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vendredi 14 décembre 2012

S'inscrire à la sécurité sociale en France

Comme tout bon expatrié de retour dans l'hexagone, il m'a fallu me réinscrire à la sécurité sociale française histoire d'avoir le droit, comme tout un chacun, aux soins médicaux remboursés (du moins en partie). Qui aurait crû, cependant, que l'inscription en question serait digne d'un parcours du combattant, plutôt proche des douzes travaux d'Hercule que de la simple formalité administrative ? Connaissant quelque peu d'autres administrations françaises, qui fonctionnent plus ou moins bien (et bien sûr nous n'en citerons pas le nom), je me doutais que ce ne serait pas chose facile, et que cela prendrait un peu de temps, mais à ce point là, jamais. Un vrai bordel.*
L'aventure a commencé à notre arrivée, le 7 Août, ou plutôt la veille de ma reprise de travail, le 21 Août, lorsque, la bouche en coeur, Logan et moi nous sommes pointés à la CPAM de Paris. Sans s'attarder sur les détails de file d'attente, de ticket, de bureaucrates plus ou moins francophones, de désorganisation totale, nous avons essuyé une première défaite. Puisque mes droits français avaient été suspendus à mon expatriation, deux options s'offraient à nous : attendre d'avoir en main mes deux premiers bulletins de salaire, puis m'inscrire et inscrire Logan comme ayant-droit, et ainsi espérer une couverture maladie à compter du début du mois de Novembre, ou m'inscrire de suite et compter sur une couverture maladie à compter du début du mois de Décembre. Nous avons choisi la première option, qui était plus simple et plus rapide car des bulletins de salaire valent de justificatifs de cotisation maladie. Début Novembre donc, les papiers nécessaire sont remis en main propre à l'employée. Outre les divers certificats de mariage, de visa de long séjour, de salaire, d'adresse, de coordonnées bancaires, nous avons remis les nombreux formulaires nécessaires (inscription dans mon cas, et ayant-droit pour mon homme). Un temps d'attente de six semaines étant nécessaire, nous attendons. Puis, vient (presque dans le temps imparti) un petit courrier m'informant que je suis bien inscrite, et que je peux mettre à jour ma carte vitale. C'est là que le bât blesse : quid de mon homme ? En tentant de mettre à jour nos deux cartes vitales à la pharmacie, je découvre qu'il est toujours inscrit à la LMDE, et que ma propre carte a été tout simplement désactivée. Retour à la CPAM, qui garde alors nos deux cartes. Le dossier d'ayant-droit de Logan ayant été "perdu" (ce qui est très bizarre car il était avec mon dossier d'inscription qui lui n'a pas été égaré...), il nous faut refournir toutes les pièces justificatives à nouveau. Je reçois quant à moi une attestation d'affiliation que je peux utiliser d'ici l'émission d'une nouvelle carte vitale (sous six semaines). Au jour d'aujourd'hui, je suis inscrite, mais je suis la seule à avoir la sécu. Après tout, presque cinq moins sans couverture maladie, ce n'est si long... Le détail le plus amusant dans l'histoire vient d'une des employées de la CPAM de Paris. Lorsque Logan recevra (à la Saint-Glinglin) son formulaire de demande de carte vitale, il ne doit surtout pas le renvoyer à l'adresse indiquée, car en tant qu'étranger, il ne recevrait aucune réponse. Il doit donc se représenter au guichet à nouveau histoire de formaliser les choses et de (peut-être) espérer être inscrit à notre bon vieux système français de couverture maladie. Mais enfin, tout est possible, Noël approche, et si le Père Noël nous apportait, à tous les deux, une belle petite carte vitale ? Patience, tout vient à point à qui sait l'attendre...

*en français dans le texte

dimanche 25 novembre 2012

A very parisian Thanksgiving



La traditionnelle Pumpkin pie
Le temps file...les fêtes de fin d'année approchent déjà qu'il est temps de célébrer Thanksgiving. Ce jeudi n'était pas férié en France, et personne ou presque n'était en mode "vas-y, sort ta dinde". Personne ? Nous avons néanmoins réussi à réunir près de dix personnes, américanophones ou américanophiles pour le traditionnel repas entre amis. S'il a été très difficile de trouver de la dinde (et nous nous sommes finalement rabattus sur trois petites pintades fermières), le reste des indispensables ingrédients a été réuni avec succès. Entre l'incontournable gravy, la cranberry sauce, le cornbread, et la pumpkin pie, l'esprit du repas à l'américaine était bien présent, avec quelques touches françaises et quelques soupçons d'internationalité. Mais qu'est donc Thanksgiving ? Que célèbre-t-on ? C'est une des traditions les plus importantes aux Etats-Unis puisque c'est une fête laïque qui remonte aux XVIIème siècle. En 1620, une centaine de colons britanniques débarquèrent sur le nouveau continent (après avoir traversé l'Atlantique à bord du célèbre Mayflower) pour s'y installer. Mais leurs débuts au pays qui deviendra celui de l'oncle Sam ne furent pas aisés : près de la moitié d'entre eux périrent de faim et de scorbut lors du premier automne. Les survivants ne doivent leur survie qu'à un groupe d'indiens Wampanoags qui leur fournirent nourriture et leur apprirent à chasser et pêcher. C'est d'ailleurs à cette occasion que les colons découvrirent le maïs, inconnu en Europe à cette époque. D'où l'importance du maïs aujourd'hui aux Etats-Unis, et traditionnellement lors du repas de Thanksgiving. Ce premier repas entre indiens et colons est donc la fondation même de la fête de Thanksgiving. C'est une fête de partage, axée sur un bon repas, de bonnes boissons et une ambiance conviviale et décontractée. Il n'y a pas de cadeaux, pas de pression, juste le plaisir de se réunir ensemble et de profiter d'un bon (et copieux !) repas. C'est apparemment la fête préférée des américains. Il existe également une fête de Thanksgiving au Canada mais elle a lieu en Octobre et non fin Novembre. Notre journée a été riche pour l'estomac et les papilles, et, même s'il n'y a pas de restes cette année, je ne serais pas contre un petit sandwich à la dinde histoire d'honorer les traditions : après tout, bien souvent, vu le poids de l'animal qui est cuit (qui avoisinait les huit ou neuf kilos l'an passé), il y en a à manger pour au moins une semaine...

mercredi 19 septembre 2012

Mondialisaméricanisation




Passer dix-huit mois aux Etats-Unis est un éloignement qui est non seulement géographique mais aussi culturel. Je découvre et redécouvre chaque jour toutes les nouveautés françaises que j'ai manquées ! Qui aurait crû que la SNCF aurait créé une carte de réduction en édition limitée, la fameuse 12-30 ! Manque de bol, je n'étais pas là. J'en suis réduite aujourd'hui, comme tout un chacun, à payer mes billets plein tarif. Heureusement qu'une carte 12-27 va sortir bientôt... ce qui pourrait me consoler pendant un an. Qui aurait crû que Milka créerait un chocolat nouvelle génération, un semi-hybride Oncle Sam et pays des chants tyroliens, une sorte de chimère américano-suisse ? Je veux parler bien sûr du milka au lait-Oreo cookies... gourmands, ne pas s'abstenir ! Américano-suisse, la marque Milka? Pas vraiment, et pas exactement. Si la marque est d'origine suisse, et le chocolat fabriqué en Allemagne, elle appartient au groupe américain Kraft Foods. Mais que viennent faire les américains là-dedans ? Du commerce, cela va sans dire. Et si notre chère bonne vieille France devenait un peu plus sujette à la mondialisation chaque jour ? Poussons l'enquête un peu plus loin. Lu, célèbre marque de (délicieux) biscuits (surtout les Granolas, yum yum !), c'est encore Kraft Foods. Le chocolat Côte d'Or, c'est encore Kraft Foods. Les cracottes, les pépitos, c'est encore Kraft Foods. Les carambars ? Ca appartient au groupe Cadbury (britannique), lui-même possédé par Kraft Foods. Idem pour le chocolat Poulain, c'est toujours Kraft Foods. La marque Géant Vert, c'est le groupe General Mills, des américains. Enfin, n'oublions-pas, la glace Häagen-Dazs n'est ni hollandaise, ni allemande (pour ceux qui en doutait encore), elle est -je vous le donne en mille- américaine. On parle alors d'une vraie mondialisation... Ce qui a le mérite de faire que je peux trouver ici tout ce qui me manque de là-bas. Je n'ai aucun problème pour trouver du beurre de cacahuètes, du sirop d'érable, et même -depuis récemment-, du véritable creamcheese Philadelphia pour cuisiner de délicieux cheesecakes. Après tout, quand il est question de faire bonne chère, je suis la première à me manifester...

lundi 3 septembre 2012

Pari(s) tenu !

