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mercredi 15 septembre 2021

Une carrière mixte en Floride

La vie d'une mère de famille est bien souvent ponctuée de journées chargées, chronométrées, minutées, où bon nombre de taches ménagères s'ajoutent à une carrière prenante. La vie de père de famille n'est d'ailleurs pas non plus moins chargée, dans une société moderne où l'homme fait très largement sa part. Dans un monde idéal, je travaillerais dans des conditions "à la française", avec des congés payés, une couverture maladie, du temps supplémentaire rémunéré et la possibilité de prendre des vacances. Dans un monde parfait, je serais payée au mois, et non pas à l'heure (voire à la minute), et mon emploi du temps ne serait pas contrôlé à chaque seconde, ma rentabilité calculée, et mon temps de paperasse à rallonge. Mais bien sûr, il n'existe pas de monde idéal, et j'ai déjà la chance de pouvoir travailler partout, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Mais depuis que notre famille s'est agrandie, le planning de l'hôpital m'est apparu de plus en plus incompatible avec ma vie de maman, laissant peu de place à la prévisibilité, ni en terme de revenu, ni en terme d'emploi du temps, avec de longs trajets en voiture, des journées rallongées ou écourtées (selon les variations du taux d'hospitalisation), et une reconnaissance professionnelle significativement amoindrie. Alors, si l'exercice hospitalier aux Etats-Unis n'est pas de tout repos, et qu'il correspond à mon amour pour la dysphagie et les troubles neurologiques de l'adulte, il n'en est pas moins difficile à concilier à mes autres casquettes de mère et d'épouse. J'ai donc pris la décision, bon gré mal gré, de retourner travailler également au sein des écoles, et de réserver l'hôpital aux journées occasionnelles (histoire d'assurer un revenu régulier et un planning relativement prévisible). Je continue à être payée à l'heure, sans congés payés et sans assurance maladie (laquelle est heureusement disponible par le travail de mon homme), mais je ne suis plus payée à la minute (et c'est déjà une belle différence). Mon planning reste bien rempli, mais je ne rentre pas à la maison plus tôt -sans être payée- si mes patients sont absents ou indisponibles.  De fait, même si j'enchaine toujours les séances de rééducation toute la journée, les conditions de travail sont (très légèrement) meilleures, je suis sûre de rentrer à la maison à une heure très raisonnable, et de ne pas travailler ni un jour de weekend (ou très rarement), ni un jour de fête. Je suis de fait un peu plus disponible pour mes petits loulous, lesquels grandissent bien évidemment beaucoup trop vite et je tiens à en profiter avant qu'ils ne partent tous les deux à la fac (oui, c'est presque demain, je sais). Alors je continue à me former, étant d'une nature avide de connaissances, car je dois cumuler une expertise professionnelle dans des domaines très différents. J'ai par exemple de nombreux petits patients sourds, appareillés ou avec implants cochléaires, et c'est un domaine que je maitrise encore peu. Cela étant, il me semble que je ne vais pas regretter les très longs trajets en voiture pour aller sur mon lieu de travail, sachant qu'avec l'autoroute et les voies express il ne me faut pas plus de quarante minutes pour arriver sur place. Pour une métropole de la taille de Miami, c'est le rêve absolu. Joséphine et Amaury vont à la garderie avant l'école et la crèche, mais ils rentrent à la maison un peu avant 17 heures et cela fait déjà des journées très remplies. Pour le reste, le quotidien reste tout de même très chronométré, et les weekends sont de fait très appréciés, entre les baignades dans une eau à la même température que l'air et les journées très ensoleillées de la Floride...



