jeudi 9 juin 2011

L'heure d'un premier bilan

Dans quelques jours s'annonce le départ pour le New Jersey, qui sera suivi d'un mois en France. Bientôt quatre mois depuis mon arrivée ! Que retenir de cette première véritable expérience de la vie américaine ? Le choc des cultures n'a pas été si violent que je l'aurais crû, mais néanmoins demeurent des situations où l'emportent toujours mes habitudes françaises. 
Chercher du bon pain en Pennsylvanie centrale ? A oublier complètement. Ici, vieux pain de mie molasson et toasts chimiques font la loi.
Faire la bise à ses amis ? A oublier également car ici prime le hug (un genre de câlin amical où l'on sert la personne saluée dans ses bras) qui, non sans être très chaleureux, peut aussi prêter à confusion. La personne s'avance, et moi, bête petite frenchy, je tends la joue pour donner ou recevoir une bise. Souvent, la personne est surprise, s'écarte et je suis obligée d'expliquer que non, je n'ai pas tenté de lui rouler une pelle, ni de lui faire un câlin plein de mauvaises intentions. Les américains rient, mais rien à faire : je dois programmer mon cerveau pour ne pas faire de bise. Croyez-moi ou non mais ça me perturbe un peu !
Finir son assiette au restaurant ? A oublier. Sauf si on veut manger quatre repas en un seul, et ressembler aux locaux pennsylvaniens.
Chercher sa taille dans les rayons de vêtements ? A oublier. Surtout ici, où tout est oversized et taillé pour de belles femmes grandes et bien charpentées.
Parler en système métrique et utiliser les litres, grammes, degrés celcius et kilomètres ? A oublier. Il m'a fallut apprendre quickly toutes ces notions inconnues, m'exprimer en pieds et pouces, mesurer en tasses, peser en livres, regarder le thermomètre indiquer des températures de folie (il fait chaud en Fahrenheit !), juger des distances en miles et payer en dollars.
Restent de nombreux points auxquels on s'habitue très rapidement :
Aller au supermarché le dimanche, ou la nuit ? Pas de problème, ici notre centre commercial est ouvert 24h/24 et 7 jours/7. Je me demande quand même qui sont les clampins qui vont faire leurs courses alimentaires à 4 heures du matin. Surtout si l'on considère le fait que l'on ne peut pas acheter d'alcool au supermarché en Pennsylvanie...il faut aller au liquor store et montrer son permis de conduire pour entrer ou acheter la moindre boisson alcoolisée. Vins et bières ne sont pas vendus dans le même magasin, c'est interdit. Avoir la climatisation partout ? (sauf chez nous !) On s'y fait très vite. Au début  j'avais toujours la sensation d'être frigorifiée, surtout quand il fait 35 à 40 ° dehors et qu'à l'intérieur il fait 18 ou 20°. Mais ici, où l'humidité se conjugue à la chaleur, j'apprécie vraiment les endroits munis de l'air conditioning.
Manger des glaces énormes aux parfums inconnus (oreo cookie, cheesecake...) ? C'est super !
Parler avec tout le monde, partout, et tout le temps, et se faire sourire dans la rues par la plupart des inconnus ? C'est vraiment agréable. Il existe une vraie culture de l'accueil ici, les gens se parlent sans se connaître, que ce soit au supermarché, à la poste, ou dans les cafés. A côté de ça, nous autres frenchys sommes de gros rustres malpolis qui tirent la tronche et ne se regardent pas.
Sentir une vieille odeur de transpiration dans le métro ? Impossible. Ici, l'hygiène semble plus une priorité, ou du moins, les anti-transpirants sont tellement efficaces que personne ne sent mauvais.
Regarder des milliers de fireflies scintiller dans le jardin à la tombée de la nuit ? C'est un véritable enchantement. 
Ce bilan de quelques mois est donc plutôt positif, et si l'on suit le vieil adage qui prétend qui faut créer son propre bonheur où que l'on soit, alors le bonheur américain est plus que jamais à portée de main.

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