Habiter en plein coeur de Paris n'a décidément rien à voir avec la banlieue. Surtout lorsqu'on choisit à la belle saison de marcher, il est facile de découvrir les bons coins à visiter, qu'ils soient touristiques ou moins connus. Déjà deux weekends passés à "Paname"...time flies! Flâner dans les rues de la capitale sera une activité désormais réservée aux temps libres, car je suis officiellement orthophoniste en France, après dix-huit mois d'errances professionnelles au pays de l'oncle Sam. C'est finalement une clinique de soins de suite et de réadaptation qui m'a embauchée. Rien de spécial à en dire : j'adore mon boulot !!!! Même s'il ne me faudra compter que sur les rares jours de congés pour m'aérer un peu l'esprit, j'ai la chance et le privilège de pouvoir dire que je vais travailler le matin avec le sourire aux lèvres. L'équipe est super sympa, les patients attachants -et pour le moins challenging- mais c'est là que je me sens la plus utile. Etre confrontée à des handicaps lourds peut paraître effrayant, mais pour moi c'est une constante remise en cause, beaucoup de littérature à potasser et -peut-être !- des formations à venir. Même la perspective de prendre le RER tous les matins ne peut pas noircir le tableau : mon enthousiasme est sans limite! Née campagnarde, je me fais vite à la vie parisienne, on pourrait même penser que j'y ai vécu toute ma vie (sauf quand je sors mon plan de métro, signe indiscutable de mon ignardise en ce qui concerne l'orientation géographique et cruel indice de mon origine provinciale...) Pari tenu : la petite jurasienne est devenue parisienne pour une année. Et Paris offre tellement de nouvelles stimulations sociales, intellectuelles et culturelles que pour l'heure, le soir, je suis souvent sur les genoux...
Notre-Dame de Paris




lundi 20 août 2012

J'ai deux amours : mon pays et Paris...




Et voilà ! A force d'en parler et d'attendre, c'est officiel : je suis parisienne. Le retour en France s'est fait tout naturellement, et il ne m'a pas fallu longtemps avant de cesser mes bafouillages et mes anglicismes -à tout va-. Non pas que j'aie oublié la belle langue de Molière en m'expatriant, mais il m'est arrivé (souvent) de chercher mes mots, ou de substituer une longue et complexe phrase française par un court et efficace mot anglais. Certains concepts même, me sont étrangers en français. Ainsi, ne me parlez pas du sèche-linge, c'est un terme que j'ai commencé à utiliser en Pennsylvanie sous le terme de dryer. Et puis il y a des choses pour lesquelles il m'est impossible d'utiliser un équivalent anglophone. Il ne me viendrait pas à l'esprit de rêver à de bons Burgundian beef ou burnt cream : "crème brûlée" ou "boeuf bourguignon" sont beaucoup plus faciles à employer. Surtout que, j'ai souvent ressenti un cruel manque de la bonne chère française, et qu'à moins de cuisiner moi-même, il a été difficile de manger français au cours de cette dernière année. Paris sera donc placé sous le signe de la gastronomie française. Mais nous venons d'emménager dans le 13ème : en plein coeur de Chinatown, il ne me sera pas possible d'éviter les authentiques restaurants vietnamiens, chinois, laotiens, thaïlandais, et cambodgiens. Premier test prévu ce soir...il me tarde d'y goûter! Une nouvelle page s'ouvre, tandis que ma page pennsyvlanienne s'éclipse pour le temps d'une année scolaire. Dix mois à Paris, presque un an pendant lequel je vais pouvoir -finalement !- exercer ma profession et me sentir orthophoniste. Je commence à travailler dans moins de quarante-huit heures, et honnêtement : l'impatience se fait sentir...

mardi 10 juillet 2012

Après dix-huit mois en Pennsylvanie, il est (presque) l'heure de revenir en France pour passer quelques temps à Paris ! Retour à la vie française, et à la civilisation, retour à ma vie professionnelle d'orthophoniste... plein de réjouissances sont à venir. Départ prévu : 4 Août 2012. Le compte à rebours est lancé !

mardi 29 mai 2012

Centralia ou l'histoire d'un feu qui ne s'éteint jamais


Centralia dans les années 80              Centralia aujourd'hui...
Lors de ce weekend prolongé de trois jours pour célébrer (non pas le lundi de Pentecôte mais) Memorial day, j'ai visité, accompagné de fabuleux guides locaux, la ville fantôme de Centralia. Centralia est/était une ville de Pennsylvanie centrale, située en plein milieu du coal country où l'on a extrait et l'on continue toujours d'extraire du charbon de mines souterraines. En 1962, il y a exactement 50 ans, pour préparer les festivités de Memorial day, des employés municipaux ont déplacé une décharge à ciel ouvert d'un terrain vers un autre. A cause d'une très forte chaleur ce jour-là, et de la présence de charbon dans le sol, les détritus en question se sont spontanément embrasés et le feu s'est propagé à une ancienne mine souterraine, l'une des rares qui n'avait pas été condamnée. En ce jour férié, manquant de main d'oeuvre pour éteindre le feu, les autorités locales ont alors fait appel à l'état de Pennsylvanie qui aurait répondu absent. Le feu s'est propagé pendant quelques jours, avant que les premières véritables tentatives pour l'éteindre ou le contenir ne soient entreprises. C'est malheureusement là que le bâs blesse : considérant la nature du sous-sol, le feu s'est propagé à l'ensemble de la mine de charbon et devinez quoi ? Le feu brûle toujours, cinquante ans après...d'où l'idée de "ville fantôme" car la ville a été progressivement détruite et finalement évacuée dans les années 90. Il n'en reste rien, juste un cimetière, quelques très rares maisons et une église ukrainienne orthodoxe qui est encore épargnée. Il semble que le feu puisse brûler encore au moins 250 ans avant que le charbon ne soit complètement épuisé. Les locaux parlent de "silent hill" car  il faut connaître l'histoire pour savoir ce qu'il s'est passé et pouvoir partir à la chasse aux indices de la présence de Centralia. Rien n'est frappant à première vue, je suis moi-même passée par là avec mes parents à l'automne dernier sans rien en soupçonner ! Grâce aux indications d'un américain local (un biker tatoué jusqu'aux oreilles, vétéran de la guerre de Corée et très fier de nous faire partager quelques secrets de Centralia), nous avons pu observer les vapeurs qui s'échappent encore et toujours du sous-sol. Le sol était par endroit extrêment chaud, un bon petit barbecue où il ne ferait pas bon mettre ses mains. Je n'avais encore jamais rien vu de pareil en terrain non volcanique. Les Islandais serait déçus en visitant les restes d'une ville qui a quasiment disparu, mais en pensant que toute la région est suceptible de brûler encore tout le long de la route 61 (qui suit grossièrement le tracé de la mine souterraine), c'est plutôt impressionnant. Il y a même, en espérant qu'elle ne brûle pas, une capsule temporelle qui contient des lettres et des témoignages de 1966 et qui sera ouverte en 2016. Peut-être qu'on découvrira alors la véritable cause du départ de l'incendie, car l'histoire vous est contée telle qu'elle me l'a été racontée, et toute ressemblance avec la ville carbonnisée de Centralia ne serait absolument pas une coïcidence...
Time Capsule, Centralia