samedi 11 septembre 2021

Un an

Un an, douze mois, cinq cent vingt cinq mille six cents heures, et encore bien plus de minutes se sont écoulées depuis la naissance de notre Mademoiselle Sourire. Le temps est passé extrêmement vite et je me revois encore, chez mon obstétricien, plaider pour attendre une naissance franco-américaine qui ne tombe pas un onze septembre. Je me souviens de ses traits amusés, et de son sourire hilare que j’ai deviné sous son masque, lorsqu’il m’a répondu qu’elle arrivait, là, presque toute de suite, onze septembre ou pas. Je me revois me conduire moi-même à l’hôpital de l’autre côté de la rue, être admise, et accueillir très vite une petite boule blonde d’amour parfaite en compagnie de son papa. Joséphine a su trouver sa place toute de suite, toute en sérénité, en complétant la famille par ses sourires et sa bonne humeur. A un an, elle communique déjà très bien par ses mots, ses gestes et ses intonations. C’est une petite fille qui sait ce qu’elle veut et qui le fait savoir, entre deux gloussements provoqués par l’admiration sans bornes qu’elle voue à son frère. C’est aussi une belle dormeuse qui nous laisse nous reposer, à défaut d’avoir connu ce bonheur avec notre numéro un. 6 dents, pour croquer la vie à pleine dents, un appétit sans failles et une appétence pour tout ce qu’elle peut manger seule. Je ne sais pas qui elle sera en grandissant, ni ce qu’elle aimera, et encore moins ce qu’elle fera, mais j’ai une certitude : cette petite Louloute aura le sourire aux lèvres et une envie féroce d’explorer le monde. Et d’ici là, ma petite souris, ma toute belle, ne te dépêche pas trop de grandir, le temps passe trop vite et je ne peux pas l’arrêter...

mercredi 25 août 2021

Un été trop court


Il aura fallu un simple claquement de doigts pour que l'été se termine et que la rentrée s'annonce à cor et à cri. Après un bon mois de voyage, la transition s'est faite, plus ou moins en douceur, pour de toutes nouvelles aventures professionnelles (qui seront détaillées dans un prochain billet). Pour l'heure, je m'estime chanceuse d'avoir pu échapper à la chaleur moite de Miami en passant quelques temps dans le Michigan, à manger délicieusement chez beau-papa et belle-maman, à faire du vélo, à flâner, et à faire des grasses matinées bien méritées. L'idée même de devoir me lever tous les jours pour reprendre le travail ne m'enchante d'ailleurs guère, même si en réalité le terme de grasse matinée se révèle très galvaudé et désuet lorsqu'on a une petite Louloute de presque un an. J'ai eu aussi l'immense privilège que de revenir en France pour quelques jours, qui sont passés à une vitesse folle, mais qui ont permis (outre de faire le plein de pâtisseries françaises et de saucisson) de voir famille et amis qui n'avaient jamais rencontré Joséphine que par écrans interposés. Et dire que j'avais presque oublié le bon goût de la baguette croustillante, du pâté de lapin, du vrai fromage et des haricots verts du jardin ! Le Jura en été est un véritable havre de paix, où la météo ne s'est pas forcément montrée clémente cette fois-ci mais où j'ai pu renouer -avec joie- avec ma véritable patrie natale. Depuis, Joséphine et Amaury ont repris l'école et la crèche, au même endroit et au sein du même établissement (histoire de simplifier les trajets), certains en trainant plus les pieds que d'autres, mais en étant néanmoins contents. Les journées sont donc redevenues très chargées puisque nous travaillons à plein temps et que les enfants occupent pas mal nos matinées et nos soirées. Tous deux ont passé un fort bel été, malgré la pandémie mondiale, les tests PCR et antigéniques, les masques et le gel hydroalcoolique, et ils auront bien profité de cette parenthèse enchantée sur deux continents. Il semble également que bon nombre de français puissent poursuivre les vacances encore davantage, alors profitez-bien (chers petits veinards) de la douceur du mois d'Août dans l'hexagone, et nous vous enverrons un peu de chaleur de notre zone tropicale lorsque vous en manquerez. 

vendredi 4 juin 2021

Elever un enfant plurilingue (épisode 3)

