler sur les bras. Alors nous avons seulement convié quelques amis pour un Thanksgiving certes plus petit, mais probablement peut-être aussi plus convivial. Hier, j'avais pris ma journée pour commencer les préparatifs en cuisine à l'avance, histoire de ne pas de me retrouver avec tout à faire à la dernière minute. De fait, dès hier soir, la moitié des desserts était achevée, la dinde mise à mariner, et la sauce aux canneberges cuite. Aujourd'hui,  je n'ai plus eu qu'à préparer la fameuse tarte à la citrouille, à cuire mon gratin d'épinards, à préparer ma purée de patates douces ainsi que mes asperges, à monter mes petits fours et à rôtir la fameuse dinde. La bête en question fait près de douze livres, et elle a été enfournée avec son lot de beurre, d'herbes, de citron et d'épices variées. La table a été dressée en avance, et décorée sobrement avec de vraies petites pommes (difficiles à trouver ici). La maison s'est emplie d'une bonne odeur de volaille rôtie, et tout était fin prêt pour nos invités. Si Thanksgiving est relativement nouveau pour moi, je commence néanmoins à en comprendre les tenants et les aboutissants. Tout est centré autour de la nourriture. Pas de cadeaux, pas de préférence entre amis et famille, juste une bonne orgie gustative où il faudrait presque posséder plusieurs estomacs. On ne peut d'ailleurs pas faire plus intéressant comme holiday lorsqu'on est gourmand(e) comme moi. Pour ce qui concerne le menu, j'ai un peu modifié les plats traditionnels pour la version de 2018. Le stuffing (un genre de farce à base de saucisse ou bacon et de pain) a notamment été supprimé. Il n'y a pas eu de cornbread, ni de buttermilk biscuits, même si j'aurais pu aisément en assurer la cuisson avant d'enfourner la dinde. Pour le reste, ce cru 2018 est resté très traditionnel, et j'ai remplacé la green bean casserole par un gratin d'épinards à la béchamel (d'ailleurs pour le côté américain traditionnel, on repassera). Il me tarde maintenant de passer à table, l'eau me vient à la bouche et je sais qu'il va falloir quelques jours pour se remettre de ce repas pantagruèlesque... 

La fameuse tarte à la citrouille 
La bête avant cuisson

samedi 17 novembre 2018

La fin de la saison des ouragans


D'ici deux petites semaines, à la fin du mois Novembre, la saison des ouragans sera officiellement terminée. Cette épée de Damoclès dangereusement suspendue au-dessus de nos têtes sera rangée au placard jusqu'au mois de Juin prochain. Nous avons eu beaucoup de chance cette année à Miami. Pas d'ouragan à déplorer, aucun dégât, aucune inondation. J'aimerais dire que ce fut une année indemne de tout dommage, mais ce serait ignorer ce qu'il s'est passé dans d'autres coins des Etats-Unis, et dans d'autres régions du monde. L'ouragan Florence, de catégorie 4, a crée de gros dégâts en Caroline du Nord et en Caroline du Sud en Septembre dernier. L'ouragan Michael, l'un des plus puissants du siècle, a détruit une bonne partie de la région de Mexico Beach, au Nord-Ouest de la Floride, en Octobre. Nous avons donc été épargnés, et il pourrait se passer des années -voire des décennies- avant que Miami ne connaisse une catastrophe de ce genre. Ou bien, dans un scénario plus pessimiste, il se pourrait que the big one se produise bientôt. Nul ne le sait, et seul l'avenir le dira. Une chose est sûre néanmoins : les ouragans sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants à cause du réchauffement climatique. La montée des océans menace sérieusement les villes côtières ayant peu d'élévation, que ce soit au Etats-Unis ou ailleurs. Miami fait d'ailleurs partie de ces grandes métropoles qui pourraient partiellement disparaitre au cours des prochaines décennies. Pour l'instant, notre existence se cantonne à essayer de vivre sans penser à ce genre d'hypothèse catastrophique. Et tandis que notre saison sèche d'hiver vient de débuter, il nous a fallu pour la première fois depuis longtemps sortir les manches longues ce weekend. Les jours raccourcissent et l'été perpétuel s'estompe légèrement. Le "froid" (17 degrés) est de retour, et je dois avouer que cela est fort agréable....