mercredi 2 mai 2012

Végétariens, végétaliens et autres bêtes curieuses

Qui n'a jamais entendu parler des végétariens, espèce (loin d'être en voie de disparition) qui se reproduit à grande vitesse aussi bien sur le continent américain que dans notre bonne vieille Europe ? Qui n'a jamais reçu un végétarien à dîner en se torturant l'esprit "Mais qu'est-ce-qu'on va bien pourvoir manger ?" Adieu cochonaille, saucisson, steaks et autres barbecues... Finis les côtelettes saignantes et autres steaks tartares... Le végétarisme est extrêmement tendance ici et il me faut bien conjuguer avec. Dans une société où l'obésité est omni-présente, la chasse aux graisses animales et autres mauvais protéines bas son plein. Mais pourquoi donc ? Qu'est-ce-qui pousse quelqu'un à volontairement supprimer de son alimentation la bonne boufftaille ? Je me suis creusé et re-creusé la tête depuis un an, et force est de constater qu'ici, la bouffe végétarienne est bien meilleure ! Même si Tony Parker le dit si bien, (mes sources sont pour le moins intellectuelles...ou pas), "Aux States on mange des steaks grands comme la Croatie", ça ne veut pas dire que le steak en question est bon. Il n'en est pas moins vrai que j'ai grandi avec du boeuf au petit déjeuner, déjeuner et dîner car mon Papa produit une viande de qualité exceptionnelle qui m'a habituée à manger les meilleurs morceaux que le boucher se garde pour lui en temps normal. Ici, je ne mange pas beaucoup de viande, un petit burger de temps à autre et pas mal de all-natural chicken, mais ça s'arrête là.  Je préfère de loin ne pas manger de viande que de manger de la mauvaise viande. Mais de là à se déclarer végétarien, il ne faut pas pousser quand même. Je ne veux pas être de ceux qui rêvent de côte de boeuf ou de filet mignon sans se l'avouer. Restons honnête, je ne pourrais jamais m'en passer. Pour ceux qui demandent encore si cet article est pour ou contre le végétarisme...la réponse est ni l'un ni l'autre. Car chacun mange ce qu'il veut et point barre.  Mon seul petit bémol concerne une autre espèce un peu méconnue : le végétalien qui refuse les produits laitiers, les oeufs, le poisson, et d'une façon générale tout ce qui induit la participation d'un animal (donc, pas de miel...). Ca complique quand même l'alimentation, et cela nécessite de bien connaître les possibles sources de protéines végétales. Allez donc préparer de déclicieuses pâtisseries sans oeufs et sans beurre... (même avec de l'agar-agar en guise d'eufs et un peu d'huile, votre gâteau n'aura rien d'exceptionnel). Bien sûr le tofu est soi-disant délicieux, quand on le prépare avec des épices, mais ça ne vaut pas une bonne petite omelette au fromage de chèvre, et ce ne sont pas les végétariens qui diront le contraire. Et une dernière petite info pour la route pour les quelques petits américains qui en doutent encore : non, le pain ne fait pas grossir, et éviter les carbs pour maigrir n'est pas forcément la meilleure solution lorsqu'on se venge sur des ailes de poulet frites de KFC. Bien manger, ça commence par se faire plaisir. Alors bon appétit, mangez ce qui vous fait envie.

vendredi 6 avril 2012

Vive le chocolat !

Coconut Cream Pie
Pâques approche et les jardins se couvrent de décorations de circonstance. Arbres à oeufs et petits lapins en peluche sont de sortie sur le devant des maisons. Partout se vendent des chocolats (plus ou moins appétissants), des paniers de collecte d'oeufs et des décorations aux couleurs printannière. Ici, il faut oublier nos traditionnelles "Cloches de Pâques" et compter sur la livraison des oeufs du "Lapin de Pâques", comme en Allemagne et en Alsace. Des "chasses aux oeufs" sont organisées un peu partout. Pâques n'est pas qu'une fête commerciale ici, c'est aussi (et surtout) une fête chrétienne très importante (même si la plupart des enfants pensent d'abord aux chocolats avant de penser à une miraculeuse résurrection !) qui est palpable et visible dans une amérique croyante et plutôt praticante. J'attends de voir si le lapin de Pâques va deigner m'apporter quelques delicacies...mon estomac se réjouit ! A défaut de le croiser, il est tout à fait possible de rencontrer de véritables petits lapins de Garenne dans notre jardin. Même au centre-ville, la nature est là (voir article sur le sujet). En parlant de delicacies, j'ai découvert un principe de pâtisserie américaine que certains jugeront révolutionnaire,  ou ridicule (au choix). En emmenant une patiente manger à Cracker Barrel (une chaîne de restaurant bien connue outre-Atlantique), mon esprit a tiqué sur une publicité pour une cream pie à la noix de coco. Qu'est-ce-qu'une cream pie ? C'est une tarte -sans croûte- qui est servie dans un bol avec de la chantilly. Je ne sais pas si l'on peut vraiment qualifier de "tarte" un dessert qui n'a pas de croûte et qui ne comprend qu'une couche de garniture (qui, par définition, ne garnit rien...)... ce serait plutôt une crème à la noix de coco servie dans un ramequin dans notre langue de Molière ! Mais imaginez une crème (très) riche et (très) sucrée qui serait servie avec une chantilly (très) riche et (très) sucrée... personnellement je me laisserais tenter, croûte ou pas croûte! Joyeuses Pâques à tous ! Et ne mangez pas trop de chocolat ! En ce qui me concerne, of course I will...

vendredi 17 février 2012

Ces Mad Men paresseux


Clips commerciaux et autres slogans publicitaires envahissent la radio, les magazines et la télévision aux Etats-Unis. Rien de bien différent me direz-vous de ce que l'on connaît déjà sur le vieux continent. Effectivement, rien de bien différent car les slogans qui marchent en France marchent aussi très bien outre-atlantique. Les publicitaires des grandes firmes internationales ne se foulent pas trop pour trouver des accroches accrocheuses et des phrases-chantonnées itératives qui se fixent très facilement dans notre mémoire. Une fois l'idée trouvée, elle est simplement traduite d'une langue à l'autre. L'Oréal ? Parce que vous le valez bien, ou L'Oréal, because you're worth it. Prends-soin de toi, Garnier. Ou Garnier, Take care. Swiffer attrappe poussière, est révolutionnaire. Ou Swiffer, Revolutionize the way you clean. On pourrait en citer bien d'autres. Parfois même, certaines firmes ne traduisent même plus leurs slogans. Si l'on pense à la chaine de restauration rapide Mc Donald's, il me semble bien que leurs publicités en France incluent le très fameux slogan I'm lovin' it. (et plus récemment : venez comme vous êtes). Et puis, pas beaucoup de dépaysement en ce qui concerne les produits proposés. Pampers, Starbucks, Domino's pizza, Coca-Cola, Barbie... tout ce que la France a, les Etats-Unis l'ont (et l'exportent). A la limite, on peut se targuer de pouvoir manger exactement le même hamburger aux quatre coins du monde, de déguster son soda sur n'importe quel continent et d'utiliser partout son personal computer ou son mac créé par des cerveaux américains. J'en entends déjà qui surfent sur des mouvements anti-mondialisation, saupoudrés d'une bonne dose d'anti-américanisme primaire...et je conçois que préserver sa culture, sa langue et son identité soit primordial. Mais après tout, la Vache Qui Rit (The Laughing Cow) et le Babybel sont également partout, du désert du Sahara à l'Asie, en passant par l'Amérique du Sud et le Pacifique. La France exporte aussi sa "culture" ! (même si bon, on ne peut pas trop parler de culture lorsqu'on parle de vache qui rit, qui est faite dans le Jura avec de vieux restes de comté trop mauvais pour être vendu). Le vin français, le bon saucisson d'Auvergne, les mille-et-un fromages, le gâteau basque, la tarte au maroilles, le gratin dauphinois, les bêtises de Cambrais, le cassoulet  de Castelnaudary, la  crème de marron de l'Ardèche Clément Faugier...il me faudrait des années pour citer toutes ces bonnes réjouissances franco-françaises. Et pas besoin des services de ces Mad Men pour me vendre des bons produits français...je donnerais n'importe quoi pour une bonne tartine de rillettes du Mans sur une baguette croustillante, avec un bon verre de vin du Jura. 

