La vie d'expatriée est faite de distance, de fuseaux horaires, de bagages, de voyages et d'accoutumance relative à l'éloignement familial. Ce jusqu'à ce que le destin ne s'en mêle et n'oriente nos projets de vie d'une façon un peu plus française. Cet été, nous prenons officiellement la direction de Lyon ! Logan va être chercheur invité au Collegium et nous aurons donc la possibilité de revenir à notre vie sur le vieux continent. A nos yeux, Lyon est bien plus qu'une très belle ville. C'est la ville où nous nous sommes rencontrés, où nous avons pris notre premier appartement (pas moins de 6 déménagements depuis !), et où nous nous sommes mariés. C'est donc un véritable retour aux sources qui nous attend. Je ne rêve depuis cette grande nouvelle que de flâner dans le vieux Lyon, d'arpenter les pentes de la Croix-Rousse, de monter à petites foulées à Fourvière, d'errer sur les quais de Saône, de s'aventurer jusqu'à Bellecour et de finir par un bon repas dans un véritable bouchon. Un saucisson brioché, une salade lyonnaise (et son oeuf poché se répandant sur de véritables lardons grillés), et une part de tarte aux pralines plus tard, il serait alors temps de s'arrêter acheter un gros sac de pognes pour la route, et de poursuivre la promenade par des coins tout aussi charmants. J'irais voir le nouveau quartier de la confluence, qui n'était qu'à l'état d'ébauche à notre époque lyonnaise, et je testerais les nouvelles lignes de tramway. Je pousserais jusqu'à Grange Blanche, histoire de faire un petit coucou à mon ancienne université, et je remonterais la rue du Professeur Florence où j'ai habité trois ans. De là, je marcherais jusqu'à la Guillotière, quartier plus populaire et plus diversifié, et j'essaierais de retrouver la porte de l'"Auberge Espagnole", Place Péri, où mon homme a vécu dans un multilinguisme franco-anglo-italien, bercé d'un soupçon de langue française des signes et d'une bonne dose de franche camaraderie. De là, j'irais saluer les girafes du Parc de la Tête d'Or, le tout en empruntant les quais piétons, et je finirais par un verre en fin de journée sur l'une des nombreuses péniches sur le Rhône. Et tandis que je pense à Lyon, je pense aussi à ce que nous allons faire de la maison en Floride, de nos meubles, et de ce que l'on va pouvoir emporter dans nos bagages. Et bizarrement, cette fois-ci me semble plus facile. Après de nombreux allers-retours entre les Etats-Unis et le vieux continent, je sais qu'il est difficile mais tout à fait possible que de faire tenir sa vie dans deux fois vingt-trois kilos de valises...
Chroniques franco-américaines d'une petite frenchy au pays de l'oncle Sam
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lundi 25 mars 2019
vendredi 22 mars 2019
Spring has sprung
Le printemps est arrivé, le soleil est au rendez-vous, et le spring break commence ce soir. Autant de bonnes raisons de se réjouir, car une petite pause dans la monotonie et l’enchaînement des séances de rééducation, les réunions et la paperasse, s’avère la bienvenue. J’ai une semaine bien chargée qui m’attend, entre les rendez-vous médicaux des uns et des autres (kiné pour moi, médecine du sport, première visite chez le dentiste pour Amaury), la préparation de sa fête d’anniversaire le week-end prochain (quand son père sera finalement dans les parages après un mois intensif de voyages professionnels ), et d’autres projets nettement plus exciting comme du jardinage, des mini-grasses matinées (jusqu’à sept heures, n'oublions pas que j'ai un rejeton de trois ans), de la pâtisserie, et un peu de farniente bien mérité. Le temps a décidé d’être particulièrement agréable, avec des températures un peu fraîches mais ensoleillées (entendons-nous bien, la notion de fraîcheur est toute relative à Miami qui connaît un climat subtropical !). C’est aussi la saison des goyaves, et pour la première fois cette année j’ai réussi à en trouver qui soient juteuses, sucrées, et qui embaument la cuisine et le reste du salon par leur simple odeur. Les goyaves sont une véritable madeleine de Proust pour moi : elles me rappelleront toujours les goyaves mangées en Guadeloupe pendant mon enfance, une sorte de fruit miraculeux à mi-chemin entre la fraise et la poire, qui est resté très longtemps mon fruit préféré même si je n’en ai réellement pas mangé pendant au moins vingt ans. Amaury a fêté son anniversaire à la crèche hier, et ce presque en grandes pompes. Un pizza lunch et des cupcakes maison étaient de la partie, et j’ai récupéré le soir un petit Loulou surexcité qui n’avait pas fait la sieste et qui était bien impatient d’ouvrir son cadeau. Aujourd’hui du coup c’est à mon tour que de vieillir d’un an, et je bénis les activités spéciales qui se déroulent à mon école et qui me donnent du répit dans mon planning. Entre les absents, nombreux à la veille des congés scolaires, les excursions et le pep rally qui s’étale sur toute la journée, le rythme est beaucoup plus lent. D’ailleurs en parlant de mon âge, qu’on se le dise. Je suis restée bloquée à 29 ans. Depuis un petit moment déjà. Et je compte bien y rester ancrée quelques années, avant bien entendu de rester bloquée à 39 ans...
mercredi 13 mars 2019
Miami Seaquarium
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| Flipper le dauphin (le vrai) et ses congénères de captivité |
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| Un lamantin |
samedi 2 mars 2019
Homo homini lupus
Il serait bien trop long de détailler les dernières frasques de notre puppet president, mais l’heure est grave. J’ai dans mon école un petit élève porteur de handicaps dont les parents vivent illégalement aux États Unis. Lui, né ici, possède la nationalité américaine, mais pas sa mère. Elle est venue à pieds d’Amérique du Sud pour fuir la violence et la pauvreté de son pays d’origine. Depuis 13 ans, elle travaille, elle élève ses enfants et elle paye ses impôts comme tout un chacun. Pourtant, arrêtée par un banal contrôle de police, elle est maintenant sous le coup d’un arrêté d’expulsion. C’est là que le bât blesse : l’élève mineur a le droit de rester, mais sa mère doit partir. Aucune considération n'est faite de son handicap. Bientôt, et si rien n’est fait, cette maman de deux enfants va être renvoyée chez elle à des milliers de kilomètres, et mon petit élève va rester tout seul, dépossédé de sa famille, et placé dans un foyer ou dans une famille d’accueil, qui eux vont devoir gérer ses handicaps. Quelle humanité y-a-t-il à séparer les enfants des parents, juste sous prétexte de titre de séjour et de nationalité ? La société (et nos impôts accessoirement) vont devoir payer et subvenir aux besoin de cet enfant différent, alors même que sa maman s’en est très bien chargé jusqu’à présent. En France, la loi est très stricte, on met allègrement des migrantes enceintes dans des camps de rétention, on laisse couler des canots pneumatiques pleins d'être humains sur la Méditerranée, mais on ne peut pas (fort heureusement) séparer des parents de leurs enfants. C’est bien évidemment contraire à toutes les lois internationales qui établissent les droits des mineurs. L'homme est un véritable loup pour l'homme, et surtout aux Etats-Unis. Dans le même temps, Trump s'évertue inlassablement à poursuivre ses aspirations de mur entre la frontière américaine et mexicaine. Comme si cet argent ne pouvait pas plutôt être investi dans quelque chose de véritablement utile (écoles, hôpitaux, maisons de retraite, routes, ponts, musées et autres infrastructures). Dans tous les cas, il est vraiment temps que cet affreux papi sénile rentre chez lui. L’heure de la retraite forcée a sonné. Trump doit être destitué. Et d’ici là, mon école se mobilise pour mon petit élève dont la mère est expulsable. J'ai écrit une lettre de soutien, et je suis prête à aller manifester s'il le faut. Et je croise les doigts pour qu’on l’autorise à rester et à régulariser sa situation...
