© Elise Connors 2019. All Rights Reserved Worldwide.

Droits d'auteur : L'intégralité de ce blog est la propriété de son auteure. Toute reproduction, partielle ou totale, ne peut se faire sans son accord écrit préalable. Le délit de plagiat ou contrefaçon expose à trois ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende (article L335-2 du code de la propriété intellectuelle)

lundi 30 septembre 2013

Cucurbitacés et autres curiosités de l'automne


L'automne est arrivé, avec ses températures douces et ensoleillées, ses foires régionales aux mille mets à déguster, ses pommes et son apple cider local, tandis que les décorations d'Halloween commencent à pointer le bout de leur nez et que la citrouille envahit le paysage. Pumpkin à toutes les sauces, en bagel, en latte (à Starbucks), en muffin, en tarte, en pain, en soupe, en quiche, en beignets, en confiture, en sauce et en coulis. Si le légume en soit est plutôt insipide et particulièrement fade, d'autres courges locales sont tout particulièrement délicieuses, comme la butternut squash (dont le goût s'approche de notre potimarron), ou d'autres variétés locales. Les marchés offrent de plus en plus de choix et la tentation est grande d'en profiter. Je viens de me procurer LA traditionnelle citrouille qui doit décorer le devant de notre maison. C'est une énorme chose assez lourde qui ne finira sans doute jamais dans notre assiette, mais sera la pièce centrale de bienvenue de la soirée d'Halloween, où bon nombre de gamins devraient venir sonner à la porte pour réclamer leurs bonbons. Dans un même temps, la gradschool se passe plutôt bien, si ce n'est que le travail ne manque pas et que les journées s'éternisent toujours un peu plus. Je commence mon observation clinique avec ma tutrice de deuxième année cette semaine, avec des heures réparties entre la clinique de l'Université et les écoles du coin. Je commence aussi mon projet de recherche (un autre mémoire !) mais le sujet reste encore assez flou à ce stade. Les cours se passent bien, et j'ai constamment l'impression de devoir potasser, en plus des devoirs à rendre régulièrement. Beaucoup de projets de groupe sont à faire, et il est intéressant de profiter de l'expérience passée de chacun (surtout chacune, vu que mes classmates ne sont principalement que des filles !). L'ambiance générale est assez sympa, et je ne me sens pas si vieille que ça, même s'il existe un gros décalage avec certaines collègues de promo qui sortent à peine de leur licence. Les feuillages se couvrent petit à petit de belle couleurs (voir mon article de 2011) et je regretterais presque de ne pas avoir plus de temps libre pour profiter de notre belle Pennsylvanie. Car l'automne est la plus belle saison ici, un véritable été indien où chaque journée est ensoleillée et particulièrement agréable. Alors profitons-en, car l'hiver ne va pas tarder encore longtemps...



dimanche 8 septembre 2013

Carte verte : une décennie de tranquillité

Ce weekend ensoleillé s'achève sur une note réjouissante : je viens de recevoir ma nouvelle carte verte !    J'étais actuellement sur l'extension de douze mois de ma première carte verte, une carte provisoire valable deux ans (mon statut de permanent resident était un conditional status qui devait être réévalué) et cette carte avait expiré en Février dernier, lorsque nous étions à Paris. Cette petite particularité administrative ne m'avait pas complètement laissée libre de mes mouvements et de mes voyages trans-atlantique, mais c'est désormais du passé. Maintenant, je peux entrer et sortir du territoire sans craindre un quelconque imbroglio douanier, quand bon me semble, pour aller où bon me semble, et ce pour une décennie toute entière. Il ne me faudra que régulariser mes longs voyages (ceux supérieurs à six mois) et je peux maintenant aller et venir à ma guise, renouveler mon permis de conduire lorsqu'il expirera,  ou prendre un emploi à plus long terme...


Plus qu'un simple papier, c'est un peu le symbole d'un répit provisoire de toutes les démarches administratives que Logan et moi devons accomplir régulièrement pour avoir le droit d'être ensemble. Car avoir deux nationalités différentes n'est pas toujours facile au regard des diverses administrations. Nous en avons bien que trop fait les frais (voir les archives du blog de 2010 et 2011 sur ces liens), et si la réception de cette carte me réjouit plus que tout, je penche plutôt vers un sentiment de soulagement. Et nous allons fêter ça : moi, Jurassienne expatriée au pays des doughnuts et des territoires immenses, je sais saisir chaque opportunité de faire péter le champagne !

jeudi 29 août 2013

Si on survit à la première semaine...

Le campus !

...le reste sera du gâteau. Du bon gros gâteau plutôt indigeste mais tellement appétissant qu'on en reprendrais bien une tranche. Je viens de terminer ma première semaine de Grad School et j'en suis enchantée. L'ambiance est à la fois très studieuse et très chaleureuse. Les professeurs sont beaucoup plus accessibles qu'en France et le dialogue est particulièrement facile avec eux. Trois cours ce semestre: Trouble d'articulation et trouble phonologique, Trouble de language de 0 à 6 ans, et Communication Alternative et Augmentative. Rien de très nouveau, mais ça me fait plutôt du bien de réviser tout ce qui concerne le langage des enfants, j'ai l'impression d'avoir partiellement oublié beaucoup de choses. Je me dirige de plus en plus vers un parcours "recherche", et je peux -si le coeur m'en dit- commencer un nouveau mémoire et éviter de prendre deux des cours proposés lors des prochains semestre. Pour l'instant pas d'heures de stage (même si je viens déjà d'obtenir mon badge de Graduate Student Clinician pour accéder 24h/24 et 7 jours/7 à la clinique de la fac). Je dois aussi réaliser 25 heures d'observation du travail d'un orthophoniste, qui est normalement une formalité d'accès au programme de master mais que je dois réaliser un jour ou l'autre pour être certifiée aux Etats-Unis. Autant commencer tout de suite, car les semestres prochains seront un peu plus chargés : quatre cours au lieu de trois, les stages cliniques et la recherche batteront alors leur plein. Le mot d'ambiance général en cours est participation. Chaque étudiant se doit d'intervenir et de faire partager ses expériences cliniques. Impossible de rester dans son coin la bouche fermée, les questions sont toujours les bienvenues et les professeurs sont beaucoup moins distants qu'en France. J'ai même trouvé une fille de ma classe qui passe par Lewisburg pour aller à la fac, nous allons co-voiturer autant que possible ! Et c'est une bonne motivation pour me forcer à rester à la bibliothèque un peu plus tard et ainsi me mettre sérieusement au boulot. Car dès la première semaine, les exposés à rendre, les présentations orales à préparer et les devoirs à faire ne manquent pas. Il est bien loin le temps de l'Université française où j'ai eu l'habitude de procrastiner mes obligations au lendemain...