lundi 23 janvier 2012

Etudier aux Etats-Unis



Pour quiconque ayant connu le système universitaire français et ses amphithéâtres bondés, ses facs aux murs décrépits et ses locaux (souvent) délabrés, débarquer dans une université américaine peut être un véritable choc culturel. Les moyens financiers liés à l'éducation supérieure ne sont pas comparables...et les frais d'inscription non plus. Ancienne étudiante boursière sur critères sociaux, j'ai eu l'habitude de payer la modique somme de 4 euros et 57 centimes pour étudier. Ici, pour une année de master, les frais varient entre dix et cinquante mille dollars, en dépendant bien sûr de la spécialité choisie et de l'université concernée. Les facs publiques tendent à être mois onéreuses, mais sont aussi (parfois) moins réputées.
Je suis inscrite à l'Université publique de Bloomsburg, en Pennsylvanie, en tant que non-degree student (qui signifie ni plus ni moins que je peux suivre un certain nombre de cours et de credits cette année, sans être officiellement en master). C'est là que les choses se compliquent : il me faut postuler et être admise officiellement pour poursuivre mes études, lesquelles sont indispensables pour pouvoir exercer comme orthophoniste. C'est pourquoi j'ai, depuis plusieurs mois, réuni les papiers administratifs nécessaires pour m'inscrire en master. Des lettres de recommandation à l'examen du GRE (voir article sur le sujet), je me suis pliée à l'exigence du système et ai envoyé mon dossier complet cette semaine. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'au résultat officiel des admissions. Plus de trois cents dossiers sont reçus chaque année, pour 28 places. Inutile de dire que je garde les doigts croisés ! Après tout, Dostoïevski a dit un jour que "vivre sans espoir, c'est cesser de vivre".

jeudi 22 décembre 2011

Man vs. wild

L'ours noir de Pennsylvanie
Un raton-laveur, un écureuil, ou une biche : voilà les animaux sauvages les plus fréquemment croisés en ville en Pennsylvanie. Dans le New Jersey, où la vie sauvage côtoie de près la modernité humaine, les animaux se mêlent aux hommes comme si de rien n'était. Et si certains causent de nombreux dommages -humains et matériels- (les collisions en voiture avec les gibiers constituent un fort taux de mortalité ici-bas, et les écureuils détruisent des sous-sols ou des toits, tandis que les ratons-laveurs fouillent les poubelles et éparpillent les détritus un peu partout), d'autres apportent un peu d'inhabituel à nos yeux européens. Qui peut se vanter de voir un ours sur le perron de la maison ? Pas moi, mais certains de nos voisins for sure. Il est incroyable d'être confrontés quotidiennement à ces bestiaux plutôt rares et discrets sur le vieux continent. De nombreux siècles de chasse organisée ont largement contribué à l'extinction ou à la raréfaction de certaines espèces ; le loup et l'ours en sont un bon exemple. Ici l'homme n'a pas encore eu le temps de détruire le territoire naturel, Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique il y a si longtemps à l'échelle de l'humanité. Et dire que certains, en France, élèvent et relâchent des faisans et autres gibiers pour l'ouverture de la chasse... Ici cela paraîtrait totalement ridicule. Et les chasseurs sont très nombreux, notamment en Pennsylvanie. A mes débuts ici, je me suis beaucoup extasiée de ces affreux écureuils gris, prenant des photos et cherchant à les approcher. Mais le temps faisant, la lassitude a gagné la partie. Point d'exceptionnel à croiser ces vilaines bêtes bruyantes, qui ressemblent plus à des rats qu'à nos mignons petits écureuils roux français. Je n'y prête plus attention. Les oiseaux sont nombreux, les oies sauvages sont partout. L'été voit son lot de hummingbirds (les fameux colibris) et nos pigeons et mésanges paraissent bien peu attrayantes face aux cardinaux pourpres locaux. Il y a même des mouffettes, qui sentent particulièrement mauvais. On devine leur présence plutôt qu'on ne les voit. Et dans cette période de fête, je pourrai même, peut-être, qui sait, croiser les rennes du Père Noël ?

dimanche 11 décembre 2011

Jingle bells, jingle bells, jingle all the way !



Lewisburg se prépare à fêter Noël. Les vendeurs de sapins ont ouverts leur baraques en bois le long des routes, les gingerbread men et autres sugar cookies sont à la fête, les guirlandes lumineuses se dressent aux devantures des maisons, partout les chants de Noël nous émoustillent les oreilles et il fait bon penser aux fêtes de fin d'année. Pas d'escargots ni de foie gras à l'honneur, et encore moins de papillotes. Il va falloir composer avec la tradition locale ! Nous avons dressé notre sapin hier, notre premier et officiel sapin de Noël aux Etats-Unis. C'est le plus petit qu'on puisse trouver, et c'est pourtant le plus grand que j'ai eu ! (encore un aspect positif de la démesure américaine). Il est local, il a été coupé sur la commune de Lewisburg. Ici en Pennsylvanie centrale, de nombreuses nurseries font pousser des sapins qui partent approvisionner New York et la côte est. Le choix des décorations n'a pas été difficile, il ne m'a fallu qu'éviter  d'acheter les affreux items en plastique made in china, comme des faux mini-hamburgers : suspendre un hamburger à mon sapin ? No way. Nous n'avons pas décoré notre jardin comme nos voisins. Un père Noël gonflable géant et en plastique n'était pas très tentant. Le mauvais goût kitsch est partout, il suffit de se promener dans notre quartier. Certaines maisons n'ont rien à envier aux enseignes lumineuses de Las Vegas. En attendant de m'exercer à la confection d'une bûche, j'ai fait des truffes en chocolat. Après tout, c'est le mois de la gourmandise, il faut en profiter ! Tout le monde semble avoir terminé son shopping pour les fêtes, ce qui me rend un peu nerveuse...je n'ai pas commencé. Mieux vaut tard que jamais : sitôt la fin officielle du semestre arrivée, promis je me lance dans mes achats de fêtes. Les cartes de voeux sont en préparation et je peaufine certaines idées de menu. Noël arrive...je sautille comme une puce ! Mais avant ça, je devrais calm down : j'ai mon examen final mardi matin, il est temps de (faire semblant de) réviser.

vendredi 18 novembre 2011

Le GRE (Graduate Record Examinations)