mardi 26 février 2019
Le parc national des Everglades
Les visiteurs et touristes qui s’attardent un peu en Floride le savent bien. Le parc national des Everglades est un lieu incontournable à ne pas manquer. Troisième plus grand parc américain après Death Valley et Yellowstone, il est composé de marais, d’étendues d’eau plus ou moins profondes, et de forêts, et c'est aussi c’est l’un des enjeux nationaux de la préservation de la faune et de la flore sauvage. Trente-six espèces menacées et protégées s’y côtoient, notamment la panthère de Floride, le crocodile américain, et le lamantin. Et le symbole -de loin- le plus connu de ce parc est l’alligator. On en trouve à peu près partout, et il convient d’éviter soigneusement de faire trempette dans toute étendue d’eau douce. C’est d’ailleurs une règle de base en Floride : pour se baigner, il faut se limiter à l’océan et aux piscines. Tout autre lac, lagon, mare, ruisseau, voire étang privé, peut potentiellement accueillir ces visiteurs aux dents acérées. Chaque année, des accidents se produisent faute de prudence. Le parc naturel des Everglades est absolument gigantesque. Entre quelques attrape-touristes et les fameux bateaux hydroglisseurs, la plupart des activités possibles tournent autour de l’environnement naturel. De nombreux visiteurs y campent, y déposent leur canoë ou leur kayak, y randonnent, y observent et y photographient des milliers d’espèces animales. Les poissons d’eau douce y sont nombreux, ainsi que les oiseaux. Et ils ne sont pas les seuls. L’été (surtout, mais aussi la nuit toute l’année), le lieu regorge de moustiques, plus ou moins nombreux et virulents en fonction du vent, de l’heure et de la température. Donc à bon entendeur, n’oubliez surtout pas de vous équiper de spays anti moustiques si vous prévoyez une visite du parc. Et comme dans chaque parc national, il est bien évidemment interdit de prélever tout échantillon de plante et de perturber/déranger la vie sauvage. Et celle-ci est partout, il suffit simplement d’attendre et d’observer...
jeudi 14 février 2019
La Saint Valentin
Je ne suis pas sûre d’avoir jamais publié d’article sur ce blog qui parle de la Saint Valentin, alors mieux vaut tard que jamais ! Cette fête datant du XIVème siècle est célébrée de plus en plus dans le monde entier et notamment dans les pays anglo-saxons. C’est aujourd’hui une journée très particulière à l’école. Les élèves prennent part à des dance parties, et ils échangent des cartes et des poèmes entre eux toute la journée. Les cartes ne se veulent pas nécessairement romantiques (même si certains en profitent pour glisser un petit mot doux à leur camarade préféré), et contiennent principalement des messages d’amitié, de gentillesse et d’appréciation. Ainsi, Amaury est lui-aussi parti à la crèche avec ses cartes pour chacun de ses camarades. J’avoue que cette tradition m’est relativement étrangère, la Saint Valentin étant en France plutôt une fête commerciale à et destination exclusive des amoureux. Mais ici, aux États-Unis, c’est aussi (et surtout) une fête du partage, de l’amitié et de la caramaderie au sein des écoles. J’ai prévu quelques petites surprises pour mes petits patients, et notamment quelques sucreries. L’ambiance est à la fête, et la motivation pour travailler est plus ou moins au rendez-vous. Quant à nous, à la maison, nous ne célébrons jamais la Saint Valentin, et en tout cas pas avec des cadeaux. Il n’y a pas besoin d’excuses pour se montrer notre attachement réciproque et pour passer un peu de temps à deux. Et rien n’empêchera de fêter ça officieusement ce week-end, lorsque l’emploi du temps sera un peu moins chargé et que l’épuisement professionnel de la semaine se sera un peu atténué...
dimanche 10 février 2019
Une expérience américaine : aller chez le kiné
Je n'avais pas eu l'occasion (ni le besoin) d'aller chez le kiné depuis fort longtemps, mais une vilaine blessure de l'épaule et du cou -en lien avec ma musculature mollassonne et atrophiée- m'a conduite à devoir consulter cette année. Quand on passe son enfance à sauter, grimper, faire la casse-cou, faire du cheval, de la gym, de la danse, du ski, et j'en passe, et que les dommages collatéraux sont des chutes assez violentes, la transition est difficile à l'âge adulte lorsqu'on est une véritable couch potato. Une "pomme de terre de canapé" est outre-atlantique un joli surnom pour les personnes de mon genre, atteints de flemmardise aigüe et totalement allergiques au sport. Ayant fait beaucoup de sport jusqu'à l'adolescence, les dommages sur ma colonne vertébrale sont bien visibles. Outre des disques en mauvais état au niveau lombaire, je dois maintenant gérer une dégénérescence de certains d'entre eux au niveau cervical. Ou comment se prendre une bonne claque dans la figure en réalisant que le sport, c'est quand même utile pour maintenir la musculature existante, entretenir les muscles, les articulations et également conserver une santé respiratoire et cardiaque. J'avais pourtant décidé, nonchalamment, à l'automne dernier, de reprendre un peu le tennis. Bien que le tennis soit un sport totalement asymétrique (et étant aussi accessoirement totalement nulle en la matière), j'avais repris doucement, en alternant les deux bras (gauchère power), et en augmentant l'intensité et la durée de l'exercice avec le temps. Mais c'était sans compter sur mes épaules ramollies par l'âge et la paresse. Après quelques semaines, j'ai réussi à me créer une entorse cervicale extrêmement handicapante, plus douloureuse qu'un accouchement. Après des semaines de canapé et un traitement de cheval, je me suis retrouvée à consulter un médecin du sport, qui a confirmé l'état inquiétant de ma colonne vertébrale et prescrit de la kinésithérapie intensive. Me revoilà donc, quelques semaines plus tard, en bonne voie de reprendre le tennis ce printemps (si tout va bien), grâce aux bons petits soins d'une équipe en or à l'hôpital. J'imagine que les kinés français font à peu près la même chose que les kinés américains. Mais il existe cependant de nombreuses différences. La première commence pendant les études. Les physical therapists possèdent un niveau d'études qui est exigé jusqu'au doctorat. Les études sont donc plus longues et de fait, encore plus poussées. La seconde différence est totalement inhérente au coût des soins ici. Tous les actes de santé sont (beaucoup) plus chers et les kinés américains possèdent un équipement de compétition. La salle de physical therapy est un plateau technique dernier cri, avec plus d'une cinquantaine de machines en tous genres, des appareils sophistiqués, gérés par ordinateur et à la pointe de la dernière technologie. Je n'ai pas pu vous prendre de photo complète du lieu en question, car les machines étaient utilisées par des patients, mais c'est assez impressionnant à voir. Et puis entre deux massages ou deux exercices de musculature, il est fort agréable de regarder au-dehors la vue sur le campus de l'Université de Miami et ses palmiers. Pour le reste, je croise les doigts pour que cette vilaine blessure ne soit plus qu'un mauvais souvenir...