Bloomsburg University, Centennial Hall
Bloomsburg University, vue sur le Quad

vendredi 16 août 2013

Last days of summer

La Susquehanna River depuis le Shikellamy State Park

Les prémices de l'automne commencent à se faire sentir. Déjà, les nuits sont plus fraîches et les journées moins chaudes. La saison qui connait normalement de nombreux moustiques (ces sales petites bêtes qui  nous vampirisent jusqu'à la moelle, sitôt sortis dehors au crépuscule) a été plutôt inhabituelle ici. Et en bien. La "fraîcheur" ambiante me rappelle les mois d'Août dans le Jura, qui ne sont jamais torrides, souvent frais le soir, et qui connaissent parfois quelques orages de fin de journée. Ici certains feuillages, déjà, se parent de couleur chatoyantes et l'on sent que l'été s'étiole un peu plus chaque jour. Les beaux jours ne sont pas pour autant à mettre au rebut, loin de là. La Pennsylvanie se prépare à son traditionnel été indien, avec de possibles belles températures jusqu'au mois d'Octobre. Les activités et occupations ne manquent pas. J'ai récemment rejoint un groupe de francophiles francophones qui se réunit une fois par mois, histoire de pratiquer un peu la langue de Molière et d'élargir mes horizons sociaux. J'ai aussi "enseigné" mon premier cours de cuisine, plutôt informel, avec des amis qui ont apparemment été ravis de découvrir quelques recettes de mon cru. J'ai reçu mes livres de cours, mon autocollant d'accès au parking, et ma convocation à la journée d'orientation pour les nouveaux grad students. Encore une bonne semaine, et les cours commenceront. Je plongerai déjà dès lundi les pieds dans les affres de l'administration universitaire, avec une après-midi de familiarisation avec les règles et les obligations de ma position d'assistante. L'assistantship reste encore un mystère obscur pour moi, et j'attends, mi-impatiente et mi-anxieuse, de savoir à quelle sauce je vais être mangée.

vendredi 2 août 2013

Les années fac...bis repetita placent

Et voilà, c'est plus qu'officiel, je reprends mes études dans quelques semaines. Deux ans de master d'orthophonie à venir à l'université de Bloomsburg, en Pennsylvanie. Les cours commencent le 26 Août, et l'on vient de m'octroyer une bourse d'étude ! Il s'agit d'un emploi au sein de l'université, une assistantship position, qui me permet, contre quelques heures de travail au sein du labo de recherche ou de la clinique, de réduire de près d'un tiers mes frais d'inscription. Ce qui n'est pas anodin, compte-tenu du prix des études aux Etats-Unis. Je vais également bénéficier d'un prêt gouvernemental à un taux réduit pour financer les quelques milliers de dollars restants à ma charge. Car si je prévois d'être à nouveau une pauvre étudiante fauchée, ce ne sera que temporaire et je n'aurai aucun mal à trouver du boulot en 2015 -une fois mon diplôme en poche-. A ce moment-là, j'aurai à passer mon praxis (l'examen d'aptitude qui permet d'être certifiée comme orthophoniste) et à valider ma Clinical Fellowship Year (ou CFY), un stage payé de neuf mois, avant d'être officiellement orthophoniste aux Etats-Unis. Inutile de dire que la route sera longue et semée d'embûches, de cours, d'examens, de stages divers et variés, de doute et d'excitement.


Pour l'heure, je profite de mes derniers jours de vacances pour réunir les papiers nécessaires au début des cours, mes clearances de la police de Pennsylvanie, du FBI, du service de Child abuse, et je vais passer le diplôme de réanimation cardio-pulmonaire-défibrillateur pour personnel médical et paramédical (le CPR). J'ai d'ailleurs dû fournir à l'administration mes empreintes digitales deux fois la même semaine, une fois pour l'immigration et une fois pour le FBI. Les  tampons encreurs dont j'ai dû faire usage il y a deux ans ont aujourd'hui disparu ; ne restent que les scanners modernes qui valident automatiquement l'empreinte saisie. J'ai également commandé mes livres de cours, un gros budget pour ce semestre. Entre la bible des troubles d'articulation et de phonologie, je dois me procurer le précis des systèmes alternatifs et augmentatifs de communication (pour un cours dont je connais déjà l'enseignante, j'ai suivi son séminaire sur l'aphasie au printemps 2012), et un manuel des troubles de langage chez les enfants d'âge école maternelle. Un beau programme qui m'effraie un peu, après deux ans et demi en neuro sans voir la tête d'un patient en dessous de l'âge de 25 ans. Mais c'est le début d'une nouvelle vie et je dois ranger mes chocottes dans le placard. Rien ne sert d'avoir peur, 'cause everything is gonna be all right.

mardi 16 juillet 2013

Road trip

Charleston, Caroline du Sud
Les Etats-Unis constituent un immense pays plein de contrastes. J'ai découvert une partie du sud ce mois-ci, lors d'un véritable road-trip à l'américaine, avec plus de 2600 miles au compteur et près de 8 états traversés. Tout commence en Pennsylvanie : nous avons pris la fameuse route 81, celle qui relie l'état de New York au Tennessee sur un peu plus de 1300 kilomètres. Une petite halte à Harrisonburg, en Virginie, puis quelques jours à Greenville, en Caroline du Sud, histoire de fêter dignement le 4 Juillet, la fête nationale américaine. Independance day n'y est pas véritablement réussi si l'on ne fait pas péter de véritables feux d'artifice (de catégorie 4, qu'il est tout à fait légal de se procurer dans certains états américains!), sans déguster sa gastronomie locale (découverte du fameux frogmore stew qui est un genre de pot-au-feu au maïs, aux crevettes, à la saucisse et aux pommes de terre), et surtout sans les smores, fameux chamallows grillés au feu de bois, servis entre deux Graham Crackers avec deux carrés de chocolat fondus), et d'inévitables (et nombreuses) bières. Puis reprise de la route pour Charleston, en Caroline du Sud, le temps d'un magnifique mariage au bord d'un marais d'eau salé, puis un petit tour par la belle ville de Savannah en Géorgie, où a été tourné le film "Minuit dans le jardin du bien et du mal", puis Macon, avant de tracer notre route vers le nord.
Savannah, Géorgie



Deux petites haltes histoire de souffler un peu et de laisser le moteur refroidir, à Richmond en Virginie et à Doylestown en Pennsylvanie, avant de finalement retrouver notre chez-nous, en pleine chaleur quasi-caniculaire. Qu'en retenir? Il est difficile de rapporter chaque détail d'un voyage, mais je retiens (en vrac) les shrimp and grits (crevettes bouillies, sautées ou frites, servies avec du maïs cuit à la crème, un peu à la façon de la polenta mais en plus crémeux et surtout beaucoup plus gras), l'accueil chaleureux des gens du sud, les chênes aux feuilles persistantes dans chaque jardin, où sont suspendues de magnifiques mousses (spanish moss), les okras frits, l'omniprésence de l'histoire, avec beaucoup de fierté et d'esprit des anciens états confédérés, les immenses forêts de pins qui s'étalent à perte de vue, la proximité de la mer, mais aussi (beaucoup moins cool) les féroces moustiques qui, pire que Dracula, vous sucent le sang jusqu'à l'os, sans oublier la chaleur humide et poisseuse qui fait transpirer chaque être vivant -poissons y compris-, qui fait choucrouter les cheveux raides en un état de semi-frisotti pour le moins inélégant, qui crée un culte presque dogmatique pour toutes sortes d'appareils à rafraîchir, window units, central air, glaçons et autres ventilos. Et aussi les heures de route où le même paysage nous entoure, encore et encore, à perte de vue, là où l'Europe apporterait son lot de diversité, l'immensité du territoire américain rend la route presque monotone et fatigante, et l'on s'arrête le soir, lassé et fourbu d'avoir tant conduit, mais des images et des souvenirs plein la tête.

