samedi 2 décembre 2017

Aller à l'école au pays de l'Oncle Sam


Ca commence dès l'arrivée (souvent très matinale) du très célèbre bus scolaire jaune. Les élèves sont conduits à l'école, selon un circuit très minuté. Arrivés sur place, les réjouissances se poursuivent souvent à la cafétéria, pour avaler en vitesse des pancakes, des oeufs, des céréales, et du lait aromatisée à la fraise ou au chocolat. La cloche sonne, à peine le petit déjeuner englouti. Avant la classe, les élèves prêtent allégeance au drapeau américain, debouts, la main sur le coeur, et cette pledge of allegiance se poursuit par les annoncements du matin. Des prix, des récompenses, des résultats de concours variés... Chaque élève et chaque classe méritante se voient cités en exemple au micro de l'école. La journée est composée de différentes matières, appelées periods si l'enfant est au collège ou au lycée. Au collège, certaines écoles adoptent un emploi du temps en alternance relativement compliqué. Les journées A et B se succèdent, ce qui peut (éventuellement) contribuer à la confusion des enfants et de leurs parents. Le lundi, si la journée est une journée A, l'emploi du temps sera celui d'une journée A. Le mardi, l'emploi du temps d'une journée B sera donc appliqué. Puis le mercredi, la journée A revient à nouveau. La semaine qui suit, les choses seront inversées. La lundi sera une journée B, le mardi une journée A, etc. De quoi faire tourner en bourrique les parents, qui doivent programmer à la lettre le sac à dos de leur chérubin. Ainsi, oublier ses baskets ou son matériel d'art faute d'appliquer le bon emploi du temps pénalisera grandement le petit écolier. Pas de géographie, un peu d'histoire, beaucoup d'anglais et de mathématiques sont au programme. Beaucoup de sport également, ainsi que des cours d'arts plastiques et de musique font partie de la formation. Les écoliers chanceux qui fréquentent une école de renom ont parfois des cours de science avancée, ou de théâtre, voire de langues étrangères. Ici en Floride, comme il fait beau et chaud toute l'année, les bâtiments de l'école sont reliés par un passage couvert, et il faut sortir à l'extérieur pour passer d'une classe à l'autre. Pas de cour de récréation centrale, mais divers équipements sportifs et autres aires de jeux sont répartis dans le périmètre scolaire. Le déjeuner du midi, parfois servi très tôt (9h30 le matin pour certains !) est avalé en moins d'une demie-heure (ce temps comprend le trajet aller et retour à la cafétéria, parfois loin de la classe, le temps de faire la queue pour attraper son plateau, et le temps de manger). Les écoliers favorisés apportent leur propre déjeuner, gardé bien au frais dans leur lunch box, tandis que les autres enfants moins fortunés subissent la nourriture (déséquilibrée) de la cantine (J'avais déjà écrit un article à ce sujet, à lire ici). La récréation n'a une durée que de 15 minutes, une seule fois par jour. Mais les journées sont plus courtes. Les plus jeunes sortent à 13h50, et les plus âgés ont cours jusqu'à 15h05. Les classes sont (un peu) moins chargées qu'en France, et il existent beaucoup d'activités quotidiennes en petit groupe. Les ordinateurs font partie intégrante de la formation des élèves, et ce dès le plus jeune âge. En Floride, il leur faut passer chaque année (ou presque) des examens de niveau, dispensés par voie informatique. De fait, les petits de moyenne section manient déjà à merveille le clavier et la souris. Dans une grande partie des Etats-Unis, l'école commence en grande section de maternelle. Tout ce qui se passe avant est privé, et de fait, payant. L'état de Floride comprend fort heureusement une année gratuite supplémentaire, pour les petits de quatre ans et plus. De fait, l'école américaine est très différente de notre bonne vieille école républicaine. Elle tend à inclure un peu mieux les enfants porteurs de handicaps, mais reste terriblement inégalitaire en fonction de la région géographique où l'enfant est domicilié. Beaucoup d'enfants sont scolarisés dans des écoles privées, ce qui prive - de fait- les écoles publiques des bons élèves issus de milieux favorisés, et tend à aggraver les inégalités déjà existantes. Et partout, l'uniforme est de mise. Un polo de couleur, parfois une insigne de l'école, un pantalon ou une jupe d'une autre couleur, l'uniforme varie d'une école à l'autre. Et le crayon de papier reste l'outil le plus utilisé pour écrire, en tout cas dans les petites classes. Pas de stylo à plume, peu de stylos à bille. Et chaque classe est équipée d'un -fantastique- taille-crayon électrique, qui, une fois branché, produit régulièrement de petits bruits mécaniques qui rythment ma journée...




1 commentaire:

  1. "les écoles publiques sont privées des bons élèves issus des milieux favorisés" ou bien plutôt " les écoles publiques sont privées des moyens financiers qu'ont les écoles privées" ?

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