vendredi 1 février 2019
Bakeaholic
samedi 26 janvier 2019
Le shutdown
Après 35 jours de blocage et près de 800 000 employés fédéraux laissés sans salaire, le gouvernement américain a finalement repris ses activités. Les impôts, la sécurité dans les aéroports, le ministère de la justice, des transports, de l'agriculture... toutes ces entités n'étaient plus en fonction ou tournaient au ralenti depuis le 22 Décembre, avec des effectifs minimums très réduits, et certains employés contraints de travailler sans être payés. La faute à l'administration Trump qui tient absolument à dépenser 5.7 millards de dollars dans la construction d'un mur anti-immigration à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Le congrès, à majorité démocrate, s'y est (fort heureusement) opposé, mais notre puppet president a tenu bon. Le budget (ridicule) de l'année 2019 n'a pas été voté, faute d'accord entre les partis, d'où la paralysie plus ou moins totale du gouvernent depuis plus d'un mois. Ce n'est pas le premier shutdown de l'histoire des Etats-Unis, loin s'en faut. Mais c'est historiquement le plus long, à l'image de l'entêtement borné de son leader, prêt à tout pour son stupide mur, promesse électorale plus que démagogue. Dans un pays où le taux de pauvreté atteint les 13.5% de la population (soit plus de 43 millions de personnes), il serait peut-être judicieux de penser à une redistribution des richesses un peu plus équitable plutôt que de jeter de l'argent par les fenêtre en construisant un mur pour séparer deux pays. Et d'investir de fait dans des instances qui bénéficient au plus grand nombre (la santé, l'éducation, les infrastructures...) plutôt qu'à une poignée de privilégiés. Les murs, historiquement, n'ont jamais marché. Point n'est besoin d'être spécialiste en histoire et en géopolitique pour savoir que les murs finissent par tomber et qu'ils ne font que diviser. Toujours est-il que de nombreuses instances gouvernementales ou contrôlées par le gouvernement vont finalement pouvoir recommencer à fonctionner, à commencer par l'agence de contrôle sanitaire de l'alimentation, les impôts, les musées et les parcs nationaux. Les employés fédéraux vont aussi pouvoir recommencer à être payés. J'attends avec angoisse de voir ce que ce vieux papi sénile nous réserve pour 2019. J'aimerais être optimiste, mais il faudrait plutôt être réaliste...
lundi 21 janvier 2019
Un weekend à Naples
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| Barefoot Beach Preserve |
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| Naples beach |
J'avais déjà parlé de la ville de Naples il y a quelques temps dans un précédent article à retrouver ici. Profitant de la présence de la famille Jurassienne, nous y sommes retournés ce weekend, histoire de changer d'air et de faire quelques excursions intéressantes. Naples n'a pas changé. C'est toujours une ville relativement aisée, habitée d'une population peu diversifiée et âgée. Nous avons d'abord découvert la plage de Barefoot Beach Preserve, couverte de coquillages et encore assez sauvage malgré l'afflux de touristes et de visiteurs locaux. Le soir, nous avons testé un bistro perse délicieux (Bha Bha Persian Bistro) et avons diné à l'extérieur, entre les chaufferettes de terrasse et les lumières de jolis lampions. Le lendemain, nous avons pris la direction de la réserve naturelle du corkscrew swamp sanctuary où une promenade sur ponton de 2.5 miles nous attendait pour observer à loisirs la faune et flore sauvage du coin. La saison hivernale est idéale pour éviter les moustiques, mais elle est peu propice pour y voir de nombreux animaux. L'eau des marais est beaucoup plus haute l'été, et il nous faudra y retourner à cette occasion histoire d'en voir plus. Nous avons néanmoins croisé quelques alligators, des aigrettes, des ibis, des anhingas, des hérons, ainsi que quelques poissons, serpents et nombreuses plantes et fougères d'eau. Le soir, nous avons marché sur la plage à côté de la jetée avant d'aller manger un diner typiquement local au Old Naples Pub, incluant de l'alligator frit, du crab cake et des poissons locaux. Pour ceux qui se poseraient la question, l'alligator est à mi-chemin entre le calamar et le poulet. D'une texture très élastique et sans goût très prononcé, la version frite était pourtant vraiment délicieuse. Le lendemain, nous avons terminé notre séjour par un petit saut au Naples Botanical Garden, où sont rassemblées de nombreuses espèces de plantes venues des quatre coins du monde. La jardin des papillons a particulièrement ravi Amaury. Le weekend est passé très vite, et nous avons finalement regagné nos pénates hier soir. Il y aurait eu beaucoup d'autres excusions possibles, mais le temps nous a manqué. Peut-être lors d'une prochaine visite ?
