© Elise Connors 2019. All Rights Reserved Worldwide.

Droits d'auteur : L'intégralité de ce blog est la propriété de son auteure. Toute reproduction, partielle ou totale, ne peut se faire sans son accord écrit préalable. Le délit de plagiat ou contrefaçon expose à trois ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende (article L335-2 du code de la propriété intellectuelle)

mardi 19 janvier 2021

L'année de tous les espoirs


Les attentes sont on ne peut plus élevées pour 2021. Que va-t-il se passer au cours des mois à venir ? Seul l'avenir nous le dira. L'année a démarré chez nous sur les chapeaux de roue, entre la régression du sommeil des quatre mois pour notre bébé sourire (qui du coup, est beaucoup plus geignarde), les entretiens d'embauche à la pelle, et le Covid qui continue de se propager à qui mieux mieux à Miami. Du reste, si l'on se limite aux sujets agréables, dans quelques petites heures, Joe Biden deviendra officiellement président des Etats-Unis et ce sera la vraie bonne nouvelle de la semaine. Et lorsqu'on en vient à évoquer cet événement, je croise vraiment très très fort les doigts (et les orteils) pour qu'il ne se fasse pas assassiner juste avant de prêter serment, n'en déplaise à un grand groupe de fous furieux suprémacistes blancs, plus connaisseurs de théories issues de Mein Kampf que des livres d'histoires niveau CM2 (oui, ce sont de véritables ignares). Alors mon cher Joe, tous les regards sont sur toi. Ne nous déçois pas. J'évoquais plus haut les nuits de Mademoiselle J. qui est décidément plus adepte du sommeil en gruyère que des grasses matinées. La perspective de retourner travailler dans ces conditions de sleep deprivation ne m'enchante guère, même si j'ai déjà bien profité de mes semaines supplémentaires de pouponnage intensif (rappelons que la louloute devait commencer la crèche ce mois-ci, mais que ce nouveau départ a pu -avec grande joie- être repoussé à Février). Entre deux tirages de lait, ma cuisine et mon congélateur se sont transformés en véritable usine laitière et j'ai un peu l'impression d'être une vache en devenir. Je crois même que je me suis mise à ruminer. D'ailleurs je ne crois pas qu'aucune maman ait un jour apprécié l'engin en question, qui, même s'il est pratique, n'équivaut vraiment pas à une séance de spa (loin s'en faut, sauf si bien sûr vous être en proie aux engorgements). Donc, pour terminer ce petit billet qui part dans tous les sens, un peu brouillon et passant du coq à l'âne (merci mon cerveau bien fatigué), je vous souhaite à toutes et à tous une belle année, une bonne santé, la fin de ce maudit Covid, le retour des retrouvailles entre amis, de grands dîners de famille sans limitation de nombre, de longs voyages sans microbes, et surtout, surtout, des pelletées et des brouettées de bonheur pour que ce nouvel an nous apporte les changements dont nous avons tous bien besoin.

jeudi 24 décembre 2020

Et puis...Noël.

 

L'année aura été longue, et riche en émotions. Je me revois encore au réveillon l'an passé, la tête emplie de bonheur des cris et des rires des enfants, cousins et amis, espérant pouvoir agrandir notre famille un jour et ne sachant pas que Joséphine venait juste de s'installer discrètement dans mon bidon. Je me revois entourée de ma famille française, avec une belle tablée, des plats savoureux à foison et une ambiance animée. J'aurais presque un peu de nostalgie à l'évocation de ces bons souvenirs, mais l'excitation de Noël est bien présente aujourd'hui malgré tout. Cette année, la crise sanitaire rend les choses nettement plus intimes. Nous sommes entre nous, tous les quatre, trois à table et en attente du Père Noël avec impatience. Le menu est simple mais devrait régaler nos papilles. J'ai hâte une fois encore de voir Amaury déballer ses paquets, excité et ravi, et de lire dans ses yeux l'émerveillement du haut de ses quatre ans et demi. Je me souviens de cette sensation du matin de Noël, où lorsqu'on est enfant on espère et on attend des monceaux de cadeaux et ses jouets préférés. Maintenant adulte, j'ai la chance de revivre ces belles émotions à travers les yeux de mes enfants, et bien sûr cela n'a pas de prix. D'ici demain et le grand déballage, un traditionnel verre de lait et un cookie vont trouver leur place sur le piano, prêts à régaler Santa lors de son passage. Et puisque la pandémie nous prive de grandes réunions familiales, je vous souhaite à tous et du fond du coeur et où que vous soyez, famille, amis, connaissances, lecteurs fidèles et internautes anonymes de passage sur ce blog, un très joyeux Noël...

vendredi 11 décembre 2020

Trois mois de toi

Joséphine a eu trois mois aujourd'hui. Trois mois de bonheur avec un adorable petit être qui complète très bien notre famille. Trois mois d'échanges attendrissants et mignons avec son frère. Et trois mois d'apprentissages variés. Récemment, elle a commencé à attraper tous les objets à sa portée (attention aux cheveux longs, colliers, et boucles d'oreilles qui pendouillent !), à éclater de rire et à manger ses mains. Elle mettrait allègrement l'intégralité de ses deux poings dans la bouche si elle le pouvait. Côté sommeil, nous avons eu l’immense (et court !) bonheur d’une nuit complète sans tétée il y a quelques jours, mais qui ne s’est pas encore reproduit. Joséphine continue à manger une seule fois en moyenne vers 2 heures du matin, ce qui est très honorable pour son âge. Pour ce qui est du biberon, elle s'est de nouveau mise à le refuser, et nous sommes (pour l'instant) de retour à la case départ. Il faudra pourtant bien qu'elle s'y mette lorsque je retournerai travailler. Elle a aussi révélé une probable allergie aux protéines de lait de vache, ce qui m'a conduite à évincer absolument tous les dérivés du lait dans mon alimentation. J'ignorais d'ailleurs qu'un bébé exclusivement allaité pouvait développer une telle allergie, mais force est de constater que c'est possible. Ce sont les rectorragies répétées qui nous ont mis la puce à l'oreille. Alors j'ai abandonné ce qui restait de produits laitiers dans mon régime alimentaire (uniquement le beurre et certains fromages), ne pouvant moi-même tolérer facilement yaourts, crème et lait. J'ai également arrêté les noix/noisettes et amandes qui ont (peut-être) renforcé le problème, mais rien n'est sûr à ce jour. Dans tous les cas, et comme tout régime d'éviction, la planification des menus est particulièrement contraignante, notamment juste avant les fêtes de fin d'année. Reste à me consoler en pensant que Noël sera très intimiste dans sa version 2020, puisque nous serons entre nous, à quatre. Les pâtisseries sans laitages et sans noix sont légèrement plus complexes à préparer alors il faut être créatif, mais rien n'est impossible pour qui est suffisamment gourmand ! Et puis, puisque Noël sera au balcon (et sous les tropiques) à défaut d'être enneigé, alors le barbecue et la plage seront sans doute de la partie. D'ici là, je profite des dernières semaines à la maison avant l'épreuve de la crèche en Janvier, et du retour au travail lorsque les recherches d'emploi se seront concrétisées. Alors mon bébé, ma douce, ma princesse, continue à bien dormir et surtout ne grandit pas trop vite s'il te plait...

lundi 9 novembre 2020

J'ai pleuré deux fois

picture source: https://newsroom.ucla.edu/releases/ucla-professors-kamala-harris-vp-reactions

La première fois, c'était il y a quatre ans jour pour jour, le 9 Novembre 2016, au lendemain de l'élection présidentielle américaine. Je me suis levée pour découvrir avec horreur et en même temps que le reste du monde que Donald Trump avait été élu. Elu démocratiquement. Elu par des citoyens qui pensaient sincèrement que ce papi colérique avait le pouvoir d'améliorer leur vie. Elu par des citoyens conservateurs et racistes, en colère, et majoritairement ruraux. Et pour ma première élection en tant que citoyenne, j'ai pleuré. J'ai pleuré en imaginant les quatre années à venir. J'ai pleuré, à chaudes larmes, de colère et de tristesse. Mais aujourd'hui, quatre ans après, j'ai pleuré de joie et de soulagement. Joseph Biden a été élu quarante-sixième président des Etats-Unis aux cotés de sa vice-présidente Kamala Harris, première femme à occuper le poste. Même si Trump n'a pas encore accepté sa défaite (trop occupé à bouder et à jouer au golf -priorité nationale apparemment), le collège électoral devrait confirmer ce vote le mois prochain, en attendant l'investiture prévue le 20 Janvier. Alors qu'est-ce-que cette élection pourrait changer ? Difficile de le dire avec précision. Ce qui est sûr, c'est que Biden s'est déjà mis au travail, mettant quatre axes au coeur de son action prévue pour le jour où il accèdera au bureau oval. The transition plan devrait se focaliser principalement sur la pandémie liée au coronavirus Covid-19 et ses conséquences économiques, sur l'égalité raciale et sur le changement climatique. Tandis que l'administration Trump a allègrement supporté la séparation de mineurs migrants de leurs parents (même au stade de nourrisson), mis des enfants en cage, stérilisé de force des femmes dans des camps de rétention, supprimé les allocations financières dédiées aux centres de santé pour les femmes, raboté voire stoppé le financement en lien avec la lutte contre la famine et la pauvreté dans le monde -America first-), et bien d'autres affres impossible à détailler tant la liste serait longue, Biden semble dessiner une présidence moins égoïste, plus égalitaire, et -j'espère- plus centrée sur des enjeux d'aujourd'hui. Il a mentionné vouloir ré-intégrer les accords de Paris sur le climat, et travailler sur l'accès à une couverture maladie universelle, ce qui est probablement une très bonne chose. Alors en attendant de voir ces changements, je prie pour que Trump, qui a allègrement traité ses adversaires de losers, quitte à son tour la maison blanche. Alors dear Donald, guess who's the loser now?!

