jeudi 23 mai 2019

Haïti chérie

"Haïti chérie" était le titre d’un livre que j’avais enfant. C’était l’histoire triste d’une jeune fille, servante et esclave d’une riche famille de Port-au-Prince, qui cherchait  à tout prix la liberté et dont le destin tragique se termina brutalement en tentant de rejoindre les États-Unis. Ce livre m’avait vraiment marquée à l’époque, de par son réalisme et sa fin malheureuse. Ce roman fait toujours écho plus de vingt ans plus tard, à la vie de nombreux migrants qui risquent leur vie dans l’espoir d’une vie meilleure. Haïti est un pays qui continue aujourd’hui à être ravagé par la pauvreté et l’insécurité. Depuis trois ans, grâce à une association de terrain, nous avons commencé à parrainer un enfant afin de lui permettre de suivre une scolarité secondaire. Cet élève brillant fait preuve d’efforts acharnés et de persévérance. Il vit au sein de la région la plus pauvre de l’hémisphère nord, au sein du bidonville de Cité Soleil, à Port-au-Prince. La France et les États-Unis ont un long passé, peu glorieux, avec Haïti. Ce passé n’est que peu -voire pas du tout- abordé dans les manuels d’histoire, et pourtant il fait partie d’une histoire à ne surtout pas oublier. Ancienne colonie française, la colonie de Saint-Domingue, elle a connu les atrocités de l’esclavage, les sévices, et les mutilations. Haïti est devenue Haïti après l’obtention de l’indépendance en 1804, après une longue révolte du peuple réclamant sa liberté. Mais à peine née, Haïti etait déjà endettée, la France lui réclamant une dette monstreuse en échange de sa propre souveraineté. Pendant cent vingt-cinq ans, la France a saigné les finances d’Haïti, pour une somme représentant 20 milliards de dollars actuels. L’économie de l’île de s’en est jamais relevée. Donc non seulement la France a exploité une colonie pour s’enrichir, mais elle a continué de s’enrichir après l’indépendance. Du côté des États-Unis, ce n’est tellement pas plus reluisant. L’occupation des américains a duré de 1915 à 1934, afin d’y défendre leurs intérêts financiers, et s’est poursuivie par un contrôle douanier jusqu’en 1946. Je ne me souviens pas avoir appris en cours d’histoire comment la France et les États-Unis ont ruiné Haïti. Pourtant, c’est loin d’être un détail et le pays continue encore aujourd’hui à être l’un des plus pauvres du monde. 80% de sa population y vit sous le seuil de pauvreté. Alors y parrainer un élève n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans un océan de souffrance, mais les gouttes d’eau associées finissent toujours par devenir de grandes rivières. De mon côté, je me réjouis à chaque lettre de mon petit filleul, qui est l’un des meilleurs élèves de sa classe et qui mériterait tellement plus que ce qu'il reçoit présentement...


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