jeudi 27 juin 2013

C'est comme si Paris n'avait jamais existé

Moins d'un an -ou presque un an plutôt- se sont écoulés, et nous avons retrouvé notre chère Pennsylvanie où rien n'a changé en notre absence : les premières chaleurs de l'été nous ont accueillis en grande pompe. Il faut désormais bannir de notre vocabulaire les substantifs suivants (liste non exhaustive) : chaussette, veste, pull, écharpe, bonnet, manches, couverture, tasse de thé, bouillotte, fraîcheur et froid. Notre gamme de mots se réduit plutôt à transpiration, chaleur, humidité, crème solaire, lotion anti-moustique, glaçons, sorbetière, climatisation, parasol et tongs. Le climat continental  local permet d'avoir une véritable saison chaude, celle qui ferait presque regretter le froid glacial de l'hiver et qui crée de solides amitiés avec les appareils à air conditionné.

Un boghei amish
Nous avons retrouvé notre maison en très bon état, grâce à des locataires en or qui en pris grand soin. Il n'en reste pas moins qu'il nous faut poursuivre les travaux entrepris l'an dernier : ces horribles murs d'un bleu "hôpital" ou "prison" doivent disparaitre, c'est une question de survie. Franchement parfois je me demande si les précédents propriétaires n'ont pas fumé la vieille moquette avant de choisir la couleur des murs... il faut croire que certaines personnes ont beaucoup de goût, mais surtout du mauvais. Je vais donc repeindre le salon lorsque le climat sera encore plus chaud et encore plus humide au mois de Juillet (j'aime prendre des risques). J'ai retrouvé le marché amish et ses calèches, les belles maisons victoriennes aux volets colorés, les immenses places de parking pour d'énormes voitures, le supermarché ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, les assiettes démesurées au restaurant, et tout ce qui, de près ou de loin, appartient à la vie pennsylvanienne. La seule nouveauté (détail qui a son importance) consiste en la possibilité de trouver du morbier au supermarché!

Un morbier jurassien!
Nous partons la semaine prochaine pour un road-trip dans le sud des Etats-Unis. Direction la Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie, la Virginie...et certainement d'autres états que nous traverserons en cours de route. Il va falloir que je révise un peu ma géographie, et surtout que l'on prépare de bonnes playlists pour la voiture. Nous allons y passer un certain nombre d'heures!
Tout est identique à l'an dernier, notre petit village de Lewisburg n'a pas bougé d'un pouce, nos amis sont toujours au rendez-vous et je dois presque me pincer pour me convaincre que notre année parisienne a bien existé. C'est surprenant à quel point il est facile de reprendre ses marques, de reprendre le fil de notre vie américaine comme si rien ne s'était passé. L'été sera tranquille, avant que le tumulte des bancs de la fac ne refasse surface. Donc j'en profite, je flâne, je prends mon temps, et je me remets à la cuisine. Mes premiers pains sont sortis du four hier, et il n'en reste déjà presque plus...

mardi 18 juin 2013

Good bye, Paris. Hello, Pennsylvania!

Le Canal Saint-Martin
Nous y voilà. Après une toute petite année à Paris, il est temps de reprendre la route vers les states. Un dernier petit tour du côté de la Butte aux Cailles, un dernier apéro en flânant dans le quartier latin, un dernier petit dîner à notre restaurant cambodgien préféré -Mondol Kiri-, une courte nuit, un réveil à trois heures du matin...et il est déjà l'heure de descendre nos 90 kilos de bagages, de sauter dans un taxi et de filer vers Roissy. Un petit vol via Reykjavik puis quelques heures de voiture entre l'aéroport de JFK et Doylestown (Pennsylvania), où nous ferons étape chez ma belle famille. Et enfin un retour au 'Burg prévu vendredi. 
Je crois qu'au final je ne me serai jamais vraiment sentie parisienne, juste "fraîchement débarquée", la tête encore embourbée d'anglais campagnard et bercée par l'ivresse et l'agitation de la ville, sans jamais réussir à appartenir à notre belle capitale. Dix mois sont largement suffisants pour se sentir chez soi, mais ce temps est trop court pour se forger une réelle identité de parisienne. Mes origines jurassiennes se devinent dès qu'on me voit sortir mon mini plan de Paris, en train de vérifier sur quelle rive je suis et si le vingtième c'est au nord ou au sud. Ah bon, la tour Eiffel n'est pas à l'est de Paris? Mais le métro c'est forcément souterrain, alors ce truc aérien ça doit être un genre de tram? Ah non, tiens, c'est bien un métro. Une vraie jurassienne je vous dis.
Nous rentrons à la maison. Home sweet home. Notre maison, c'est là-bas, mais mon pays, c'est ici. Finalement je ne me sens chez moi nulle part, pour l'instant. Car même en habitant aux Etats-Unis, je suis et je resterai française. Ce qui ne m'empêchera pas, comme les américains, de manger "des steaks grands comme la Croatie"*...
Notre-Dame de Paris
citation du très célèbre et grand intellectuel Tony Parker

vendredi 14 juin 2013

J-5

Le dernier jour s'approche toujours un peu plus et je me prépare à la transition. Désormais chaque petit morceau de comté -je ne suis pas jurassienne pour rien- prend un air de madeleine de Proust ; j'engrange et je me gave de ce qui risque de me manquer, croissants, rillettes, vins et fromages notamment. Et je fais le plein de compagnie. A commencer par la famille. Après une semaine parentale, ma sister débarque pour le weekend. Notre dernier weekend à Paris. Gloups. Le temps a passé vite. Très vite. Trop vite. Il n'est même plus temps de regretter ce que j'aurais pu faire mais qui est passé à l'as faute de temps. Maintenant il n'est plus l'heure de gamberger : j'ai rangé (jusqu'à nouvel ordre) mes peurs et mes doutes bien au fond de la valise, et j'ai ressorti l'enthousiasme et l'excitation du départ. Bientôt je vais retrouver la vie aux apparences de long fleuve tranquille de Pennsylvanie, où m'attendent de challenging challenges. J'en perdrais presque mon français, et il me va falloir veiller à limiter les franglismes et les pléonasmes. Tandis que mon esprit essaie de résister aux oxymores, l'attristante réjouissance du départ approche.

