lundi 10 septembre 2018

Une nouvelle école


Je l'avais brièvement mentionné lors de mon dernier article, j'ai été affectée à une toute nouvelle école une semaine après la rentrée. Finie mon ancienne école où le doux créole berçait mes journée, j'ai déménagé dans une école démesurée qui accueille près de 1200 étudiants. Il s'agit d'un centre scolaire qui accueille régionalement des enfants à besoins spécifiques, et notamment des enfants autistes. Située en plein coeur de Little Havana, l'espagnol constitue maintenant la langue dominante de mon environnement professionnel. Tous mes collègues parlent bien sûr anglais, mais bon nombre d'entre eux parlent espagnol à la maison. L'école est une école classique qui a développé un programme spécifique pour les élèves présentant un trouble du spectre autistique. Ces enfants sont repartis dans des classes spécialisées, et certains d'entre eux passent tout ou partie de la journée avec des enfants tout venant ; on parle alors de classes d'inclusion, où l'on inclue les enfants autistes (qui en sont capables) à des classes d'enfants typiques. Ils reçoivent alors des services spécialisés pour les matières fondamentales (lecture, écriture et mathématiques), mais ont l'occasion de partager un enseignement classique pour les autres matières. Une belle manière de tenir compte à la fois des difficultés et du potentiel d'apprentissage. D'autres enfants, peut-être plus en difficulté ou dont le trouble est plus sévère, sont intégrés à des classes spécialisées uniquement pour enfants autistes. Les groupes sont très petits, sept à dix étudiants pour deux à trois adultes. Vous avez bien lu, deux ou trois adultes, et certains enfants ont même des paraprofessionals, un genre d'AVS à plein temps qui les aide individuellement tout au long de la journée. Certains enfants qui en ont les capacités suivent le programme normal. Ils pourront sans doute un jour obtenir leur diplôme de fin de lycée, grâce au suivi individualisé et aux classes restreintes. D'autres, plus en difficulté, reçoivent un programme modifié et adapté, qui les conduira à un diplôme "spécial", une sorte de diplôme alternatif pour les étudiants à besoins spécifiques. Dans ces classes, les enfants non verbaux, qui possèdent des difficultés sévères de comportement, de communication et d'apprentissage, avancent à leur rythme. Certains lisent et écrivent déjà tandis que d'autres en sont à apprendre les notions d'attention conjointe et référence conjointe. Pour bon nombre d'entre eux, il leur faut beaucoup d'assistance pour acquérir de petites connaissances, étape par étape. Je connais l'existence des classes spécialisées en France, mais je n'ai jamais entendu parler d'un tel ratio prof/élève. Il faut dire que les Etats-Unis sont beaucoup plus en avance pour accueillir les enfants handicapés à l'école que ne l'est la France. Ou plutôt, la France est sacrément en retard pour favoriser cet accueil. La volonté est là, mais les moyens ne suivent pas. Je connais tellement de parents français qui doivent se battre bec et ongles pour que leur enfant autiste puisse être scolarisé... Alors pourquoi un tel décalage ? Au pays de l'Oncle Sam, l'IDEA (Individuals with Disabilities Education Act) est une loi fédérale (nationale) qui assure aux enfants handicapés une éducation gratuite et adaptée. De facto, les enfants doivent être accueillis à  l'école, et donc l'école a dû s'adapter. J'ai des amis enseignants en France qui ont hérité d'enfants à besoins spécifiques dans leur classe, sans formation, sans aide aucune, et sans guidance. Intégrer pour intégrer mais sans réels moyens et à la charge des enseignants n'est pas une solution. L'idée de créer des classes spéciales (qui seraient bien plus nombreuses qu'aujourd'hui), où les enfants handicapés pourraient partager une partie de la journée et certaines matières avec des élèves tout venant me parait bonne.  Mais la décision est d'abord politique, et surtout économique. Et ce système américain fait ses preuves ; de plus en plus d'enfants autistes qui en ont le potentiel vont maintenant à l'université, grâce à leur parcours scolaire facilité. Encore faudrait-il que cette réussite s'étende à notre bon vieux continent...


lundi 3 septembre 2018

Labor day weekend



Ce lundi était férié pour célébrer labor day, un sorte d'équivalent de la fête du travail aux Etats-Unis. Comme chaque année depuis notre arrivée à Miami, nous sommes allés à la plage ce jour-là, histoire de prolonger les vacances, à peine deux semaines après la rentrée. Nous avons donc rempli la voiture et pris la route vers Lauderdale-by-the-Sea, une heure au nord de Miami, où nous avons nos habitudes. La tempête tropicale Gordon aura décidé de s'en mêler, ce qui nous a forcé ce matin à écourter notre séjour et à revenir à la maison sous une pluie battante. Mais cette météo récalcitrante n'a pas su entacher notre enthousiasme ; entre les gouttes, le soleil a pu se montrer et nous avons pu emmener notre petit Loulou jouer dans les vagues, courir derrières les goélands et faire quelques pâtés de sable. Nous avons aussi pu étrenner notre tout nouveau beach wagon, sorte de petit charriot pliable dont les roues sont adaptées au sable, ce qui permet de transporter le parasol, la glacière, les jeux de sable, les serviettes, et accessoirement, notre toddler de presque deux ans et demi qui raffole particulièrement des voyages sur roulettes. Le vent était assez violent, et les vagues très puissantes, et la présence d'algues un peu partout nous a décourager de réellement nager, mais nos pieds et nos jambes ont pu faire trempette, ce qui est déjà pas mal. Cet après-midi, c'est donc depuis notre maison que j'écris ce billet, tandis que la pluie battante continue de s'abattre sur toute la région du sud de la Floride. Demain, après ce weekend prolongé, je retourne travailler avec un petit peu d'appréhension, ayant été affectée à une nouvelle école quelques jours après la rentrée, mais ce sera le sujet d'une tout autre histoire...