lundi 2 novembre 2020

Une élection très attendue

Depuis quatre ans, les Etats-Unis connaissent une véritable décrépitude politique avec un président incompétent, méprisant, impulsif, quasiment sénile, et faisant largement preuve de dilettantisme. Ce clown, plus friand de deals commerciaux et de célébrité, plus à l'aise dans un show de télé-réalité et dans des rallies où son culte de la personnalité est omniprésent, a largement prouvé son amateurisme au cours de ces dernières années. Et pourtant, l'élection qui se joue demain est loin d'être gagnée. Trump pourrait tout à fait être réélu, porté par un noyau électoral plutôt blanc, rural, âgé et profondément raciste. Rien n'est joué. Rien n'est garanti. Et tout reste à prouver. Si nous avons personnellement déjà voté par anticipation, l'Amérique n'a pas fini d'exprimer ses opinions (les bureaux de vote seront ouverts jusqu'à mardi soir) et je crains le pire. Les Etats-Unis pourraient-ils se relever de quatre années de plus avec cet ersatz de président ? Pourraient-ils sauver la face aux yeux du reste du monde qui s'est depuis quatre ans largement moqué des incohérences et de l'incompétence de Donald Trump ? Je ne le crois pas. Je pense que l'heure est grave, et que l'enjeu va bien au-delà d'une simple élection. L'enjeu de ce vote national pourrait bien être la cohésion civile du pays. Il est tout à fait possible que se produisent des soulèvements spontanés de la population, et ce quel que soit le résultat. Si Trump venait à l'emporter, alors je prédis la rage (légitime) des mouvements prônants l'égalité interraciale (tels que Black Lives Matter) qui ne verraient pas d'un bon oeil la poursuite d'une politique présidentielle largement raciste. Et si Biden gagnait l'élection, alors cette Amérique blanche et raciste (que l'on prétend ne pas voir), accessoirement très largement armée et en colère pourrait très bien se rebeller à son tour, prétextant des votes truqués. Il est donc très probable que le résultat final de cette élection ne se fasse connaitre que dans plusieurs semaines, au prix de nombreuses procédures judiciaires et de recompte des votes. Je croise les doigts, j'espère et je prie pour que les années Trump ne soient bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Et dans l'attente des résultats, je me surprends à penser au pays de l'oncle Sam comme une société plus égalitaire, où santé et éducation seraient au centre des préoccupations politiques pour garantir une vraie équité entre les êtres humains.

dimanche 11 octobre 2020

Un mois d'or difficile

Joséphine a eu un mois. Un mois, soit trente jours de sommeil haché, morcelé, grappillé et égrené lentement. Trente nuits en gruyère, longues et torturantes. Trente jours de belles tétées, de jour comme de nuit. Trente jours d'une croissance rapide, d'un bébé qui devient joufflue, qui profite, qui grossit à vue d'oeil et qui nous émerveille de sourires. Le mois qui suit un accouchement est appelé le "mois d'or", un mois où tout  peut être merveilleux mais où tout est aussi difficile. Joséphine est un bébé relativement calme et qui s'apaise relativement facilement. Hormis les régurgitations (très !) nombreuses, les petites coliques et un reflux assez ennuyeux, ces dernières semaines se sont assez bien passées. Après avoir eu un BABI (bébé aux besoins intenses) qui avait des coliques infernales et ne dormait absolument jamais, ni de jour ni de nuit, je dois dire que ce post-partum a été un peu plus facile. Il y a eu certes des hauts et des bas (merci le baby blues et la chute hormonale...), mais globalement à part la fatigue extrême tout s'est plutôt bien passé. C'est un peu à cause (ou grâce) à la pandémie actuelle qui conduit Logan à travailler depuis la maison, ce qui fait que je ne suis jamais vraiment trop seule avec la petite louloute. Physiquement, je me suis très vite remise de l'accouchement. Je me suis même sentie beaucoup mieux qu'enceinte, c'est dire. C'est sûr que la grossesse n'a pas été exactement une partie de plaisir non plus. Il y a un mois, j'ai eu une connection immédiate avec ce petit bébé qui se fait tout sourire. Reste la question du sommeil, question bien sûr au centre des préoccupations actuelles. Bébé dort assez bien à des heures bizarres, et du coup ses parents beaucoup moins. Et la médaille du mérite revient à mon cher et tendre qui, non content de travailler à (plus que) plein temps depuis la maison, est aussi totalement dévoué au child care et aux autres chores domestiques. Tout en étant toujours là la nuit, pour chaque tétée si besoin ou pour prendre le relais au petit matin après une mauvaise nuit. J'espère qu'il va échapper au burn out, car sans famille à proximité, nous ne sommes que tous les deux pour gérer ce petit bout de nouveau-né et notre véritable tornade de quatre ans et demi. Dans cette nouvelle parentalité, j'ai beaucoup retenu de notre expérience passée, ce qui, j'en suis sûre, a contribué à rendre supportable ce premier mois post-partum. D'abord, j'ai usé et abusé de l'emmaillotage, technique encore peu répandue en France mais qui se fait de façon systématique à la naissance dans les hôpitaux américains. Joséphine est encore emmaillotée la nuit, mais elle ne l'est plus lors de ses siestes la journée. C'est une technique qui lui donne la sensation d'être contenue, comme in utero, et qui lui facilite grandement l'endormissement et le sommeil en général. Ensuite, nous avons commencé l'apprentissage de la tétine très tôt, dès les premiers moments d'inconfort digestif (qui sont très vite apparus). Elle s'apaise immédiatement et son sourire revient lorsqu'elle peut utiliser la succion non nutritive pour se calmer. J'ai aussi d'ores et déjà commencé à tirer mon lait, et après une dizaine de jours d'apprentissage du biberon plutôt laborieux et difficile, la petite louloute réussit maintenant à prendre de petits repas au biberon. J'utilise également un sling, sorte d'écharpe de portage simplifiée, lorsque la demoiselle est en proie aux coliques du soir, et c'est assez miraculeux. Mon dos n'apprécie pas vraiment, et je ne peux pas la porter très longtemps, mais l'effet positif est garanti. Et puis surtout, dans ce contexte de changement majeur de vie qui est assez bouleversant, je me fais plaisir chaque fois que c'est possible : une douche chaude, un vrai petit déjeuner (avec Nutella of course), des pauses grignotage tout au long de la journée, des siestes quand le papa est disponible... J'essaie de prendre soin de moi pour pouvoir être capable de prendre soin de toute ma petite tribu. A défaut d'avoir ma mère ou ma belle-mère à proximité pour me seconder, je me repose grandement sur my better half  (qui est absolument fabuleux !), et je prie pour que ces relevailles* soient vite terminées. 

*relevailles : temps de 40 jours après l'accouchement qui était préconisé au siècle dernier pour se remettre de ses couches et établir un lien avec le nouveau-né. Tombées en désuétude avec notre mode de vie moderne, il permettait pourtant à la jeune maman de rester alitée et de se reposer avec l'aide nuit et jour de tous les membres de la famille élargie (mères, soeurs, grands-mères, etc...). 

jeudi 17 septembre 2020

She's born !