Mon grand garçon continue à être immergé quotidiennement dans un bain de langage français/anglais et espagnol (dans une moindre mesure), et cette situation n'est pas pour nous déplaire. Le bilinguisme est un véritable voyage aux nombreux détours, avec des phases de progrès dans l'une des langues et de régression dans l'autre. J'avais déjà partagé notre expérience dans deux articles à relire ici et ici. Si l'espagnol faisait partie intégrante de sa vie, cette langue est maintenant reléguée à un second plan sans réelle possibilité de retour en arrière. L'espagnol est partout à Miami, mais Amaury n'en connait plus que quelques mots. Il comprend certaines phrases fréquentes mais n'est pas vraiment capable de répondre, au delà des couleurs, des chiffres et des chansons. L'anglais est devenu (à mon grand regret) la langue majoritaire. Langue de l'école, langue parlée avec son père et sa famille américaine, langue des dessins animés... l'anglais est presque partout, sauf avec moi. La pandémie a ajouté à cette régression du français, faute de pouvoir le parler souvent avec d'autres interlocuteurs. Mes parents n'ont pas pu venir comme ils le faisaient chaque année, et je vois bien que ses capacités à s'exprimer dans la langue de Molière sont largement en-deça de ce qu'elles pourraient être. Cela étant, Amaury lit beaucoup mieux en français qu'en anglais (loin s'en faut), et c'est une chance car je peux favoriser les livres francophones. Je ne lui lis jamais de livres en anglais, et je privilégie au maximum le français. Cela sera possible au moins jusqu'à ce qu'il apprenne à lire en anglais, au delà des quelques mots qu'il déchiffre déjà. Alors je me rassure en pensant que notre petit voyage en France cet été lui fera le plus grand bien. La maitrise d'une langue dépend de nombreux facteurs, et dans tous les cas je ne veux pas restreindre sa communication. Il aime parler avec Joséphine en anglais, et l'anglais est dominant dans ses jeux. Finalement, ma seule marge de manoeuvre, au-delà des livres, c'est de communiquer exclusivement en français ensemble (ce qui n'est pas toujours facile), à défaut de pouvoir faire mieux. De son côté, Joséphine réagit très bien à son nom dans toutes les langues. L'espagnol est dominant à la crèche, et c'est tant mieux. Et si un jour notre Chepita choisit de suivre les pas de son frère, le plus important est de conserver au moins l'anglais et le français, et qu'elle puisse communiquer facilement, comme lui, quelle que soit la langue utilisée... 



lundi 10 mai 2021

Monsieur B.

La valve phonatoire Passy-Muir, utilisée pour les patients trachéotomisés (à droite).
Le kit d'aspiration endotrachéale, à utiliser avant de poser la valve phonatoire (à gauche).