vendredi 7 juin 2013

Une autre page se tourne

Le déménagement approche, et une autre page, professionnelle, se tourne. J'ai quitté avec regret mon poste d'orthophoniste en neurologie adulte pour me consacrer à la vie étudiante jusqu'en 2015. Je serai donc étudiante en orthophonie aux Etats-Unis, pour obtenir mon équivalence de diplôme. J'ai l'impression de laisser derrrière moi une chaleureuse équipe et un job en or (ou presque). Je ne réalise pas encore que bientôt, je serai de nouveau sur les bancs de la fac pour apprendre et réapprendre mon cher métier. Deux ans de master au programme, pour la suite des cours commencés en 2012. Entre l'impatience, les frémissements anxieux de la nouveauté et le plaisir d'être à même d'apprendre de nouvelles choses, mon coeur balance. C'est la fin d'une époque et le début d'une nouvelle.  Les périodes de transition ne sont jamais faciles à passer, mais je garde le cap. Dans l'ambivalence du retour, je prépare nos valises. Again. Cruel challenge que de faire tenir une vie dans deux fois vingt-trois kilos, il ne faut surtout pas s'attacher aux choses matérielles. Bientôt, nous serons de retour en Pennsylvanie et je ne sais pas si j'y suis totalement prête...

mardi 2 avril 2013

Tout ce qui...

Susquehanna river sur l'Isle of Que 
...me manque du continent américain peut attendre (ou presque) mon retour aux Etats-Unis. Je m'enfilerais bien un paquet de butterfly crackers ou un de dark pretzels de chez Utz. Ou alors une tarte peanut butter de chez Vic's pub (mais si, c'est très bon, et très riche du même coup). Ou alors, un de ces soft pretzels amish, bien chaud et bien dégoulinant de beurre. Ou alors, une assiette de frites de la Elk Creek Brewery, celles qui ont encore la peau et qui sont saupoudrées de fleur de sel. Ou bien, un de ces foudroyants Volcano rolls du petit restaurant de sushi (d'allure minable mais de qualité fantastique) de Selinsgrove. J'irais dîner à 17 heures chez Elizabeth's. Et je ferais bien un petit tour de kayak sur la Susquehanna river, en imaginant quelques indiens en pirogue au détour d'un méandre du fleuve. Je me ferai un bon road trip vers le sud, une bonne playlist -à fond les ballons-, en ne dépassant pas les 60 miles par heure, en slalomant entre les énormes camions dont le poids équivaut à celui de la tour Eiffel (ou presque). Je ferais un tour sur le campus de Bucknell, à la basse saison quand les étudiants ont fui la Pennsylvanie et que le centre-ville a perdu de son tumulte et de son agitation. J'irais au marché du mercredi de Lewisburg, m'approvisionner en produits amish locaux (tiens, des bananes amish "locales", mon oeil.) Je me prévoirais un petit weekend du côté des finger lakes et de ses vignobles, goûterais au vin (modeste) local et irais randonner sur les bords des petits cours d'eau. En passant par la côte, je ferais une petite descente à New York, flânerais dans le village, acheterais des trucs improbables dans Chinatown, pousserais jusqu'au Brooklyn bridge histoire de photographier Manhattan au coucher du soleil. J'irais prendre un train à Penn Station pour Baltimore, pour admirer sa cathédrale (jumelée avec notre belle Notre-Dame de Fourvière de Lyon, si, si...) et faire un tour dans le Harbor.
Puis je m'envolerais pour la Louisiane, pour aller admirer les chênes centenaires de la Nouvelle-Orléans, sa si agitée Bourbon Street et sa cuisine cajun inimitable. Je ferais un détour obligatoire par le campus de LSU de Baton Rouge, sans toutefois en chatouiller leur tigre mascotte et repartirais pour Miami et les keys, en m'arrêtant pique-niquer au Bahia Honda State Park avec de m'envoler pour Boston en plein été, au coeur du quartier italien, afin d'en tester chaque pâtisserie et chaque pizzeria. Voilà finalement le peu que je connais et qui peut me manquer des Etats-Unis. Il y a tant à découvrir et à redécouvrir que je branche mon cerveau sur ce qui m'attire. En attendant, je suis censée être une parisienne. Une (presque) parisienne qui va bientôt retrouver la cambrousse du pays de l'Oncle Sam...

Bucknell University


lundi 18 mars 2013

Le compte à rebours est lancé...

Trois mois. Précisément trois mois avant notre retour en Pennslyvanie. Cette année à Paris se révèle pleines de bonnes surprises, d'accomplissement professionnel, de belles rencontres, de visites inoubliables, de régal du palais et de sorties culturelles en tout genre. Point de temps pour l'inaction, le planning est rempli -surchargé- et les heures et jours parisiens commencent à être comptés. Départ le 19 Juin 2013, et retour au pays de l'oncle Sam. Voilà pour les certitudes. En ce qui concerne les incertitudes, ou les éléments en cours de négociation, point d'information sur mon retour à l'université -yet-, mais une probable réponse prochaine sur les possibles assistantship positions. Logan va retrouver lui-aussi les bancs de la fac, ou plutôt les estrades et l'enseignement, et tous ses (chers) étudiants et tout le toutim. Difficile de dresser la liste de ce qui va me manquer, certaines choses c'est sûr, certaines personnes assurément. La famille et les amis forcément, mais aussi toutes les nouvelles connaissances que cette (courte) année m'aura permis de rencontrer. 
Il y a un an, nous emménagions dans notre petite four-square house sur la 4ème rue. Une parenthèse parisienne plus tard, il va bientôt être temps de refaire nos valises... J'ai presque envie de retenir ces mois à venir, d'en profiter au maximum, de ne pas laisser filer les minutes et les secondes qu'il me reste entre le doigts mais d'en faire quelque chose de positif. Je n'ai pas envie d'être nostalgique par rapport à ce départ, mais il me reste toujours dans la gorge une petite boule d'amertume d'être constamment partagée entre deux vies et deux continents...
Et pourtant. Quelle belle aventure nous partageons depuis 2008 ! Pas le moindre regret, juste de beaux souvenirs en tête et des tas de nouvelles têtes rencontrées. Si je dois retenir quelque chose de cette expérience, c'est bien l'ouverture de soi-même sur un nouveau monde et une nouvelle culture, culture beaucoup plus complexe et mystérieuse que les clichés que l'on a sur le continent américain. Les américains sont sociaux, aimables et extrêmement chaleureux. Quand j'y pense, il me tarderait presque de retrouver notre bon vieux Lewisburg et ses habitants au sourire indéfectible...
Entre la Pennsylvanie et la France mon coeur balance, et je vais m'attacher à faire que ces derniers mois soient tout simplement inoubliables. Starting right now.