Elle s'est fait attendre jusqu'à la fin, alors qu'elle montrait pourtant des signes d'envie pressante d'arriver depuis plusieurs mois. Joséphine est finalement née il y a quelques jours, la veille de sa date prévue, et elle nous comble de bonheur avec ses sourires aux anges qui se comptent déjà par dizaines. L'accouchement s'est très bien passé, et je suis depuis la sortie de l'hôpital en mode pouponnage à la maison. Le séjour à la maternité a été bref, avec un personnel adorable et complètement aux petits soins. Amaury a accueilli sa petite soeur avec joie (et ambivalence), et il va lui falloir quelques temps pour s'habituer à ne plus être le centre du monde (ce qui risque, je le conçois bien, d'être difficile au moins temporairement). Logan travaille depuis la maison et a relâché le rythme de façon très significative, ce qui le rend très disponible pour m'épauler et s'occuper de nous trois. Notre famille est désormais au complet, et c'est avec un sentiment de bonheur et de plénitude (teinté bien évidement d'une fatigue légitime liée aux nuits en gruyère)
que je termine ce bref petit billet.

lundi 20 juillet 2020

Une interminable pandémie


Cela fait quelques semaines que je ne suis pas passée par ici. La fatigue de la grossesse et l'état sanitaire de la Floride ont un peu eu raison de mon entrain à partager notre tranche de vie américaine, monotone et quasi-recluse. Les cas de Covid-19 n'ont pas cessé d'augmenter depuis notre retour à Miami, pour graduellement remplir davantage de lits en réanimation et entrainer le maintien des mesures sanitaires restrictives. Nous sommes passés d'un confinement en France strict depuis Mars à un pseudo-confinement outre-atlantique. Les magasins restent ouverts, mais les parcs, piscines, jardins, aires de jeux et zones de rassemblement pour le public en intérieur sont toujours fermés. Après avoir respecté une quinzaine de jour en isolement, nous avions espéré pouvoir -dans les limites des précautions sanitaires- retrouver notre vie sociale floridienne. Mais c'était sans compter sur la recrudescence du virus et la peur que cela suscite chez nos amis américains. Nous vivons donc en vase clos, très isolés, sans famille à proximité et avec peu de contacts sociaux. L'époque est historique, certes, mais elle n'en est pas moins décevante. Et la préparation d'une naissance dans ce contexte n'est pas forcément réjouissante non plus. Nos familles respectives ne pourront pas venir nous voir lorsque bébé numéro 2 pointera le bout de son nez, ni nous aider avec Amaury. Nous avons un ami qui pourra intervenir et gérer le petit monstre le temps de l'accouchement, mais Logan risque d'être beaucoup monopolisé par notre grand sans aide extérieure, ce qui signifie que je serai sans doute très seule pendant le temps de l'hospitalisation. Et cerise sur le gâteau : si j'ai le malheur d'être testée positive au covid-19 en allant accoucher, la politique est de séparer les mères et les bébés pour éviter toute contagion pendant toute la durée du séjour. Inutile de préciser que si cela m'arrivait, je signerais tout de suite une décharge pour sortir au plus tôt sitôt la louloute née, même si cela signifie partir avec le placenta encore entre les jambes. Alors autant dire que le moral, une fois n'est pas coutume, n'est pas au beau fixe et que j'espère une amélioration de cette pandémie très prochainement. Après tout, je débute à peine mon huitième mois, et peut-être que si je réussis à accoucher à terme ce satané virus va finalement perdre du terrain ?

mardi 16 juin 2020

Black lives matter

Breonna Taylor

Ça devrait être un concept complètement évident, mais les récents événements continuent de démontrer que la communauté afro-américaine subit encore et toujours des discriminations raciales et des violences policières. Plusieurs cas ont défrayé la chronique, notamment celui de George Floyd (très médiatisé, et à juste titre), mais pas seulement. Il y a eu aussi le cas de Breonna Taylor, cette jeune ambulancière afro-américaine tuée de huit balles par la police dans son appartement, celui d'Ahmaud Arbery, tué comme un animal par un policier à la retraite et son fils alors qu'il faisant son jogging, et puis récemment ce géorgien, Rayshard Brooks, tué à Atlanta par la police de trois balles dans le dos. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Les discriminations touchent aussi les mères. Une mère afro-américaine a par exemple deux à trois fois plus de chance de mourir des suites de sa grossesse ou de son accouchement qu'une femme blanche (source : Centers for Disease and Prevention). La communauté afro-américaine a deux fois plus de chance de souffrir de la faim que la communauté blanche (source : Feeding America). En outre, cette communauté connait un taux de chômage deux fois plus élevé, et un risque d'incarcération 6.4 fois supérieur à celui de la communauté blanche (source : Economic Policy Institue). Alors concrètement, les inégalités ne concernent pas seulement les violences policières. Elles concernent également des aspects économiques, sociaux, éducatifs, et médicaux. De ce que j'ai pu en observer, l'ascenseur social est bien souvent bloqué au rez-de-chaussée si l'on nait dans une famille afro-américaine très modeste. Si l'on nait pauvre, l'on a toutes les chances de rester pauvre à l'âge adulte. Alors bien sûr ces disparités ne concernent pas que cette communauté, et bien d'autres minorités subissent des discriminations au pays de l'oncle Sam ; mais dans ce contexte actuel, il me paraît nécessaire de se focaliser sur ce racisme latent qui gangrène le pays. La notion de privilège blanc prend aujourd'hui tout son sens. J'ai moi-même par exemple toujours eu beaucoup de chance, faisant partie des immigrés privilégiés (voir article sur le sujet à retrouver ici). Je pense qu'on ne se rend pas réellement compte de nos privilèges lorsqu'on les possède depuis sa naissance, et tant que nos droits n'ont pas été bafoués. Alors tant que les inégalités resteront criantes et qu'un individu sera traité différemment à cause de sa couleur de peau, je soutiendrai la cause de tous ceux qui subissent des injustices. Et que ce soit aux Etats-Unis, en France ou ailleurs...

vendredi 12 juin 2020

Voyager en pleine épidémie de Covid-19


La semaine qui vient de s'écouler est passée comme une véritable tornade mêlant décalage horaire, déménagement, achats de meubles et de voitures, planification de travaux et déballage de nos affaires. Le voyage s'est bien passé, quoique long, pénible, et relativement bizarre en cette pandémie mondiale de Covid-19. Nous avons gardé notre masque à peu près tout le temps, depuis le trajet en taxi de l'hôtel à l'aéroport, puis dans l'aéroport à Roissy, durant le vol Paris-Atlanta, à l'aéroport d'Atlanta, pendant le vol vers Miami et finalement dans le Uber qui nous a ramené très tard à la maison. Il était alors onze heures du soir, soit cinq heures du matin en France. Amaury a été relativement sage, et n'a pleuré qu'une seule fois lorsqu'il a voulu s'asseoir près du hublot et qu'il fallait absolument attendre l'autorisation des hôtesses. Les précautions de sécurité liées au coronavirus nous ont semblé drastiques, mais rassurantes et nécessaires. Le vol Paris-Atlanta était quasiment vide, avec quelques passagers qui se partageaient (à bonne distance) les rangées. J'ai eu ma propre rangée pour m'allonger, ce qui était fortement appréciable. Le seul bémol fut à l'arrivée à Atlanta, dans un aéroport où seul un tiers des employés et des passagers portaient un masque, et dans l'avion, où la plupart d'entre eux le retiraient dès que les hôtesses avaient le dos tourné. Bref, ce fut une observation assez déroutante, surtout compte-tenu de la proximité physique entre les passagers, que de voir que l'américain moyen (croisé ce jour-là) n'avait aucune peur de contaminer les autres en toussant allègrement sans masque dans un espace clos. In fine, ce fut un contraste saisissant avec l'arrivée sur le sol américain, où des employés du CDC (centers for disease control and prevention) sont montés dans l'avion sur le tarmac pour nous faire remplir des formulaires de santé et prendre la température de tous les passagers. Depuis, nous sommes en quarantaine volontaire à la maison, pendant une semaine encore, avant de reprendre une vie un peu plus "normale". J'ai hâte de voir le médecin qui va me suivre pendant le reste de ma grossesse, car les contractions sont toujours là et j'alterne les séances de lit avec celles passées sur le canapé. Amaury a aussi hâte (mais pas tant que nous !) de retrouver les copains du centre aéré pour l'été. Après quatre mois sans école, la lassitude s'est progressivement installée et il manque cruellement de temps de jeu avec d'autres enfants. Il nous réclame régulièrement de rentrer à Lyon, ce que je comprends tout à fait. Les périodes de transition ne sont jamais faciles, mais les enfants s'adaptent généralement vite à leur nouvelle vie. Et maintenant que le décalage horaire est derrière nous (et que notre petit Loulou ne se réveille plus à quatre heures du matin) nous pouvons enfin réaliser que ça y est, nous avons une nouvelle fois franchi l'Atlantique pour une vie décidément très internationale...





