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mardi 26 mai 2020

Un petit secret dans la valise


Les jours qui nous restent en France sont comptés. Dans une semaine, nous serons en route pour Roissy, afin d'attraper un vol transatlantique le lendemain. Nous partons donc tous les trois pour les Etats-Unis, et je devrais dire tous les quatre, car notre famille va s'agrandir en Septembre ! C'est une petite fille, en pleine forme, qui grandit bien malgré le contexte d'une grossesse particulièrement difficile. Il y a d'abord les maux typiques, connues par bon nombre de femmes, qui teintent la joie d'attendre un enfant en rendant la vie considérablement plus difficile. Entre les nausées et les vomissements (loin de s'arrêter à la fin du premier trimestre et qui perdurent), la fatigue extrême, les douleurs ligamentaires, la sciatique, la constipation (je vis d'un régime de pruneaux et de fruits laxatifs), les hémorroïdes (amis du glamour, bonjour), le goût métallique en bouche en permanence, l'hypersalivation, et les insomnies, je crois que je peux cocher sur ma liste à peu près tous les désagréments en lien avec mon état de parturiente. A cela s'ajoutent les complications médicales, franchement plus inquiétantes et qui pourraient fort bien compromettre ce retour aux Etats-Unis. Les contractions hyper précoces depuis le début de mon quatrième mois, la modification de mon col et la perte du bouchon muqueux hier (amis du glamour, re-bonjour), associées à des échographies répétées et spécialisées dans plusieurs hôpitaux, me font craindre un accouchement prématuré et m'obligent à un repos quasi-complet avant le départ. Et je n'en suis qu'à vingt-quatre semaines. Alors si je rêve quotidiennement de ne plus subir de nausées et que j'attends l'accouchement avec impatience, il serait quand même bon de garder bébé au chaud le plus longtemps possible pour éviter la grande prématurité. Ce qui en soit est plus facile à dire qu'à faire avec une hyperactive dans mon genre qui a du mal -en temps normal- à s'asseoir plus de cinq minutes. Alors je m'astreins à ce repos forcé, et je croise les doigts pour obtenir le feu vert de mon cher gynécologue adoré (sarcasme) pour prendre l'avion. Et d'ici là, je parle tous les jours à cette petite louloute pour qu'elle comprenne bien qu'il est trop tôt pour arriver, malgré son impatience ! Car après tout, il est quand même largement préférable que le gâteau reste au four jusqu'à ce qu'il soit bien cuit...

mercredi 20 mai 2020

La fin d'une parenthèse lyonnaise


J'ai vidé mon bureau à l'hôpital, quitté à regret mon poste d'orthophoniste en gériatrie que j'aimais tant, et commencé les cartons pour le déménagement. Dans deux semaines, nous repartons aux Etats-Unis. Direction : la Floride, où les températures chaudes et le climat humide nous attendent de pied ferme. En théorie, les frontières américaines sont fermées. En pratique, les citoyens américains et les porteurs d'une carte verte ont le droit de rentrer sur le territoire. Nous nous préparons néanmoins physiquement et psychologiquement à un voyage pénible, et à enchainer sur un confinement volontaire à la maison d'une quinzaine de jours. Dans tous les cas, l'absence de vols directs rendra le trajet nettement moins rapide. Ensuite, les règles sanitaires en vigueur (largement nécessaires en pleine épidémie de Covid-19) vont largement contribuer à l'inconfort du voyage. Allez donc faire porter un masque (même de super héros !) pendant dix heures consécutives à un enfant de tout juste quatre ans... Et pour ne rien arranger, les compagnies aériennes ne cessent de changer les heures et dates des vols prévus. Pour l'instant, notre vol Paris-Atlanta est reporté à une heure plus tardive de la journée, ce qui fait qu'il est impossible d'assurer la connection Atlanta-Miami. Après des heures au téléphone à essayer de démêler les solutions possibles, Logan a fini par réserver une chambre d'hôtel à Atlanta à côté de l'aéroport, et pris des places sur le vol du lendemain. Et mêmes ces vols-là sont en suspens : rien ne garantit que la compagnie aérienne ne décide pas soudainement de changer à nouveau les heures de vol, au dernier moment. Il va donc nous falloir nous armer de patience, être flexible, et tout-à-fait préparés à l'éventualité d'un long -très long- voyage. Entre la route jusqu'à Roissy depuis Lyon (dans un contexte d'agence de location de voitures en train de faire faillite -on croise les doigts pour récupérer un véhicule assez grand pour les bagages-), le vol international avec masque obligatoire jusqu'à Atlanta et la correspondance très vraisemblablement compromise, nous nous attendons à un voyage d'au moins trois jours. Inutile de dire que je vais devoir soigneusement préparer mon fameux sac magique de maman, avec de nombreux en-cas, jeux compacts, et distractions surprises, afin de divertir un petit tyran de quatre ans bien remuant et qui n'en fait bien souvent qu'à sa tête. Ce matin par exemple, avide d'expériences nouvelles, bien mal lui en a pris de se saisir des ciseaux très coupants et de de se refaire (à sa façon) la coupe de cheveux tout juste rafraichie chez un coiffeur professionnel quelques jours plus tôt. Résultat : un trou béant dans les cheveux du front, qui n'auraient pas mieux été coupés par une tondeuse électrique. Note pour moi-même : mettre immédiatement sous clé tout objet tranchant de la maison, et matelasser les murs. On n'est jamais trop prudent. Et d'ici le départ, équiper le môme d'une tenue de protection incluant casque et armure anti-chocs, histoire d'éviter tout passage aux urgences en pleine période de coronavirus...