vendredi 9 novembre 2018

Elections de mi-mandat


Mardi, je suis allée comme beaucoup d'américains voter pour les élections de mi-mandat. Un évènement citoyen à ne pas manquer dans le contexte actuel du Trumpisme florissant. Il s'agissait de renouveler certains sièges de la chambre des représentants (un peu l'équivalent de notre assemblée nationale) et certains postes de sénateurs. Chaque état américain possède deux sénateurs, et un nombre variable de congressmen en fonction de sa population. Ainsi, le Wyoming, peuplé d'environ cinq cent mille habitants, possède le même nombre de sénateurs que la Californie, où résident pratiquement 40 millions de personnes. Ces élections ont permis d'annuler la totale dominance du parti républicain sur la house of representatives et le senate, qui permettait allègrement à ce cher Donald de faire à peu près ce que bon lui semble. La chambre des représentants est notamment redevenue à majorité démocrate. Le sénat quant à lui reste toujours républicain. Qu'est-ce que ça change concrètement ? Même si le sénat reste républicain, le congrès peut désormais s'opposer aux décisions dilettantistes de notre puppet president. Une première conséquence pourrait être de bloquer les tentatives de ce papi sénile de détricoter l'affordable care act, connu sous le nom d'Obamacare (mais ce sera le sujet d'un article plus détaillé prochainement). Une autre conséquence pourrait être d'enclencher une procédure de destitution présidentielle (yes please). Même si les démocrates ont repris un peu d'avance, ces élections me laissent un goût d'amertume. Tout d'abord, il faut savoir que les idées politiques des démocrates américains correspondent plus ou moins à celles des républicains français (ironique, quand on y pense). Les républicains américains, eux, correspondent à la franche droite de notre droite française. Tout est clivé vers la droite, en fait. Donc même si avancée il y a eu, celle-ci est loin d'apporter des réponses concrètes aux inégalités criantes que l'on peut voir au pays de l'oncle Sam. D'autre part, mon candidat fétiche, Andrew Gillum, qui se place dans la lignée de Bernie Sanders, n'a finalement pas été élu, mais cela pourrait peut-être changer. A l'heure où j'écris ce billet, la Floride est encore en train de recompter les millions de voix exprimées mardi et avant mardi, lors du early voting. Le recompte concerne les votes automatiques, mais pourrait se faire à la main car l'écart entre les candidats est extrêmement faible. Gillum n'a probablement aucune chance d'être finalement déclaré vainqueur, mais je garde espoir. Somme toute, l'expérience du vote ici n'a rien à voir avec la France. A commencer par les ballots, bulletins de votre, très loins de ceux que l'on doit utiliser sur le vieux continent. J'ai rempli quatre pages, recto et verso, en sélectionnant mes réponses à l'aide d'un stylo noir, comme je le ferais pour des grilles d'examens à choix multiples. J'ai choisi mes réponses lors des très nombreuses questions de référendum, aux sujets variés et écrits de façon plus ou moins limpide. Puis, j'ai moi-même inséré ces bulletins dans une machine automatique, sous la surveillance d'un assesseur. Mon isoloir s'est limité à une table munie de visières, et le tout m'a pris une bonne dizaine de minutes. Voter ici est décidément bien différent de notre devoir citoyen en France. Et tandis que je croise les doigts pour que le décompte soit en faveur du très progressiste Andrew Gillum (j'ai peu d'espoir mais je continue à espérer), je réalise que je peux pleinement participer à la vie électorale de mon pays d'accueil. Voter est un droit, mais c'est un devoir que je compte bien continuer à exercer le plus longtemps possible...

Les quatre bulletins de vote de ces élections de mi-mandat



samedi 3 novembre 2018

Halloween


Ce mercredi dernier le 31 Octobre, les Etats-Unis et une partie du reste du monde célébraient Halloween. Un événement à ne pas manquer pour les enfants, que nous avons passé avec des amis (les enfants se sont déguisés tandis que les adultes ont servi l'apéro). En fin de soirée et après avoir englouti quelques pizzas, nous avons sillonné le quartier pour récolter d'immenses seaux de friandises, les rejetons sagement assis dans notre wagon de plage et prêts à dégainer leur sac au nez des habitants du quartier. Le principe est simple : les enfants frappent à chaque porte et déclarent la bouche en coeur Trick or Treat! En gros, refilez-moi des cochonneries sucrées ou je vous joue un vilain tour (note bene : tradition libre de l'auteur). Amaury a tout simplement adoré remplir son sac de bonbons, et il faut désormais les écouler doucement, à raison de quelques-uns chaque jour. Il va nous falloir vraisemblablement jusqu'à Pâques pour qu'ils soient terminés, compte-tenu du volume récolté. A l'école, la journée a été animée et peu productive professionnellement. Les séances de rééducations ont été interrompues par des flots de gamins férus de friandises, costumes à l'appui. Près de quatre-vingt-dix pour-cent des enfants et des enseignants étaient costumés. J'étais de mon côté habillée en sorcière, ce qui s'est passablement limité à un chapeau et à des vêtements noirs. Les petits n'y ont vu que du feu et ont continué d'en parler toute la fin de cette semaine. Amaury était habillé en chef cuisinier, et il n'a pas quitté ses accessoires de la soirée (à savoir sa grosse louche en silicone et son tablier). Le compte à rebours est désormais lancé pour Thanksgiving, qui sera célébré dans moins de trois semaines. Et, si les citrouilles et les dindes devraient désormais faire partie du tableau, ce sont plutôt les décorations de Noël que l'ont voit et qui sont déjà bien installées dans les magasins..