mardi 2 juin 2020

Un départ qui se concrétise


Après des jours et des jours de préparatifs pour le départ, j'ai eu cet après-midi le feu vert de mon gynécologue pour prendre l'avion : nous partons donc demain matin ! Le premier jour de voyage devrait être relativement facile. Nous récupérons la voiture de location le matin, et prenons la direction de Roissy où une chambre d'hôtel nous attend pour passer la nuit. Jeudi en début d'après-midi, nous embarquons dans un vol pour Atlanta, puis dans un second vol pour Fort Lauderdale. De là, très tard le soir, nous avons loué une voiture pour rentrer à Miami car l'heure sera bien tardive et au-delà du couvre-feu qui est en place depuis quelques jours dans les comtés de Broward et Miami-Dade. A priori, les émeutes ne touchent pas du tout notre quartier, donc nous partons relativement sereins. Reste à voir ce que l'épidémie de Covid-19 va donner en Floride, qui connait une recrudescence des cas au cours des quelques derniers jours. J'avoue qu'après m'être rongé les sangs en ayant très peur de ne pas pouvoir partir à cause de la grossesse, je ne suis pas inquiète outre-mesure ni en ce qui concerne les émeutes, ni en ce qui concerne la crise sanitaire mondiale. Nous avons notre stock de masques, de gel hydroalcoolique et de lingettes désinfectantes pour les surfaces, alors je ne vois pas bien ce qu'on pourrait faire de plus. Et d'ici le départ, nous profitons des quelques heures qui nous restent à Lyon en nous efforçant d'oublier les opportunités ratées de ce printemps ; pour l'heure, je maximise la position allongée pour éviter de forcer sur mon col et je répète à ce petit bébé tant désiré qu'elle reste bien sage, au chaud, au moins jusqu'à fin Août...

mardi 26 mai 2020

Un petit secret dans la valise


Les jours qui nous restent en France sont comptés. Dans une semaine, nous serons en route pour Roissy, afin d'attraper un vol transatlantique le lendemain. Nous partons donc tous les trois pour les Etats-Unis, et je devrais dire tous les quatre, car notre famille va s'agrandir en Septembre ! C'est une petite fille, en pleine forme, qui grandit bien malgré le contexte d'une grossesse particulièrement difficile. Il y a d'abord les maux typiques, connues par bon nombre de femmes, qui teintent la joie d'attendre un enfant en rendant la vie considérablement plus difficile. Entre les nausées et les vomissements (loin de s'arrêter à la fin du premier trimestre et qui perdurent), la fatigue extrême, les douleurs ligamentaires, la sciatique, la constipation (je vis d'un régime de pruneaux et de fruits laxatifs), les hémorroïdes (amis du glamour, bonjour), le goût métallique en bouche en permanence, l'hypersalivation, et les insomnies, je crois que je peux cocher sur ma liste à peu près tous les désagréments en lien avec mon état de parturiente. A cela s'ajoutent les complications médicales, franchement plus inquiétantes et qui pourraient fort bien compromettre ce retour aux Etats-Unis. Les contractions hyper précoces depuis le début de mon quatrième mois, la modification de mon col et la perte du bouchon muqueux hier (amis du glamour, re-bonjour), associées à des échographies répétées et spécialisées dans plusieurs hôpitaux, me font craindre un accouchement prématuré et m'obligent à un repos quasi-complet avant le départ. Et je n'en suis qu'à vingt-quatre semaines. Alors si je rêve quotidiennement de ne plus subir de nausées et que j'attends l'accouchement avec impatience, il serait quand même bon de garder bébé au chaud le plus longtemps possible pour éviter la grande prématurité. Ce qui en soit est plus facile à dire qu'à faire avec une hyperactive dans mon genre qui a du mal -en temps normal- à s'asseoir plus de cinq minutes. Alors je m'astreins à ce repos forcé, et je croise les doigts pour obtenir le feu vert de mon cher gynécologue adoré (sarcasme) pour prendre l'avion. Et d'ici là, je parle tous les jours à cette petite louloute pour qu'elle comprenne bien qu'il est trop tôt pour arriver, malgré son impatience ! Car après tout, il est quand même largement préférable que le gâteau reste au four jusqu'à ce qu'il soit bien cuit...

mercredi 20 mai 2020

La fin d'une parenthèse lyonnaise


J'ai vidé mon bureau à l'hôpital, quitté à regret mon poste d'orthophoniste en gériatrie que j'aimais tant, et commencé les cartons pour le déménagement. Dans deux semaines, nous repartons aux Etats-Unis. Direction : la Floride, où les températures chaudes et le climat humide nous attendent de pied ferme. En théorie, les frontières américaines sont fermées. En pratique, les citoyens américains et les porteurs d'une carte verte ont le droit de rentrer sur le territoire. Nous nous préparons néanmoins physiquement et psychologiquement à un voyage pénible, et à enchainer sur un confinement volontaire à la maison d'une quinzaine de jours. Dans tous les cas, l'absence de vols directs rendra le trajet nettement moins rapide. Ensuite, les règles sanitaires en vigueur (largement nécessaires en pleine épidémie de Covid-19) vont largement contribuer à l'inconfort du voyage. Allez donc faire porter un masque (même de super héros !) pendant dix heures consécutives à un enfant de tout juste quatre ans... Et pour ne rien arranger, les compagnies aériennes ne cessent de changer les heures et dates des vols prévus. Pour l'instant, notre vol Paris-Atlanta est reporté à une heure plus tardive de la journée, ce qui fait qu'il est impossible d'assurer la connection Atlanta-Miami. Après des heures au téléphone à essayer de démêler les solutions possibles, Logan a fini par réserver une chambre d'hôtel à Atlanta à côté de l'aéroport, et pris des places sur le vol du lendemain. Et mêmes ces vols-là sont en suspens : rien ne garantit que la compagnie aérienne ne décide pas soudainement de changer à nouveau les heures de vol, au dernier moment. Il va donc nous falloir nous armer de patience, être flexible, et tout-à-fait préparés à l'éventualité d'un long -très long- voyage. Entre la route jusqu'à Roissy depuis Lyon (dans un contexte d'agence de location de voitures en train de faire faillite -on croise les doigts pour récupérer un véhicule assez grand pour les bagages-), le vol international avec masque obligatoire jusqu'à Atlanta et la correspondance très vraisemblablement compromise, nous nous attendons à un voyage d'au moins trois jours. Inutile de dire que je vais devoir soigneusement préparer mon fameux sac magique de maman, avec de nombreux en-cas, jeux compacts, et distractions surprises, afin de divertir un petit tyran de quatre ans bien remuant et qui n'en fait bien souvent qu'à sa tête. Ce matin par exemple, avide d'expériences nouvelles, bien mal lui en a pris de se saisir des ciseaux très coupants et de de se refaire (à sa façon) la coupe de cheveux tout juste rafraichie chez un coiffeur professionnel quelques jours plus tôt. Résultat : un trou béant dans les cheveux du front, qui n'auraient pas mieux été coupés par une tondeuse électrique. Note pour moi-même : mettre immédiatement sous clé tout objet tranchant de la maison, et matelasser les murs. On n'est jamais trop prudent. Et d'ici le départ, équiper le môme d'une tenue de protection incluant casque et armure anti-chocs, histoire d'éviter tout passage aux urgences en pleine période de coronavirus...

samedi 2 mai 2020

Boring rainy days


La pluie est finalement arrivée sur la région lyonnaise, ce qui aide considérablement notre famille (très encline à souffrir d'allergies au pollen particulièrement handicapantes) mais rend encore plus monotone ce confinement. Les journées se suivent et se ressemblent. Amaury tourne en rond comme un petit lion en cage, et il est de plus en plus difficile de l'occuper intelligemment. Je ne suis pourtant pas convaincue qu'il retourne à l'école compte-tenu des conditions actuelles. Ses enseignants évoquent la date du 25 Mai, et nous avons d'autres projets pour la fin de l'année scolaire. J'ai longtemps plaint les parents de familles nombreuses et surtout lorsque ce sont (généralement) les mamans qui se collent à la garde forcée de leurs enfants, mais maintenant je plains aussi les parents d'enfants uniques qui se retrouvent à jouer aux legos et aux barbies toute la journée. Nous avons la chance d'avoir quelques autres enfants dans l'immeuble, tous confinés depuis plusieurs semaines, avec qui Amaury peut jouer de temps à autre et retrouver un temps social autre qu'avec nous. Il me reste toujours la piñata de son anniversaire (qui avait été annulé) et je pense pouvoir organiser une sauterie avec les autres petits de la résidence histoire de l'utiliser malgré tout. Bref, les journées sont toujours rythmées par les mêmes activités, relativement redondantes, et la pluie rend les sorties au jardin encore plus limitées. Heureusement, les activités cuisine et pâtisserie rendent les après-midi plus courtes et les goûters plus intéressants. Reste à savoir si nous réussirons à passer l'encadrement de la porte à l'issue de ce confinement, car une dodufication* sévère est en cours.