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| Butterfly garden au Naples Botanical Garden |
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| Audubon Corkscrew Swamp Sanctuary |
jeudi 10 janvier 2019
Throwback Thursday
Les accros d'internet et des réseaux sociaux n'y auront pas échappé : les jeudis sont souvent l'occasion de partager des photos et des anecdotes souvenirs. Il s'en est passé pas mal de choses, pour moi, les jeudis. Enfant, le jeudi était mon jour préféré car je pouvais manger à la cantine (il y avait aussi le samedi dans une moindre mesure, jour d'art plastique et de poésie, mais c'était nettement moins intéressant que de goûter à la nourriture industrielle de collectivité). Aujourd'hui, en ce début d'année 2019, le jeudi est souvent placé sous le signe des journées chargées, avec huit ou neuf groupes de rééducation (de groupes) à enchaîner, pas de pause déjeuner ou presque et un rythme de travail tout particulièrement soutenu. Je pourrais trouver de nombreuses autres anecdotes de mes jeudis de l'enfance, mais j'avoue que la mémoire me fait défaut. Le premier jeudi important plutôt "récent" a été le 8 Avril 2010. Je n'avais à priori que des cours ce jour-là, jusqu'à vingt heures, et notamment un séminaire sur la prise en charge de l'enfant sourd en fin de journée (il est amusant de voir que certains détails restent, mais que d'autres s'en vont. Ne me demandez pas quels ont été les autres cours de la journée, il m'est tout à fait impossible de m'en souvenir). Mon enterrement de vie de jeune fille surprise a bel et bien été une surprise. Une belle soirée, avec des amies d'un peu partout, avant de retrouver mon presque-mari saucissonné dans du scotch et recouvert de post-its (anecdote véridique), et d'enchainer dès le lendemain les derniers préparatifs de notre petit mariage prévu le même samedi. Le jeudi 1er Juillet 2010, j'ai passé ma soutenance de mémoire en France, et j'ai été diplômée. Une étape très importante mais presque banale finalement comparée à ma seconde remise de diplôme aux Etats-Unis en 2015. En 2010, la suite de l'aventure s'est poursuivie avec une relation de jeunes mariés à distance, jusqu'au jeudi 13 Janvier 2011, date à laquelle ma procédure de visa pour entrer aux Etats-Unis a finalement marqué un tournant (article à relire ici). Il aura fallu des mois et des mois de galère, pour se finir joyeusement par une arrivée sur le sol américain en Février (voir un autre article ici). Et puis après quelques années à cheval entre la France et le pays de l'Oncle Sam, je suis finalement arrivée à Miami le jeudi 14 Juillet 2016 (article à relire ici), avec un petit loulou de trois mois dans la valise. De là, la vie en Floride a démarré, et le jeudi 11 Août 2016, je reprenais le boulot, après un beau congé maternité (bien plus long que pour la plupart des américaines). Je me souviens précisément de ce matin-là, comme si c'était hier. J'ai déposé Amaury à la crèche pour la première fois, non sans oublier un accessoire crucial pour moi (le tire-lait). Plus jamais je ne l'ai oublié, d'ailleurs, la leçon a été apprise très vite. La vraie rentrée ne s'est passée que plus tard au cours du mois d'Août, mais j'ai un souvenir très net de cette première journée de working mom. Depuis, il y a eu le jeudi 25 Novembre 2016, où nous célébrions notre premier Thanksgiving sous les palmiers. Car oui, de toute façon, comme la plupart des lecteurs de ce blog le savent, Thanksgiving ça tombe toujours un jeudi. Il serait ainsi possible d'étendre la liste des jeudis marquants à l'infini ; mais finalement je préfère terminer ce petit article par une photo (peut-être) prise un jeudi de 1988. #TBT et #coupdevieux. Une belle illustration de qui j'étais et de qui je suis toujours actuellement...
lundi 31 décembre 2018
Bye bye 2018, hello 2019!
Cette année s'achève, et une nouvelle année s'apprête à démarrer sur les chapeaux de roue. Pour nous, famille franco-américaine, rien n'est encore déterminé. Il se pourrait bien que 2019 soit placé sous le signe de la France, mais rien n'est sûr et je ne peux rien encore en dire (superstition oblige). Dans tous les cas, c'est la France qui va venir à nous car nous attendons avec impatience la visite de quelques frenchies du Jura au cours des jours, semaines, et mois à venir, incluant aussi bien la famille que les amis. Ce soir, le réveillon s'annonce somptueux, et nos charmants hôtes nous ont déjà fait parvenir la liste des cocktails prévus. Chaque convive va apporter quelques delicacies de sa patrie natale, incluant notamment l'Italie, la Grèce, la Russie, et -bien sûr- les Etats-Unis. J'ai concocté à cette occasion un gâteau basque, dont l'odeur a envahi la maison depuis ce matin et met dangereusement l'eau à la bouche. Et avant de procéder au décompte habituel des dernières secondes de cette belle année, j'en profite pour souhaiter une très belle année 2019 à tous mes lecteurs, réguliers, occasionnels, amis, famille et à tous ceux qui partagent leur vie. Que ces prochains douze mois à venir soient placés sous le signe de la santé, du bonheur, des voyages, des réjouissances et de la réussite de projets divers et variés. Happy new year!