dimanche 3 mars 2013

Trois jours à Vienne

Es war echt wunderschön. Vienne est une ville magnifique, où un palais succède à un autre, où l'histoire riche se découvre dans ses mille musées, où l'influence d'Europe centrale est visible partout. Carrefour entre l'est et l'ouest, petit pays aux paysages diversifiés, l'Autriche est une must-see destination  et sa capitale en est un bon exemple. Que faire en trois jours à Vienne ? 
la Bibliothèque Nationale
Il faut visiter certains des nombreux musées (Mumok, Palais du Belvédère et ses tableaux de Klimt, le musée Sissi, la Bibliothèque Nationale, le musée Leopold, le musée d'art baroque), le centre-ville en lui même avec la cathédrale Saint-Etienne, l'Albertinaplatz, et le centre piéton. On n'oublie pas les palais grandioses, le château de Schönbrunn aux beaux jours, les appartements impériaux...
Il faut aussi se plonger dans la gastronomie viennoise, avec ses bons et ses moins bons cotés : ne surtout pas rater les cafés et chocolats viennois, l'apfelstrudel, la linzertorte, la sachertorte, les escalopes viennoises (pour les amateurs de nourriture -qui nourrit bien-), les spécialités des pays limitrophes, et notamment un bon goulasch hongrois, les spécialités croates...
Nos adresses préférées : pour un petit budget, le restaurant "Le Bol" (Neuer Markt 14). Pour un peu plus de spécialités autrichiennes, le restaurant du MAK (Stubenring 5) nous a épatés. Pour un peu plus d'exotisme, le Kornat (Marc-Aurel Strasse 8) est un restaurant de poissons et fruits de mers croate qui nous a beaucoup plu. Pour ce qui est des cafés, l'incontournable cafe Sacher est bien, mais un peu trop cher et très fancy. Vous pouvez goûter la sachertorte qui est un gâteau au chocolat fourré à la confiture d'abricots...infiniment célèbre mais pas si extraordinaire que l'on le voudrait. La pâtisserie Demel (Kohlmarkt 14) est beaucoup plus impressionnante avec ses tartes, mousses et strudels.
Le strudel aux pommes

Le museum quarter
Le palais du Belvédère
La sachertorte
Et puis il a été tout simplement agréable d'être entourés de la langue allemande, avec ses petites spécificités autrichiennes (GrüB Gott pour dire bonjour, Pfiat Gott pour dire au revoir) et son petit accent avec parfois ses "r" roulés et sa prosodie entraînante... Vienne est une capitale européenne à l'histoire riche, son nom évoque la dynastie des Habsbourg et la princesse Sissi et c'est aussi une ville où les transports en communs sont efficaces et abordables. En bref, une très bonne destination pour un long weekend ou une semaine !




samedi 5 janvier 2013

Happy New Year!

Bye bye 2012, hello 2013! Pas de traditionnelle cérémonie de décompte à rebours avec Dick Clark sur ABC cette année : une fois n'est pas coutume, la nouvelle année commence sur une note parisienne. J'avais presque oublié l'agitation des nouvels ans à la française, avec son lot de foie gras, champagne et petits fours, un compte à rebours presque manqué lorsque minuit sonne, car, le champagne, -c'est bien connu-, distrait le buveur du cadran de l'horloge. Pour nous, le réveillon ne devait et ne pouvait être franco-français. Notre New Year's Eve Masquerade a été une totale réussite avec débandade de bonne chère et de boissons, sous des inspirations culinaires de Louisiane et du Honduras, avec de la compagnie issue de pas mal de pays et de continents. Presque incognitos sous nos masques (ou pas), le métro gratuit nous a permis de rentrer sans encombres, bien après que minuit ne sonne et avec -déjà- un petit mal de cheveux. Le champagne a fait son effet. Sans dévoiler trop tôt ce que 2013 nous réserve, il n'est pas totalement faux de penser que ce sera une année de changements, de voyages, et de challenges à relever pour nous deux. En attendant de prendre la vague pour surfer sur cette année nouvelle, mes meilleurs voeux accompagnent chacun de mes lecteurs qui suivent nos aventures depuis Mai 2010. Bonne année!

vendredi 14 décembre 2012

S'inscrire à la sécurité sociale en France

Comme tout bon expatrié de retour dans l'hexagone, il m'a fallu me réinscrire à la sécurité sociale française histoire d'avoir le droit, comme tout un chacun, aux soins médicaux remboursés (du moins en partie). Qui aurait crû, cependant, que l'inscription en question serait digne d'un parcours du combattant, plutôt proche des douzes travaux d'Hercule que de la simple formalité administrative ? Connaissant quelque peu d'autres administrations françaises, qui fonctionnent plus ou moins bien (et bien sûr nous n'en citerons pas le nom), je me doutais que ce ne serait pas chose facile, et que cela prendrait un peu de temps, mais à ce point là, jamais. Un vrai bordel.*
L'aventure a commencé à notre arrivée, le 7 Août, ou plutôt la veille de ma reprise de travail, le 21 Août, lorsque, la bouche en coeur, Logan et moi nous sommes pointés à la CPAM de Paris. Sans s'attarder sur les détails de file d'attente, de ticket, de bureaucrates plus ou moins francophones, de désorganisation totale, nous avons essuyé une première défaite. Puisque mes droits français avaient été suspendus à mon expatriation, deux options s'offraient à nous : attendre d'avoir en main mes deux premiers bulletins de salaire, puis m'inscrire et inscrire Logan comme ayant-droit, et ainsi espérer une couverture maladie à compter du début du mois de Novembre, ou m'inscrire de suite et compter sur une couverture maladie à compter du début du mois de Décembre. Nous avons choisi la première option, qui était plus simple et plus rapide car des bulletins de salaire valent de justificatifs de cotisation maladie. Début Novembre donc, les papiers nécessaire sont remis en main propre à l'employée. Outre les divers certificats de mariage, de visa de long séjour, de salaire, d'adresse, de coordonnées bancaires, nous avons remis les nombreux formulaires nécessaires (inscription dans mon cas, et ayant-droit pour mon homme). Un temps d'attente de six semaines étant nécessaire, nous attendons. Puis, vient (presque dans le temps imparti) un petit courrier m'informant que je suis bien inscrite, et que je peux mettre à jour ma carte vitale. C'est là que le bât blesse : quid de mon homme ? En tentant de mettre à jour nos deux cartes vitales à la pharmacie, je découvre qu'il est toujours inscrit à la LMDE, et que ma propre carte a été tout simplement désactivée. Retour à la CPAM, qui garde alors nos deux cartes. Le dossier d'ayant-droit de Logan ayant été "perdu" (ce qui est très bizarre car il était avec mon dossier d'inscription qui lui n'a pas été égaré...), il nous faut refournir toutes les pièces justificatives à nouveau. Je reçois quant à moi une attestation d'affiliation que je peux utiliser d'ici l'émission d'une nouvelle carte vitale (sous six semaines). Au jour d'aujourd'hui, je suis inscrite, mais je suis la seule à avoir la sécu. Après tout, presque cinq moins sans couverture maladie, ce n'est si long... Le détail le plus amusant dans l'histoire vient d'une des employées de la CPAM de Paris. Lorsque Logan recevra (à la Saint-Glinglin) son formulaire de demande de carte vitale, il ne doit surtout pas le renvoyer à l'adresse indiquée, car en tant qu'étranger, il ne recevrait aucune réponse. Il doit donc se représenter au guichet à nouveau histoire de formaliser les choses et de (peut-être) espérer être inscrit à notre bon vieux système français de couverture maladie. Mais enfin, tout est possible, Noël approche, et si le Père Noël nous apportait, à tous les deux, une belle petite carte vitale ? Patience, tout vient à point à qui sait l'attendre...