*néologisme totalement approprié.

dimanche 12 avril 2020

Pâques à la maison


Ce billet aurait tout simplement pu s'intituler "Pâques confinés", mais la redondance et la gravité du sujet me semblaient particulièrement enclines à entacher l'esprit de réjouissance qui est d'ordinaire le mien. Alors soit, Pâques cette année ne ressemble absolument pas à ce qui était prévu, mais la journée, ensoleillée, particulièrement riche en chocolats, s'est annoncée dès l'aube sous d'heureux auspices. Amaury et moi avons décoré un sac en papier afin de collecter des trésors sucrés lors de la chasse aux oeufs, organisée ce matin dans le jardin. Il a fait bonne récolte, et particulièrement apprécié le moment. J'ai pu aussi m'affairer un peu en cuisine, le confinement me donnant l'envie de pâtisser. Deux grosses brioches aux pralines de Lyon plus tard, l'après-midi s'est déroulée, entre les différentes vidéoconférences avec famille et amis aux quatre coins de la planète, des pauses-chocolats bien méritées, et des jeux de construction à l'en plus finir. Alors les fêtes pascales ont tout de même été réussies cette année. Ne reste plus qu'à espérer la fin proche de ce confinement, tout en gardant à l'esprit que bon nombre de citoyens continuent à être sur le front, à approvisionner la France, à soigner les malades, et à faire tout ce qu'ils peuvent pour enrayer cette satanée pandémie. Alors le mot d'ordre est simple : restons chez nous.


vendredi 3 avril 2020

Confinés


Il est impossible de commencer ce billet sans immédiatement partager ma gratitude envers tous ceux qui font tourner la France aujourd'hui : merci de votre engagement, merci de votre dévouement. J'ai une pensée toute particulière pour les personnes appartenant au personnel soignant, qui sont sur le front, face à cette saleté de virus et qui gèrent comme elles peuvent le manque de moyens de protection et l'afflux massif de malades. Cela mériterait d'ailleurs un petit article à part entière, tant il y aurait à dire. Depuis quelques semaines et comme la quasi-intégralité des français, ainsi qu'une bonne partie du reste du monde, nous sommes reclus à la maison et ne sortons que pour des raisons indispensables. Provisoirement, je ne travaille pas, tombant automatiquement dans la catégorie des personnes "à risque" (mais c'est une tout autre histoire). J'en profite alors pour m'occuper beaucoup plus de mon petit Loulou, qui a fêté ses quatre ans en confinement. Son anniversaire avec les copains a été reporté sine die, et je me demande si l'on va être capable de célébrer ça avec ses camarades de classe avant l'été. J'ai un gros carton en réserve qui renferme les trésors dédiés au dit événement, tels qu'une piñata géante en forme de tyrannosaure et divers éléments de décoration -tous sur le thème des dinosaures-. Dans le carton en question s'entasse aussi les chocolats de Pâques, qui ont déjà été bien attaqués par moi et mon appétence énorme pour le sucré. J'espère quand même qu'il en restera pour le passage des cloches d'ici une belle semaine ! Alors comment occupe-t-on son temps lorsque l'on est reclus dans un appartement ? Il faut déjà préciser que je nous considère très chanceux, par rapport à bon nombre de français ; l'appartement n'est pas minuscule, et nous avons accès au grand jardin de l'ENS qui constitue, à lui seul, un parc privé immense. D'autre part, il me serait bien impossible d'affirmer que je réussis seule à gérer un petit énergumène aux besoins de mouvements quotidiens décuplés. Logan est en télétravail mais s'occupe énormément de son fiston, lequel partage ses journées entre différentes activités plus ou moins élaborées : jeux libres, lecture, dessins, coloriages, peintures, pâte à sel, cuisine, parcours sportifs, tours en trottinette et temps calmes sur son sacro-saint (et ô combien indispensable) écran. Inutile de préciser que nous regrettons amèrement l'époque de la sieste, temps chéri et déjà relativement ancien où Amaury était capable de "disparaître" pendant au moins une bonne heure et permettre à ses parents de souffler. Alors en attendant la fin du confinement, je me surprends à penser qu'aller travailler est nettement plus reposant que de rester à la maison, et j'envoie toutes mes pensées aux mamans de grandes tribus, recluses avec leurs petits monstres à la maison, qui gèrent et assurent la classe à domicile d'une main de maître...


vendredi 13 mars 2020

Travailler à l'hôpital en ces temps de pandémie

Les événements sont quasi-historiques. Devant l'incertitude nationale, et face à un virus encore méconnu, les professionnels de santé sont en ligne directe face à la complexité de la situation, les mesures de prévention et la nécessité absolue de continuer à prodiguer des soins aux patients qui en ont besoin. Je ne suis pas vraiment considérée comme une employée indispensable, mais mon travail consiste néanmoins à effectuer (de façon quasi-exclusive) des bilans de déglutition, et de décider qui est à risque majeur de fausse route, qui mange, qui ne mange pas et qui mange quoi. J'ai plus peur d'attraper le Covid-19 en prenant le métro qu'en travaillant à l'hôpital, où les visites sont désormais interdites, où tout est propre et désinfecté, et où j'ai accès à des moyens de protection efficaces. La réelle incertitude tient dans mon planning au cours des prochaines semaines : dès lundi, les écoles de Lyon seront fermées, et ce jusqu'au début du mois de mai. Alors en ayant un petit loulou de presque 4 ans à la maison, et en travaillant dans un établissement qui interdit tout visiteur extérieur, je ne vois pas encore comment je vais conjuguer activité professionnelle et vie de Maman. Bref, au moment où je finis cet article, l'incertitude totale persiste. Je croise les doigts pour que ce satané coronavirus épargne la ville, comme en 1643 où la peste -semblairait-il- s'était arrêtée aux portes de Lyon...


samedi 4 janvier 2020

Hello, 2020


2019 est passée à une vitesse folle. Le changement de vie et la réadaptation à la vie française s'est faite tout naturellement. Quel bilan dresser de ces douze derniers mois ? Un bilan positif, sans doute. Amaury a poussé comme un champignon, et il est devenu un petit garçon au caractère bien affirmé,  intarissable de questions et au profil plutôt têtu. Il continue à vouer une sainte passion pour les véhicules en tout genres, et a découvert avec joie les legos et les playmobils. Il prend des cours d'éveil musical tous les mercredis, histoire de parfaire son oreille et ses capacités d'écoute avant de démarrer un instrument l'an prochain. Peut-être le piano, pour commencer, et suivre les traces de sa mère ? Il a passé de fantastiques fêtes de fin d'année avec ses cousins, dont il ne cesse de parler à tout va et qu'il a hâte de revoir. Logan continue son projet de recherche avec le Collégium, travaillant d'arrache-pied lorsqu'il n'est pas contraint d'adapter son emploi du temps aux grèves de l'école. De mon côté je m'épanouis toujours autant en gériatrie, et j'ai pu prendre deux/trois jours de RTT pour passer Noël en famille. J'ai du mal à visualiser ce que cette nouvelle année va nous apporter. Du beau temps et de la douceur, j'espère, même si la neige serait la bienvenue pour aller skier en famille. C'est d'ailleurs prévu pour fin Janvier, et nous avons tous très hâte que de fouler la poudreuse et d'arpenter les pistes !  D'ici là, Amaury reprend l'école lundi, ce qui ne le réjouit pas trop mais va sans doute  beaucoup plaire à ses parents. Après tout, les vacances ont été très prolifiques et il est bien temps de reprendre un rythme un peu plus régulier... 