jeudi 20 décembre 2018
Traditions de Noël franco-américaines
En grandissant dans le Jura, j'ai toujours connu les traditions de Noël spécifiques à l'est de la France. J'ai eu beaucoup de camarades de fac à Besançon qui célébraient la Saint Nicolas le 6 Décembre, avec ses brioches à l'effigie du Saint Patron de Lorraine. J'ai connu les histoires de distribution de cadeaux aux enfants sages, et les allusions au père Fouettard, qui se devait de rendre une petite visite aux rejetons dissipés. A la maison, nous n'avons jamais vraiment fêté la Saint Nicolas, Noël étant la sacro-sainte fête de fin d'année. J'ai grandi avec un sapin, une jolie crèche faite de santons de Provence et la promesse d'un gros bonhomme en rouge, si toutefois j'avais pu être suffisamment sage pour le mériter. Je n'ai jamais mis les pieds à la messe de Noël, n'ayant pas réellement reçu d'éducation religieuse permettant de conjuguer mes origines protestantes et catholiques. Noël se résumait à une fête familiale centrée sur un menu copieux et des cadeaux nombreux. Après plusieurs années aux Etats-Unis, et après avoir adopté une nouvelle famille américaine, j'ai commencé à piocher dans l'une et l'autre des cultures pour créer une jolie chimère de fin d'année, toujours aussi agnostique et orientée sur les réjouissances de la table, et relativement encline à enseigner à Amaury les habitudes de ses ancêtres des deux côtés de l'Atlantique. A commencer par notre sapin, sur lequel a été soigneusement dissimulé un ornement en forme de cornichon, tradition de Pennsylvanie et probablement d'origine allemande. Dans l'histoire, le premier à localiser ledit pickle est considéré comme vainqueur. Les festivités débuteront donc cette année au soir du réveillon, avec un bon repas français typique mais adapté aux disponibilités des ingrédients locaux. Chaque convive sera invité à déposer ses chaussons ou ses chaussures au pied du sapin, et d'attendre sagement le passage du Père Noël pendant la nuit. Aucun cadeau n'est visible avant le passage du grand bonhomme en rouge, à l'inverse de certaines familles ici qui ajoutent les paquets à mesure qu'ils sont préparés et emballés. Chez nous, et pour la première fois, un verre de lait et un cookie seront laissés en évidence pour lui, preuve ultime de son passage (par la porte, n'ayant bien évidemment pas de cheminée dans un climat tropical). J'ai entendu dire que certaines familles américaines laissaient aussi quelques carottes à destination des rênes. Nous n'avons pas de stockings, sorte de chaussette géante américaine qui rappelle allègrement les bas ou les chaussettes françaises qui réceptionnaient (jadis) une orange ou d'autres friandises. Les enfants les plus dissipés risquaient à l'époque de retrouver dans leurs bas un morceau de charbon, ou -voire pire- un martinet. Donc pas de stockings, mais nos chaussons, tout simplement. Au petit matin, un monceau de cadeaux sera disposé dans la pièce, recouvert de papillottes dorées et attendant sagement chacun des amis et des membres de la famille présents. Il y a de cela quelques années, notre petit déjeuner de Noël américain consistait en un firemen's breakfast très copieux et préparé par la tante de Logan. Depuis quelques temps, le petit déjeuner de Noël a été francisé, et des pains briochés aux raisins et à la crème d'amandes (fraîchement sortis du four) se sont imposés comme grands gagnants de l'événement. Chacun peut ainsi se régaler, une tasse de café à la main, en ouvrant les cadeaux un-a-un. Alors même si le père Noël tel que nous le connaissons est une pure invention de la firme Coca-Cola, il n'empêche que Santa fait désormais bien partie de notre célébration du 25 Décembre. Après l'ouverture des cadeaux, la journée sera relativement peu chargée chez nous, et seul un diner de Noël, au menu plus italien que français, sera proposé aux estomacs encore intéressés par l'idée de faire bonne chère. Alors le compte à rebours est officiellement lancé. Merry Christmas everyone!
dimanche 16 décembre 2018
En attendant Noël
Les palmiers de Floride se sont parés de guirlandes lumineuses clignotantes, les sapins ont été décorés, les achats de cadeaux sont plus ou moins finalisés, les menus sont en pleine élaboration, et tout est en bonne voie pour célébrer Noël d'ici une semaine. J'avais très envie d'écrire un petit billet plus tôt sur ce sujet, mais j'ai été fortement limitée pendant un certain temps par une entorse cervicale totalement handicapante. Quelques visites chez le chiropracteur et un bon traitement de cheval (à base de puissants stéroïdes) plus tard, me voici de retour à peu près rétablie pour profiter des fêtes de fin d'année. Une toute petite semaine de travail me sépare des vacances de Noël, et je dois avouer que mon esprit a plus de facilité à se focaliser sur le menu du réveillon que sur la préparation de mes rééducations à venir. Amaury ne fait que parler du Père Noël, et il a bien compris que des cadeaux allaient être de la partie. Le calendrier de l'avent personnalisé lui permet de se rendre compte des jours restants à attendre, et il lui faut désormais faire preuve d'encore un tout petit peu de patience. A la maison, le marathon des visites hivernales est officiellement lancé. Un ami venu de Pennsylvanie centrale passe ce weekend à nos côtés, tandis que Mimi et Grandpa sont bien arrivés du Michigan hier. Ils repartiront début Janvier, juste avant le débarquement parental en provenance du Jura. A l'école, les enfants sont surexcités et ne tiennent pas en place. Ils ne parlent eux-aussi que de Santa, de leur liste de cadeaux et des visites prévues pendant les vacances. De notre côté, et puisque j'ai finalement retrouvé ma mobilité, nous avons pu passer la journée à South Beach, faire trempette (des pieds) dans l'eau et avec une belle température de 26°. Il est difficile de s'imaginer que nous sommes déjà bien avancés dans le mois de Décembre, et qu'il fait encore si beau ! Vivre dans un climat tropical n'est décidément pas désagréable lorsque l'on sait que d'autres régions du monde sont totalement gelées et enneigées. Demain cependant, les températures vont se rafraichir légèrement dans le sud de la Floride, avec (tout de même) de belles maximales autour de 20°. Cette semaine risque d'être dédiée totalement aux derniers préparatifs et va certainement passer très vite. Profitons-en !
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| South Beach ce matin |
jeudi 22 novembre 2018
Thanksgiving 2018
Il y a deux ans, j'ai organisé mon tout premier Thanksgiving à la maison. Non pas que ce fût mon premier Thanksgiving (loin de là), mais celui-ci a été mon premier évènement du genre à Miami, avec pour mission de rôtir une dinde de presque six kilos. A l'époque, Amaury marchait à quatre pattes dans toute la maison et ça avait été plutôt sportif que de gérer les plats, les cuissons, le service et un petit loulou encore relativement peu indépendant. L'an dernier, le nombre d'invités a atteint son maximum (17 adultes) mais un partage des tâches a été réalisé avec certains d'entre eux. Je n'ai pas rôti de dinde, et me suis cantonnée aux accompagnements et aux desserts. Amaury avait décidé d'être malade ce jour-là, et il a tout simplement hurlé du début à la fin de la présence de nos invités (sympa comme timing). Cette année, je n'avais pas envie de renouveler l'expérience d'un groupe immense, avec un toddler sur les bras. Alors nous avons seulement convié quelques amis pour un Thanksgiving certes plus petit, mais probablement peut-être aussi plus convivial. Hier, j'avais pris ma journée pour commencer les préparatifs en cuisine à l'avance, histoire de ne pas de me retrouver avec tout à faire à la dernière minute. De fait, dès hier soir, la moitié des desserts était achevée, la dinde mise à mariner, et la sauce aux canneberges cuite. Aujourd'hui, je n'ai plus eu qu'à préparer la fameuse tarte à la citrouille, à cuire mon gratin d'épinards, à préparer ma purée de patates douces ainsi que mes asperges, à monter mes petits fours et à rôtir la fameuse dinde. La bête en question fait près de douze livres, et elle a été enfournée avec son lot de beurre, d'herbes, de citron et d'épices variées. La table a été dressée en avance, et décorée sobrement avec de vraies petites pommes (difficiles à trouver ici). La maison s'est emplie d'une bonne odeur de volaille rôtie, et tout était fin prêt pour nos invités. Si Thanksgiving est relativement nouveau pour moi, je commence néanmoins à en comprendre les tenants et les aboutissants. Tout est centré autour de la nourriture. Pas de cadeaux, pas de préférence entre amis et famille, juste une bonne orgie gustative où il faudrait presque posséder plusieurs estomacs. On ne peut d'ailleurs pas faire plus intéressant comme holiday lorsqu'on est gourmand(e) comme moi. Pour ce qui concerne le menu, j'ai un peu modifié les plats traditionnels pour la version de 2018. Le stuffing (un genre de farce à base de saucisse ou bacon et de pain) a notamment été supprimé. Il n'y a pas eu de cornbread, ni de buttermilk biscuits, même si j'aurais pu aisément en assurer la cuisson avant d'enfourner la dinde. Pour le reste, ce cru 2018 est resté très traditionnel, et j'ai remplacé la green bean casserole par un gratin d'épinards à la béchamel (d'ailleurs pour le côté américain traditionnel, on repassera). Il me tarde maintenant de passer à table, l'eau me vient à la bouche et je sais qu'il va falloir quelques jours pour se remettre de ce repas pantagruèlesque...
