jeudi 15 février 2018

Le problème des armes à feu aux Etats-Unis (épisode 1)


Hier s'est malheureusement produite une énième tuerie à l'arme automatique dans un lycée américain, pas très loin de chez nous, avec un scénario à glacer le sang de tout parent qui envoie ses enfants à l'école. C'est le dix-huitième évènement de ce type à ce produire dans une école depuis le début de l'année 2018. 45 jours, et 18 shootings. Et pourtant. A chaque tuerie, nombreuses sont les voix  qui s'élèvent pour que la vente et la détention d'armes à feu (et notamment d'armes de guerre) soient contrôlées et régulées plus sévèrement. A chaque tuerie, la NRA (National Rifle Association) trouve le moyen (à l'aide d'un lobbying puissant et efficace) de calmer toute volonté de contrôle de ces armes. Ainsi, il est très facile ici d'acheter des armes automatiques de guerre, comme on achèterait une chaise de jardin ou une tondeuse à gazon. D'après un article posté aujourd'hui sur le site du New York Times (à lire ici), il serait plus facile en Floride de se procurer un AR15 (l'arme utilisée lors de la tuerie d'hier à Parkland) qu'un pistolet classique. J'en ai froid dans le dos rien que d'y penser. Alors pourquoi les autorités ne mettent-elles pas un frein législatif à cette aberration ? Pourquoi est-il possible d'acheter aussi facilement une arme sans contrôle strict au pays de l'oncle Sam ? La faute, en premier lieu, même si c'est une piètre excuse, au second amendement de la constitution américaine, qui stipule que les citoyens américains ont le droit de posséder et de porter une arme. Mais c'est surtout la faute au lobby de la NRA qui fait campagne contre vents et marées contre tout contrôle légal des armes à feu, y compris contre le contrôle des facultés mentales d'un individu en possession ou intéressé par l'achat d'une arme à feu. Aujourd'hui, il existe plus d'armes à feu aux Etats-Unis que son nombre actuel d'habitants. Plus d'armes à feu par habitant qu'au Yémen, ou qu'en Irak. Beaucoup plus qu'en France, où le ratio est trois fois moins élevé. Aujourd'hui (le timing est parfait, soit-dit en passant), le journal Le Monde publie un article qui explique que le gouvernent français souhaite durcir la législation sur l'achat et la possession d'armes en France (à lire ici). Il est triste de penser qu'il est si simple en France de changer une législation, dans l'intérêt de tous, mais que ce grand pays que sont les Etats-Unis n'est toujours pas parvenu à mettre en place des mesures efficaces pour protéger ses citoyens de ce genre de tragédie. Pourquoi ? C'est encore et toujours une histoire de gros sous. La fabrication et la vente d'armes a représenté jusqu'à dix millards de dollars par an au gouvernement américain. La France est un peu à la traîne, avec un chiffre qui n'a jamais dépassé plus de quatre millards par an, ce qui reste également conséquent. Je ne sais pas si le congrès américain va finir ôter ses oeillères et prendre les décisions législatives nécessaires pour mettre fin à ce fléau. Toujours est-il, que si je regarde un peu ce qui se passe du côté français, nous serions très mal placés pour juger. Serait-il nécessaire de rappeler qu'à défaut de vendre des tonnes d'armes à ses propres concitoyens, la France n'a actuellement aucun scrupule à vendre des armes qui tuent quotidiennement des civils en zone de guerre. L'Arabie Saoudite continue à acheter nos armes, qui sont utilisées par exemple très massivement au Yémen. Pourtant, l'Allemagne, la Norvège, la Belgique et le Canada ont décidé de stopper leurs exportations d'armes vers l'Arabie Saoudite à cause de leur utilisation douteuse. Et nous, les frenchies ? Nous continuons notre business florissant avec ce grand pays antinomique des droits de l'homme. Il semble donc que nous soyons, nous aussi, largement aveuglés par ces histoires de gros sous...

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