Ceci pourrait être l'histoire d'une orthophoniste française qui voulait à tout prix exercer son cher métier aux Etats-Unis. La fille en question serait courageuse et découragée, prête à tout mais pas à n'importe quoi quand même, tenace, pugnace mais pas obstinée. Si cette histoire était vraie, elle serait bien loin du conte de fée, même si le prince américain constitue bien le commencement de l'histoire. Pour réaliser l'adage "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", il faudrait que la princesse ne soit pas mère au foyer sans enfants, avec une vie professionnelle désuète et une perspective de baby-sitter sous payée comme possible carrière. Pour ce faire, la princesse se lancerait dans une procédure d'équivalence de diplôme qui se révèlerait être une véritable impasse. Ensuite, sans baisser les bras, elle déciderait de refaire le master d'orthophonie aux Etats-Unis, histoire de concrétiser son rêve. C'est là qu'on pourrait introduire un personnage de vieille sorcière au menton en galoche, qui ferait son possible pour lui pourrir la vie. Cette horrible sorcière existe, et symbolise les innombrables et horripilantes démarches administratives à l'américaine. Pour entrer en master, il faut passer un examen tout pourri qui s'appelle le GRE. Cet examen comprend plusieurs épreuves, dont une partie plus ou moins littéraire, avec une critique de texte et une mini-dissertation, et des questions de vocabulaire jamais usité, et une partie mathématique, avec des questions niveau collège, voire seconde. Jusque là, pas de problème. Le hic, c'est que cet examen n'est absolument pas adapté aux étrangers, et qu'il n'est pas si facile d'obtenir de bons scores (notamment dans la partie littéraire). Même en ayant étudié le latin, le grec, et l'allemand, même en ayant un bon niveau de vocabulaire en français, rien ne me garantissait un bon score dans ce domaine. J'ai donc passé ce fameux et détestable GRE la semaine dernière, et ô surprise : mes résultats ne sont pas si bons. Ou plutôt pas si mauvais. Le système de notation a changé, et les scores correspondent à un percentile qui permet de se situer par rapport aux autres candidats. Au final, j'ai obtenu un score verbal de 370 (26ème percentile, je ne me roule pas par terre de joie), et un score quantitatif de 670 (61ème percentile, voilà qui est beaucoup mieux). Mon score total est supérieur à 1000, qui me permet d'atteindre le minimum requis pour postuler à la plupart des masters aux Etats-Unis, et être admise un jour (soyons fous !) en thèse. Il me reste maintenant à poursuivre le reste des démarches administratives pour postuler en master, notamment collecter mes lettres de recommandation et les traduire. Rien ne m'arrêtera, pas même ce GRE. Le master me tend les bras, je fonce tête baissée. Quoi qu'il arrive, la sorcière et son menton en galoche n'auront pas ma peau.

jeudi 27 octobre 2011

Halloween !



Lundi prochain, on se prépare à fêter Halloween. Ancienne fête religieuse celtique, c'est une fête importante pour les américains tout autant que pour d'autres pays anglophones comme le Canada, l'Irlande, ou la Nouvelle-Zélande. Déguisements autour du thème de l'horreur, collecte de friandises par le porte-à-porte, nombreuses sont les manifestations de cette fête visibles dès le début du mois d'Octobre. Outre les fameuses citrouilles, évidées et garnies d'une bougie pour l'occasion, les maisons se décorent et les jardins aussi. Dans notre rue, la plupart des maisons sont garnies de fausses pierres tombales, de toiles d'araignées géantes, de sorcières, ou de fausses scènes de crime. Certains même recyclent les décors de Noël, comme les guirlandes lumineuses, pour habiller (à l'excès) la devanture de leur maison. Que fait-on pour Halloween ? Les enfants (et les parents) se déguisent et sonnent à votre porte pour réclamer des friandises, avec le fameux "Trick or Treat" ? (des bonbons ou un mauvais tour ?). Les ados regardent des films d'horreur, déambulent dans les rues habillés en morts-vivants ou se retrouvent pour une soirée d'épouvante. Les pommes d'amour (candy apples), et tous les mets incluant de la citrouille (voir article sur le sujet) sont très largement répandus pour cette fête, qui est aussi, malheureusement, et comme la plupart des grandes fêtes du calendrier, devenue une immense fête commerciale où les accessoires d'Halloween se vendent comme des petits pains. Dans chaque ville se créent des magasins spécialisés, qui ouvrent uniquement pendant le mois d'Octobre, et disparaissent le reste de l'année. Ici à Lewisburg, un magasin de la taille d'un supermarché a ouvert, et c'est la caverne d'Ali-Baba de l'épouvante. Du déguisement aux décors, les rayons sont remplis d'objets hétéroclites, bien souvent en plastique, et bien souvent made in China. L'esprit même d'Halloween est kitch, voyant et frou-frou. Qui n'a pas rêvé d'un stylo-fantôme qui fait "pouêt-pouêt" ? Ou de vraies-fausses araignées articulées ? Rien de ce qu'on peut imaginer n'est introuvable. Et même, s'il existe un objet de la vie quotidienne, sa version Halloween existera forcément. Car Halloween à l'américaine, c'est la véritable démesure, l'excès, et le tape-à-l'oeil. Mais c'est aussi -et surtout- un moyen pour petits et grands de s'amuser et se déguiser. Mon costume est déjà prêt, il ne reste qu'à en fignoler les détails...

jeudi 20 octobre 2011

Falling for fall




L'automne est arrivé, a recouvert la Pennsylvanie d'un manteau de feuilles multicolores ; les citrouilles, les squashs  et autres cucurbitacées s'exposent sous les porches des maisons. Ici, l'automne est une belle saison, l'humidité disparaît et les températures, douces, apportent un peu de répit après un été torride et un printemps pluvieux. Les parcs nationaux accueillent de nombreux randonneurs : les feuillages offrent un paysage à couper le souffle. Les érables rougissent et le maple syrup ne sera plus récolté avant la fin de l'hiver et le début du printemps. Le Canada n'est pas le seul pays producteur de sirop d'érable : il existe des exploitations forestières d'érables en Pennsylvanie. Pumpkin par-ci, pumpkin par-là, la citrouille fait partie de cette belle saison, en tarte, en soupe, en gratin, au petit déjeuner, déjeuner, et dîner. La pumpkin-pie, aux mille épices (gingembre, vanille, cannelle, clou de girofle, noix de muscade, et parfois même anis) s'affiche au menu des restaurants. Partout il est possible de déguster de la citrouille : du muffin à la citrouille de Dunkin Donuts, aux bagels à la citrouille du New Jersey, la citrouille est partout, et chaque famille en achète. Il faut dire qu'Halloween approche, et qu'Halloween sans citrouille, c'est un peu comme Thanksgiving sans dinde, Noël sans foie gras, ou Pâques sans chocolats. Pumpkin est même un petit surnom affectueux que les parents utilisent avec leurs enfants, un équivalent de notre "mon p'tit chou"... face de chou ou face de citrouille (et je ne parle pas de "face de patate"), les légumes sont apparemment de petites choses mignonnes. Soit. Vive l'automne mes chers petits brocolis !