samedi 2 mai 2020

Boring rainy days


La pluie est finalement arrivée sur la région lyonnaise, ce qui aide considérablement notre famille (très encline à souffrir d'allergies au pollen particulièrement handicapantes) mais rend encore plus monotone ce confinement. Les journées se suivent et se ressemblent. Amaury tourne en rond comme un petit lion en cage, et il est de plus en plus difficile de l'occuper intelligemment. Je ne suis pourtant pas convaincue qu'il retourne à l'école compte-tenu des conditions actuelles. Ses enseignants évoquent la date du 25 Mai, et nous avons d'autres projets pour la fin de l'année scolaire. J'ai longtemps plaint les parents de familles nombreuses et surtout lorsque ce sont (généralement) les mamans qui se collent à la garde forcée de leurs enfants, mais maintenant je plains aussi les parents d'enfants uniques qui se retrouvent à jouer aux legos et aux barbies toute la journée. Nous avons la chance d'avoir quelques autres enfants dans l'immeuble, tous confinés depuis plusieurs semaines, avec qui Amaury peut jouer de temps à autre et retrouver un temps social autre qu'avec nous. Il me reste toujours la piñata de son anniversaire (qui avait été annulé) et je pense pouvoir organiser une sauterie avec les autres petits de la résidence histoire de l'utiliser malgré tout. Bref, les journées sont toujours rythmées par les mêmes activités, relativement redondantes, et la pluie rend les sorties au jardin encore plus limitées. Heureusement, les activités cuisine et pâtisserie rendent les après-midi plus courtes et les goûters plus intéressants. Reste à savoir si nous réussirons à passer l'encadrement de la porte à l'issue de ce confinement, car une dodufication* sévère est en cours.

*néologisme totalement approprié.

dimanche 12 avril 2020

Pâques à la maison


Ce billet aurait tout simplement pu s'intituler "Pâques confinés", mais la redondance et la gravité du sujet me semblaient particulièrement enclines à entacher l'esprit de réjouissance qui est d'ordinaire le mien. Alors soit, Pâques cette année ne ressemble absolument pas à ce qui était prévu, mais la journée, ensoleillée, particulièrement riche en chocolats, s'est annoncée dès l'aube sous d'heureux auspices. Amaury et moi avons décoré un sac en papier afin de collecter des trésors sucrés lors de la chasse aux oeufs, organisée ce matin dans le jardin. Il a fait bonne récolte, et particulièrement apprécié le moment. J'ai pu aussi m'affairer un peu en cuisine, le confinement me donnant l'envie de pâtisser. Deux grosses brioches aux pralines de Lyon plus tard, l'après-midi s'est déroulée, entre les différentes vidéoconférences avec famille et amis aux quatre coins de la planète, des pauses-chocolats bien méritées, et des jeux de construction à l'en plus finir. Alors les fêtes pascales ont tout de même été réussies cette année. Ne reste plus qu'à espérer la fin proche de ce confinement, tout en gardant à l'esprit que bon nombre de citoyens continuent à être sur le front, à approvisionner la France, à soigner les malades, et à faire tout ce qu'ils peuvent pour enrayer cette satanée pandémie. Alors le mot d'ordre est simple : restons chez nous.