vendredi 13 décembre 2019

Vivre sans voiture


Après des années aux Etats-Unis, où nombreux sont les endroits pour lesquels la voiture est totalement indispensable, il est particulièrement agréable de retrouver une vie sans véhicule où tout se fait aisément à pied ou en transports en commun. Le réseau lyonnais fonctionne relativement bien, entre ses lignes de métro, de tramway, de bus et de funiculaire. Je peux aller travailler sans trop polluer, ce qui est bien souvent impossible à la campagne ou dans des villes démesurées comme Miami où les transports en commun -bien qu'ils existent- ne sont pas forcément pratiques pour des trajets domicile-travail (sauf bien sûr à moins d'habituer juste sur la ligne de métro). A Lyon, la trottinette, électrique ou non, est aussi un moyen de locomotion simple et plus rapide que la marche à pieds. Le vélo est également relativement agréable, sauf évidemment s'il pleut ou s'il neige. Amaury est particulièrement fan du métro, et j'apprécie quant à moi les nombreux ascenseurs qui permettent d'y accéder avec la poussette sans difficultés. Les courses sont plutôt bien gérées grâce à notre merveilleux caddie de mémé, acheté dès notre arrivée cet été dans un bazar de la Guillotière. Les grèves n'ont pour l'instant pas trop impacté le réseau lyonnais, et nous nous réjouissons d'avoir prévu de privilégier la voiture pour nos trajets des vacances de Noël. Vivre sans voiture ne veut pas forcément dire ne jamais conduire. Ponctuellement, il est possible d'un louer une de temps à autre et sur de courtes durées, ce qui in fine revient moins cher que d'en posséder une (entre le parking, l'assurance, l'essence et l'entretien). Et puis l'empreinte carbone d'une vie en appartement est également moindre que si nous étions dans une maison. Je dois néanmoins avouer que parfois notre maison de Floride me manque un peu, et surtout le patio, le jardin et la possibilité de manger dehors toute l'année. A vrai dire, avec le mauvais temps de cet automne, j'ai beaucoup pensé à Miami et à ses douces températures. Et si cela me manque de temps à autre, l'idée de vivre sans climatisation (dont j'ai totalement horreur de par le bruit que cela fait) me réjouis particulièrement. Et puis l'on ne peut pas tout avoir : le chaud, le froid, la plage et le ski en même temps...

vendredi 15 novembre 2019

Après Barcelone, la première neige

Park Güell, Barcelona
Loin sont les palmiers et les manguiers de Miami ! L'hiver s'approche un peu plus chaque jour et les températures de plus en plus froides se rappellent à notre bon souvenir. Amaury s'est habitué à porter des pantalons, des manches longues et -depuis peu- un manteau d'hiver et un bonnet-. Car Lyon a connu depuis quelques jours une vague de froid avec un petit peu de neige hier soir et au cours de la nuit. Cette neige n'a pas tenu, ou presque, et nous nous sommes réveillés avec de maigres reliquats presque fondus sur le toit des voitures et sur la végétation alentours. En allant à l'école ce matin, Amaury a pu toucher (non sans fierté et curiosité) cette neige pâteuse, collante et fugace, avant qu'elle ne fonde totalement. L'événement est tout particulièrement marquant pour cet enfant des tropiques, né au printemps et téléporté très rapidement en Floride à l'âge de trois mois. J'ai hâte de voir les prochains flocons, et nous envisageons sérieusement de faire un petit tour au ski, histoire que cet émerveillement se poursuivre avec une épaisse couche de poudreuse, une luge, des gants, une combinaison de ski et tout l'équipement requis en la matière. D'ailleurs, je n'ai pas skié depuis plus d'une décennie, mais je suis sûre que cela ne s'oublie pas. Pourtant, avant ce froid, une jolie parenthèse en Catalogne a été possible le weekend dernier, ce qui nous aura permis de visiter Barcelone et d'apprécier son soleil, ô combien absent à Lyon. La Sagrada Familia, le parc Güell, les nombreux bâtiments conçus par Gaudi ont notamment fait partie de notre programme de visites, avant de s'arrêter ça et là pour de petits repas à base de fameux tapas. L'automne suit donc son cours, et l'hiver ne saurai désormais trop tarder, et si je m'enchante du changement de saison à venir, je ne peux m'empêcher de jalouser nos amis de Floride, resté dans la douceur d'un climat tropical, qui continuent à porter des shorts, des claquettes, et à aller à la plage au mois de Novembre...

La Sagrada Familia, côté rénové
La Sagrada Familia, côté en cours de rénovation

vendredi 27 septembre 2019

Chronique de gériatrie

La transition s'est faite facilement. Comme un poisson dans l'eau, j'arpente désormais les couloirs de l'hôpital, d'un service à l'autre, pour me rendre au chevet de mes patients. Il y a eu ceux qui ont été touchés par un AVC, qui réapprennent doucement à manger et à parler. Il a a eu ceux pour qui mon travail s'est fait auprès des équipes médicales ou de la famille, pour accompagner une fin de vie. Il a a eu ces premières bouchées, ces premières gorgées en reprise alimentaire, qui ont changé une hospitalisation. Il y a eu ce patient, fraichement débarqué d'une chirurgie maxillaire lourde dans le cadre d'un cancer, qui a pu remanger progressivement des textures moins mixées, et qui me dit chaque jour que j'ai changé sa vie. Il y a eu ces sourires, ces mains serrées, et ces séances de rééducation efficaces. Il y a eu aussi celles qui n'étaient pas au bon moment, prévues sur un temps de repos du patient, presque comme un cheveu sur la soupe, mais qui ont pourtant porté leurs fruits. Il y a eu les bonnes journées (presque toutes les journées), et puis les moins bonnes. Hier était une journée très particulière, celle où j'ai perdu un patient. Mon premier patient depuis mon dernier poste en neurologie. En tant que soignant, et à fortiori en gériatrie, on connait parfaitement les tenants et les aboutissants du métier. On connait les risques et les désillusions de travailler avec une population médicalement fragile. On sait pertinemment que nos malades sont plus près de la fin de leur vie que du début. On se protège, on se prépare, on évite d'y penser autant que possible. Mais lorsqu'un décès survient, de façon plus ou moins prévisible, il est impossible d'être complètement détaché. Les soignants ne sont pas des robots. Nos émotions font partie intégrante de notre profession. On peut être pragmatique. On peut être fataliste. Mais on ne peut pas faire semblant de ne pas être atteint. J'ai perdu ce patient cette semaine, ce monsieur qui m'a souri de toutes ses dents lors de ma dernière visite. Ce monsieur qui avait traversé près d'un siècle et deux guerres mondiales, et connu la vie avant l'électricité et la modernité. J'ai perdu ce patient et cela m'a émue. J'ai perdu ce patient mais j'ai participé à sa toute fin de vie. J'ai perdu ce patient et je vais sans doute en perdre d'autres, mais je me souviendrai toujours de cette expérience bouleversante, ce type d'expérience à double tranchant qui peut faire vaciller et grandir en même temps. J'adore mon métier, pour les bons et les mauvais jours, et je n'en changerais pour rien au monde...

vendredi 6 septembre 2019

Back to work


L'été s'est achevé, les vacances aussi, et j'ai repris le chemin du travail, dans une toute nouvelle équipe, à l'hôpital de Fourvière. C'est un hôpital gériatrique où je ne vais suivre que des patients seniors, hospitalisés pour une durée plus ou moins longue en SSR ou en unité de soins de longue durée. Ma première semaine s'est plutôt bien passée. Les collègues sont accueillants et le cadre de travail est très appréciable (juste derrière la cathédrale de Fourvière, classée monument historique et visitée par plus de deux millions et demi de visiteurs chaque année). Le trajet domicile-bureau est relativement facile pour une ville, avec le métro et le funiculaire. Le métro a d'ailleurs connu quelques problèmes de panne cette semaine, mais j'ai pu facilement me rabattre sur une nouveauté technologique : la trottinette électrique. J'ai fait quelques trajets sur ces engins au cours des derniers jours, que je juge très pratiques, très fonctionnels, mais passablement dangereux. En ce qui concerne mon nouvel emploi d'orthophoniste, je n'ai eu aucune difficulté pour me retrouver comme un poisson dans l'eau. Mon activité principale consiste à évaluer les troubles de la déglutition, sujet que je maîtrise vraiment bien.  J'ai une nouvelle collègue orthophoniste qui est vraiment super, et je me réjouis de travailler dans de telles conditions. Cette dernière semaine a aussi été ponctuée par la rentrée d'Amaury à l'école, qui s'est faite très très très en douceur (et c'est le moins qu'on puisse dire). Il a été accueilli ça et là pour de courtes durées, mais jamais pour une journée complète. Logan a donc dû prendre une semaine de plus sans travailler pour s'occuper de lui, car je débutais à l'hôpital précisément à ce moment-là. Son groupe classe est relativement grand, beaucoup plus grand qu'initialement annoncé, et cela va lui faire un sacré changement, lui qui est plutôt habitué à être avec huit ou neuf camarades seulement. Lundi, la véritable rentrée va se faire pour lui, avec le début de la garderie, de la cantine, et des journées complètes. D'ici là, nous continuons à prendre nos marques dans notre belle ville de Lyon. Il a été très compliqué que de trouver un médecin traitant qui accepte de nouveaux patients, mais cela semble chose faite. Ne reste plus qu'à planifier les activités de la rentrée pour toute la famille. Logan a déjà trouvé sa salle de sport, Amaury est inscrit à un cours d'éveil musical, tandis que j'espère de mon côté pouvoir prendre un cours d'espagnol ou me remettre à une activité physique. Histoire de supplémenter les kilomètres de marche à pied que je fais déjà quotidiennement...