*en français dans le texte

dimanche 25 novembre 2012

A very parisian Thanksgiving



La traditionnelle Pumpkin pie
Le temps file...les fêtes de fin d'année approchent déjà qu'il est temps de célébrer Thanksgiving. Ce jeudi n'était pas férié en France, et personne ou presque n'était en mode "vas-y, sort ta dinde". Personne ? Nous avons néanmoins réussi à réunir près de dix personnes, américanophones ou américanophiles pour le traditionnel repas entre amis. S'il a été très difficile de trouver de la dinde (et nous nous sommes finalement rabattus sur trois petites pintades fermières), le reste des indispensables ingrédients a été réuni avec succès. Entre l'incontournable gravy, la cranberry sauce, le cornbread, et la pumpkin pie, l'esprit du repas à l'américaine était bien présent, avec quelques touches françaises et quelques soupçons d'internationalité. Mais qu'est donc Thanksgiving ? Que célèbre-t-on ? C'est une des traditions les plus importantes aux Etats-Unis puisque c'est une fête laïque qui remonte aux XVIIème siècle. En 1620, une centaine de colons britanniques débarquèrent sur le nouveau continent (après avoir traversé l'Atlantique à bord du célèbre Mayflower) pour s'y installer. Mais leurs débuts au pays qui deviendra celui de l'oncle Sam ne furent pas aisés : près de la moitié d'entre eux périrent de faim et de scorbut lors du premier automne. Les survivants ne doivent leur survie qu'à un groupe d'indiens Wampanoags qui leur fournirent nourriture et leur apprirent à chasser et pêcher. C'est d'ailleurs à cette occasion que les colons découvrirent le maïs, inconnu en Europe à cette époque. D'où l'importance du maïs aujourd'hui aux Etats-Unis, et traditionnellement lors du repas de Thanksgiving. Ce premier repas entre indiens et colons est donc la fondation même de la fête de Thanksgiving. C'est une fête de partage, axée sur un bon repas, de bonnes boissons et une ambiance conviviale et décontractée. Il n'y a pas de cadeaux, pas de pression, juste le plaisir de se réunir ensemble et de profiter d'un bon (et copieux !) repas. C'est apparemment la fête préférée des américains. Il existe également une fête de Thanksgiving au Canada mais elle a lieu en Octobre et non fin Novembre. Notre journée a été riche pour l'estomac et les papilles, et, même s'il n'y a pas de restes cette année, je ne serais pas contre un petit sandwich à la dinde histoire d'honorer les traditions : après tout, bien souvent, vu le poids de l'animal qui est cuit (qui avoisinait les huit ou neuf kilos l'an passé), il y en a à manger pour au moins une semaine...

mercredi 19 septembre 2012

Mondialisaméricanisation




Passer dix-huit mois aux Etats-Unis est un éloignement qui est non seulement géographique mais aussi culturel. Je découvre et redécouvre chaque jour toutes les nouveautés françaises que j'ai manquées ! Qui aurait crû que la SNCF aurait créé une carte de réduction en édition limitée, la fameuse 12-30 ! Manque de bol, je n'étais pas là. J'en suis réduite aujourd'hui, comme tout un chacun, à payer mes billets plein tarif. Heureusement qu'une carte 12-27 va sortir bientôt... ce qui pourrait me consoler pendant un an. Qui aurait crû que Milka créerait un chocolat nouvelle génération, un semi-hybride Oncle Sam et pays des chants tyroliens, une sorte de chimère américano-suisse ? Je veux parler bien sûr du milka au lait-Oreo cookies... gourmands, ne pas s'abstenir ! Américano-suisse, la marque Milka? Pas vraiment, et pas exactement. Si la marque est d'origine suisse, et le chocolat fabriqué en Allemagne, elle appartient au groupe américain Kraft Foods. Mais que viennent faire les américains là-dedans ? Du commerce, cela va sans dire. Et si notre chère bonne vieille France devenait un peu plus sujette à la mondialisation chaque jour ? Poussons l'enquête un peu plus loin. Lu, célèbre marque de (délicieux) biscuits (surtout les Granolas, yum yum !), c'est encore Kraft Foods. Le chocolat Côte d'Or, c'est encore Kraft Foods. Les cracottes, les pépitos, c'est encore Kraft Foods. Les carambars ? Ca appartient au groupe Cadbury (britannique), lui-même possédé par Kraft Foods. Idem pour le chocolat Poulain, c'est toujours Kraft Foods. La marque Géant Vert, c'est le groupe General Mills, des américains. Enfin, n'oublions-pas, la glace Häagen-Dazs n'est ni hollandaise, ni allemande (pour ceux qui en doutait encore), elle est -je vous le donne en mille- américaine. On parle alors d'une vraie mondialisation... Ce qui a le mérite de faire que je peux trouver ici tout ce qui me manque de là-bas. Je n'ai aucun problème pour trouver du beurre de cacahuètes, du sirop d'érable, et même -depuis récemment-, du véritable creamcheese Philadelphia pour cuisiner de délicieux cheesecakes. Après tout, quand il est question de faire bonne chère, je suis la première à me manifester...

lundi 3 septembre 2012

Pari(s) tenu !

Habiter en plein coeur de Paris n'a décidément rien à voir avec la banlieue. Surtout lorsqu'on choisit à la belle saison de marcher, il est facile de découvrir les bons coins à visiter, qu'ils soient touristiques ou moins connus. Déjà deux weekends passés à "Paname"...time flies! Flâner dans les rues de la capitale sera une activité désormais réservée aux temps libres, car je suis officiellement orthophoniste en France, après dix-huit mois d'errances professionnelles au pays de l'oncle Sam. C'est finalement une clinique de soins de suite et de réadaptation qui m'a embauchée. Rien de spécial à en dire : j'adore mon boulot !!!! Même s'il ne me faudra compter que sur les rares jours de congés pour m'aérer un peu l'esprit, j'ai la chance et le privilège de pouvoir dire que je vais travailler le matin avec le sourire aux lèvres. L'équipe est super sympa, les patients attachants -et pour le moins challenging- mais c'est là que je me sens la plus utile. Etre confrontée à des handicaps lourds peut paraître effrayant, mais pour moi c'est une constante remise en cause, beaucoup de littérature à potasser et -peut-être !- des formations à venir. Même la perspective de prendre le RER tous les matins ne peut pas noircir le tableau : mon enthousiasme est sans limite! Née campagnarde, je me fais vite à la vie parisienne, on pourrait même penser que j'y ai vécu toute ma vie (sauf quand je sors mon plan de métro, signe indiscutable de mon ignardise en ce qui concerne l'orientation géographique et cruel indice de mon origine provinciale...) Pari tenu : la petite jurasienne est devenue parisienne pour une année. Et Paris offre tellement de nouvelles stimulations sociales, intellectuelles et culturelles que pour l'heure, le soir, je suis souvent sur les genoux...
Notre-Dame de Paris




lundi 20 août 2012

J'ai deux amours : mon pays et Paris...