Il se pensait à l'abri du covid-19 Monsieur B. Lui qui ne fume pas, boit très peu, et n'a pas de maladie grave que l'on considère comme facteur de risque aggravant de cette pandémie. Non, Monsieur B. n'a pas de diabète, il n'est pas obèse, et même, il a couru un semi marathon à l'automne dernier. Non, vraiment, Monsieur B. n'a pas peur du covid. A 45 ans (presque 46), il ne rentre pas dans la catégorie des personnes qui doivent s'inquiéter. Et pourtant, il l'a attrapé, ce maudit virus. Au départ, une banale petite fièvre, une toux, trois fois rien. Une perte de goût et d'odorat, bon, ce n'est pas si grave. Et puis finalement, au bout de dix jours, des difficultés à respirer qui lui paraissent très bizarres. Aux urgences, on ne veut pas l'hospitaliser, et on le renvoit chez lui. Mais dans la nuit, il peine à reprendre son souffle dans son lit, alors il y retourne, aux urgences, dans cette salle d'attente où l'on attend des heures. Et puis oui, finalement, Monsieur B. a besoin d'oxygène, alors il est admis. Hospitalisé, lui, le coureur de semi-marathons. Mais rien de si grave, un peu d'oxygène par canule nasale, pas de quoi fouetter un chat. Et puis ce maudit virus dégénère en véritable pneumonie. Et là, l'équipe médicale s'affole. On descend Monsieur B. en réanimation. Là où probablement les soignants sont les plus à mêmes de s'occuper de son cas. Et puis, l'oxygène par voie nasale ne suffit plus. Alors le médecin prend la décision d'intuber Monsieur B. Sauf que pour être intubé avec ce gros tube qui est enfoncé très loin dans la gorge, et être branché sous respirateur, il faut dormir car c'est horriblement inconfortable. Alors Monsieur B. est placé en coma artificiel pendant quelques jours. La ventilation mécanique assistée aide ses poumons à respirer car ils ne sont pas capables d'oxygéner le corps seuls. Et les journées se succèdent, Monsieur B. est inconscient, le respirateur le maintient en vie. Et puis, un jour, l'extubation. Mais Monsieur B. n'est toujours pas capable de respirer seul, la tentative de sevrage du respirateur échoue. Alors, afin d'éviter le coma artificiel, les médecins pratiquent une trachéotomie. Une canule est insérée directement dans sa trachée par une incision au devant de sa gorge. Pas si grave, en soi, c'est juste un tube et un petit trou. Mais Monsieur B., finalement réveillé du coma, ne peut plus parler. L'air ne passe plus par sa bouche et son nez mais vient directement dans ses poumons. Et puis, comme les jours passent, et que Monsieur B. n'a pas mangé depuis longtemps et que les perfusions seules lui apportent la nutrition et l'hydratation nécessaire, les médecins lui posent un tube de gastrostomie. Pas de quoi fouetter un chat, juste un petit tube inséré chirurgicalement dans son estomac pour le nourrir par sonde gastrique. Mais un tube quand même, qui le nourrit 24h sur 24. Monsieur B. a de la chance, il a échappé à la sonde nasogastrique qui peut être très gênante, dans son nez. Et puis les jours passent. Du respirateur, Monsieur B. passe de nouveau à l'oxygène simple, via sa trachéotomie. Et c'est là que j'interviens. Monsieur B., il ne peut pas parler. Il articule des mots mais sans voix, difficile de le comprendre. Alors le médecin me demande de lui poser une valve phonatoire, histoire qu'il retrouve un passage d'air par le larynx, le nez et la bouche. Histoire qu'il puisse communiquer, se faire comprendre, dire quand il a mal, quand il en a marre, quand il est triste, et quand il a besoin de quelque chose. Alors Monsieur B. me remercie. 6 semaines sans parler, c'est dur. 6 semaines sans manger, c'est également très dur. Mais Monsieur B. a toujours sa trachéotomie, et il va lui falloir se passer de l'oxygène à haute dose pour qu'on puisse le décanuler. Il lui faudra encore deux semaines, avant de tolérer la canule nasale. Pendant cette période, il a soif, Monsieur B. Mais il ne peut pas encore boire ou manger. A jeun, régime sec forcé. 87% des patients trachéotomisés ont un risque de fausse route silencieuse, alors encore une fois, Monsieur B. compte sur moi. Il faudra encore 5 jours pour planifier une vidéofluoroscopie de déglutition. C'est long, mais pendant ce temps, je l'aide à renforcer les muscles impliqués dans la déglutition. Histoire de limiter l'atrophie et d'augmenter les chances d'une reprise alimentaire rapide. Il en a vraiment marre, Monsieur B. C'est long, c'est dur, et il ne peut même plus marcher après toutes ces semaines alité. Le jour de la vidéofluoroscopie de déglutition, l'examen se passe plutôt bien, mais pas parfaitement. Monsieur B. peine à boire des liquides fluides, qui dégringolent dans ses poumons au lieu d'aller directement dans son estomac. Alors il devra boire des liquides épaissis, Monsieur B. Pas de quoi fouetter un chat, mais il en a trop marre Monsieur B. Le covid lui a gâché tous les aspects de sa vie, jusqu'à lui prendre son autonomie. Et il lui faudra encore plusieurs semaines à Monsieur B., pour être capable de boire et manger normalement. Pour la marche, il a encore un long chemin à parcourir, Monsieur B. Ses jambes recommencent seulement à le porter. Alors pour le prochain semi marathon, il va devoir attendre. D'ici là, il rentre finalement chez lui. Après trois mois d'hospitalisation. A cause d'un satané petit virus, qu'il pensait moins dangereux qu'une vilaine grippe saisonnière. Il s'est trompé, Monsieur B. Il s'est tellement trompé qu'il est passé près de la mort, et qu'il rentre chez lui aujourd'hui pour le premier jour du reste de sa vie. Car il veut vivre, Monsieur B. Et si son histoire vous a touchés, sachez qu'elle est totalement vraie. Je n'en ai rien inventé. Je vois des Monsieur B. tous les jours. Certains sont plus jeunes, d'autres plus âgés. Beaucoup ont des pathologies aggravantes, mais pas tous. Alors soyez prudents, et continuez à faire attention à ce maudit virus. Et dans tous les cas, ne me dites pas que ça n'arrive qu'aux autres. Et ne dites surtout pas qu'on ne vous avait pas prévenus...