jeudi 22 septembre 2011

La peine de mort aux Etats-Unis

Troy Davis a été exécuté cette nuit. Cet américain, noir, de Géorgie, avait été condamné à mort après le meurtre d'un policier blanc en 1989. Après avoir passé près de la moitié de sa vie dans les couloirs de la mort, il a donc reçu une injection létale, bien que sa culpabilité ait été mise en doute depuis longtemps. Sans preuve matérielle, avec de nombreux témoins qui se sont rétractés, un suspecté faux témoignage du médecin légiste, cet homme de 42 ans est la victime d'un système cruel où l'adage oeil pour oeil, dent pour dent est loin d'avoir disparu. La peine de mort (et la torture psychologique qui en découle, après les années passées à attendre une fatale sentence), est un système cruel et archaïque, qui me rappelle vaguement les pratiques moyenâgeuses, où le condamné à mort était exécuté en public, après un procès souvent partial où des enjeux politiques (et raciaux) entraient souvent en compte. Ce grand pays riche et développé que sont les Etats-Unis n'en a donc pas fini avec ces pratiques d'un autre temps, qui rendent irréparables les erreurs judiciaires, et qui indignent tout simplement des milliers d'américains. Car Troy Davis est devenu le symbole du combat contre la peine de mort, son cas soulevant l'indignation aux États-Unis et par-delà les frontières. Comment peut-on assassiner un homme, au seul prétexte que l'on suspecte (et que l'on prouve, par une justice partiale et raciale) que lui-même a commis un crime ? Cela revient à soi-même tuer pour punir un tueur. Soi-même agir par un acte que l'on juge répréhensible. Soi-même s'élever au rang de meurtrier. Quelques chiffres : trente-quatre états des Etats-Unis sur cinquante rendent possible la peine de mort. Le Texas arrive en tête loin devant, suivi par la Virginie, l'Oklahoma, la Floride, le Missouri, l'Alabama et la Géorgie. Si l'injection létale est souvent choisie, d'autres moyens tout aussi cruels sont employés, comme la chambre à gaz (appliquée en 1999 en Arizona), la pendaison (appliquée en Janvier 1996 dans le Delaware) ou la chaise électrique (appliquée en 2010 en Virginie). Certains états qui ont légiféré en faveur de la peine de mort, ne l'appliquent cependant plus depuis 1976 (le Kansas, et le New Hampshire notamment). La majorité des exécutions ont lieu dans le sud des Etats-Unis. Certains prisonniers ont finalement renoncé aux recours judiciaires, préférant être exécutés. Cela s'explique par la longueur des années passées dans le couloir de la mort, qui constituent une véritable torture psychologique non digne d'une démocratie libérale. Il reste que la Pennsylvanie n'a pas non plus aboli la peine de mort, dont la dernière exécution remonte à 1999. Pire, les Etats-Unis sont loin d'être le seul état à appliquer la peine capitale, avec la Chine loin devant, qui exécute chaque année plusieurs milliers de prisonniers. Rappelons-nous que la France, il n'y a pas si longtemps, a exécuté son dernier condamné (1977), avant de légiférer et d'abolir la peine capitale en 1981. Trente ans, ce n'est pas si vieux...

dimanche 11 septembre 2011

Dix ans après, l'Amérique d'après 9/11

Aujourd'hui l'on célèbre un bien triste dixième anniversaire : celui des attentats du 11 Septembre 2001. A l'époque, je n'aurais jamais cru que cet événement puisse avoir une quelconque influence sur ma vie. Le souvenir est encore très présent, je peux décrire en détails de cette dramatique fin de journée. Toutes les télévisions diffusaient en boucle les images des tours jumelles en flammes, avant qu'elles ne s'effondrent. Le visage mondial en a été changé : une guerre en Afghanistan, une montée de la peur de l'islam, une tension dans les relations franco-américaines, des frontières fermées et des contrôles migratoires renforcés (tout du moins, aux Etats-Unis). Pourquoi a-t-il fallu presque un an à mon visa d'immigration pour être délivré ? A cause de la création du Homeland Security et des nouvelles règles en matière d'obtention de titres de séjour sur le sol américain. Je me souviens du froid jeté sur les relations franco-américaines à cette époque, lorsque le président Chirac avait refusé de participer à la guerre en Irak. De grands quotidiens américains titraient alors en une, sur fond de photos du débarquement du 6 Juin 1944, "France has forgotten". Les french fries (les frites) avaient été temporairement rebaptisées freedom fries, et l'hexagone n'avait plus tellement le vent en poupe aux yeux des américains. Il aura fallu que G.W. Bush disparaisse de la scène politique pour qu'enfin, les relations américano-françaises se normalisent. Aujourd'hui, j'ai parfois le sentiment que les français se divisent en deux groupes : ceux qui adorent les Etats-Unis, qui perçoivent le rêve américain dans ses aspects positifs et ses stéréotypes de belle démesure, et les anti-américains, qui les détestent et les résument à quelques clichés grossiers. Ni l'une ni l'autre de ces versions ne sont à retenir : les Etats-Unis sont un pays de contraste et de contradictions, de liberté et d'oeillères politiques, de libéralisme et de chacun pour soi, de grande richesse et d'infinie pauvreté, bref, un véritable pays à l'occidentale qui me rappelle tout à fait le vieux continent...

jeudi 8 septembre 2011

Qui l'aurait "crue" ?

 





La rivière Susquehanna est sortie de son lit cette nuit, et certaines zones du centre-ville ont été évacuées. Notre rue et le campus ne sont pas concernés, car situés légèrement en hauteur. Mais de nombreuses routes sont coupées, et la pluie continue de tomber inéluctablement. Le point maximal de crue devrait être atteint vers 16 heures cet après-midi. Beaucoup de nos voisins ont leur sous-sol inondé, et certains jardins sont transformés en véritables lacs. La sirène d'évacuation a retenti à quatre heures du matin, pour évacuer les habitants qui n'étaient pas déjà partis. Certains de nos amis ont monté à l'étage tous leurs meubles, pour être sûr qu'ils soient à l'abri. Il est difficile de partir aujourd'hui, car les autoroutes et les routes mineures sont impraticables et réservées aux véhicules de secours. Les universités de Bucknell et de Bloomsburg ont annulé leurs cours, et Logan et moi allons rester à la maison, après le ravitaillement en nourriture que nous avons fait dans un village de l'ouest (l'est étant la zone la pire : Danville, Bloomsburg, Milton et Sunbury ont été partiellement évacuées, ainsi qu'Harrisburg au sud). Les crues de ce genre sont assez rares, mais la crazy météo de cette année 2011 ne laissait pas présager d'autres issues. Pour l'heure, tous attendent la fin de la crue, et l'amorcée de la décrue. Une journée de vacances en pyjama, quoi de mieux ? Nous sommes sains et saufs, et prêts à accueillir des amis dans le besoin s'il le faut. La Pennsylvanie, c'est vraiment pas le paradis...surtout aujourd'hui.

mardi 6 septembre 2011

Les années fac


Bienvenue à Bloomsburg University, petite université de 8000 étudiants en Pennsylvanie centrale ! Mes cours ont commencé fin Août, et je commence petit-à-petit à prendre mes repères. J'ai intégré une petite promotion d'étudiants en orthophonie, dont je ne fais pas officiellement partie, puisque je ne suis autorisée qu'à suivre deux cours cette année. Néanmoins, le peu que j'ai vu m'a beaucoup plu. Rien à voir avec la pédagogie et les moyens français : l'université américaine, même publique, met sacrément le paquet pour que ses étudiants soient bien formés. Rien que les locaux sont appréciables : tout est neuf, ou rénové, le campus est bordé de jardins et chaque bâtiment possède une architecture différente. Il est bien loin le temps de la fac de médecine de Lyon, où les crépis s'effritaient, les amphis étaient bondés et le prof se retrouvait seul au milieu d'une centaine d'élèves...ici les cours dits "magistraux" n'accueillent qu'un maximum de 50 étudiants, et la majorités de cours se font en petits groupes. La bibliothèque est impressionnante, et bien sûr, il existe un Starbucks Coffee en son sein (histoire qu'on puisse se restaurer sans sortir du bâtiment). J'ai obtenu ma carte d'étudiant aujourd'hui, qui me donne accès à cette grande bibliothèque. Le contenu des cours est intéressant, mais j'ai une étrange impression de déjà-vu. J'ai déjà étudié les statistiques appliquées à la recherche scientifique...deux fois en France (en médecine, puis en orthophonie). L'on dit "jamais deux sans trois"...et en anglais s'il vous plaît ! Voilà bien un challenge à relever ! Refaire une nouvelle scolarité dans une autre langue n'est pas chose impossible, mais cela soulève encore quelques réticences de ma part. Difficile de toujours pouvoir répondre aux questions posées en classe par exemple ; j'ai toujours un train de retard, même si je n'ai pas de problème de compréhension. Le temps que je formule une phrase dans ma tête pour répondre, au moins la moitié de l'amphi est déjà passé à autre chose. La prise de notes s'améliore quant à elle : après tout, j'ai déjà lu et imprimé les powerpoints de tout le mois de septembre, et je ré-apprends ce qui a déjà été lu et digéré à l'époque de ma previous vie étudiante française. Non, vraiment, je ne sais pas ce qui m'a pris de penser, à l'époque, que mes études seraient courtes...

lundi 15 août 2011

Et si la vie étudiante recommençait ?