Les fameuses trottinettes électriques

dimanche 1 septembre 2019

L'ouragan Dorian

Les prévisions de Jeudi (qui ne sont fort heureusement plus d'actualité)
Bien qu'étant à des milliers de kilomètres, il est pourtant facile de s'inquiéter pour la Floride et les ouragans qui peuvent s'y abattre. Cette semaine, l'ouragan Dorian est attendu à proximité des côtes, et sa trajectoire est encore incertaine. Initialement très inquiétante, elle n'a fait que d'évoluer au fur et à mesure des jours, et le scénario catastrophe s'est peu à peu atténué. Nos amis, voisins et collègues sont toujours à Miami, et ils se sont préparés au pire. Les stations services ont été prises d'assaut, l'état de Floride a décrété l'état d'urgence et les habitants se sont rués sur les magasins pour amasser des vivres et de l'eau pour 7 jours. Petit-à-petit, la mégalopole de Miami s'est prise à espérer échapper à ce monstre de catégorie 4, attendu tellement lent (4 miles par heure) qu'il pourrait submerger d'eau et de vent la région entière. Miami est pratiquement au niveau de la mer, de même que toute la Floride du Sud qui n'a aucune élévation. Entre les prévisions de jeudi, totalement inquiétantes, et celle d'aujourd'hui, un monde d'écart se dessine. La trajectoire est maintenant prévue au ras des côtes, mais pas sur les terres floridiennes. Dorian pourrait ainsi remonter plus au nord en direction de la Caroline du Nord et ne causer que des dégâts dans la région de Palm Beach, une heure au nord de Miami. Dans tous les cas, nous restons pendus aux prévisions météorologiques du National Hurricane Center, avec des mises à jour toutes les 6 heures qui peuvent changer très rapidement. De leur côté, nos locataires ont préparé la maison, rentré une partie du mobilier de jardin, et prévu de quoi tenir sans eau, vivres et électricité pendant une semaine. La maison a aussi a un toit neuf et des fenêtre anti-ouragans, qui n'ont jamais été réellement mis à l'épreuve. Le dernier ouragan dévastateur dans la région était Andrew en 1992, et il avait à l'époque détruit la Floride du Sud et emporté des milliers de maison à quelques kilomètres de chez nous. Et nous croisons les doigts pour que cet aléa climatique ne touche personne sur son passage et qu'il aille se perde dans l'Atlantique d'ici quelques jours...

Les prévisions d'aujourd'hui, moins inquiétantes mais à surveiller de près

mercredi 28 août 2019

Et puis... Lyon !


Depuis quelques jours, nous sommes officiellement lyonnais ! Nous avons retrouvé avec grand plaisir la ville où nous nous sommes rencontrés. Notre appartement est très moderne, et bien équipé (surtout depuis que j'ai décidé d'acheter un véritable four, absolument indispensable pour une bakeaholic dans mon genre). Un petit saut à Ikea et Emmaüs aura également permis de nous procurer les quelques knick-knacks nécessaires, mais nous avons à peu près tout ce dont nous avons besoin. L'école d'Amaury est à une toute petite minute à pied, juste de l'autre côté de la rue, et il a d'ailleurs pu en visiter les lieux la semaine dernière. L'effectif de sa classe n'est pas surchargé, une vingtaine d'élèves environ. Nous avons rencontré la directrice de l'école qui était très sympathique, et notre petit loulou a hâte de rencontrer ses deux maîtresses et ses nouveaux camarades. Il est d'ailleurs (et surtout, soyons honnête) motivé par les trottinettes et tricycles promis pour l'heure de la récréation. Et les rencontres vont bon train. Après avoir organisé un petit apéro impromptu avec d'autres habitants de notre résidence, nous sommes tombés aujourd'hui sur nos voisins du dessous, qui ont un petit garçon bilingue français-anglais de tout juste trois ans. Le hasard fait parfois bien les choses ! Les deux petits monstres ont pu gaiement profiter d'un peu de temps ensemble pour un court playdate, et ils s'en sont donné à coeur joie. La semaine se déroule donc tranquillement, et nous prenons progressivement nos marques dans notre nouveau quartier. De mon côté je compte les jours et les heures avant la reprise du travail lundi. Je suis très contente de mon projet professionnel qui aboutit, mais point de spoiler : j'en parlerai beaucoup plus en détails le moment venu. En tout cas il ne nous aura pas fallu longtemps pour revenir à nos lieux connus, et se rendre quasi-immédiatement en pèlerinage au Saint-James, au coeur du vieux Lyon, lieu mythique de notre rencontre...


dimanche 18 août 2019

Une parenthèse montagnarde


Le temps file, et je m'aperçois avec horreur que je ne suis pas passée par ici depuis longtemps. Après  la canicule de Paris, suivie de quelques jours en famille dans le Jura, nous avons pris la destination des Alpes. L'été a continué à être toujours bien chargé, puisque nous avons passé une belle semaine à randonner dans le parc de la Vanoise. J'en suis revenue les mollets courbaturés et des souvenirs plein la tête. Nous avons bien profité de nos premières vacances en famille juste tous les trois ! La Vanoise est un parc naturel absolument magnifique. Nous avons vu de nombreux glaciers, marmottes, et paysages à couper le souffle. Nous avons pu déguster les myrtilles et les framboises sauvages que l'on trouve à peu près partout. Amaury s'est découvert une passion pour le poney et une aversion pour la randonnée de haute montagne avec un fort dénivelé. Ce qui n'est pas étonnant tout de même, à trois ans. La météo a été relativement favorable, bien loin de la canicule humide de Miami et surtout --dans un cadre naturel avec beaucoup de relief-. Après trois ans dans la très plate Floride du Sud, nous n'en étions que plus impressionnés par les pentes environnantes de cette belle région des Alpes. Nous avons aussi pu profiter de belles randonnées entre adultes, le club enfant de la station permettant de laisser les jeunes bambins s'amuser dans la vallée tandis que les parents chaussent leurs chaussures de marche et transpirent toute la journée. Nous espérons y retourner prochainement, pourquoi pas cet hiver pour y skier, ou l'été prochain pour renouveler l'expérience. D'ici là, nous sommes de retour dans mon cher Jura pour quelques courtes journées, avant de rejoindre Lyon ! 

Vue sur le glacier de la grande casse, depuis le lac des vaches
Le refuge des Barmettes

mercredi 24 juillet 2019

Une belle semaine à la maison


Déjà plus d'une semaine que j'ai retrouvé mon cher Jura. Les journées ont défilé à une vitesse folle et j'ai l'impression d'être arrivée juste hier. J'ai vite repris mes petites habitudes, entre deux morceaux de comté, des escapades au lac de Vouglans, et les bons moments en famille. La canicule est de retour, et finalement, les températures risquent d'être plus pénibles ici qu'en Floride. A la maison, nous avions la climatisation centralisée, que j'ai aimée tout autant que détestée, et ce de façon très paradoxale (voir un petit article sur le sujet à relire ici). Ici, point de climatisation, peu de fraîcheur, mais le calme de la campagne qui permet d'ouvrir les fenêtres. Les nuits vont être difficiles, mais il n'y a pas le choix. Dans tous les cas, aujourd'hui je pars pour Paris avec Amaury, et il va falloir redoubler de créativité pour dénicher des coins de fraicheur qui soient climatisés. J'ai pensé l'emmener au jardin des plantes, et au musée d'histoire naturelle, histoire de reluquer des squelettes de dinosaures au frais. La capitale n'est pas connue pour être l'endroit le plus agréable en cas de fortes chaleurs, mais le planning est fait ainsi. A Paris nous attendent Quinn et Benoit, débarqués d'Australie cette semaine, et j'irai voir ma famille en banlieue. Amaury se réjouit de prendre le train, seulement pour la deuxième fois, et le métro. Il m'a dit de préciser au conducteur de ne pas aller trop vite, pour éviter les accidents. Je ne sais pas si ledit conducteur du TGV peut vraiment répondre favorablement à sa requête, de la même façon que le pilote de l'avion de la semaine dernière n'a pas réellement pu éviter les turbulences. Toujours est-il que la canicule risque de toute façon d'impacter la vitesse des trains, donc nous verrons bien. La valise est bouclée, tout est prêt, Paris, on arrive !