Et voilà ! A force d'en parler et d'attendre, c'est officiel : je suis parisienne. Le retour en France s'est fait tout naturellement, et il ne m'a pas fallu longtemps avant de cesser mes bafouillages et mes anglicismes -à tout va-. Non pas que j'aie oublié la belle langue de Molière en m'expatriant, mais il m'est arrivé (souvent) de chercher mes mots, ou de substituer une longue et complexe phrase française par un court et efficace mot anglais. Certains concepts même, me sont étrangers en français. Ainsi, ne me parlez pas du sèche-linge, c'est un terme que j'ai commencé à utiliser en Pennsylvanie sous le terme de dryer. Et puis il y a des choses pour lesquelles il m'est impossible d'utiliser un équivalent anglophone. Il ne me viendrait pas à l'esprit de rêver à de bons Burgundian beef ou burnt cream : "crème brûlée" ou "boeuf bourguignon" sont beaucoup plus faciles à employer. Surtout que, j'ai souvent ressenti un cruel manque de la bonne chère française, et qu'à moins de cuisiner moi-même, il a été difficile de manger français au cours de cette dernière année. Paris sera donc placé sous le signe de la gastronomie française. Mais nous venons d'emménager dans le 13ème : en plein coeur de Chinatown, il ne me sera pas possible d'éviter les authentiques restaurants vietnamiens, chinois, laotiens, thaïlandais, et cambodgiens. Premier test prévu ce soir...il me tarde d'y goûter! Une nouvelle page s'ouvre, tandis que ma page pennsyvlanienne s'éclipse pour le temps d'une année scolaire. Dix mois à Paris, presque un an pendant lequel je vais pouvoir -finalement !- exercer ma profession et me sentir orthophoniste. Je commence à travailler dans moins de quarante-huit heures, et honnêtement : l'impatience se fait sentir...

mardi 10 juillet 2012

Après dix-huit mois en Pennsylvanie, il est (presque) l'heure de revenir en France pour passer quelques temps à Paris ! Retour à la vie française, et à la civilisation, retour à ma vie professionnelle d'orthophoniste... plein de réjouissances sont à venir. Départ prévu : 4 Août 2012. Le compte à rebours est lancé !

mardi 29 mai 2012

Centralia ou l'histoire d'un feu qui ne s'éteint jamais


Centralia dans les années 80              Centralia aujourd'hui...
Lors de ce weekend prolongé de trois jours pour célébrer (non pas le lundi de Pentecôte mais) Memorial day, j'ai visité, accompagné de fabuleux guides locaux, la ville fantôme de Centralia. Centralia est/était une ville de Pennsylvanie centrale, située en plein milieu du coal country où l'on a extrait et l'on continue toujours d'extraire du charbon de mines souterraines. En 1962, il y a exactement 50 ans, pour préparer les festivités de Memorial day, des employés municipaux ont déplacé une décharge à ciel ouvert d'un terrain vers un autre. A cause d'une très forte chaleur ce jour-là, et de la présence de charbon dans le sol, les détritus en question se sont spontanément embrasés et le feu s'est propagé à une ancienne mine souterraine, l'une des rares qui n'avait pas été condamnée. En ce jour férié, manquant de main d'oeuvre pour éteindre le feu, les autorités locales ont alors fait appel à l'état de Pennsylvanie qui aurait répondu absent. Le feu s'est propagé pendant quelques jours, avant que les premières véritables tentatives pour l'éteindre ou le contenir ne soient entreprises. C'est malheureusement là que le bâs blesse : considérant la nature du sous-sol, le feu s'est propagé à l'ensemble de la mine de charbon et devinez quoi ? Le feu brûle toujours, cinquante ans après...d'où l'idée de "ville fantôme" car la ville a été progressivement détruite et finalement évacuée dans les années 90. Il n'en reste rien, juste un cimetière, quelques très rares maisons et une église ukrainienne orthodoxe qui est encore épargnée. Il semble que le feu puisse brûler encore au moins 250 ans avant que le charbon ne soit complètement épuisé. Les locaux parlent de "silent hill" car  il faut connaître l'histoire pour savoir ce qu'il s'est passé et pouvoir partir à la chasse aux indices de la présence de Centralia. Rien n'est frappant à première vue, je suis moi-même passée par là avec mes parents à l'automne dernier sans rien en soupçonner ! Grâce aux indications d'un américain local (un biker tatoué jusqu'aux oreilles, vétéran de la guerre de Corée et très fier de nous faire partager quelques secrets de Centralia), nous avons pu observer les vapeurs qui s'échappent encore et toujours du sous-sol. Le sol était par endroit extrêment chaud, un bon petit barbecue où il ne ferait pas bon mettre ses mains. Je n'avais encore jamais rien vu de pareil en terrain non volcanique. Les Islandais serait déçus en visitant les restes d'une ville qui a quasiment disparu, mais en pensant que toute la région est suceptible de brûler encore tout le long de la route 61 (qui suit grossièrement le tracé de la mine souterraine), c'est plutôt impressionnant. Il y a même, en espérant qu'elle ne brûle pas, une capsule temporelle qui contient des lettres et des témoignages de 1966 et qui sera ouverte en 2016. Peut-être qu'on découvrira alors la véritable cause du départ de l'incendie, car l'histoire vous est contée telle qu'elle me l'a été racontée, et toute ressemblance avec la ville carbonnisée de Centralia ne serait absolument pas une coïcidence...
Time Capsule, Centralia