| La fameuse tarte à la citrouille |
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| La bête avant cuisson |
samedi 17 novembre 2018
La fin de la saison des ouragans
D'ici deux petites semaines, à la fin du mois Novembre, la saison des ouragans sera officiellement terminée. Cette épée de Damoclès dangereusement suspendue au-dessus de nos têtes sera rangée au placard jusqu'au mois de Juin prochain. Nous avons eu beaucoup de chance cette année à Miami. Pas d'ouragan à déplorer, aucun dégât, aucune inondation. J'aimerais dire que ce fut une année indemne de tout dommage, mais ce serait ignorer ce qu'il s'est passé dans d'autres coins des Etats-Unis, et dans d'autres régions du monde. L'ouragan Florence, de catégorie 4, a crée de gros dégâts en Caroline du Nord et en Caroline du Sud en Septembre dernier. L'ouragan Michael, l'un des plus puissants du siècle, a détruit une bonne partie de la région de Mexico Beach, au Nord-Ouest de la Floride, en Octobre. Nous avons donc été épargnés, et il pourrait se passer des années -voire des décennies- avant que Miami ne connaisse une catastrophe de ce genre. Ou bien, dans un scénario plus pessimiste, il se pourrait que the big one se produise bientôt. Nul ne le sait, et seul l'avenir le dira. Une chose est sûre néanmoins : les ouragans sont de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants à cause du réchauffement climatique. La montée des océans menace sérieusement les villes côtières ayant peu d'élévation, que ce soit au Etats-Unis ou ailleurs. Miami fait d'ailleurs partie de ces grandes métropoles qui pourraient partiellement disparaitre au cours des prochaines décennies. Pour l'instant, notre existence se cantonne à essayer de vivre sans penser à ce genre d'hypothèse catastrophique. Et tandis que notre saison sèche d'hiver vient de débuter, il nous a fallu pour la première fois depuis longtemps sortir les manches longues ce weekend. Les jours raccourcissent et l'été perpétuel s'estompe légèrement. Le "froid" (17 degrés) est de retour, et je dois avouer que cela est fort agréable....
vendredi 9 novembre 2018
Elections de mi-mandat
Mardi, je suis allée comme beaucoup d'américains voter pour les élections de mi-mandat. Un évènement citoyen à ne pas manquer dans le contexte actuel du Trumpisme florissant. Il s'agissait de renouveler certains sièges de la chambre des représentants (un peu l'équivalent de notre assemblée nationale) et certains postes de sénateurs. Chaque état américain possède deux sénateurs, et un nombre variable de congressmen en fonction de sa population. Ainsi, le Wyoming, peuplé d'environ cinq cent mille habitants, possède le même nombre de sénateurs que la Californie, où résident pratiquement 40 millions de personnes. Ces élections ont permis d'annuler la totale dominance du parti républicain sur la house of representatives et le senate, qui permettait allègrement à ce cher Donald de faire à peu près ce que bon lui semble. La chambre des représentants est notamment redevenue à majorité démocrate. Le sénat quant à lui reste toujours républicain. Qu'est-ce que ça change concrètement ? Même si le sénat reste républicain, le congrès peut désormais s'opposer aux décisions dilettantistes de notre puppet president. Une première conséquence pourrait être de bloquer les tentatives de ce papi sénile de détricoter l'affordable care act, connu sous le nom d'Obamacare (mais ce sera le sujet d'un article plus détaillé prochainement). Une autre conséquence pourrait être d'enclencher une procédure de destitution présidentielle (yes please). Même si les démocrates ont repris un peu d'avance, ces élections me laissent un goût d'amertume. Tout d'abord, il faut savoir que les idées politiques des démocrates américains correspondent plus ou moins à celles des républicains français (ironique, quand on y pense). Les républicains américains, eux, correspondent à la franche droite de notre droite française. Tout est clivé vers la droite, en fait. Donc même si avancée il y a eu, celle-ci est loin d'apporter des réponses concrètes aux inégalités criantes que l'on peut voir au pays de l'oncle Sam. D'autre part, mon candidat fétiche, Andrew Gillum, qui se place dans la lignée de Bernie Sanders, n'a finalement pas été élu, mais cela pourrait peut-être changer. A l'heure où j'écris ce billet, la Floride est encore en train de recompter les millions de voix exprimées mardi et avant mardi, lors du early voting. Le recompte concerne les votes automatiques, mais pourrait se faire à la main car l'écart entre les candidats est extrêmement faible. Gillum n'a probablement aucune chance d'être finalement déclaré vainqueur, mais je garde espoir. Somme toute, l'expérience du vote ici n'a rien à voir avec la France. A commencer par les ballots, bulletins de votre, très loins de ceux que l'on doit utiliser sur le vieux continent. J'ai rempli quatre pages, recto et verso, en sélectionnant mes réponses à l'aide d'un stylo noir, comme je le ferais pour des grilles d'examens à choix multiples. J'ai choisi mes réponses lors des très nombreuses questions de référendum, aux sujets variés et écrits de façon plus ou moins limpide. Puis, j'ai moi-même inséré ces bulletins dans une machine automatique, sous la surveillance d'un assesseur. Mon isoloir s'est limité à une table munie de visières, et le tout m'a pris une bonne dizaine de minutes. Voter ici est décidément bien différent de notre devoir citoyen en France. Et tandis que je croise les doigts pour que le décompte soit en faveur du très progressiste Andrew Gillum (j'ai peu d'espoir mais je continue à espérer), je réalise que je peux pleinement participer à la vie électorale de mon pays d'accueil. Voter est un droit, mais c'est un devoir que je compte bien continuer à exercer le plus longtemps possible...