dimanche 21 octobre 2018

The terrible twos


Cela se passe insidieusement, relativement progressivement, et soudain du jour au lendemain il faut se rendre à l'évidence. Notre petit toddler s'est transformé en une chimère mi-dictatoriale mi-démoniaque, et il peut passer du rire aux larmes et aux crises violemment capricieuses en un instant. La crise des deux ans est belle et bien arrivée. Petit Monstre (désormais surnom préféré du moment) devient indépendant. Petit Monstre ne supporte aucune frustration et se révèle un as de la négociation. "Une minute" se répète-t-il à répondre lorsqu'on lui demande de mettre ses chaussures. "Amaury tout seul" est devenue la phrase clé de la discussion. Et les colères deviennent vite des colères noires, teintées ou non de roulements au sol, de vomissements sur commande et de cris destinés à ses horribles parents. Nous avons donc quelques techniques qui, faute d'être toujours parfaitement efficaces, réussissent (tant bien que mal) à dé-escalader l'évènement et de passer à quelque chose de plus réjouissant et d'agréable. Idée numéro un : ignorer le tyran. Cela marche parfois mais se révèle difficile en public, au parc, en sortie ou lors de tout autre évènement. Idée numéro deux : anticiper la crise, à grands renforts de minuteurs, de préparation, de discussions en amont et de routines. Cela marche un peu, et en tout cas cela évite les crises types "fin du monde" lorsqu'une activité préférée doit cesser. Idée numéro trois : la négociation. Si tu mets tes chaussures, je te laisse choisir la musique dans la voiture. Résultat des courses : il va peut-être falloir se farcir Jean René pendant des heures, ou, voire pire, une station de radio que te donne envie de te balancer par la fenêtre. Idée numéro quatre : détourner son attention. Le tyran reste un enfant de deux ans et demi, fasciné par les véhicules en tous genres. Du coup, il est plus facile d'obtenir qu'il s'habille lorsqu'on lui propose un petit choix (tu préfères le t-shirt pelleteuse ou le t-shirt tracteur ?). A l'instar du reste de la journée, les repas ont aussi changé de ton. Notre toddler peu difficile s'est mis à bouder, à préférer (bien entendu) les pâtes et les gâteaux aux petits plats de légumes de maman. Les assiettes sont donc finies à grands renforts de promesses (il y a du gâteau en dessert si tu finis ton assiette), de menaces (Papa va manger ton poulet si tu ne te dépêches pas), de distractions (et si on prenait la fourchette bulldozer pour finir les flageolets ?), et d'interminables jeux (attention, le tigre va ouvrir grand la bouche pour tout avaler !). Il n'en reste pas moins qu'entre deux trois plaintes sur le choix du menu (Maman j'aime pas, c'est pas bon ça), Amaury-tyran mange quand même des légumes verts, et qu'il continue (heureusement) à tout goûter avec plaisir (récemment les dragon fruits, fruits bizarres mais délicieux). Il mange d'une façon générale plus facilement que beaucoup d'autres enfants du même âge, et nous ne lui préparons pas de plats spécialement pour lui. Il continue à préférer les haricots verts au poulet frit, et c'est tant mieux. Et je suis une maman relativement stricte, notamment sur certains points : les horaires de sieste et de coucher sont non négociables, et l'on doit goûter à tout de toute façon. Pour le reste,  il y a longtemps, dans un passé fort lointain, j'avais des principes et des grandes idées sur l'éducation (incluant par exemple pas d'écrans avant cinq ans, pas de junk food, pas de jouets sonores niais et/ou non éducatifs), mais ça, c'était bien avant d'être maman...

La très fameuse fourchette bulldozer, tout simplement salvatrice !

samedi 20 octobre 2018

L'automne


Si les palmiers ne perdent pas leurs feuilles plus qu'à n'importe quelle autre saison, les jours ont néanmoins commencé à raccourcir et l'on sent l'automne arriver de façon discrète. Point de feuillages rouge, orange, et jaune, et point de paysages tels qu'on les connait au nord-est des Etats-Unis. Les températures estivales perdurent, mais l'humidité a commencé à diminuer légèrement ; les soirées sont plus fraîches lorsqu'il y a un peu de vent, même si nous en sommes encore loin de sortir les manches longues. La Floride du Sud connait des saisons très différentes de ce que l'on connait en France. Nous sommes presque à la fin de la saison humide et pluvieuse (qui est aussi la saison redoutée des ouragans) et sommes sur le point d'entamer la saison sèche. Du coup, les beaux jours sont devant nous et il me tarde de pouvoir manger dehors tous les jours. Ce matin, j'ai emmené Amaury à sa première pumpkin patch, qui est totalement artificielle ici, faute d'avoir des citrouilles locales. Nous en avons acheté une grosse pour décorer le pas de porte de notre maison. Peut-être faudra-t-il la creuser pour la transformer en Jack-o'-lantern? Halloween s'approche à grands pas et les maisons alentours se parent progressivement de fantômes, citrouilles, vampires, fausses toiles d'araignées et autres décors censés faire un peu peur. Amaury parle de l'évènement à peu près dix fois par jour, et j'ai hâte de l'emmener à son deuxième trick or treat ! Et d'ici là, je profite un peu du weekend pour me reposer, les semaines étant relativement fatigantes entre mon plein temps à l'école et le libéral à côté. Bientôt, Mimi viendra nous voir pour quelques jours histoire de profiter du petit Loulou, en pleine phase des terrible twos, ce qui, comme chaque parent le sait, n'est pas toujours une partie de plaisir...