mercredi 2 mai 2012

Végétariens, végétaliens et autres bêtes curieuses

Qui n'a jamais entendu parler des végétariens, espèce (loin d'être en voie de disparition) qui se reproduit à grande vitesse aussi bien sur le continent américain que dans notre bonne vieille Europe ? Qui n'a jamais reçu un végétarien à dîner en se torturant l'esprit "Mais qu'est-ce-qu'on va bien pourvoir manger ?" Adieu cochonaille, saucisson, steaks et autres barbecues... Finis les côtelettes saignantes et autres steaks tartares... Le végétarisme est extrêmement tendance ici et il me faut bien conjuguer avec. Dans une société où l'obésité est omni-présente, la chasse aux graisses animales et autres mauvais protéines bas son plein. Mais pourquoi donc ? Qu'est-ce-qui pousse quelqu'un à volontairement supprimer de son alimentation la bonne boufftaille ? Je me suis creusé et re-creusé la tête depuis un an, et force est de constater qu'ici, la bouffe végétarienne est bien meilleure ! Même si Tony Parker le dit si bien, (mes sources sont pour le moins intellectuelles...ou pas), "Aux States on mange des steaks grands comme la Croatie", ça ne veut pas dire que le steak en question est bon. Il n'en est pas moins vrai que j'ai grandi avec du boeuf au petit déjeuner, déjeuner et dîner car mon Papa produit une viande de qualité exceptionnelle qui m'a habituée à manger les meilleurs morceaux que le boucher se garde pour lui en temps normal. Ici, je ne mange pas beaucoup de viande, un petit burger de temps à autre et pas mal de all-natural chicken, mais ça s'arrête là.  Je préfère de loin ne pas manger de viande que de manger de la mauvaise viande. Mais de là à se déclarer végétarien, il ne faut pas pousser quand même. Je ne veux pas être de ceux qui rêvent de côte de boeuf ou de filet mignon sans se l'avouer. Restons honnête, je ne pourrais jamais m'en passer. Pour ceux qui demandent encore si cet article est pour ou contre le végétarisme...la réponse est ni l'un ni l'autre. Car chacun mange ce qu'il veut et point barre.  Mon seul petit bémol concerne une autre espèce un peu méconnue : le végétalien qui refuse les produits laitiers, les oeufs, le poisson, et d'une façon générale tout ce qui induit la participation d'un animal (donc, pas de miel...). Ca complique quand même l'alimentation, et cela nécessite de bien connaître les possibles sources de protéines végétales. Allez donc préparer de déclicieuses pâtisseries sans oeufs et sans beurre... (même avec de l'agar-agar en guise d'eufs et un peu d'huile, votre gâteau n'aura rien d'exceptionnel). Bien sûr le tofu est soi-disant délicieux, quand on le prépare avec des épices, mais ça ne vaut pas une bonne petite omelette au fromage de chèvre, et ce ne sont pas les végétariens qui diront le contraire. Et une dernière petite info pour la route pour les quelques petits américains qui en doutent encore : non, le pain ne fait pas grossir, et éviter les carbs pour maigrir n'est pas forcément la meilleure solution lorsqu'on se venge sur des ailes de poulet frites de KFC. Bien manger, ça commence par se faire plaisir. Alors bon appétit, mangez ce qui vous fait envie.

vendredi 6 avril 2012

Vive le chocolat !

Coconut Cream Pie
Pâques approche et les jardins se couvrent de décorations de circonstance. Arbres à oeufs et petits lapins en peluche sont de sortie sur le devant des maisons. Partout se vendent des chocolats (plus ou moins appétissants), des paniers de collecte d'oeufs et des décorations aux couleurs printannière. Ici, il faut oublier nos traditionnelles "Cloches de Pâques" et compter sur la livraison des oeufs du "Lapin de Pâques", comme en Allemagne et en Alsace. Des "chasses aux oeufs" sont organisées un peu partout. Pâques n'est pas qu'une fête commerciale ici, c'est aussi (et surtout) une fête chrétienne très importante (même si la plupart des enfants pensent d'abord aux chocolats avant de penser à une miraculeuse résurrection !) qui est palpable et visible dans une amérique croyante et plutôt praticante. J'attends de voir si le lapin de Pâques va deigner m'apporter quelques delicacies...mon estomac se réjouit ! A défaut de le croiser, il est tout à fait possible de rencontrer de véritables petits lapins de Garenne dans notre jardin. Même au centre-ville, la nature est là (voir article sur le sujet). En parlant de delicacies, j'ai découvert un principe de pâtisserie américaine que certains jugeront révolutionnaire,  ou ridicule (au choix). En emmenant une patiente manger à Cracker Barrel (une chaîne de restaurant bien connue outre-Atlantique), mon esprit a tiqué sur une publicité pour une cream pie à la noix de coco. Qu'est-ce-qu'une cream pie ? C'est une tarte -sans croûte- qui est servie dans un bol avec de la chantilly. Je ne sais pas si l'on peut vraiment qualifier de "tarte" un dessert qui n'a pas de croûte et qui ne comprend qu'une couche de garniture (qui, par définition, ne garnit rien...)... ce serait plutôt une crème à la noix de coco servie dans un ramequin dans notre langue de Molière ! Mais imaginez une crème (très) riche et (très) sucrée qui serait servie avec une chantilly (très) riche et (très) sucrée... personnellement je me laisserais tenter, croûte ou pas croûte! Joyeuses Pâques à tous ! Et ne mangez pas trop de chocolat ! En ce qui me concerne, of course I will...

vendredi 17 février 2012

Ces Mad Men paresseux


Clips commerciaux et autres slogans publicitaires envahissent la radio, les magazines et la télévision aux Etats-Unis. Rien de bien différent me direz-vous de ce que l'on connaît déjà sur le vieux continent. Effectivement, rien de bien différent car les slogans qui marchent en France marchent aussi très bien outre-atlantique. Les publicitaires des grandes firmes internationales ne se foulent pas trop pour trouver des accroches accrocheuses et des phrases-chantonnées itératives qui se fixent très facilement dans notre mémoire. Une fois l'idée trouvée, elle est simplement traduite d'une langue à l'autre. L'Oréal ? Parce que vous le valez bien, ou L'Oréal, because you're worth it. Prends-soin de toi, Garnier. Ou Garnier, Take care. Swiffer attrappe poussière, est révolutionnaire. Ou Swiffer, Revolutionize the way you clean. On pourrait en citer bien d'autres. Parfois même, certaines firmes ne traduisent même plus leurs slogans. Si l'on pense à la chaine de restauration rapide Mc Donald's, il me semble bien que leurs publicités en France incluent le très fameux slogan I'm lovin' it. (et plus récemment : venez comme vous êtes). Et puis, pas beaucoup de dépaysement en ce qui concerne les produits proposés. Pampers, Starbucks, Domino's pizza, Coca-Cola, Barbie... tout ce que la France a, les Etats-Unis l'ont (et l'exportent). A la limite, on peut se targuer de pouvoir manger exactement le même hamburger aux quatre coins du monde, de déguster son soda sur n'importe quel continent et d'utiliser partout son personal computer ou son mac créé par des cerveaux américains. J'en entends déjà qui surfent sur des mouvements anti-mondialisation, saupoudrés d'une bonne dose d'anti-américanisme primaire...et je conçois que préserver sa culture, sa langue et son identité soit primordial. Mais après tout, la Vache Qui Rit (The Laughing Cow) et le Babybel sont également partout, du désert du Sahara à l'Asie, en passant par l'Amérique du Sud et le Pacifique. La France exporte aussi sa "culture" ! (même si bon, on ne peut pas trop parler de culture lorsqu'on parle de vache qui rit, qui est faite dans le Jura avec de vieux restes de comté trop mauvais pour être vendu). Le vin français, le bon saucisson d'Auvergne, les mille-et-un fromages, le gâteau basque, la tarte au maroilles, le gratin dauphinois, les bêtises de Cambrais, le cassoulet  de Castelnaudary, la  crème de marron de l'Ardèche Clément Faugier...il me faudrait des années pour citer toutes ces bonnes réjouissances franco-françaises. Et pas besoin des services de ces Mad Men pour me vendre des bons produits français...je donnerais n'importe quoi pour une bonne tartine de rillettes du Mans sur une baguette croustillante, avec un bon verre de vin du Jura.