jeudi 2 mai 2019

Living with a threenager


J'avais écrit il y a quelques temps un petit article sur la crise des terrible twos (à relire ici) qui avait soulevé une vague de messages compatissants. Nombre de mamans m'avaient bien sûr réconfortée en me promettant que mon fils, devenu graduellement mi-ange mi-démon, serait bientôt un grand garçon autonome au comportement diplomate, poli et agréable. Mais c'était sans compter sur l'énergie débordante et l'esprit buté de mon rejeton, qui s'est petit-à-petit et insidieusement transformé en un adolescent ingrat et insolent. Les années des terrible twos sont donc progressivement devenues celles des terribles threes. Mon threenager alterne les discours où il refuse toute activité, toute nourriture, toute proposition, et où il joue les petits rois aux commandes de toute la maisonnée. Terminé l'efficacité de mes techniques magiques de Maman, mon fils est passé maitre en l'art de la négociation. Pire, il peut berner ses parents à l'usure, se montrant pugnace, borné, têtu et légèrement rancunier. Outre les questions répétitives, récurrentes, et redondantes à tout bout de champ, il est capable de pleurer sur commande, ou de surjouer une pâle imitation de pleurs plutôt crédibles et relativement convaincants. A l'école, c'est encore pire. Il fait tourner les adultes en bourrique et mène les autres enfants à la baguette. C'est un vrai petit dictateur qui n'apprécie pas trop les enfants du même âge et tolère volontiers les plus grands. Et j'observe que les parents de notre entourage sont divisés : d'un côté les connaisseurs, compatissants, qui sont bien sûr passés par la crise des trois ans, et qui m'assurent que cela n'est pas fini et peut durer jusqu'à l'âge de cinq ou six ans (vite, une corde pour me pendre dès à présent). De l'autre, on retrouve les chanceux, les épargnés de ces crises, et les moralisateurs, aux enfants sages et bien élevés qui ne crient jamais, ne tapent pas, et ne disent jamais non. Cette deuxième catégorie de parents juge également qu'il est bien ironique que d'avoir une maman qui gère très bien ses petits patients aux comportements plus ou moins difficiles, et, qui se retrouve dans le même temps avec son propre enfant qui la mène par le bout du nez. Et ce à grand renfort de cris, de jérémiades, de chouinements, et de négociations infinies. Mon fils est un véritable adolescent, qui claque les portes, qui crie sur ses parents, qui trouve que tout est "nul" ou "pas bon". Il faut négocier pour qu'il se couche, lui qui avait l'habitude de s'endormir en moins de dix secondes. Il faut négocier le lavage des mains, celui des dents, ainsi le rangement des milliers de jouets qui sont quotidiennement éparpillés dans le salon, et bien entendu il faut écouter les doléances de ses maitresses à l'école. Dans tout ça, il faut se souvenir d'un bel adage qui stipule -non sans fondement- que l'on a les enfants que l'on mérite. Si c'est vrai, ça doit donc être totalement mérité et justifié. Il faut dire que j'ai dû sacrément en faire baver à mes parents, à l'époque, pour atterrir aujourd'hui avec mon dragon de trois ans...



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