lundi 15 mars 2021

Working mom 2.0

J'avais déjà publié un petit billet sur le sujet il y a de ça plusieurs années (à relire ici). Ce congé maternité-ci s'est étiré un peu plus longtemps que prévu, mais il est finalement arrivé au bout de ce que notre porte-monnaie pouvait supporter. Je suis donc retournée travailler il y a quelques semaines, à temps partiel d'abord, avec la perspective de (peut-être) compléter mes heures pour atteindre un temps complet à l'avenir. La pandémie mondiale a durement impacté les écoles de Miami, et le district a gelé toutes les nouvelles embauches au cours de cette année scolaire. J'ai donc pris la décision de revenir travailler à l'hôpital, avec des patients adultes dont bon nombre sont des survivants du Covid. Qui dit problèmes respiratoires, dit intubation, coma, gastrostomie, trachéotomie et donc... orthophonie. Mon quotidien en scrubs est ponctué de rendez-vous avec des patients plus ou moins jeunes (oui, même des patients jeunes et en bonne santé peuvent se retrouver en soins intensifs à cause du covid, n'en déplaise aux inconscients qui pensent que seules les personnes âgées sont à risque), pour bilans de la déglutition, de la voix (l'intubation fait des dégâts), et quelques évaluations de langage et de cognition. Pour l'instant, je couvre deux hôpitaux d'un même groupe, l'un de façon régulière et l'autre de façon beaucoup plus occasionnelle. Retourner travailler a été difficile et salutaire en même temps. Si je ne me suis jamais vue comme mère au foyer, j'ai apprécié les mois à la maison, malgré les journées et les nuits chargées qu'imposent un nouveau-né. Et puis récemment, j'ai eu des fourmis dans les jambes. L'envie de reprendre une activité professionnelle s'est faite plus pressante, et j'ai commencé à chercher activement un emploi. J'ai eu le luxe de refuser plusieurs propositions d'embauche, soit mal payées, soit compliquées en termes de planning, mais j'ai eu raison. J'ai envie de voir mes enfants grandir, et la perspective de travailler tous les weekends était exclue. Joséphine s'est bien adaptée à la crèche, et Amaury apprécie que je puisse venir le chercher à l'école le soir. Ne reste plus qu'à espérer que cette saleté de pandémie mondiale s'améliore, pour que l'on puisse planifier notre été, et ce même si un retour en France pour des vacances semble de plus en plus compromis...