Le couperet est tombé net : pas d'équivalence de diplôme entre les Etats-Unis et la France si on est orthophoniste. Du moins, pas sans repasser par l'université. Pourquoi ? Parce que le cursus n'est pas un cursus qui est encore rentré dans le système LMD, et que le nombre d'heures de cours ne prévaut pas sur le nombre d'années. Quatre ans correspondent à un niveau licence aux USA, point barre. Et pourtant, le CCO est reconnu partout en Europe...il est possible par exemple d'exercer en Angleterre, où il y a une réciprocité d'accord avec le Royal College of Speech and Language Therapists. Ce Royal College a un accord de réciprocité avec l'American Speech and Hearing Association des Etats-Unis. Mais ça ne donne pas pour autant d'équivalence entre la France et les Etats-Unis. Quelles sont donc mes options ? Changer de voie me paraît aberrant. Etre baby-sitter toute ma vie ne me tente pas du tout. Mais retourner à la fac...pourrait être envisageable si l'on considère que ce ne sont que deux ans de master. Deux ans représentent seulement une infime partie d'une carrière. Oui mais voilà. Les inscriptions en master de Speech-Language Pathology sont closes depuis le mois de Février. Les sélections sont draconniennes (28 places pour plus de 300 dossiers reçus) : c'est presque un nouveau concours d'orthophonie qui m'attend. A moins que ? Bloomsburg University, en Pennsylvanie, est prête à me laisser suivre deux cours cette année sans être officiellement admise en master. Mais il me faudra postuler comme tout un chacun pour être admise. Seul le comité de sélection pourra alors, si le coeur lui en dit, m'exonérer de certains cours, voire me proposer un cursus accéléré. Mais comme chaque cours est payant, et rapporte de l'argent à  l'université, c'est une hypothèse assez peu probable. Je vais donc être étudiante à nouveau ! Bac+9 ou bac+12 : maintenant, ça ne change plus grand chose. A l'heure de la mondialisation, je mondialise mon éducation.

vendredi 29 juillet 2011

Fromage or not fromage, that's the question


Trouver de bons fromages ici est plus que difficile. Dans le New Jersey, et à New York, il est tout à fait possible d'acheter des fromages d'importation, à un prix pour le moins exorbitant. Mais en plein centre de la Pennsylvanie, à part un peu de gruyère suisse à soixante-dix dollars le kilo, aucun fromage digne de ce nom, avec un bon goût fermenté (et une véritable odeur de pieds), n'avait jusque-là daigné pointer le bout de son nez. Même au marché local amish, les fromages au lait cuit ont un goût de plastique. Ou  plutôt, ils n'ont pas de goût. Mais c'était sans compter sur le marché biologique de saison, où j'ai déniché un fabricant de fromage au lait cru : ce fromage (assez cher puisqu'il m'a coûté la modique somme de trente dollars pour trois petits morceaux) : il n'y a rien à en redire, il déchire tout. Non seulement il est digne de nos bons vieux fromtons à la française, mais en plus il a un petit goût qui me rappelle mes origines lointaines. Un camembert aussi bon qu'en Normandie, fait par des américains à quelques kilomètres de chez nous, qui l'eût crû ? Pas moi, sans doute. Mais c'est une découverte qui fait chaud au coeur. Désormais, notre énorme frigo embaume à l'ouverture : pas de quoi réjouir les odorats sensibles, mais cela apporte un petit je-ne-sais-quoi de la madeleine de Proust, où les souvenirs reviennent en côtoyant les délices du palais.

lundi 25 juillet 2011

Welcome back !

Après quelques semaines de pérégrinations en France, la Pennsylvanie centrale me tend à nouveau les bras. L'arrivée a été placée sous le signe de la chaleur, puisque les températures ont aisément atteint les 45°C avec un taux d'humidité de 100% nuit et jour. Difficile de s'imaginer un tel climat en France, je n'avais rien connu de pareil jusqu'à présent ! Toute la journée, même le soir, les températures restent très élevées. Dès que l'on quitte la maison, l'atmosphère est chargée d'eau : c'est un véritable hammam qui conduit tout le monde à être poisseux, et incite à investir dans le sacro-saint central air (qui se révèle être absolument indispensable). Le ciel est gris et couvert en permanence, et il nous a fallu nous procurer de petits climatiseurs pour pouvoir survivre dans notre oven-house. Heureusement, le pic de chaleur est passé, les températures sont depuis redescendues autour de 35°, et il est possible de dormir sans la clim allumée. C'est un soulagement, car sinon, il faut choisir entre :
1. une douce fraîcheur sèche, avec une légère brise, et de doux rêves agrémentés du bruit d'une machine à laver en plein essorage juste à côté du lit (le climatiseur est une invention bruyante !)
2. une horrible chaleur humide, stagnante, avec un air chargé de moisissures tropicales mais un silence complet toute la nuit.
Inutile de dire que le choix s'est révélé difficile. Pour l'instant, je n'ai toujours pas décidé si je préfère dormir trempée de sueur au calme, ou au frais dans les doux bras d'un bruit de moteur.
Avec ce climat, l'heure des traditionnels barbecues a sonné : burgers sur le grill et maïs grillé font le bonheur de tous les américains, qui, sans être connus pour leur gastronomie, ont au moins le mérite de maîtriser l'art de la grillade plus que n'importe quel autre pays dans le monde. 


jeudi 9 juin 2011

L'heure d'un premier bilan

Dans quelques jours s'annonce le départ pour le New Jersey, qui sera suivi d'un mois en France. Bientôt quatre mois depuis mon arrivée ! Que retenir de cette première véritable expérience de la vie américaine ? Le choc des cultures n'a pas été si violent que je l'aurais crû, mais néanmoins demeurent des situations où l'emportent toujours mes habitudes françaises. 
Chercher du bon pain en Pennsylvanie centrale ? A oublier complètement. Ici, vieux pain de mie molasson et toasts chimiques font la loi.
Faire la bise à ses amis ? A oublier également car ici prime le hug (un genre de câlin amical où l'on sert la personne saluée dans ses bras) qui, non sans être très chaleureux, peut aussi prêter à confusion. La personne s'avance, et moi, bête petite frenchy, je tends la joue pour donner ou recevoir une bise. Souvent, la personne est surprise, s'écarte et je suis obligée d'expliquer que non, je n'ai pas tenté de lui rouler une pelle, ni de lui faire un câlin plein de mauvaises intentions. Les américains rient, mais rien à faire : je dois programmer mon cerveau pour ne pas faire de bise. Croyez-moi ou non mais ça me perturbe un peu !
Finir son assiette au restaurant ? A oublier. Sauf si on veut manger quatre repas en un seul, et ressembler aux locaux pennsylvaniens.
Chercher sa taille dans les rayons de vêtements ? A oublier. Surtout ici, où tout est oversized et taillé pour de belles femmes grandes et bien charpentées.
Parler en système métrique et utiliser les litres, grammes, degrés celcius et kilomètres ? A oublier. Il m'a fallut apprendre quickly toutes ces notions inconnues, m'exprimer en pieds et pouces, mesurer en tasses, peser en livres, regarder le thermomètre indiquer des températures de folie (il fait chaud en Fahrenheit !), juger des distances en miles et payer en dollars.
Restent de nombreux points auxquels on s'habitue très rapidement :
Aller au supermarché le dimanche, ou la nuit ? Pas de problème, ici notre centre commercial est ouvert 24h/24 et 7 jours/7. Je me demande quand même qui sont les clampins qui vont faire leurs courses alimentaires à 4 heures du matin. Surtout si l'on considère le fait que l'on ne peut pas acheter d'alcool au supermarché en Pennsylvanie...il faut aller au liquor store et montrer son permis de conduire pour entrer ou acheter la moindre boisson alcoolisée. Vins et bières ne sont pas vendus dans le même magasin, c'est interdit. Avoir la climatisation partout ? (sauf chez nous !) On s'y fait très vite. Au début  j'avais toujours la sensation d'être frigorifiée, surtout quand il fait 35 à 40 ° dehors et qu'à l'intérieur il fait 18 ou 20°. Mais ici, où l'humidité se conjugue à la chaleur, j'apprécie vraiment les endroits munis de l'air conditioning.
Manger des glaces énormes aux parfums inconnus (oreo cookie, cheesecake...) ? C'est super !
Parler avec tout le monde, partout, et tout le temps, et se faire sourire dans la rues par la plupart des inconnus ? C'est vraiment agréable. Il existe une vraie culture de l'accueil ici, les gens se parlent sans se connaître, que ce soit au supermarché, à la poste, ou dans les cafés. A côté de ça, nous autres frenchys sommes de gros rustres malpolis qui tirent la tronche et ne se regardent pas.
Sentir une vieille odeur de transpiration dans le métro ? Impossible. Ici, l'hygiène semble plus une priorité, ou du moins, les anti-transpirants sont tellement efficaces que personne ne sent mauvais.
Regarder des milliers de fireflies scintiller dans le jardin à la tombée de la nuit ? C'est un véritable enchantement. 
Ce bilan de quelques mois est donc plutôt positif, et si l'on suit le vieil adage qui prétend qui faut créer son propre bonheur où que l'on soit, alors le bonheur américain est plus que jamais à portée de main.