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| Les quatre bulletins de vote de ces élections de mi-mandat |
samedi 3 novembre 2018
Halloween
Ce mercredi dernier le 31 Octobre, les Etats-Unis et une partie du reste du monde célébraient Halloween. Un événement à ne pas manquer pour les enfants, que nous avons passé avec des amis (les enfants se sont déguisés tandis que les adultes ont servi l'apéro). En fin de soirée et après avoir englouti quelques pizzas, nous avons sillonné le quartier pour récolter d'immenses seaux de friandises, les rejetons sagement assis dans notre wagon de plage et prêts à dégainer leur sac au nez des habitants du quartier. Le principe est simple : les enfants frappent à chaque porte et déclarent la bouche en coeur Trick or Treat! En gros, refilez-moi des cochonneries sucrées ou je vous joue un vilain tour (note bene : tradition libre de l'auteur). Amaury a tout simplement adoré remplir son sac de bonbons, et il faut désormais les écouler doucement, à raison de quelques-uns chaque jour. Il va nous falloir vraisemblablement jusqu'à Pâques pour qu'ils soient terminés, compte-tenu du volume récolté. A l'école, la journée a été animée et peu productive professionnellement. Les séances de rééducations ont été interrompues par des flots de gamins férus de friandises, costumes à l'appui. Près de quatre-vingt-dix pour-cent des enfants et des enseignants étaient costumés. J'étais de mon côté habillée en sorcière, ce qui s'est passablement limité à un chapeau et à des vêtements noirs. Les petits n'y ont vu que du feu et ont continué d'en parler toute la fin de cette semaine. Amaury était habillé en chef cuisinier, et il n'a pas quitté ses accessoires de la soirée (à savoir sa grosse louche en silicone et son tablier). Le compte à rebours est désormais lancé pour Thanksgiving, qui sera célébré dans moins de trois semaines. Et, si les citrouilles et les dindes devraient désormais faire partie du tableau, ce sont plutôt les décorations de Noël que l'ont voit et qui sont déjà bien installées dans les magasins..
dimanche 21 octobre 2018
The terrible twos
Cela se passe insidieusement, relativement progressivement, et soudain du jour au lendemain il faut se rendre à l'évidence. Notre petit toddler s'est transformé en une chimère mi-dictatoriale mi-démoniaque, et il peut passer du rire aux larmes et aux crises violemment capricieuses en un instant. La crise des deux ans est belle et bien arrivée. Petit Monstre (désormais surnom préféré du moment) devient indépendant. Petit Monstre ne supporte aucune frustration et se révèle un as de la négociation. "Une minute" se répète-t-il à répondre lorsqu'on lui demande de mettre ses chaussures. "Amaury tout seul" est devenue la phrase clé de la discussion. Et les colères deviennent vite des colères noires, teintées ou non de roulements au sol, de vomissements sur commande et de cris destinés à ses horribles parents. Nous avons donc quelques techniques qui, faute d'être toujours parfaitement efficaces, réussissent (tant bien que mal) à dé-escalader l'évènement et de passer à quelque chose de plus réjouissant et d'agréable. Idée numéro un : ignorer le tyran. Cela marche parfois mais se révèle difficile en public, au parc, en sortie ou lors de tout autre évènement. Idée numéro deux : anticiper la crise, à grands renforts de minuteurs, de préparation, de discussions en amont et de routines. Cela marche un peu, et en tout cas cela évite les crises types "fin du monde" lorsqu'une activité préférée doit cesser. Idée numéro trois : la négociation. Si tu mets tes chaussures, je te laisse choisir la musique dans la voiture. Résultat des courses : il va peut-être falloir se farcir Jean René pendant des heures, ou, voire pire, une station de radio que te donne envie de te balancer par la fenêtre. Idée numéro quatre : détourner son attention. Le tyran reste un enfant de deux ans et demi, fasciné par les véhicules en tous genres. Du coup, il est plus facile d'obtenir qu'il s'habille lorsqu'on lui propose un petit choix (tu préfères le t-shirt pelleteuse ou le t-shirt tracteur ?). A l'instar du reste de la journée, les repas ont aussi changé de ton. Notre toddler peu difficile s'est mis à bouder, à préférer (bien entendu) les pâtes et les gâteaux aux petits plats de légumes de maman. Les assiettes sont donc finies à grands renforts de promesses (il y a du gâteau en dessert si tu finis ton assiette), de menaces (Papa va manger ton poulet si tu ne te dépêches pas), de distractions (et si on prenait la fourchette bulldozer pour finir les flageolets ?), et d'interminables jeux (attention, le tigre va ouvrir grand la bouche pour tout avaler !). Il n'en reste pas moins qu'entre deux trois plaintes sur le choix du menu (Maman j'aime pas, c'est pas bon ça), Amaury-tyran mange quand même des légumes verts, et qu'il continue (heureusement) à tout goûter avec plaisir (récemment les dragon fruits, fruits bizarres mais délicieux). Il mange d'une façon générale plus facilement que beaucoup d'autres enfants du même âge, et nous ne lui préparons pas de plats spécialement pour lui. Il continue à préférer les haricots verts au poulet frit, et c'est tant mieux. Et je suis une maman relativement stricte, notamment sur certains points : les horaires de sieste et de coucher sont non négociables, et l'on doit goûter à tout de toute façon. Pour le reste, il y a longtemps, dans un passé fort lointain, j'avais des principes et des grandes idées sur l'éducation (incluant par exemple pas d'écrans avant cinq ans, pas de junk food, pas de jouets sonores niais et/ou non éducatifs), mais ça, c'était bien avant d'être maman...