vendredi 3 avril 2020

Confinés


Il est impossible de commencer ce billet sans immédiatement partager ma gratitude envers tous ceux qui font tourner la France aujourd'hui : merci de votre engagement, merci de votre dévouement. J'ai une pensée toute particulière pour les personnes appartenant au personnel soignant, qui sont sur le front, face à cette saleté de virus et qui gèrent comme elles peuvent le manque de moyens de protection et l'afflux massif de malades. Cela mériterait d'ailleurs un petit article à part entière, tant il y aurait à dire. Depuis quelques semaines et comme la quasi-intégralité des français, ainsi qu'une bonne partie du reste du monde, nous sommes reclus à la maison et ne sortons que pour des raisons indispensables. Provisoirement, je ne travaille pas, tombant automatiquement dans la catégorie des personnes "à risque" (mais c'est une tout autre histoire). J'en profite alors pour m'occuper beaucoup plus de mon petit Loulou, qui a fêté ses quatre ans en confinement. Son anniversaire avec les copains a été reporté sine die, et je me demande si l'on va être capable de célébrer ça avec ses camarades de classe avant l'été. J'ai un gros carton en réserve qui renferme les trésors dédiés au dit événement, tels qu'une piñata géante en forme de tyrannosaure et divers éléments de décoration -tous sur le thème des dinosaures-. Dans le carton en question s'entasse aussi les chocolats de Pâques, qui ont déjà été bien attaqués par moi et mon appétence énorme pour le sucré. J'espère quand même qu'il en restera pour le passage des cloches d'ici une belle semaine ! Alors comment occupe-t-on son temps lorsque l'on est reclus dans un appartement ? Il faut déjà préciser que je nous considère très chanceux, par rapport à bon nombre de français ; l'appartement n'est pas minuscule, et nous avons accès au grand jardin de l'ENS qui constitue, à lui seul, un parc privé immense. D'autre part, il me serait bien impossible d'affirmer que je réussis seule à gérer un petit énergumène aux besoins de mouvements quotidiens décuplés. Logan est en télétravail mais s'occupe énormément de son fiston, lequel partage ses journées entre différentes activités plus ou moins élaborées : jeux libres, lecture, dessins, coloriages, peintures, pâte à sel, cuisine, parcours sportifs, tours en trottinette et temps calmes sur son sacro-saint (et ô combien indispensable) écran. Inutile de préciser que nous regrettons amèrement l'époque de la sieste, temps chéri et déjà relativement ancien où Amaury était capable de "disparaître" pendant au moins une bonne heure et permettre à ses parents de souffler. Alors en attendant la fin du confinement, je me surprends à penser qu'aller travailler est nettement plus reposant que de rester à la maison, et j'envoie toutes mes pensées aux mamans de grandes tribus, recluses avec leurs petits monstres à la maison, qui gèrent et assurent la classe à domicile d'une main de maître...


vendredi 13 mars 2020

Travailler à l'hôpital en ces temps de pandémie

Les événements sont quasi-historiques. Devant l'incertitude nationale, et face à un virus encore méconnu, les professionnels de santé sont en ligne directe face à la complexité de la situation, les mesures de prévention et la nécessité absolue de continuer à prodiguer des soins aux patients qui en ont besoin. Je ne suis pas vraiment considérée comme une employée indispensable, mais mon travail consiste néanmoins à effectuer (de façon quasi-exclusive) des bilans de déglutition, et de décider qui est à risque majeur de fausse route, qui mange, qui ne mange pas et qui mange quoi. J'ai plus peur d'attraper le Covid-19 en prenant le métro qu'en travaillant à l'hôpital, où les visites sont désormais interdites, où tout est propre et désinfecté, et où j'ai accès à des moyens de protection efficaces. La réelle incertitude tient dans mon planning au cours des prochaines semaines : dès lundi, les écoles de Lyon seront fermées, et ce jusqu'au début du mois de mai. Alors en ayant un petit loulou de presque 4 ans à la maison, et en travaillant dans un établissement qui interdit tout visiteur extérieur, je ne vois pas encore comment je vais conjuguer activité professionnelle et vie de Maman. Bref, au moment où je finis cet article, l'incertitude totale persiste. Je croise les doigts pour que ce satané coronavirus épargne la ville, comme en 1643 où la peste -semblairait-il- s'était arrêtée aux portes de Lyon...


samedi 4 janvier 2020

Hello, 2020


2019 est passée à une vitesse folle. Le changement de vie et la réadaptation à la vie française s'est faite tout naturellement. Quel bilan dresser de ces douze derniers mois ? Un bilan positif, sans doute. Amaury a poussé comme un champignon, et il est devenu un petit garçon au caractère bien affirmé,  intarissable de questions et au profil plutôt têtu. Il continue à vouer une sainte passion pour les véhicules en tout genres, et a découvert avec joie les legos et les playmobils. Il prend des cours d'éveil musical tous les mercredis, histoire de parfaire son oreille et ses capacités d'écoute avant de démarrer un instrument l'an prochain. Peut-être le piano, pour commencer, et suivre les traces de sa mère ? Il a passé de fantastiques fêtes de fin d'année avec ses cousins, dont il ne cesse de parler à tout va et qu'il a hâte de revoir. Logan continue son projet de recherche avec le Collégium, travaillant d'arrache-pied lorsqu'il n'est pas contraint d'adapter son emploi du temps aux grèves de l'école. De mon côté je m'épanouis toujours autant en gériatrie, et j'ai pu prendre deux/trois jours de RTT pour passer Noël en famille. J'ai du mal à visualiser ce que cette nouvelle année va nous apporter. Du beau temps et de la douceur, j'espère, même si la neige serait la bienvenue pour aller skier en famille. C'est d'ailleurs prévu pour fin Janvier, et nous avons tous très hâte que de fouler la poudreuse et d'arpenter les pistes !  D'ici là, Amaury reprend l'école lundi, ce qui ne le réjouit pas trop mais va sans doute  beaucoup plaire à ses parents. Après tout, les vacances ont été très prolifiques et il est bien temps de reprendre un rythme un peu plus régulier...