samedi 13 octobre 2018

Vivre avec la climatisation

L'unité de climatisation à l'extérieur de la maison
Qui dit climat tropical dit climatisation. Si les températures de Miami sont douces et sèches en hiver, elles n'en demeurent pas moins caniculaires et humides en été. Je n'avais jamais réalisé ce qu'un climat chaud et humide implique jusqu'à notre emménagement en Pennsylvanie centrale. L'été, il arrivait que des semaines entières se succèdent avec presque 100% d'humidité et des températures autour des 35°C. Pour se représenter à quoi cela correspond (car seuls nos amis de certains DOM-TOMs peuvent attester de ce qu'il en est), il suffit de s'imaginer, au sortir de la douche, ruisselant et trempé, collant et humide. Et que ce statut ne change pas, même après plusieurs heures. La climatisation refroidit les habitations mais elle permet aussi de limiter l'humidité, relativement désagréable. Pourtant, à l'époque de la Pennsylvanie, nous n'avions pas de climatisation centrale, car la durabilité de ce phénomène humide était limitée à quelques semaines en été tout au plus, et, faute de pouvoir allumer le four ou de pouvoir dormir confortablement à la fraîche (l'air humide reste très humide la nuit, ce qui empêche la température de redescendre comme on le verrait dans un climat sec), notre vie n'était pas trop impactée. Ici, en Floride du sud, c'est une tout autre histoire. Chaque maison (ou presque) est équipée d'une climatisation centrale (par opposition aux systèmes de clim qui s'intègrent aux fenêtres et font un bruit tout simplement épouvantable). En tant que française, j'avoue que même si la clim est indispensable, je n'en suis pas particulièrement fan. La première raison en est le bruit. Même centralisée, l'unité de refroidissement située à l'intérieur de notre maison fait un raffut du diable, de nuit comme de jour, et je commence seulement à m'y habituer (il était temps, après plus de deux ans passés ici !). La seconde raison tient à l'utilisation de ce que chacun fait de cette climatisation. Si je l'utilise personnellement raisonnablement (elle est réglée sur 26°C la journée, et 24°C la nuit), la plupart de mes compatriotes américains adorent conserver leur maison fraîche, voir carrément froide, et il n'est pas rare de voir des bâtiments publics où le thermostat est réglé sur 15 ou 16°C. Avouez que lorsque la température excède les 30° dehors, la différence entre l'extérieur et l'intérieur peut conduire à un choc thermique violent et nécessiter de devoir sortir la moumoute de fourrure et les gants. D'ailleurs cela doit être très culturel. Ayant grandi sans climatisation (et sans réelle nécessité de climatisation), je doit avouer que je déteste lorsque la clim envoie de l'air bien frigorifié dans la figure, et que j'ai tendance (même en tant que frileuse) à avoir la chair de poule chez tous nos amis chez qui l'air conditionné est réglé sur sa puissance maximale. Les français que je côtoient ici ont tendance à utiliser la climatisation avec relative parcimonie. Certains ne l'utilisent presque pas pendant la saison sèche. A l'époque où j'étais en grad school, j'avais dû acheter une couverture polaire pour me réchauffer lorsque je passais des heures dans le voice lab, où la clim était très puissante, hiver comme été. Et puis, si l'on réfléchit un peu à la préservation de notre belle planète, l'on sait que la climatisation consomme beaucoup d'électricité, et participe au réchauffement climatique. Il est d'ailleurs fort dommage que toute la lumière solaire de notre sunshine state ne soit pas utilisée à des fins d'énergie renouvelable. Des panneaux solaires ou photovoltaïques seraient si pratiques ici lorsqu'il fait beau près de trois cent cinquante jours par an...