dimanche 14 juillet 2019

Good bye, Miami


Le déménagement est terminé, les valises sont finalement toutes bouclées, et la maison est totalement prête pour les locataires. J'ai du mal à le croire vraiment, mais demain matin, nous serons de retour en France ! J'ai hâte de retrouver mon cher Jura et d'emménager à la fin de l'été dans la capitale des Gaules. Qui aurait pu prédire qu'un jour nous nous reviendrions à Lyon ? Les dernières années à Miami sont passées à une vitesse folle. Fraîchement débarqués en Floride un quatorze Juillet, nous voici sur le départ, jour pour jour trois ans plus tard. Miami est ainsi dire la seule ville qu'Amaury ait jamais connue. Depuis trois ans, il n'a presque jamais porté de pantalons, de pulls, et il ne connait pas la neige. Pour lui, l'hiver est doux, et l'été pluvieux. Les animaux vus quotidiennement sont plutôt rares sur le vieux continent (iguanes, lamantins, alligators, tortues et toucans), à moins bien sûr d'aller au zoo. Sa vie a été rythmée par des langues étrangères, les journées (pas si nombreuses) à la plage, la recherche des parcs et jardins ombragés et la gastronomie locale. A peine sorti des petits pots, il a longtemps mangé des spécialités cubaines à la crèche, le arroz con frijoles ayant été -de loin, et pendant longtemps- son repas préféré (et qui a depuis été relégué au second plan avec la découverte tardive des macaronis au fromage et de la pizza). Il va maintenant lui falloir s'habituer à la France, qu'il n'a que très peu connue. Son français n'est pas trop mauvais, même si ses capacités linguistiques sont largement plus avancées en anglais. D'ici à l'emménagement à Lyon, nous allons passer quelques temps dans le Jura, à Paris, puis dans les Alpes. Alors tandis que nous fermons la porte de notre maison à clé et que nous chargeons nos valises dans le taxi, je songe à nos belles années passées ici, et j'imagine que les suivantes seront plus belles encore...


vendredi 28 juin 2019

45ème parallèle


Notre séjour dans le Michigan se termine demain. Nous aurons passé trois semaines, pile à mi-chemin entre le pôle Nord et l'équateur, avec des températures fraiches et relativement agréables. Le 45ème parallèle passe juste au niveau de la ville de Suttons Bay, où nous sommes allés chaque semaine à vélo. Trente miles aller-retour, sur une piste cyclable aménagée pour tous véhicules non motorisés, dans un décor de champs, de forêts, et d'immenses cultures de cerisiers. Les cerises sont encore loin d'atteindre leur maturité cette année, l'hiver s'étant attardé dans les parages jusqu'au mois de Mai. La ville de Traverse City est sunommée cherry capital, mais il faudra attendre encore quelques semaines pour pouvoir en déguster les fruits. J'adore cette région, qui jouxte le Canada, où les activités d'été ne manquent pas. L'hiver y est cependant long, froid, et neigeux, et je ne m'étonne guère que mes beaux-parents s'en échappent autant que possible. Cet automne, ils viendront nous rendre visite à Lyon, et y resteront jusqu'à Thanksgiving. Ces dernières semaines sont passées à une vitesse folle. Nous avons fait aussi deux petits sauts de puce à Grand Rapids, deuxième ville de l'état, qui compte de nombreux musées que nous avons visités. Grandpa s'est exercé à ses talents de musicien, proposant un concert hebdomadaire dans un bar local, et nous avons pu aller l'applaudir. Demain, nous reprenons l'avion pour Miami, où il va falloir préparer notre mini-déménagement et faire nos valises. Deux belles semaines nous séparent désormais du retour en France, et j'ai particulièrement hâte de retrouver mon cher Jura...


mercredi 19 juin 2019

Elever un enfant plurilingue (épisode 2)


L'an dernier, j'avais publié un petit article sur le plurilinguisme auquel Amaury est quotidiennement exposé (à retrouver ici). Depuis, les choses n'ont pas cessé d'évoluer et l'équilibre entre les langues s'est régulièrement modifié. L'été passé, en revenant de France, le français était devenu -de loin- la langue dominante, dans laquelle mon petit loulou était le plus à l'aise pour communiquer. Puis le séjour chez mes beaux-parents avait boosté un peu son anglais, l'espagnol étant clairement à la traine. Fast-forward à la rentrée : l'environnement de la crèche/école avait totalement favorisé l'espagnol, et dans une moindre mesure l'anglais, qui était alors largement privilégié pour communiquer. Depuis son changement de classe (l'équivalent de la moyenne section), l'anglais a tout balayé sur son passage. L'espagnol a été relégué au rang de langue comprise mais non parlée, le français a continué sa progression lente mais certaine, et la langue de Shakespeare a connu d'immenses progrès. La complexité de ses phrases est bien plus avancée en anglais qu'elle ne l'est en français, même si l'on peut observer la généralisation des acquis des grammaticaux de l'anglais vers les autres langues. Cela fait par exemple environ six mois qu'Amaury adore poser la question du pourquoi, les discussions étant ponctuées d'éternels et répétitifs why, qui s'enchainent et se ressemblent à tous moments de la journée. Le mot "pourquoi" ne vient pourtant d'émerger en français que récemment, et l'on travaille actuellement sur le "parce que". Les langues sont vivantes, et en perpétuelle évolution. S'il est tout-à-fait probable que l'espagnol ne disparaisse complètement faute d'un environnement où cette langue est dominante, l'anglais et le français restent de leur côté tantôt dominants tantôt minoritaires, et ce en fonction du contexte linguistique du moment. Il est absolument fantastique que de voir son enfant passer d'une langue à l'autre sans aucune difficulté apparente, et d'en changer sans jamais se tromper en fonction de l'interlocuteur. J'ai hâte qu'il soit scolarisé en France et que son français s'aligne sur son anglais. Et ce jusqu'à une nouvelle inversion de la situation, encore et encore, jusqu'à sa majorité et en fonction de l'environnement linguistique...

mercredi 5 juin 2019

Une nouvelle année à l'école


Toutes les (bonnes) choses ont une fin. J'ai terminé mon année à l'école, achevé les montagnes de paperasse due et cessé mes séances de rééducation. L'été est arrivé, et j'ai dit au revoir à mes petits patients, à mes collègues, et à l'école qui m'a accueillie cette année. Le sentiment était clairement bittersweet, mais je suis soulagée que cette page se tourne. Mon futur professionnel est pour l'instant opaque, imprécis, et pour le moins teinté d'incertitude, mais j'ai d'ores et déjà quelques pistes à explorer. J'en saurai sans doute plus prochainement, et je croise les doigts pour que mes projets se concrétisent. Je rêve secrètement de pouvoir revenir à mes premières amours d'orthophoniste, et de re-travailler avec des adultes. En neurologie et/ou gériatrie, par exemple. L'avenir le dira, et d'ici là je peux profiter d'un été bien mérité. Aujourd'hui, Amaury avait sa "remise de diplôme" pour clôturer sa première année de preschool. Un petit événement dont il n'était pas peu fier. Et la pizza party qui était prévu dans la foulée n'a rien ôté au charme de cette célébration. Je vais rapidement devoir commencer à préparer les valises, car dans trois jours, nous nous envolerons pour Traverse City. Les températures y sont encore douces et fraîches. Point de canicule au nord du Michigan, mais des cerisiers chargés de fruits, des ballades en vélo à l'appel et de bons moments en famille nous attendent. Alors à très bientôt, depuis la lower peninsula !

dimanche 2 juin 2019

Venitian Pool


Avec la chaleur actuelle de l'été, bien installée depuis quelques temps, il n'est pas si évident de faire des activités d'extérieures baignées d'un air non-suffocant. Nous avons donc pris la direction hier matin de la piscine vénitienne, magnifique zone de baignade en plein coeur du quartier de Coral Gables. Les enfants de moins de trois ans n'y sont pas admis (et il est impossible de négocier, au risque de s'y casser les dents), ce qui explique que nous n'y soyons jamais allés auparavant. L'eau y est fraiche, et l'infrastructure agréable. Plusieurs zones de bassins sont accessibles, de 2 à 7 pieds de profondeur. Deux cascades en jouxtent les bords, et l'attraction vaut vraiment le détour. Amaury était initialement terrorisé à l'idée de se baigner, lui qui pourtant a été habitué très tôt aux joies de la plage et de la piscine. Il lui a fallu une bonne demi-heure dans mes bras, en hurlant à plein poumons et en protestant à cor et à cri, pour se détendre et comprendre qu'il avait pied. Une heure plus tard, c'était une tout autre histoire. Il a fallu user de ruse et de persuasion pour le faire sortir du bassin. Il était fier de ne plus avoir peur de l'eau, et y aurait bien passé la journée entière. Nous y reviendrons sans doute bientôt, histoire d'atténuer les vapeurs moites de l'été à Miami et de se rafraichir autant que possible. En attendant, la dernière semaine à l'école est officiellement lancée ! Inutile de préciser que je compte les heures, les minutes et les secondes qui me séparent d'un été de vacances bien méritées...