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| La très fameuse fourchette bulldozer, tout simplement salvatrice ! |
samedi 20 octobre 2018
L'automne
Si les palmiers ne perdent pas leurs feuilles plus qu'à n'importe quelle autre saison, les jours ont néanmoins commencé à raccourcir et l'on sent l'automne arriver de façon discrète. Point de feuillages rouge, orange, et jaune, et point de paysages tels qu'on les connait au nord-est des Etats-Unis. Les températures estivales perdurent, mais l'humidité a commencé à diminuer légèrement ; les soirées sont plus fraîches lorsqu'il y a un peu de vent, même si nous en sommes encore loin de sortir les manches longues. La Floride du Sud connait des saisons très différentes de ce que l'on connait en France. Nous sommes presque à la fin de la saison humide et pluvieuse (qui est aussi la saison redoutée des ouragans) et sommes sur le point d'entamer la saison sèche. Du coup, les beaux jours sont devant nous et il me tarde de pouvoir manger dehors tous les jours. Ce matin, j'ai emmené Amaury à sa première pumpkin patch, qui est totalement artificielle ici, faute d'avoir des citrouilles locales. Nous en avons acheté une grosse pour décorer le pas de porte de notre maison. Peut-être faudra-t-il la creuser pour la transformer en Jack-o'-lantern? Halloween s'approche à grands pas et les maisons alentours se parent progressivement de fantômes, citrouilles, vampires, fausses toiles d'araignées et autres décors censés faire un peu peur. Amaury parle de l'évènement à peu près dix fois par jour, et j'ai hâte de l'emmener à son deuxième trick or treat ! Et d'ici là, je profite un peu du weekend pour me reposer, les semaines étant relativement fatigantes entre mon plein temps à l'école et le libéral à côté. Bientôt, Mimi viendra nous voir pour quelques jours histoire de profiter du petit Loulou, en pleine phase des terrible twos, ce qui, comme chaque parent le sait, n'est pas toujours une partie de plaisir...
samedi 13 octobre 2018
Vivre avec la climatisation
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| L'unité de climatisation à l'extérieur de la maison |
Qui dit climat tropical dit climatisation. Si les températures de Miami sont douces et sèches en hiver, elles n'en demeurent pas moins caniculaires et humides en été. Je n'avais jamais réalisé ce qu'un climat chaud et humide implique jusqu'à notre emménagement en Pennsylvanie centrale. L'été, il arrivait que des semaines entières se succèdent avec presque 100% d'humidité et des températures autour des 35°C. Pour se représenter à quoi cela correspond (car seuls nos amis de certains DOM-TOMs peuvent attester de ce qu'il en est), il suffit de s'imaginer, au sortir de la douche, ruisselant et trempé, collant et humide. Et que ce statut ne change pas, même après plusieurs heures. La climatisation refroidit les habitations mais elle permet aussi de limiter l'humidité, relativement désagréable. Pourtant, à l'époque de la Pennsylvanie, nous n'avions pas de climatisation centrale, car la durabilité de ce phénomène humide était limitée à quelques semaines en été tout au plus, et, faute de pouvoir allumer le four ou de pouvoir dormir confortablement à la fraîche (l'air humide reste très humide la nuit, ce qui empêche la température de redescendre comme on le verrait dans un climat sec), notre vie n'était pas trop impactée. Ici, en Floride du sud, c'est une tout autre histoire. Chaque maison (ou presque) est équipée d'une climatisation centrale (par opposition aux systèmes de clim qui s'intègrent aux fenêtres et font un bruit tout simplement épouvantable). En tant que française, j'avoue que même si la clim est indispensable, je n'en suis pas particulièrement fan. La première raison en est le bruit. Même centralisée, l'unité de refroidissement située à l'intérieur de notre maison fait un raffut du diable, de nuit comme de jour, et je commence seulement à m'y habituer (il était temps, après plus de deux ans passés ici !). La seconde raison tient à l'utilisation de ce que chacun fait de cette climatisation. Si je l'utilise personnellement raisonnablement (elle est réglée sur 26°C la journée, et 24°C la nuit), la plupart de mes compatriotes américains adorent conserver leur maison fraîche, voir carrément froide, et il n'est pas rare de voir des bâtiments publics où le thermostat est réglé sur 15 ou 16°C. Avouez que lorsque la température excède les 30° dehors, la différence entre l'extérieur et l'intérieur peut conduire à un choc thermique violent et nécessiter de devoir sortir la moumoute de fourrure et les gants. D'ailleurs cela doit être très culturel. Ayant grandi sans climatisation (et sans réelle nécessité de climatisation), je doit avouer que je déteste lorsque la clim envoie de l'air bien frigorifié dans la figure, et que j'ai tendance (même en tant que frileuse) à avoir la chair de poule chez tous nos amis chez qui l'air conditionné est réglé sur sa puissance maximale. Les français que je côtoient ici ont tendance à utiliser la climatisation avec relative parcimonie. Certains ne l'utilisent presque pas pendant la saison sèche. A l'époque où j'étais en grad school, j'avais dû acheter une couverture polaire pour me réchauffer lorsque je passais des heures dans le voice lab, où la clim était très puissante, hiver comme été. Et puis, si l'on réfléchit un peu à la préservation de notre belle planète, l'on sait que la climatisation consomme beaucoup d'électricité, et participe au réchauffement climatique. Il est d'ailleurs fort dommage que toute la lumière solaire de notre sunshine state ne soit pas utilisée à des fins d'énergie renouvelable. Des panneaux solaires ou photovoltaïques seraient si pratiques ici lorsqu'il fait beau près de trois cent cinquante jours par an...
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| L'unité (bruyante) de propulsion d'air à l'intérieur de la maison |
vendredi 5 octobre 2018
Red tide
Nous n'allons pas si souvent que cela à la plage, malgré le peu de distance qui nous sépare du sable blanc et de l'eau cristalline à 29 degrés toute l'année. Et pourtant, récemment, après des semaines chargées, il nous est arrivé plus souvent de faire un petit saut de puce à South Beach, histoire de piquer une tête et de se sentir en vacances pendant quelques heures. Malheureusement, ce weekend, il ne sera pas possible de renouveler l'expérience. La faute à une pandémie d'algues microscopiques toxiques, appelées red tide, qui peuvent être mortelles pour la vie marine et toxiques pour l'être humain. Elles créent notamment des irritations respiratoires, et des réactions allergiques plus ou moins sévères. Alors, même si la concentration de ces protozoaires relevée dans l'eau n'est pas réellement mortelle pour l'homme, de nombreuses plages ont été fermées cette semaine dans toute la Floride du Sud, notamment dans le comté de Palm Beach, mais aussi plus au sud, proche de Miami Beach. Les plages ont été rouvertes ce matin, avec un drapeau indiquant une baignade déconseillée, mais nous n'allons pas risquer d'y retourner jusqu'à ce que la situation soit complètement réglée. Dans certains endroits, la concentration d'algues est si importante qu'elle change la couleur de l'eau, rougeâtre, d'où son nom de red tide. L'homme est en partie responsable de ce phénomène, et notamment à cause de son implication avec la pollution de l'océan (agriculture, drainage d'égouts sauvage, etc...). Alors nous allons probablement nous rabattre sur des parcs et sur la piscine dès demain, car l'été semble loin d'être terminé. Les torrides chaleurs ne semblent pas vraiment s'estomper, ou si doucement, que seul les jours qui raccourcissent nous laissent vraiment nous apercevoir que l'automne est arrivé..
| Miami Beach, avant l'épidémie d'algues microscopiques |
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