L'unité (bruyante) de propulsion d'air à l'intérieur de la maison 

vendredi 5 octobre 2018

Red tide


Nous n'allons pas si souvent que cela à la plage, malgré le peu de distance qui nous sépare du sable blanc et de l'eau cristalline à 29 degrés toute l'année. Et pourtant, récemment, après des semaines chargées, il nous est arrivé plus souvent de faire un petit saut de puce à South Beach, histoire de piquer une tête et de se sentir en vacances pendant quelques heures. Malheureusement, ce weekend, il ne sera pas possible de renouveler l'expérience. La faute à une pandémie d'algues microscopiques toxiques, appelées red tide, qui peuvent être mortelles pour la vie marine et toxiques pour l'être humain. Elles créent notamment des irritations respiratoires, et des réactions allergiques plus ou moins sévères. Alors, même si la concentration de ces protozoaires relevée dans l'eau n'est pas réellement mortelle pour l'homme, de nombreuses plages ont été fermées cette semaine dans toute la Floride du Sud, notamment dans le comté de Palm Beach, mais aussi plus au sud, proche de Miami Beach. Les plages ont été rouvertes ce matin, avec un drapeau indiquant une baignade déconseillée, mais nous n'allons pas risquer d'y retourner jusqu'à ce que la situation soit complètement réglée. Dans certains endroits, la concentration d'algues est si importante qu'elle change la couleur de l'eau, rougeâtre, d'où son nom de red tide. L'homme est en partie responsable de ce phénomène, et notamment à cause de son implication avec la pollution de l'océan (agriculture, drainage d'égouts sauvage, etc...). Alors nous allons probablement nous rabattre sur des parcs et sur la piscine dès demain, car l'été semble loin d'être terminé. Les torrides chaleurs ne semblent pas vraiment s'estomper, ou si doucement, que seul les jours qui raccourcissent nous laissent vraiment nous apercevoir que l'automne est arrivé..

Miami Beach, avant l'épidémie d'algues microscopiques

mardi 2 octobre 2018

Pyjama day


J'ai grandi en célébrant carnaval, diverses kermesses et autres évènements du calendrier à l'école. Mais je n'ai pas le souvenir d'avoir eu autant de journées à thème, telles qu'on les retrouve dans le système public américain. Aujourd'hui, mon école célébrait Pyjama day, une journée où, contre un dollar pour financer United Way (une sorte d'organisation non lucrative qui oeuvre pour les écoles et la communauté locale toute entière), les enfants et les enseignants étaient invités à venir à l'école en pyjama (et pour certains, en chaussons). Nombreux sont ceux qui ont joué le jeu, et c'est à grands renforts d'imprimés nounours, buzz l'éclair, petits coeurs, spiderman et autres super-héros que la journée s'est déroulée. La semaine prochaine, ce sera crazy hat day. Une journée où tout le monde viendra avec un chapeau rigolo. Puis la semaine suivante, ce sera crazy socks day, immédiatement suivi de sunglasses day et de costume day (qui tombe bien évidemment le même jour qu'Halloween). Bientôt, il y aura une journée spéciale pour le centième jour d'école de l'année ; les élèves seront invités à se déguiser en personnes âgées pour l'occasion. Le tout agrémenté de pizza parties, régulièrement organisées au sein de chaque classe, soit pour des anniversaires, soit pour récompenser les élèves de leurs efforts. J'ai aussi vu des popcorn parties, des fall parties, des winters parties et des spring parties. A croire que les enfants passent leur temps à s'amuser ! En réalité, le planning des journées est plutôt chargé. Peu de temps de récréation (maximum une demi-heure par jour), un repas du midi avalé en trente minutes top chrono et parfois à des heures incongrues (neuf heures et demi ou dix heures du matin, pour ce qui compte comme déjeuner du midi...), des matières qui s'enchaînent avec beaucoup de sport, pas de cours d'histoire, pas de géographie, mais beaucoup d'anglais et de mathématiques, matières phares du programme. Les journées commencent à huit heures trente avec un petit déjeuner gratuit à la cafétéria, et se terminent à quinze heures. L'année est rythmée par les fields trips, ou excursions, dont la qualité et la fréquence dépendent largement de la zone où l'école est localisée. Alors en attendant de vous en dire plus dans un autre article, je ne sais pas vous, mais j'aurais bien envie d'acheter une paire de chaussettes criardes et rigolotes en prévision de crazy socks day...