jeudi 2 juin 2011

Les Chutes du Niagara





Les Chutes du Niagara, certainement les chutes d'eau les plus connues au monde, sont situées à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, entre l'état de New York et la province de l'Ontario. Si le lieu, de toute beauté, est très touristique, il faut préférer une visite côté canadien, dans la ville de Niagara Falls, où l'on trouve un panarama grandiose et de nombreuses choses à voir ou à visiter. La ville jumelle Niagara Falls côté américain est beaucoup moins attractive, plutôt industrielle et pauvre que touristique. La région offre également d'autres points d'intérêts, comme les gorges du fleuve Niagara, qui peuvent être le lieu de belle randonnées, le village de Niagara-on-the-Lake, au bord du lac Ontario, avec ses anciennes maisons victoriennes et ses nombreux restaurants, ou encore les vignobles canadiens, qui produisent de très bons vins, d'un terroir un peu semblable à certains vins de bourgogne ou des vins d'alsace, sucrés, comme le riesling. La spécialité est le "vin de glace", fait à partir de grappes vendangées entre Janvier et Mars, sous la neige, qui apporte un goût très sucré, très délicat, et relativement peu alcoolisé comparativement aux vins français du même type (vin de paille par exemple). Seule différence : le prix. Il est loin le temps où l'on pouvait trouver une bonne bouteille à un prix abordable ! Ici, c'est un vrai budget. Mais cher ou pas, un petit blanc bien frais de derrière les fagots, en pleine saison estivale, on ne demande pas mieux.

lundi 16 mai 2011

Conduire aux USA

Conduire sur le continent américain n'est pas censé être difficile, surtout lorsqu'on a déjà testé les petites routes tortueuses de la campagne française. Ici, tout est large, pratique, et démesuré. La seule différence est constituée par la taille des voitures et des véhicules en général : les camions sont énormes, pas de Twingo à l'horizon mais de nombreux 4x4 et autres camionnettes. Si l'on parvient à respecter les limitations de vitesse, ce n'est qu'après avoir compris la notion de mile/heure. Un mile correspond à 1,6 kilomètre, donc quand on roule à 45 miles/heure, on est à peu près à 70 km/h. J'ai obtenu mon permis de conduire de Pennsylvanie, après quelques complexités de procédure, et deux visites au PennDOT à un mois d'intervalle. Comment cela-fonctionne-t-il ? 
Seuls quelques états des Etats-Unis donnent l'équivalence avec le permis de conduire français, pour tous les autres il faudra repasser le code et le permis (ça craint, c'est certain). Ainsi, heureux soient les nobles résidents des états de Pennsylvanie, Caroline du Sud, Colorado, Connecticut, Delaware, Floride, Illinois, Kansas, Kentucky, New Hampshire, Ohio, et Virginie qui se verront automatiquement proposer l'échange de permis français contre un permis américain. La condition ? Avoir suffisamment de points. Concrètement, il faut se rendre au centre des permis de conduire le plus proche de chez soi (le DMV) et apporter :
- son permis français (cela va de soi !)
- deux preuves de résidence qui mentionnent l'adresse
- sa carte de sécurité sociale (Social Security Number)
- un chéquier (ils ne prennent pas le cash)
- son passeport
- sa carte verte/son visa
L'agent de service nous fait remplir un formulaire, copie tous les documents nécessaires, et faxe le permis français aux services consulaires pour vérifier son authenticité. Théoriquement, cela prend quelques jours. Dans la pratique, pour moi ça a été beaucoup plus long. Puis, à la deuxième visite, on rapporte tous les documents précédemment cités (entre-temps le permis et ses points ont été vérifiés), on signe deux ou trois paperasses, on passe le test visuel, et on repart avec un permis américain ! (provisoire, le temps de recevoir le vrai par la poste). Le permis américain (ID) est un sésame pour prouver son identité. Il tient lieu de carte d'identité, permet de voyager aux USA sans passeport, d'acheter des l'alcool, et de rentrer dans les bars (difficile de frauder avec ça, sauf si bien sûr on a un faux permis, comme beaucoup d'adolescents américains...car ici boire n'est pas permis avant 21 ans !). De plus, le permis mentionne, si on le souhaite, organ donor (donneur d'organe).
Reste à adopter une conduite assez sérieuse en ce qui concerne les limitations de vitesse, on ne rigole pas avec ça ici. De plus, il ne faut jamais essayer de "marchander" avec un policier, non seulement ça ne marchera pas mais en plus il peut nous créer des ennuis supplémentaires. Petit truc à savoir : lorsqu'un policier nous arrête il ne faut pas bouger de la voiture et il faut laisser les deux mains sur le volant (en attendant qu'il vienne à la fenêtre nous donner d'autres instructions). Dans un pays où le port d'armes est autorisé, tout mouvement des mains peut être mal interprété, donc mieux vaut engluer ses deux mains sur le volant sans en bouger. Concernant le code de la route, rien n'est vraiment différent, sauf quelques petites subtilités que je vous laisse apprécier :
- le 4-way stop : un carrefour à quatre branches où chaque voie a un stop. Tous le monde s'arrête au stop. Le premier à repartir est le premier à être arrivé. En cas de doute, c'est la priorité à droite qui prévaut. C'est assez perturbant au début, surtout lorsqu'il y a beaucoup de circulation, mais on s'y fait...surtout que les américains ne grillent pas la priorité en général. En France, ce sera un beau bazar si l'on avait des règles comme ça !
- le turn/no turn on red : à un feu rouge, sauf indication "no turn on red" (et dans certaines villes), on peut en toute légalité ne pas s'arrêter au feu rouge lorsqu'on tourne à droite. Je rigole à chaque fois que cela m'arrive : j'ai l'impression de frauder en toute légalité !!!
- le bus scolaire : un bus scolaire à l'arrêt, avec ses lumières clignotantes, constitue une vraie spécificité du code de la route américain. Ainsi, non seulement il faut s'arrêter derrière lui (à au moins 100 mètres), mais aussi dans le sens opposé (à au moins 100 mètres). Donc concrètement il ne faut jamais doubler un schoolbus, mais il ne faut pas non plus le croiser lorsqu'il est à l'arrêt. Et il faut tenir ses distances d'une manière générale.
Il ne me reste plus qu'à arpenter les rues de Pennsylvanie avec mon nouveau permis tout neuf et notre vieille Pontiac Bonneville de 1992 (que l'on a "empruntée" provisoirement pour l'année à venir). Chacun sa route, chacun son chemin...