vendredi 19 février 2021

Une décennie américaine

Photo prise le 19 Février 2011, à mon arrivée

Cela fait exactement dix ans. Dix ans que j'ai débarqué à l'aéroport de Newark avec mes deux fois vingt-trois kilos de bagages. Le dix-neuf Février 2011, je suis finalement arrivée sur le sol américain après un très long processus d'attente de mon visa d'immigration (voir l'article de l'époque à relire ici). J'ai encore en bouche le souvenir nauséeux du cheeseburger de Continental Airlines qui n'avait pas tellement aimé les turbulences de l'avion. Quand je regarde furtivement derrière moi et que je réalise que dix belles années se sont écoulées depuis ce fameux jour, j'ai cette impression troublante d'avoir terriblement vieilli. D'avoir aussi considérablement mûri. Et d'avoir pu accomplir tellement -et tellement plus- que je ne l'aurais imaginé à l'époque. Les obstacles ont certes été nombreux, mais toutes les difficultés rencontrées, tous les challenges qu'il a fallu surmonter, et toutes les pierres sur ce long chemin ont valu le coup. It was totally worth it. Retourner à l'université pour obtenir un second diplôme d'orthophoniste, acheter une, puis deux maisons, changer d'état et de climat, passer trois fois d'un continent à l'autre, exercer dans une langue qui n'est pas ma langue maternelle, avoir mes deux enfants, former une famille complètement franco-américaine, s'adapter à des nouvelles coutumes, de nouvelles habitudes et de nouvelles traditions... Je me souviens très précisément des confidences d'une adorable camarade de promo, qui m'avait confié à l'époque que ses parents étaient franco-espagnols et qu'ils s'étaient rencontrés à Londres, et que leur belle histoire bilingue et biculturelle était toujours d'actualité plusieurs décennies plus tard. Et chaque fois que j'y ai repensé depuis, j'ai espéré de tout coeur que notre couple franco-américain prenne le même chemin. Je suis tellement ravie et reconnaissante de voir qu'une simple rencontre aléatoire dans un pub irlandais de Lyon a pu changer ma vie pour toujours. Et de voir que ma présence ici aux Etats-Unis est toujours d'actualité, et n'a de raison d'être que parce que nous sommes toujours ensemble. Alors merci la vie, de ta clémence. Merci, mon amour, de ta présence. Et puissent cette vie internationale et ce doux bliss durer toujours...

mardi 19 janvier 2021

L'année de tous les espoirs


Les attentes sont on ne peut plus élevées pour 2021. Que va-t-il se passer au cours des mois à venir ? Seul l'avenir nous le dira. L'année a démarré chez nous sur les chapeaux de roue, entre la régression du sommeil des quatre mois pour notre bébé sourire (qui du coup, est beaucoup plus geignarde), les entretiens d'embauche à la pelle, et le Covid qui continue de se propager à qui mieux mieux à Miami. Du reste, si l'on se limite aux sujets agréables, dans quelques petites heures, Joe Biden deviendra officiellement président des Etats-Unis et ce sera la vraie bonne nouvelle de la semaine. Et lorsqu'on en vient à évoquer cet événement, je croise vraiment très très fort les doigts (et les orteils) pour qu'il ne se fasse pas assassiner juste avant de prêter serment, n'en déplaise à un grand groupe de fous furieux suprémacistes blancs, plus connaisseurs de théories issues de Mein Kampf que des livres d'histoires niveau CM2 (oui, ce sont de véritables ignares). Alors mon cher Joe, tous les regards sont sur toi. Ne nous déçois pas. J'évoquais plus haut les nuits de Mademoiselle J. qui est décidément plus adepte du sommeil en gruyère que des grasses matinées. La perspective de retourner travailler dans ces conditions de sleep deprivation ne m'enchante guère, même si j'ai déjà bien profité de mes semaines supplémentaires de pouponnage intensif (rappelons que la louloute devait commencer la crèche ce mois-ci, mais que ce nouveau départ a pu -avec grande joie- être repoussé à Février). Entre deux tirages de lait, ma cuisine et mon congélateur se sont transformés en véritable usine laitière et j'ai un peu l'impression d'être une vache en devenir. Je crois même que je me suis mise à ruminer. D'ailleurs je ne crois pas qu'aucune maman ait un jour apprécié l'engin en question, qui, même s'il est pratique, n'équivaut vraiment pas à une séance de spa (loin s'en faut, sauf si bien sûr vous être en proie aux engorgements). Donc, pour terminer ce petit billet qui part dans tous les sens, un peu brouillon et passant du coq à l'âne (merci mon cerveau bien fatigué), je vous souhaite à toutes et à tous une belle année, une bonne santé, la fin de ce maudit Covid, le retour des retrouvailles entre amis, de grands dîners de famille sans limitation de nombre, de longs voyages sans microbes, et surtout, surtout, des pelletées et des brouettées de bonheur pour que ce nouvel an nous apporte les changements dont nous avons tous bien besoin.