lundi 10 septembre 2018

Une nouvelle école


Je l'avais brièvement mentionné lors de mon dernier article, j'ai été affectée à une toute nouvelle école une semaine après la rentrée. Finie mon ancienne école où le doux créole berçait mes journée, j'ai déménagé dans une école démesurée qui accueille près de 1200 étudiants. Il s'agit d'un centre scolaire qui accueille régionalement des enfants à besoins spécifiques, et notamment des enfants autistes. Située en plein coeur de Little Havana, l'espagnol constitue maintenant la langue dominante de mon environnement professionnel. Tous mes collègues parlent bien sûr anglais, mais bon nombre d'entre eux parlent espagnol à la maison. L'école est une école classique qui a développé un programme spécifique pour les élèves présentant un trouble du spectre autistique. Ces enfants sont repartis dans des classes spécialisées, et certains d'entre eux passent tout ou partie de la journée avec des enfants tout venant ; on parle alors de classes d'inclusion, où l'on inclue les enfants autistes (qui en sont capables) à des classes d'enfants typiques. Ils reçoivent alors des services spécialisés pour les matières fondamentales (lecture, écriture et mathématiques), mais ont l'occasion de partager un enseignement classique pour les autres matières. Une belle manière de tenir compte à la fois des difficultés et du potentiel d'apprentissage. D'autres enfants, peut-être plus en difficulté ou dont le trouble est plus sévère, sont intégrés à des classes spécialisées uniquement pour enfants autistes. Les groupes sont très petits, sept à dix étudiants pour deux à trois adultes. Vous avez bien lu, deux ou trois adultes, et certains enfants ont même des paraprofessionals, un genre d'AVS à plein temps qui les aide individuellement tout au long de la journée. Certains enfants qui en ont les capacités suivent le programme normal. Ils pourront sans doute un jour obtenir leur diplôme de fin de lycée, grâce au suivi individualisé et aux classes restreintes. D'autres, plus en difficulté, reçoivent un programme modifié et adapté, qui les conduira à un diplôme "spécial", une sorte de diplôme alternatif pour les étudiants à besoins spécifiques. Dans ces classes, les enfants non verbaux, qui possèdent des difficultés sévères de comportement, de communication et d'apprentissage, avancent à leur rythme. Certains lisent et écrivent déjà tandis que d'autres en sont à apprendre les notions d'attention conjointe et référence conjointe. Pour bon nombre d'entre eux, il leur faut beaucoup d'assistance pour acquérir de petites connaissances, étape par étape. Je connais l'existence des classes spécialisées en France, mais je n'ai jamais entendu parler d'un tel ratio prof/élève. Il faut dire que les Etats-Unis sont beaucoup plus en avance pour accueillir les enfants handicapés à l'école que ne l'est la France. Ou plutôt, la France est sacrément en retard pour favoriser cet accueil. La volonté est là, mais les moyens ne suivent pas. Je connais tellement de parents français qui doivent se battre bec et ongles pour que leur enfant autiste puisse être scolarisé... Alors pourquoi un tel décalage ? Au pays de l'Oncle Sam, l'IDEA (Individuals with Disabilities Education Act) est une loi fédérale (nationale) qui assure aux enfants handicapés une éducation gratuite et adaptée. De facto, les enfants doivent être accueillis à  l'école, et donc l'école a dû s'adapter. J'ai des amis enseignants en France qui ont hérité d'enfants à besoins spécifiques dans leur classe, sans formation, sans aide aucune, et sans guidance. Intégrer pour intégrer mais sans réels moyens et à la charge des enseignants n'est pas une solution. L'idée de créer des classes spéciales (qui seraient bien plus nombreuses qu'aujourd'hui), où les enfants handicapés pourraient partager une partie de la journée et certaines matières avec des élèves tout venant me parait bonne.  Mais la décision est d'abord politique, et surtout économique. Et ce système américain fait ses preuves ; de plus en plus d'enfants autistes qui en ont le potentiel vont maintenant à l'université, grâce à leur parcours scolaire facilité. Encore faudrait-il que cette réussite s'étende à notre bon vieux continent...


lundi 3 septembre 2018

Labor day weekend



Ce lundi était férié pour célébrer labor day, un sorte d'équivalent de la fête du travail aux Etats-Unis. Comme chaque année depuis notre arrivée à Miami, nous sommes allés à la plage ce jour-là, histoire de prolonger les vacances, à peine deux semaines après la rentrée. Nous avons donc rempli la voiture et pris la route vers Lauderdale-by-the-Sea, une heure au nord de Miami, où nous avons nos habitudes. La tempête tropicale Gordon aura décidé de s'en mêler, ce qui nous a forcé ce matin à écourter notre séjour et à revenir à la maison sous une pluie battante. Mais cette météo récalcitrante n'a pas su entacher notre enthousiasme ; entre les gouttes, le soleil a pu se montrer et nous avons pu emmener notre petit Loulou jouer dans les vagues, courir derrières les goélands et faire quelques pâtés de sable. Nous avons aussi pu étrenner notre tout nouveau beach wagon, sorte de petit charriot pliable dont les roues sont adaptées au sable, ce qui permet de transporter le parasol, la glacière, les jeux de sable, les serviettes, et accessoirement, notre toddler de presque deux ans et demi qui raffole particulièrement des voyages sur roulettes. Le vent était assez violent, et les vagues très puissantes, et la présence d'algues un peu partout nous a décourager de réellement nager, mais nos pieds et nos jambes ont pu faire trempette, ce qui est déjà pas mal. Cet après-midi, c'est donc depuis notre maison que j'écris ce billet, tandis que la pluie battante continue de s'abattre sur toute la région du sud de la Floride. Demain, après ce weekend prolongé, je retourne travailler avec un petit peu d'appréhension, ayant été affectée à une nouvelle école quelques jours après la rentrée, mais ce sera le sujet d'une tout autre histoire...


vendredi 17 août 2018

Cookie monster


Après plusieurs années aux Etats-Unis, j'ai progressivement appréhendé une nouvelle façon de manger, incluant dans mon alimentation des incontournables de la gastronomie américaine, au détriment de certains spécimens gustatifs pour lesquels je peine à m'adapter. Prenez par exemple la sauce barbecue : certains français en raffolent, et la plupart des américains en consomment régulièrement. Pour ma part, vous n'en verrez jamais dans mon assiette. Et la liste peut vite s'allonger. Point de coca-cola, de diet coke, ni de ketchup, ni de moutarde locale, ni de mayonnaise industrielle, encore moins d'autres sodas sucrés, de desserts qui associent menthe et chocolat, d'ailes de poulet frites et épicées (les fameuses wings),  encore moins de MacDo ou d'autres chaines de junk food. Je n'aime pas spécialement le beurre de cacahuète, même si j'en utilise dans des pâtisseries. Je ne raffole pas non plus des chips and salsa, auxquelles Logan voue une vénération sans bornes. Le beurre américain n'est pas non plus terrible, et il faut se tourner vers le beurre importé pour y trouver son compte (Irlande, Finlande, ou France par exemple). Et pourtant, si je montre une certaine réluctance à manger ces spécialités de la culture américaine, j'ai très facilement inclus un certain nombre de ces delicacies dans mes menus journaliers. A commencer par le petit déjeuner : je bois des gallons et des gallons de jus de cranberries, et j'enfourne volontiers un vrai bagel New Yorkais (à bien sûr ne pas confondre avec les bagels caoutchouteux du supermarché, vous en conviendrez). Le tout tartiné de beurre Président aux cristaux de sel, importé de Normandie (je reste française malgré tout !). Je suis aussi devenue accro au cream cheese, notamment lorsqu'il est question de faire un cheese cake ou d'accommoder un plat au saumon fumé. Et puis je ne suis pas contre les sweet potato fries, légèrement sucrées et particulièrement atypique pour mes papilles de française. Et progressivement, j'ai inclus des spécialités venues du monde entier. Le ceviche, équivalent péruvien du carpaccio, est particulièrement délicieux. On citera notamment la nourriture indienne, mexicaine (je raffole des véritables tacos), italienne et japonaise. Loins sont les jours de mon enfance bercés par les quenelles en sauce, les paupiettes de veau, la blanquette, la choucroute et les spécialités à base de fromage fondu. Ici à Miami, il est plutôt rare de déguster une vraie raclette ou une bonne tartiflette. Mais ma plus grosse addiction, loin s'en faut, concerne les véritables cookies américains en tous genres : Oreos cookies (plus addictifs que la cocaïne, selon certaines études scientifiques), cookies géants, aux pépites, au beurre de cacahuète, aux noix de pécan, aux trois chocolats. Je suis un vrai cookie monster. Au point qu'on ne puisse pas en avoir à la maison, au risque certain de les voir disparaître prématurément...




mardi 14 août 2018

Road trip


Il aura fallu presque cinq jours pour avaler les deux mille miles qui nous séparent de Hinton, en Virginie occidentale. Soit près de trois mille deux cents kilomètres, avec un toddler de deux ans dans la voiture. Mais rien n'aurait fait que nous manquions un beau mariage franco-américain à la campagne. Beaucoup de conduite, une brève étape à la plage, et de longues heures en voiture qui ont (heureusement) été écourtées par quelques siestes, des séances (intensives) d'écrans additifs et de nombreux snacks appartenant à la catégorie de la junk food. Amaury a développé une passion sans limites pour les froot loops, sorte de céréales pour enfants sucrées et artificiellement colorées, mais qui se grignotent sans mess et qui durent un certain temps. Partis d'abord de Miami, nous avons pu faire étape à Amelia Island, au nord de la Floride, histoire de profiter de la plage et de couper la route. De là, nous avons pris la direction de Florence, en Caroline du Sud, où des amis nous attendaient pour diner. Le lendemain, il nous restait pas mal de route à faire avant de rejoindre la Virginie occidentale, histoire d'arriver à temps pour le rehearsal dinner. Le weekend fut absolument fantastique, avec la visite de la famille française, des mariés souriants et heureux, et des paysages verts montagneux particulièrement agréables. Au retour, nous avons conduit le plus longtemps possible avant de laisser notre fatigue décider de notre étape pour la nuit. Nous nous sommes arrêtés en Caroline du Sud, presque à mi-chemin et un peu au nord de Savannah, et avons repris la route le lendemain. Inutile de préciser que nous avons été très contents de regagner nos pénates, juste à temps pour dîner et suffisamment tôt pour défaire nos valises. Après un tel périple, je crois que nous sommes prêts pour n'importe quel voyage avec un jeune enfant remuant. Alors peut-être pourrons-nous prévoir un autre road trip l'an prochain ?

Hinton, WV

dimanche 29 juillet 2018

Le lac Michigan


Les journées s'enchainent mais ne se ressemblent pas. Le nord Michigan est une région touristique relativement méconnue mais qui possède un charme indéniable. Avec des températures agréables tout l'été, loin des fortes chaleurs de Miami, la région des grands lacs possèdent une foultitude d'atouts qui plairont aux visiteurs venus du monde entier. Nous sommes dans la région de Traverse City, tout au Nord, en bordure de la Grand Traverse Bay, et à deux pas du lac Michigan. Ce lac immense est l'un des cinq grands lacs Nord américains, qui contiennent à eux seuls 21% de l'eau non salée de la planète. Il consiste en une superficie de 58 000 km2, soit une superficie plus grande que des pays entiers, tels que la Croatie ou le Togo. Plus grand que la Suisse, et presque deux fois la taille de la Belgique, il est bordé par endroits d'immenses dunes de sable assez spectaculaires et relativement improbables pour la région. Hier, nous sommes allés faire une randonnée autour du Sleeping Bear Dunes National Lakeshore, où nous avons marché plusieurs kilomètres les pieds nus dans le sable, à grimper les dunes (de plusieurs dizaines de mètres de haut), avant d'arriver à la plage. La région est aussi connue pour ses pistes cyclables, de plusieurs centaines de kilomètres, qui permettent, loin de l'agitation des véhicules motorisés, de relier une jolie ville à une autre et en bordure de lac. Nous avons ainsi pu gagner Suttons Bay depuis Traverse City, avec pour seule compagnie quelques autres cyclistes et bon nombre de paysages variés. A cela s'ajoutent des évènements ponctuels, comme le Traverse City Film Festival, qui se déroule en ce moment, et les nombreux bars, restaurants et micro-brasseries du coin qui organisent régulièrement des concerts l'été. Pour s'y rendre, il faut faire escale à l'aéroport de Détroit, très moderne et relativement agréable, ou faire étape à Chicago. Il nous reste encore une petite semaine en famille, à profiter des voyageurs venus d'Australie, et de Dubai/Corée, avant de retrouver la moiteur étouffante de la Floride. Et d'ici là, nous comptons bien profiter un peu plus des wineries, food trucks, dried cherries et autres spécialités locales...




mercredi 18 juillet 2018

Une victoire tricolore


Ayant suivi de plus ou moins près (ou de plus ou moins loin) les matchs de la coupe du monde de football, nous n'allions sans doute pas manquer la grande finale de l'équipe de France ce dimanche. Miami s'était mise complètement à l'heure du ballon rond, avec des bars, restaurants et zones avec écrans géants pleins à craquer. Nous nous sommes donc retrouvés au centre-ville de Coral Gables, avec pour objectif de voir cette finale au fameux bar allemand du coin, connu pour son engouement pour le football et ses retransmissions systématiques de tous les matchs en cours. La zone avait été privatisée pour l'occasion, avec écrans géants, bières à volonté et bretzels démesurés. Seule ombre au tableau, un soleil brûlant à l'heure de midi et aucune place assise restante. Amaury ne s'est pas montré très coopérant, et après avoir engouffré un giant pretzel il n'a pas vraiment su trouver d'intérêt pour cet évènement national. Nous sommes donc rentrés fissa à la maison, notre petit monstre larmoyant sous le bras, espérant pouvoir capter la deuxième mi-temps sur notre télévision, qui n'a en fait de télévision que le nom, mais qui correspond plutôt à une sorte d'écran connecté qui ne donne droit qu'aux chaines transmises par internet et à quelques chaines internationales. Après avoir vu une petite partie du match sur Telemundo, nous avons pu finalement capter une chaine locale de Fox, qui retransmettait cette finale en direct. Quatre-vingt-dix minutes plus tard et après quelques dizaines de secondes de prolongation, les bleus sont devenus champions du monde pour la seconde fois. Depuis, à peu près chaque habitant de Miami que j'ai croisé a eu l'occasion de me féliciter (comme si moi, personnellement, j'avais directement participé à ce jeu). Notre maison s'est fleurie de quelques fanions tricolores, histoire de nous démarquer dans le voisinage et de prolonger le goût de cette victoire quelques jours encore. Les Etats-Unis ne sont pas une grande nation historique du football, mais puisque Miami est au carrefour de l'Amérique du Sud, toute la ville a su vibrer au son de cette coupe du monde, et l'enthousiasme est tel que nombre de nos amis ont commencé à inscrire leur (très) jeune progéniture à des clubs de soccer pour enfants....